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Poésie libre
Timoline : Trajectoire
 Publié le 18/06/17  -  13 commentaires  -  890 caractères  -  216 lectures    Autres textes du même auteur

À René-Luc.


Trajectoire



Traîné contre les marques de route
Crevasses de carrosserie
Aux parfums d'herbe fraîche, arrachés aux rochers
Qui fouettent ta face comme les flancs épars
Ces ailes lacérées qui t'enlacent
Te brisent en dansant sans souci du silence
Jusqu'à la transe et l'enroulement rapide
Vers le vide
La calandre encastrée dans la tôle et la terre
L'essieu dévissé au sourire insidieux
Sur le sol, simple survol
Souvenir du soleil et sa chute soudaine
Dans l'éclair ou l'air éclatant de lumière
Vers les traces de toi qui dégrisent
S'éteignent et grésillent doucement sous l'acier
Puis le calme absolu d'une nouvelle lune
Qui veille enfin sur toi.

Tu es comme elle
Une lumière opaque
L'huile sur la rosée qui perle des fougères
Et l'odeur de brûlé...

Tu nous laisses derrière.


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   David   
27/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Brrr... les mots semblent évoquer la victime d'un accident de la route, dans des propos qui mélangent... trainer, arracher, fouetter, briser, les premiers verbes posent cette ambiance particulière. La toute fin est jolie aussi.

   papipoete   
18/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Timoline,
Après l'embardée qui n'en finît pas, tout s'arrêta enfin ; herbes dans la figure et corset de ferraille, une odeur de pneu brûlé et l'huile à l'essence qui se répand et toi ...
NB un " fait divers " narré de l'intérieur, qui glace le sang, avec des vers sans lendemain " vers les traces de toi qui dégrisent s'éteignent et grésillent doucement sous l'acier " .
Bref comme un écart soudain sur l'asphalte ...

   Michel64   
18/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
De l'art de traiter de l'horreur d'un accident de la route poétiquement.
C'est très réussi et ne laisse aucun doute sur l'issue fatale, malheureusement.

"Puis le calme absolu d'une nouvelle lune
Qui veille enfin sur toi."

Bravo Timoline
Au plaisir de vous relire, dans un registre plus gai, peut-être.
Michel

   PIZZICATO   
18/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Arriver à donner une allure poétique à la relation d'un accident, ce n'est quand même pas banal ! Même le titre est discret.
Une suite d'images, belles dans leur forme, terribles dans leur fond, qui nous font vivre cette " trajectoire " qui aboutit au drame. " Tu es comme elle
Une lumière opaque
L'huile sur la rosée qui perle des fougères
Et l'odeur de brûlé... "

   plumette   
18/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Timoline

votre poème m'a laissé un instant sans mot, prise dans les sensations qu'il procure.
Une alliance de réalité crue, terrible et de beauté grâce à ce récit poétique d'une trajectoire dont on a bien compris où elle mène.

c'est fort et j'en tremble,

Plumette

   Marite   
18/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Reçu de plein fouet ce poème avec l'impression d'assister en direct au drame. Mais, curieusement, la méticulosité chronologique des descriptions m'a semblé en atténuer toute l'horreur. Une véritable prouesse et force poétique je trouve. Comme l'impression que ces mots traduisent un vécu d'où l'on est revenu.

   Vincendix   
19/6/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Ecrire un poème sur un accident de la route, je trouve cela inconvenant, pour avoir été témoin de nombreux cas mortels (dans mon job) j’estime que ce genre de drame n’a pas sa place dans la « poésie ».
Il y avait une autre façon de rendre hommage à un ami que d’employer des termes aussi « voyeuristes », compte tenu de votre écriture, je pense que vous en étiez capable.

   Sebrutus   
19/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J aime tout. Le titre la forme, le fond. Les jeux de sonorité, le vide. On voit ce drame au ralenti avec toute la violence et la fatalité. On connaît cette poignée de seconde maudite.

   Marie-Ange   
20/6/2017
Je ne trouve pas vraiment des mots, à mettre sous ce texte, j'ai eu l'impression de vivre pleinement cette "Trajectoire" dramatique. Des images plus marquantes les unes que les autres se sont imposées.

Alors que peut-on dire face à un tel événement, aucun mot n'est à la hauteur, rien ne peut venir occulté le côté terrible.

Je me suis senti le spectateur "involontaire" d'une tragédie qui me dépasse et je n'ai pas vraiment aimé être confronté à ce genre de situation qui m'a bouleversé et pour laquelle je ne peux apporter aucun soulagement.

   Raoul   
20/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"Exercice d'écriture" difficile s'il en est…
Tout est maîtrisé, une rigueur clinique, si je puis dire, où un Icare tombe en tournoyant au ralenti, m'a fait penser aux Choses de la vie.
Fort et pudique.
Une mécanique tout en économie de mot et d'images très remarquable, je trouve. La poésie c'est aussi ça, voir jusqu'au delà de ce qu'on voit, au travers même, dans une sorte de "je ne crois que ce que je vois".
Fort parce que sans doutes nécessaire.

   jfmoods   
22/6/2017
Ce poème, qui met en scène un véhicule automobile ("carrosserie", "flancs", "ailes", "calandre", "tôle", "L'essieu", "l'acier", "L'huile") dans un accident particulièrement dévastateur (participes passés : "Traîné", "arrachés", "lacérées", "encastrée", verbes au présent : "fouettent", "brisent", nom commun : "crevasses", groupes nominaux : "les marques de route", "l'odeur de brûlé" ), est dédié au conducteur décédé (entête : "À René-Luc.", pronoms personnels : "Te", "Tu" x 2, "toi" x 2, possessif : "ta face", image finale des proches inconsolables : "nous"). Un cadre végétal ("Aux parfums d'herbe fraîche", "la rosée qui perle des fougères") sert de toile de fond à une évocation qui présente la mort comme un ballet ("t'enlacent", "en dansant", "la transe et l'enroulement rapide"), une chorégraphie diabolique ("au sourire insidieux"). Dans un jeu homonymique déroutant, le mot "ailes" ouvre une fantasmagorie étrange, inattendue : celle d'Icare. En voulant, par inconscience, chercher ses limites, trop s'approcher de l'astre solaire, il en paya le lourd tribut ("Vers le vide", "Souvenir du soleil et sa chute soudaine / Dans l'éclair ou l'air éclatant de lumière"). Des verbes construits en tryptique ("dégrisent / S'éteignent et grésillent") semblent accréditer la thèse de la vitesse excessive comme cause de l'accident. L'adverbe "enfin" laisse planer l'hypothèse d'une vie insouciante, imprudente, sans garde-fous, tandis que la comparaison ("Tu es comme elle / Une lumière opaque") suggèrent les zones d'ombre d'une personnalité. Le lecteur pense alors, forcément, à ces jeunes conducteurs inexpérimentés qui roulent à tombeau ouvert sur nos routes...

Merci pour ce partage !

   mitsouko   
25/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
en d'autres temps, j'ai croisé ta plume
toujours ce style inimitable, ce jeu des mots, des sonorités..........je repense à l'accident dans Les Choses de la vie de Claude Sautet, des lambeaux de vie anéantie dans les tôles calcinées
La fureur du choc tellurique ..........et puis ce calme, cette plénitude qui entoure les morts............la route continue pour ceux qui restent
magnifique

   Ananas   
26/6/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonsoir,

je suis mitigée à la lecture de votre poésie.

Dans l'éclair ou l'air éclatant de lumière

Sur le sol, simple survol

Souvenir du soleil et sa chute soudaine
me semblent trop évident, trop cherchés pour les sonorités (la rime interne).

Le dernier vers me parait superflu.
Limite trouverait sa place en ouverture, décalé comme vous l'avez fait, mais au début du poème.

Je trouve que l'ensemble est pas mal réussi sinon, au niveau de l'ambiance, du signifié. On se prend à tourner. Perdre pied. Se raccrocher. Vous parvenez totalement à immerger le lecteur dans ce que vous nous racontez. Sémantiquement, rien à dire, il y a une plume.

Comme j'aurais aimé plus d'originalité. Plus d'universalité encore. Je pense que vos choix syntaxiques y sont pour beaucoup. Je vois des qui, trop. Je vois des mots choisis à l'évocation immédiate, c'est très visuel, et du coup, il faut se méfier de ce que les images envoient.

La dernière strophe est parfaite. Le dernier vers déchire (sans jeu de mot foireux).

Je pense que le début (la longue strophe donc) gagnerait à être épuré. Pas grand chose. Pas forcément en coupant dans les vers. Peut-être dans la disposition? Ce sont des pistes qui n'engagent que moi, hein. Je trouve que c'est encore trop évident. Que ça manque d'originalité.

Il y a clairement un décalage avec la fin. On est pas sur le même registre au niveau de la valeur poétique.
Oh, le reste est bon. La fin est parfaite tant dans le fond que dans la forme. Du coup j'aurais aimé que l'ensemble me laisse le même impact.

Et ce n'est pas le cas. C'est un crash, une danse poétique... qui parle encore un peu trop.

Cela dit, je vous relirai, je suis curieuse !
Merci !


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