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Poésie néo-classique
marcolev : Aux seuils
 Publié le 02/05/26  -  17 commentaires  -  702 caractères  -  202 lectures    Autres textes du même auteur

Passage où la vue détourne d’un coup la pensée - L’Amour la poésie, XII (1929) - Paul Éluard


Aux seuils



Entre deux continents respire une cité,
À l’aube suspendue, aux clartés archaïques
Répondent les secrets d’antiques mosaïques
Sous des dômes courbés par leur solennité.

Au matin incarnat, un élan habité :
La voix du muezzin transperce les portiques,
Hante la Corne d’Or où dorment les caïques
Pour s’éteindre au détroit quand l’ombre l’a quitté.

Par-delà le sérail, l’étrave fend la houle,
Et le noir de la mer vers l’Hellespont s’écoule,
Où Léandre, noyé, accomplit le désir.

Le Levant se déplie aux marches sans rivage ;
La main du pèlerin, crispée au bastingage,
Sent déjà les confins que l’œil ne peut saisir.


 
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   Polza   
20/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
J’ai beaucoup apprécié ce poème d’une très belle tenue poétique.

J’y ai retrouvé des effluves « herediennes » qui m’ont plus que séduit.

Je vous laisse mes petites réserves ou remarques…


« Entre deux continents respire une cité,
À l’aube suspendue, aux clartés archaïques
Répondent les secrets d’antiques mosaïques
Sous des dômes courbés par leur solennité. »

si j’ai bien compris la phrase dans son intégralité, j’aurais mis un point après « Entre deux continents respire une cité, » ou au moins un point-virgule…

Ou alors un point après « Entre deux continents respire une cité,
À l’aube suspendue, » « Aux clartés archaïques/répondent les secrets… »

« Au matin incarnat, un élan habité : »

D’illustres auteurs ont certainement écrit ce même genre de tournure, pourtant, dans le sens strict de « hiare » cela fait hiatus à mon sens (pour Sorgel également, je ne suis pas toujours d’accord avec ce qu’il a écrit, mais dans ce cas, je l’approuve.)

« matin in », je trouve cela inélégant à prononcer… « un matin empourpré » (par exemple) me gêne beaucoup moins.

« Hante la Corne d’Or où dorment les caïques »

j’ai beaucoup aimé la continuité « d’Or » dans « d’Or où dorment »

« Où Léandre, noyé, accomplit le désir. »

j’aurais bien aimé lire « Où Léandre, noyé, accomplit son désir. » pour signifier qu’il souhaitait rejoindre Héro, mais que ce désir l’emporta au fond de l’Hellespont…

« Le Levant se déplie aux marches sans rivage ; »

vous allez me trouver tatillon, mais même si d’illustres auteurs l’ont fait avant vous, j’ai toujours eu du mal avec les sons redoublés comme dans « Le le »…

Ce ne sont que quelques minuscules remarques dont vous ferez bien ce que vous voulez, il n’en reste pas moins que je trouve votre poème merveilleusement et poétiquement bien écrit…

   Passant75   
20/4/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Ovide aux temps anciens, Lord Byron au XIXe, et bien d’autres encore ont chanté ce détroit entre l’Orient et l’Occident, passage mythique auquel l’auteur consacre son sonnet. L’atmosphère décrite et les références culturelles confèrent à ce texte une solennité qui ancre le poème dans un imaginaire assez riche.

Malgré le hiatus du « matin incarnat », il se dégage une certaine musicalité, cependant l’équilibre entre la richesse des images et la clarté du message me paraît tout de même fragile.

Le poème suscite une quête spirituelle et une beauté mélancolique, mais sa froideur relative limite son impact émotionnel. Au final, si j’ai apprécié l’écriture et l’ai trouvée belle, elle m’a tout de même paru présenter une certaine distance.

   LeChevalier   
2/5/2026
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très aboutie
et
aime bien
Un bon sonnet classique à la Heredia. J'ai même trouvé un écho du vers

« La mer mystérieuse où vint sombrer Hellé »,

dans l'évocation de Léandre. Que de monde s'est noyé dans ce petit détroit !

Quoique je reconnaisse les qualités de cette peinture savante, qui mêle description et mouvement, je suis un peu gêné par le ton extrêmement neutre. Trois civilisations sont évoquées -- païenne, chrétienne (celle-ci trop timidement), musulmane -- mais il n'y a pas un brin de suggestion de leurs luttes mutuelles.

J'aime l'ensemble mais je trouve qu'il aurait pu être plus nerveux.

Edit : Fautes de frappe corrigées après publication.

   Luron   
21/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime bien
Sur la forme, ce poème m'apparait comme un travail d'orfèvre. La lecture est très fluide.
J'ai retrouvé ici la magnifique carte postale que j'avais vue lors d'une visite à Istanbul : les domes de Sainte Sophie et de la Mosquée bleue, le palais de Topkap, la Corne d'Or. Le poème fait appel à la vue, à l'ouïe (le Muezzin) et aussi à l'émotion esthétique et spirituelle.
Tous ces éléments font un peu penser aux attendus d'un voyage tel que décrits dans un guide. Mais ils sont très noblement décrits dans ce sonnet raffiné agréable à lire.

   Curwwod   
23/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Un beau poème dans le genre parnassien cher à J.M. de Hérédia. Il nous offre l'évocation colorée et sonore des cités de Bizance ou Istamboul, de la légende romantique de Léandre et Héro (par amour Léandre se noya dans les Dardanelles et Hero se suicida en se jetant du haut de sa tour). ce texte se veut coloré, riche d'éléments liés à l'architecture, aux coutumes de l'empire ottoman, aux moments de la vie de la cité et même à la géographie.
le dernier tercet n'est pas sans évoquer celui qui clôt "Les Conquérants":
"Ou penchés à l'avant des blanches caravelles
Ils regardaient monter en un ciel ignoré
Du fond de l'océan des étoiles nouvelles"

   Mokhtar   
28/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
La ville au trois noms, que Napoléon voulait ériger en capitale de l’humanité, mérite bien le qualificatif de « seuil ». Seuil entre les mers, seuil entre les continents, seuil entre les civilisations, seuil entre les religions…et pour le poète lui-même, seuil entre la lumière et la nuit.

La cité historique, marraine de deux détroits (!), célébrée par Loti et Lamartine, impose un choc visuel générant obligatoirement pensées, réminiscences et médiations. Ce qui justifie l’emploi judicieux de la citation en exergue d’Eluard, et sans doute l’allusion au surréalisme qui se nourrit du choc de l’image détournant la pensée pour orienter la rêverie.

« la corne d’or où dorment les caïques »… « dômes courbés par leur solennité » sont des expressions joliment parlantes.

Très belle évocation de cette ville légendaire. Si la versification confère au poème de la grandeur classique, le choix du sonnet n’apporte rien de spécial. A noter l’indispensable hiatus, quasi-imperceptible pitance des commentateurs sourcilleux.

Merci pour ce beau poème, qui ravive, sans les altérer, les lumineux souvenirs que je garde de cette cité unique.

Mokhtar, en EL

   Myndie   
29/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Ce très beau sonnet, d'une grande érudition, nous offre un tableau exotique digne du Parnasse, d'un grand raffinement et sans lyrisme ni maniérisme aucun.
Les images sont magnifiques :  « Sous des dômes courbés par leur solennité. »
On y plonge d'autant plus facilement que nos sens sont sollicités :
- la vue : « le matin incarnat » ou « le noir de la mer »,
- l'ouïe : « la voix du muezzin »,
- le tactile : « la main...crispée au bastingage »
Ce « passage où la vue détourne tout d'un coup la pensée », ce moment où l'on sort de la photo pour entrer en méditation est magistralement saisi ; j'ajouterais même que les derniers vers :
«La main du pèlerin, crispée au bastingage,
Sent déjà les confins que l’œil ne peut saisir. »
  nous entraînent sur la voie du mystérieux, de l'éternel, voire de la métaphysique.
Je ne saurais m'étendre sur la perfection ou non de l'écriture classique ; ce n'est d'ailleurs pas ce qui m'intéresse mais j'applaudis à la richesse sonore des rimes « archaïques/mosaïques ».
Et encore plus à la justesse des termes choisis avec minutie (caïques, Hellespont).
Bravo. J'ai adoré.
Une dernière petite chose : J'y trouve aussi, avec l'évocation de Léandre, la référence à un poème de Byron. L'auteur me confirmera peut-être ?

   Ornicar   
29/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
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Ici commence l'Orient.
La chute avec son joli dernier vers ("La main du pèlerin, crispée au bastingage, / Sent déjà les confins que l’œil ne peut saisir") résume à elle seule mon ressenti subjectif et, je pense, l'intention de l'auteur(e).

J'ai trouvé cette évocation riche d'une multitude de sensations infimes qui vont bien au delà de nos simples sens. Certes, tout un lexique et un ensemble d'images donnent à voir, à entendre, à sentir, à respirer, mais aussi à ressentir, sinon pressentir, deviner, se souvenir. Ce poème convoque dans un équilibre finement dosé l'imaginaire du lecteur et la mémoire des lieux. Il fait voyager, il fait rêver, il donne envie. Il donne envie parce que c'est aussi la vision d'un Orient tout proche apaisé, presque oecuménique, et qui n'a plus court depuis bien longtemps. Ainsi, le temps d'une lecture, un détroit mythique et oublié ("l’Hellespont") en supplante un autre dont je tairai le nom.

Bravo pour l'écriture. Jamais les rimes ne m'apparaissent comme forcées. Elles tombent naturellement à la lecture sans que j'y prête une attention démesurée et sans que le rythme ou les images mentales en pâtissent. Dans cette catégorie, ô combien difficile et exigeante qu'est le classique, ce n'est pas si courant. Seul le titre ("Aux seuils") ne me plaît pas trop. Au vu de ses qualités, ce poème mérite mieux à mon avis.
Pourquoi pas quelque chose comme "Aux confins" ?

Ornicar

   Provencao   
2/5/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour marcolev,

Votre poésie posséde quelque chose de l'ordre du divin.

A l'apparence concrète, votre poésie ne rompt pas avec l’histoire ; elle s’y reporte et la diffuse comme à travers un cliché déguisé au sein des disjonctions du savoir.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Donaldo75   
2/5/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour marcolev,

Et que voilà de la poésie de compétition ! Je suis content de lire une composition aussi inspirée, d'une telle tenue, sur le site. Je ne me lancerai pas dans une analyse de la prosodie, je crois que d'autres l'ont fait ou vont le faire mais donnerai mon impression de lecture, celle d'un être humain doté d'émotions.

C'est fort !
La scène en devient visuelle.
Nul besoin d'un doctorat en histoire pour apprécier ce poème.
L'imaginaire du lecteur n'est pas bridé.

Bravo !

   Cristale   
2/5/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Magnifique dernier tercet !

Bonjour marcolev,

J'arrive un peu en retard, tout a déjà été dit, bien dit, ce qui m'évite de chercher mes mots, je n'ai donc plus qu'à apprécier une autre lecture juste pour confirmer ma première impression très positive sur ce poème.

Voilà, c'est dit, c'est beau et ça me plaît.

   Robot   
2/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Un sonnet qui nous plonge dans une ambiance et un décor qui sont décrits par une versification poétique profonde. Il rejoint avec sa qualité propre d'autres oeuvres à propos de ses seuils entre Occident et orient.

   papipoete   
2/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
bonjour marcolev
Je ne voudrais pas copier sur les copains, et vanter un endroit que je ne connais pas ( je ne dépassai jamais ( hormis la Suisse au temps où l'on faisait des affaires en clopes )
Je comprend bien que la scène se passe au-delà de la Méditerranée, et qu'une croisière en cours fait s'ébahir des voyageurs en goguette.
Un pays où muezzin et sérail font partie du décor, et les murs des maisons blancs illustrent joyeusement la Corne d'Or
NB j'aurais préféré voir les " pieds-noirs ", embarquer d'Alger à bord du Sidi Feruch, et avoir les yeux mouillés de quitter ces décors de " aux seuils "
et depuis 1962, conter la douceur de l'Algérie.
Il n'en demeure pas moins que cette Corne d'Or semble si pittoresque, avec ces couleurs ses us et coutumes.
le second quatrain est particulièrement réussi
techniquement dans la seconde strophe, " portiques et caïques " riment-ils vraiment ?
-

   BlaseSaintLuc   
2/5/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
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Bon, j'avoue avoir commenté ce texte (dans un premier temps) à l'aide d'une IA, car quand même assez pointu, beaucoup de références dont il fallait trouver la source, mais bon grondé par les CPE du collège ONIRIEN, je reviens à mon verbe très personnel.
Tout de même (entre deux continents) avec la suite, on voit bien de quoi il s'agit :
Moi, j'y vois du HUGO, c'est superbe, quoiqu'entre l'Helespont et Constantinople il y ait plus d'une brasse !
Les confins après l'Helespont, il ne faut pas exagérer ! Ah, les poètes ,quels farceurs !
Bon, c'est musical, poétique, pas trop grandiloquent, un peu too much.
"AU SEUIL" on dirait un appel à éditeur, gourmand Va 😜
Mais oui, c'est impeccable.

   EtienneNorvins   
3/5/2026
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très aboutie
et
aime bien
Dans cette ville qui résiste au Nom (est-ce Byzance, Constantinople, Istanbul ?), au Lieu (est-ce encore l'Europe ou déjà l'Asie ? Est-ce Ici ou Ailleurs ?) et au Temps (passé, présent, futur y semblent fondus et suspendus) comme dans cette figure finale du pèlerin accroché au bastingage de ses vers savants (peut être un peu trop parfois ?), à la fois peintures et musique, mais qui est contraint au lâcher prise du "confins", j'ai entendu et vu comme un écho de Maître Tchouang — il existe une force qui conduit les choses et je ne sais pas ce que c'est, mais je suis émerveillé par la beauté de ses créations.

   Lariviere   
4/5/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Marcolev,

Je me joints à mes camarades et leurs louanges bien mérités pour vous dire que j'ai beaucoup aimé votre poème dans un style qui n'est pourtant pas mon style de prédilection.

Je ne parlerais pas de la forme et de sa maîtrise évidente.

Ce qui m'impressionne, c'est que le rendu du fond et de la forme, ici, n'a rien à envier aux auteurs reconnus dans le style.

Merci donc pour votre riche évocation d'Istanbul et vos splendides images. Vous devriez rédiger les guides touristiques, ils seraient beaucoup plus attrayant !

Je vous souhaite une bonne continuation !

   GLOEL   
4/5/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Cher Marcolev,

Votre sonnet est vraiment tres beau. Il revele une architecture byzantine ou venitienne, pleine de finesse. Je ne veux pas repeter les nombreuses eloges deja formulees par les autres critiques, mais vous confirmez votre talent de ciseleur de vers (precision et justesse des mots et rigueur de la forme neo classique).

Istanbul est une ville qui semble vous avoir marque tout autant que moi. Et vous la decrivez merveilleusement.

Je voulais vous faire part a mon tour sans pretention ce que j'y avais a l'epoque ressenti :

L’Exil d’Or

Je pars vers des îles sous des cieux incertains,
L’embrun bat mon visage, la brise tend la voile ;
Tandis qu’à regret la cité prend le voile ;
Mon cœur s’abandonne au lent roulis du destin.

Face à face deux mondes se dressent aux confins,
Un profond détroit s’entrouvre à la nuit pâle ;
Quand la houle fait vibrer les feux de l’opale
Où l’or de la Corne ourle ses reflets anciens.

L’étrave fend le soir sans jamais le briser,
Comme un souffle de mer qui vient tout apaiser
Vers la rive où s’efface un exil byzantin.

Le ferry s’éloigne au gré d’un rythme flottant,
Et le pèlerin las, face aux douleurs du temps,
S’abîme dans le bleu d’un Hüzün sans chagrin.


Je suis loin d'avoir votre talent et votre expertise. Mais j'ai le plaisir de vous apporter mes propres souvenirs marins.

Bravo et bonne continuation.

Frank


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