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Poésie néo-classique
Myndie : Arpèges
 Publié le 04/05/26  -  11 commentaires  -  929 caractères  -  127 lectures    Autres textes du même auteur

Bis repetita.


Arpèges



Sous ses doigts blancs et fins bondissent en cascade
Les éclats de l'orage en un fier cliquetis,
Prémices de conflit, la peur en embuscade.
Dans l'écho d'un accord, les pleurs sont engloutis.

Le feu de son regard accroche une étincelle
À l'albe éblouissant des aigus cristallins
Et l'ivoire vibrant du clavier où ruisselle,
Comme un fleuve de sang, un trille corallin.

Rubato magistral et fougue supernelle,
Galop de noirs chevaux, crescendo flamboyant,
Le tempo fait frémir la Pologne éternelle
Dans un tourbillon d'or, sonore et foudroyant.

L'ultime élan qui meurt semble une trahison,
Fervent cri de passion dans une nuit propice.
La froideur du silence envahit l'horizon
Et mon âme se perd au bord du précipice.


___________________________________
Texte avec un mot changé avant publication.


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Passant75   
19/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Présenté en « Poésie libre »,« Martha, ivoire et sang » était un poème abouti que j'avais bien aimé. Le recomposer en alexandrins, tout en en conservant l'esprit et la force du texte me paraît une riche idée. Et c’est une réussite !

Le passage en alexandrins réguliers donne au poème une solennité et une ampleur qui conviennent très bien au sujet. On perçoit une volonté d’élévation, de maîtrise formelle, et globalement c’est réussi, le texte gagne en cohérence et en densité par rapport à une forme libre.

La musicalité est particulièrement réussie, les sonorités accompagnent le sens et traduisent efficacement le jeu pianistique, tantôt percussif, tantôt fluide. Les images sont riches et très évocatrices, notamment autour du clavier, du feu et du mouvement.

Le registre reste très lyrique, avec un vocabulaire soutenu et volontiers emphatique, ce qui correspond à l’intensité recherchée mais peut, par moments, donner une impression de surcharge. La progression est bien construite, allant de la tension initiale à une retombée plus intime, avec une chute mélancolique particulièrement réussie, « Et mon âme se perd au bord du précipice ».

Au final, c’est un texte ambitieux et abouti, qui témoigne d’une belle maîtrise formelle. Je persiste à penser qu’il gagnerait encore en force en ménageant quelques temps de respiration pour laisser pleinement résonner ses images et son émotion. Cela étant, « Arpèges » est une belle réussite !

Je viens de réaliser que mon commentaire a usé et abusé des mots « réussi » et « réussite », mais qu’importe, ce poème le mérite.

   Luron   
20/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
La Pologne éternelle à travers les Polonaises de Chopin. Eternelle mais ayant subi tant d'orages. La lecture m'a ému par sa beauté et pourtant je ne suis pas du tout mélomane. C'est toute la force de ce poème d'être à la rencontre des émotions de deux arts.
Galop de noirs chevaux, crescendo flamboyant,
Le tempo fait frémir la Pologne éternelle
Dans un tourbillon d'or, sonore et foudroyant.
D'ailleurs pourquoi ai-je cité ces vers en particulier car tout est beau.
Chopin transfigure la Pologne pour parler à l'universel et ce poème est à cette hauteur.

   LeChevalier   
4/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Comme la présentation l'indique, c'est une variation du poème « Martha, sang et ivoire » qui a récemment emporté un vif succès sur le site. Il serait assez vain de se priver de la comparaison tout en analysant ce texte dont la forme est plus régulière, sans toutefois se ranger dans la versification classique.

Autant le dire tout de suite, je trouve l'autre version nettement supérieure. La raison principale, c'est la surabondance, ici, d'adjectifs qui semblent n'avoir pour mission que de remplir les alexandrins. C'est particulièrement clair dans le 3e quatrain ; je trouve, en plus, qu'il n'y a pas de raison de qualifier la Pologne d'éternelle... D'ailleurs, je trouve que cette épithète sied mal à tous les pays.

L'autre raison pour laquelle je préfère la version précédente, c'est qu'elle avait plus de mouvement. Ici, le cadre assez basique du quatrain isométrique tue la musique, ou du moins l'étouffe. Peut-être fallait-il tenter des quatrains hétérométriques, par exemple en construisant trois alexandrins avec un seul hexasyllabe ? Des effets heureux auraient pu en être tirés.

Je trouve que le texte est bon mais pas aussi éclatant qu'il aurait pu être, si la forme régulière avait été plus audacieuse.

Édit : fautes de frappe corrigées après publication.

   BlaseSaintLuc   
21/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime bien
Mais pourquoi un bis* les ovations du publique sont une drogue, mais es ce un crime de vouloir en abuser ?

Ah, les pianistes ! Je fais suivre une liste ( Les vingt plus grands (es) faute de place
Et on applaudira, le poète , le texte et les maestros. (maestra?)
Et oui le texte et beau , poétique , partageur de passion.


Frédéric Chopin XIXe siècle Maître du romantisme au piano
Ludwig van Beethoven XVIIIe - XIXe Transition classique / romantique
Wolfgang Amadeus Mozart XVIIIe siècle Génie précoce et mélodique
Claude Debussy XIXe - XXe Impressionnisme musical
Sergueï Rachmaninov XIXe - XXe Virtuosité romantique
Martha Argerich XXe - XXIe Jeu fougueux et instinctif
Art Tatum XXe siècle Virtuosité jazz extrême
Arthur Rubinstein XXe siècle Élégance et expressivité
Oscar Peterson XXe siècle Swing et technique
Ray Charles XXe siècle Fusion soul, jazz, gospel
Vladimir Horowitz XXe siècle Virtuosité spectaculaire
Radu Lupu XXe - XXIe Jeu introspectif
Lang Lang XXIe siècle Ambassadeur du classique
Hélène Grimaud XXe - XXIe Sensibilité et engagement
Yann Tiersen XXe - XXIe Univers cinématographique
Sonya Belousova XXIe siècle Musique de film
Yiruma XXIe siècle Piano néoclassique
Yeol Eum Son XXIe siècle Précision et clarté
Peter Bence XXIe siècle Piano moderne et percussif
David Helfgott XXe - XXIe Parcours de résilience

   Polza   
22/4/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Je ne vais pas relire la première (ou deuxième selon l’ordre) version de ce poème, je veux être objectif et « juger » sur ce que l’autrice (Myndie, ce n’est pas un secret) me propose ici.
Pour la catégorie, j’ai un doute. Je lis « clavier » en diérèse alors qu’il devrait être en synérèse, mais je lis « passion » en synérèse alors qu’elle devrait être en diérèse…

Il m’avait semblé lire quelque part sur Oniris, que même en néoclassique, une fois le choix de la diérèse ou de la synérèse fait, il fallait l’appliquer dans tout le poème…

Mais ce n’est pas ce que je retiens de ce poème, rassurez-vous, qu’il soit classique, néoclassique ou contemporain ne change absolument rien pour moi (pour vous, je ne sais pas !).
Cette version me plaît beaucoup, mais tout de même moins que l’autre qui est plus libre, ce qui correspond selon moi mieux à cette célèbre pianiste…
Je n’ai pu m’empêcher de penser que vous cherchiez peut-être à imiter Raymond Queneau et ses « Exercices de style », peut-être d’autres poèmes suivront sur le même sujet…

La contrainte que vous vous êtes imposée souffre de quelques imperfections à mon avis, même si je trouve l’ensemble très bien !

« Rubato magistral et fougue supernelle,
Galop de noirs chevaux, crescendo flamboyant,
Le tempo fait frémir la Pologne éternelle
Dans un tourbillon d’or, sonore et foudroyant. »
J’ai beaucoup apprécié l’emploi de « supernelle » qui n’est pas commun !
Par contre, beaucoup trop de sonorités en o dans ce quatrain pour moi.
« Rubato/Galop/chevaux/crescendo/tempo/Pologne/sonore »
en poésie, les inversions sont de bon ton parfois, mais je trouve que « noirs chevaux » est poussif, j’aurais préféré « de chevaux noirs »

J’ai essayé de vous signifier tous les petits détails qui pourraient être améliorés à mon sens, vous en ferez ce que bon vous semble, je ne suis pas le meilleur expert en poésie classique ou néoclassique, mais comme vous m’êtes sympathique, je tenais à vous laisser ce commentaire (sans rien attendre en retour, cela va de soi !)

   Curwwod   
23/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Diable, j'ai commenté un poème en libre qui me semble être le jumeau de celui-ci où l'auteur(e) revient à une construction esthétique plus proche de celle que j'apprécie: régularité métrique, recherche de la rime.
je ne répèterai pas ce que j'ai écrit sur "Martha, de sang et d'ivoire" mais je trouve la lecture de celui-ci plus musicale si la richesse lexicale demeure une petite gêne.
Ce que je me demande, mais que je crois le savoir, c'est lequel des deux a précédé l'autre? Je parierai sur "Arpèges" que vous avez sans doute à mon avis, déstructuré pour construire un poème en vers libres, peut-être plus expressif.

   Lariviere   
4/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Salut Myndie,

Bon, je ne vais certainement pas te surprendre, mais sur le même thème, j'ai préféré la forme libre à cette version.

D'abord parce que suite à avoir lu la première version, je n'ai pas de surprise à lire cette mouture qui reprend dans sa grande majorité les mêmes images et les mêmes vers, parfois mot pour mot. Je ne découvre donc aucun élément nouveau et j'ai déjà appréhendé l'univers (fameux) que tu nous (re)présente ici.

Mais surtout parce que je trouve que la forme libre réussissait davantage à nous faire ressentir toute la liberté et la singularité sensible de l'autrice, dans sa fougue et ses interprétations. Ici la forme classique contraint le dynamisme que tu avais donné à juste titre dans la version libre, avec ses variations de rythme pour coller au plus près aux sensations de oeuvres musicales de la pianiste et c'était d'ailleurs une grande performance. Donc, je trouve, assez logiquement il me semble, que nous présenter une vision de fougue et de liberté dans un format qui rigidifie le propos et qui étouffe un peu toute liberté justement, attenue considérablement l'impact, voire même antagonise carrément l'idée dans son essence même.

Après, je te dirais que ton travail est quand même bon, et de qualité, ca reste fluide et lisible bien sur, et c'est même abouti, mais je ne suis pas subjugué comme je l'avais été en terme de rendu et d'émotions par la première version.

Sinon, je ne saisi pas bien tes intentions (en dehors bien sur du plaisir de se confronter à l'exercice prosodique !) sur ce deuxième jet et donc je ne sais pas si ce que je vais te conseiller est à propos, mais je me demande si au lieu de te contenter de calquer le même poème en l'adaptant juste à la prosodie, tu essayais de le réécrire avec des vers et des images nouvelles qui couleraient et qui épouseraient mieux cette réalisation sur la métrique, ca ne serait pas profitable et intéressant. Je ne sais pas du tout si ce que je dis est pertinent, c'est peut être une bêtise d'ailleurs, mais je te livre mon impression qui peut être utile... C'est le but respectueux en tous cas. A toi de voir ! ;)

Voilà, ce que je pouvais te dire sur ce que je pense et ressens. J'espère que tu ne seras pas trop déçu par mon commentaire.

Merci néanmoins pour cette lecture et bonne continuation !

   Cristale   
4/5/2026
Sincèrement Myndie je préfère la version libre « Martha, ivoire et sang » tellement plus musicale et émouvante, tellement le geste, le mouvement s'expriment sans contrainte.

Ici les vers emprisonnent la poésie, la musique, qui ont besoin d'air, de liberté pour lâcher toute la virtuosité de la pianiste.

J'espère que tu ne m'en voudras pas trop si je ne note pas cette version, je n'ai plus de notes dans mon panier et les plus belles je les ai déposées sous "« Martha, ivoire et sang » mais j'offre une🌹à la poétesse.

   marcolev   
4/5/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Myndie,

La comparaison crée un biais.
Il me semble difficile d'apprécier ce poème sans le comparer au précédent.
En l'état, ma préférence irait à la version précédente dont la forme et la musicalité correspondent mieux à ma sensibilité, et me semblaient plus en phase avec le champ lexical et le thème. Mais celle-ci est également excellente.

Bravo pour ce beau texte.

   Myndie   
4/5/2026

   Cyrill   
5/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Salut Myndie.
Difficile de ne pas faire une étude comparée des deux version d’une même inspiration. Je n’irai pas à contre-courant de la majorité des commentateurs et ne vais rien dire de très original. J’ai trouvé ce poème-là empêché par la contrainte de la versification régulière. Difficile de me défaire du « Martha » lu il y a quelques jours. J’en retrouve les images, mais le formalisme de « Arpèges » ( jusqu’à celui du titre) ne m’évoque pas aussi fidèlement Chopin, ni sa Polonaise ni son interprète. Et l’émotion est moindre. Heureusement qu’existe « Martha, ivoire et sang » !


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