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Poésie en prose
tentacule_du48 : Elles me connaissent toutes
 Publié le 26/04/26  -  8 commentaires  -  902 caractères  -  119 lectures    Autres textes du même auteur

Des notes pour plus tard :
mon rire est pathétique (mécanisme de défense) et est-ce que mon rire libère ?
une zone où monsieur n’agit plus pareil ?
mes émotions (imposées)
c'est quoi la mémoire qui contredit monsieur ?
inversion (c'est moi qui observe monsieur).


Elles me connaissent toutes



Monsieur me prend par la gorge, me remonte, me descend, et m’ordonne de crier tellement fort pour réveiller toutes les sorcières que j’ai dessinées. Il dit : « Épèle leurs titres, appelle-les une par une, par leurs cheveux concrets. » Je n’ai pas menti, je n’ai appris qu’un seul nom. La sorcière change de forme. Chaque soir, elle téléphone sur le fixe. Elle connaît tous les numéros du monde, même celui de monsieur. Et je jure que c’est elle qui m’a bercé. Ses berceuses me protègent quand je marche dans l’un des trois tunnels. Je ne sais pas encore qui m’a fait naître, mais je suis certain d’être entre les mains de la magie. Quand je ferme les yeux, la guerre continue, le monde est tellement rouge que ma présumée noirceur devient un drapeau de paix. Dans un ventre, je suis composé de vérité. Alors la sorcière m’aime, et elle viendra me chercher le jour où monsieur n’aura plus besoin de moi.


 
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   Polza   
12/4/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Votre pieuvre est revenue et c’est tant mieux. Dans l’un de mes commentaires, je vous avais parlé de poésie de l’esbroufe et après mûre réflexion, même si je ne suis toujours pas conquis par le poème en question, je me suis dit que cette phrase était prétentieuse et inélégante de ma part, j’en suis désolé…

Je ne sais pas si les fautes font partie intégrante de cette poésie en prose, j’imagine, peut-être que oui il qu’il faut en chercher la signification : « c’est moi qui observes » et « Épèle ».

Par rapport à vos autres récits, je trouve que ce dernier est le plus poétique… ce n’est pas que les autres en étaient complètement dénués, mais celui-là est plus abouti en ce qui me concerne…

Je ne dis pas que le début est inintéressant, mais j’ai vraiment pleinement tout apprécié à partir de : « Ses berceuses me protègent quand je marche dans l’un des trois tunnels. Je ne sais pas encore qui m’a fait naître, mais je suis certain d’être entre les mains de la magie. Quand je ferme les yeux, la guerre continue, le monde est tellement rouge que ma présumée noirceur devient un drapeau de paix. Dans un ventre, je suis composé de vérité. Alors la sorcière m’aime, et elle viendra me chercher le jour où monsieur n’aura plus besoin de moi. »

Ce n’est pas une poésie facile d’accès, mais après tout, nous ne sommes pas sur Oniris pour lire des livres de « Martine à la plage » ou de « Oui-Oui contre les zombies » !

Vos poupées me rappellent un couple que j’ai rencontré à La Roche-Guyon au retour d’un voyage en chronoscaphe (il me semble que je revenais de l’année 13250). Ce couple collectionnait des « poupées sorcières » et m’avait même offert une bonne bière, mais je n’ai pas pu rester autant que je le souhaitais, car leur intérieur mit mal à l’aise ma compagne ! (qui n’avait pas pris part à mon lointain voyage)

   Passant75   
12/4/2026
trouve l'écriture
convenable
et
n'aime pas
Un texte qui surprend. Qu’en dire ? S’agit-il d’un soumis sous emprise qui se croit possédé ? S’agit-il d’un paranoïaque persuadé que le monde entier complote contre lui ? S'agit-il d’un enfant persuadé que son crayon donne vie à tout ce qu’il dessine ? Que d’hypothèses ! Et je ne doute pas qu’on pourrait en formuler d’autres.

Pour ma part, je ne suis pas rentré dans ce récit. Désolé !

   LeChevalier   
15/4/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
n'aime pas
Texte inintéressant : c'est un remixage d'éléments que l'auteur nous a déjà fait voir. Toujours la même approche : présentation longue, texte assez court, les personnages du « je » et de « Monsieur » n'ont pas évolué. La sorcière prend une allure attentionnée pour compléter le trio trivial père - mère - fils. L'écriture repose sur un procédé principal : surprendre le lecteur en changeant sans cesse de cap. Mais à force d'être exposé à la même chose, le lecteur finit par s'y habituer et n'est plus surpris du tout.

   Cyrill   
22/4/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Quelques lignes qui me plongent dans un univers singulier. L’écriture est reconnaissable entre toutes, il y a une identité remarquable. Et pourtant ce n’est pas une égalité algébrique du tout, je ferais mieux de m’en remettre aux sciences molles pour décoder ce poème, ou mieux, laisser venir les images et la magie des mots. Un « je » qui résiste à « Monsieur » qui pourrait être un prêtre ou un psy en mal de patients, d’étranges « cheveux concrets » par lesquels il s’agirait d’extirper le mal, une guerre générique, et deux couleurs qui ressortent : rouge et noir.
Le rituel de désenvoûtement n’a pas fonctionné sur moi, je suis convaincu poétiquement par ces visions si réalistes.
Juste un bémol : l'exergue ne me semblait pas nécessaire.

   Eskisse   
26/4/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour,

Etrange et à part, suffisamment énigmatique pour séduire, ce poème vous dé-range plaisamment. et on aime bien ici être légèrement " dérangé".

Un locuteur menacé, agressé, une sorcière en figure maternelle "bercé", " protège" "naître", des sensations visuelles très marquées et une insistance sur le corps ...

Et puis, il y a une voix, à la fois enfantine et vulnérable, neutre et confiante.

( La désignation "monsieur" me fait penser un rapport de classe: domestique / maître / un peu comme dans le théâtre de Jean Genet)
Et cette prose est bien un monologue qui nous pousse à nous interroger sur sa raison d'être.... témoignage, exutoire ou discours/ examen probatoire ?

   papipoete   
26/4/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
aime un peu
bonjour tentacule...
Faudra bien se faire une raison ; jamais tu ne commenceras un poème par
- il était une fois un petit d'homme, qui avait tellement voyagé, ohé ohé
et se replonger dans la publication précédente, pour savoir à quel saint ou sein se vouer !
Oniris n'est pas dépositaire de Martine à la plage, et toute poésie peut s'y exprimer, mais surtout pas somnoler !
Ici, il est question de Monsieur, qui semble avoir au coeur et aux mains, de l'émeri mixé à des orties, pour toucher empoigner secouer tout ce qui n'est pas de sa trempe, mais la sorcière qui serait la mère du héros doit ne pas être étrangère à cette soupe à table, que je ne goutterais pas !
NB toute poésie mérite de figurer dans ces colonnes, et suis persuadé que les Shadocs qui pompaient, purent ici voir leurs dialogues publiés.
En aparté " Monsieur " sûrement un méchant, me rappelle ce malfaisant qui fit voler mon nid en éclats, volant femme et enfant ; ainsi, lorsque je retrouvais ma fille ( petite ), je parlais de lui en " le monsieur "
Bon, ami d'Oujda je ne veux pas démolir le suspens, mais une fois encore, ton monde est si éloigné de mes p'tits oiseaux, mes p'tites pâquerettes, mes historiettes, que je reste coi et laisse les admirateurs de ce genre, venir t'encenser...

   Provencao   
26/4/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour tentacule_du48,

À travers cette sorcière, j'y ai lu une réalité du narcissisme vital, lorsque cette grandeur de soi est en péril " quand je ferme les yeux , la guerre continue....,"

"dans un ventre, je suis composé de verité" la fascination pour ourdir ce mal être, est bien reproduite en vos mots avec cette succession de sensation paranoïa et de confusion.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Lariviere   
29/4/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
Bonjour tentacule_du48,

J'ai bien aimé ce poème.

Une écriture toujours aussi singulière, carrément une marque de fabrique désormais, qui recèle beaucoup de fantaisie et d'audace dans le traitement et toujours cette grande part d'énigme.

La poésie est présente à minima, réduite à quelques images assez fortes :

"Quand je ferme les yeux, la guerre continue, le monde est tellement rouge que ma présumée noirceur devient un drapeau de paix. Dans un ventre, je suis composé de vérité."

Tout l'impact et l'intérêt résident donc dans ce ton radicalement désenchanté, cette prise de liberté avec une poétique plus conventionnelle et ce traitement énigmatique, aussi énigmatique que l'auteur, qui se fait rare en forum ou en commentaires...

Personnellement, si le travail procure réflexion et sensation en l'état, en terme d'esthétique, je ne serais pas contre un peu plus de recherche sur le rythme, le vocabulaire et la sonorité.

Merci pour cette lecture et bonne continuation.


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