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Poésie libre
thy : Spleen de la rue
 Publié le 29/08/17  -  7 commentaires  -  4153 caractères  -  85 lectures    Autres textes du même auteur

Perdition confusion et errances urbaines d'un funambule sur le fil du rasoir.


Spleen de la rue



Énième chapitre
je ferme la porte et j'ouvre mon livre
au marque ta page nocturne
et ça crie, ça bafouille bredouille s’égorge s’égosille gargouille et mouille pluie battante
ça cherche et trouve fouine et fouille jusqu'au fin fond de l'obscur
ça s’écrit en couplets saccadés le violent refrain de la nuit
je tourne les pages car dehors c'est la cohue, le brouhaha
frénésie du vice et clapotis chaotique des capotes
la lune incrustés d’éclats d'argent fané, lourd sourire, contrainte dans ce ciel vacillant
lueur, bougie, je lis et dehors ça ne répond plus de rien
je suis absent dans les décombres fracas et débauche à chaque trottoir
lueur bougie je lis car trouver le sommeil impossible
chair transpirante dégoulinante
odeurs de sueur chaudes froides
je lis nuit blanche le parcours calligraphique et anxiogène
j'approche encore un peu les yeux exorbités de fatigue et pleure
dehors on m'apostrophe on me réclame
lors de chaque souffle chaque paragraphe
ligne discontinue phrases hachées et virgule point et point-virgule exclamation interrogation et encore trois points de suspension...
et l'histoire se répète au prochain chapitre plus acerbe encore plus cru
les prostitués longent des trottoirs aux reflets violets blafards et bafoués
ça dérange ça crie encore ça harangue ça n'en finit pas à gerber
déambulation patibulaire et crachats de poètes
on devine à travers les lignes
à plaie ouverte
appels au secours
eh merde ! Ça sert à rien les bouteilles à l'amer
assoiffé toujours au goulot du culot au goulot alcools à revendre et l’héroïne d'un soir piqûre de rappel la blanche ou la marron et poudre d'escampette pour des rêves idiots
cher dealer de sommeil
la nuit ne verra pas le jour
bien trop tôt sans doute
l'esprit vagabonde et titube
se dévergonde et paye son tribut

flotte le tramway fantôme aux wagons de constellations qui crépitent et grésillent à chaque secousse
votre ticket mon cher voyageur ! Pour la prochaine étoile éteinte
le trou noir l'oubli en apesanteur
ligne 6 quai numéro 3 il faudrait redescendre par obligation ou par dépit on ne sait plus
il faut insiste la mort à s’étouffer de fatigue
s'humecter les doigts et je tourne la page lire entre les rails et chemin de traverse lire encore sans censure susurrent les vieux démons
et brûler son âme la brûler vive c'est l'essence même d'une anxiété abyssale
c'est écrit dans les annales bandes de trous du cul mais rien n'y fait c'est l'incendie
les mots craquent et flambent
c'est l'étincelle à se poudrer le visage
masque suffocant je me débats
je n'ose sauter les lignes jusqu'à la dernière page
je tousse panique folie charnelle à consumer sans modération
palpitation frénétique de mon cœur perdu jusqu'au dernier souffle coupé tranché sur le fil aiguisé et sec du délire
reste alors le marque ta page nocturne et indélébile de tes nuits blanches

appel de la rue trop fort, intransigeant
violent et sans retour
cette nuit j'écrase maladroitement mon mégot sur la table en formica
cette nuit je jette mon livre de rage par la fenêtre au vent tranchant
cette nuit je suis le vide dessein de l'extérieur
ah cette putain de nuit, cette putain de nuit
où les graffeurs tagueurs façonnent les façades de la pollution
les murs murmurent leur mal-être à coup de bombes crachant vite fait bien fait à l'abri des regards la peur d'une ville qui suinte
grise la lune les chats et les gens
faites vos jeux rien ne va plus
je me repère mal confusion mentale
noir impair et manque
et manque
le manège continue ça tourne rond paraît-il
dans les ruelles lézardées
ça va et vient comme une respiration mal maîtrisée
on suffoque puis à la sortie de chaque apnée une inspiration
on s'y perd
je me perds
je balbutie quelques mots, demande mon chemin
on me répond toujours « vous êtes ici »


 
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   Anonyme   
29/8/2017
 a aimé ce texte 
Pas ↑
J'ai cherché "la poésie", dans tout ce foutra percutant, elle fait défaut.

C'est un texte qui déballe en long en large et en travers
un certain état-d'âme, assez perturbé et au fil de la lecture
perturbant.

J'ai trouvé cet écrit bien trop long, il semble que plus court,
il m'aurait donné un meilleur rendu. L'ambiance présente
est posée de manière irrégulière, aussi par moment j'ai décroché.

Il y a aussi par instant du déjà lu et relu, des jeux de mots usés, je pense que cet écrit gagnerait à être un peu débroussaillé, car
il n'est pas inintéressant.

   Robot   
29/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Images, allitération, rythme, donne par moment à cette prose beaucoup de dynamisme.

Des phrases comme celle-ci:
"et ça crie, ça bafouille bredouille s’égorge s’égosille gargouille et mouille pluie battante"
sont un régal car l'image s'impose et imprègne au point que l'on ressent physiquement l'expression.

Un reproche cependant, une impression de fouillis dans la rédaction, peut-être faudrait-il ordonner, resserrer, et supprimer des digressions pas forcément utiles.

Par exemple, le passage "cette nuit" se passerait bien de l'anaphore. Eviter la phrase excessive comme par exemple l'expression
"cette nuit je suis le vide dessein de l'extérieur"
qui est peut-être compréhensible par le narrateur mais il faut aussi penser au lecteur.

C'est peut-être volontaire, mais on a un peu l'impression d'un récit à jet continu qui a été abandonné brut de décoffrage, un peu désordonné.

Et puis, la ponctuation a été trop négligée, elle apporte beaucoup plus que ce que l'on croit. Ne pas l'utiliser est souvent une facilité. Elle contribue à ordonner le désordre de l'écriture.

   Anonyme   
29/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien
J'aurais plutôt vu ce texte en prose. De ce fait la ponctuation aiderait à donner un peu d'air à la lecture et pallier la densité du texte.
Il y a de bons passages pour rendre cette atmosphère pesante des choses de la rue.
La rue, ou bien ce qui se passe dans le livre du narrateur ?

" frénésie du vice et clapotis chaotique des capotes " sans être bégueule, je n'ai pas trouvé cette image très poétique...

   jfmoods   
29/8/2017
Ce poème en vers libres, dont la construction et l'économie de virgules soulignent l'urgence à dire, se présente comme le journal intime d'un poète métropolitain.

Le texte s'inscrit dans un cadre nocturne délétère (images de la chute : "ce ciel vacillant", "décombres", "dégoulinante", "les bouteilles à l'amer", "l'esprit vagabonde et titube", "une anxiété abyssale"), comme dans l'intrigue interlope d'un roman noir (champ lexical du livre que l'on parcourt, prostitution : "frénésie du vice et clapotis chaotique des capotes", "les prostitués longent des trottoirs aux reflets violets blafards et bafoués", ivrognerie : "alcools à revendre", drogue : "l’héroïne d'un soir piqûre de rappel la blanche ou la marron et poudre d'escampette pour des rêves idiots", "cher dealer de sommeil", "la nuit ne verra pas le jour", miroirs aux alouettes des tripots / des casinos : "faites vos jeux", "rien ne va plus", "noir impair et manque / et manque").

Dans le dédale de ses pérégrinations urbaines, le poème déroule, en une sourde litanie, son imposante palette sonore ("crie" x 2, "bafouille", "bredouille", "s'égosille", "gargouille", "cohue", "brouhaha", "clapotis", "fracas", "apostrophe", "souffle", "harangue", "appels au secours", "crépitent", "grésillent", "suffocant", "tousse", "dernier souffle coupé", "appel de la rue", "comme une respiration mal maîtrisée", "suffoquent", "Balbutiement", allitérations et assonances : "censure susurrent", jeu d'holorimes :"les murs murmurent").

Merci pour ce partage !

   papipoete   
30/8/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
bonjour thy,
Je vois une spirale où tourbillonnent des mots, des phrases sans verbe, le verbe haut et un fouillis de sensations .
NB j'imagine le héros assis, la jambe ( les deux même ) qui tremble à se démembrer, en attendant fébrilement la dope qui manque, et rend fou !
Bien que certaines envolées soient très visuelles, l'embrouillamini de votre texte m'égare, et je ne sais plus où je suis !

   MFAYARD   
30/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
L’attaque du premier vers m’a incité à lire ce long texte que ma paresse aurait sans doute laissé de côté au premier coup d’œil.
Ensuite je me suis un peu perdu dans le foisonnement avant de raccrocher brutalement avec la dernière strophe impeccable.

   Proseuse   
30/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Thy,

Hé bien voilà un texte que je me suis surprise à bien aimer !
Tout est là heurté, sombre , bringuebalant de l' angoisse au mal-être, c' est un véritable labyrinthe dans une nuit blanche au regard noir ! enfin, pour moi qui aime le "rêve" ... c' était pas gagné !
Mais me suis-je dis, Proseuse, que voulais-tu trouver ici ... des p'tits zozieaux , des fleurs-bisous qui te sautent au cou ?? etc .. Bha non ! le poème s' appelle "spleen" et c' est pas pour rien, quand même ! Et je dois bien avoué que le voyage promis ... je l' ai fait !!
Donc pour moi : poème réussi !
merci et à vous relire .. p't'être avec des p'tits zozieaux quand même ? .. un ou deux, allez ! :-))


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