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Poésie néo-classique
TITEFEE : La procréation
 Publié le 25/09/07  -  2 commentaires  -  3986 caractères  -  19 lectures    Autres textes du même auteur

La plus fabuleuse des aventures...


La procréation



Dans ce couloir étroit, inconnu, aux moelleuses parois humides,
Nous rampons éperdus, affolés, serrés les uns contre les autres,
Convergeant tous vers la planète gélatineuse, ce blanc astéroïde
Qui, dans le long canal tout au bout, flotte comme un astronaute.

La sphère épand une lumière diaphane et ses bords sont frangés.
Elle ressemblerait presque à ces méduses aux voiles translucides
Qui flottent dans la mer et laissent onduler leurs voiles de mariée,
Et pour nous, d’un seul coup c’est une curée, un barbare génocide.

Telles des lucioles déroutées nous flottons éperdus vers la sphère.
Nos flagelles lumineuses nous aident à nous propulser vers ce but :
Pénétrer vaillamment dans ce nid à la chaude et magique atmosphère,
Passer de la vie à la mort, et faire cette ultime et prodigieuse culbute.

Et me voici jouant de mon corps translucide comme d’un rempart
Je donne des coups de queue des coups de tête et mon cri est silence
Les parois de cette boule sont élastiques mais dures et c’est le départ
Pour l'histoire de la vie, telle que je l’ai voulue, dans toute sa violence.

Et me voici seule à pénétrer dans cette grotte accueillante et souple
Et alors je ne suis plus maîtresse de mon sort, des forces incroyables
Me fixent aux parois, m’enveloppent, et des filaments s’accouplent
Pour m’enchaîner dans des plis dont me défaire ne suis plus capable.

Des effluves de mer m’entourent dans cet océan , dans ce sombre nid
Je suis sans réaction, tout ce que je veux m’est offert et des plicatures
Se forment sur mon corps, je perds ma flagelle, et se divise à l’envie.
Mon unique cellule, donnant naissance encore à d’autres sans torture.

………


Et ces cellules se dupliquent jusqu’à soixante-trois le stade morula
Division ultime pour l’unité de vie, et son éternelle mission particulière
Qui du têtard à l’humain va faire sa métamorphose et après deviendra
Un enfant blanc, jaune, ou noir dans l’intégrité de tout son être.

Il ne me reste qu’un embryon de queue et deux immenses yeux noirs
Ma peau est gélatine et dans elle se dessine ma colonne vertébrale
Puis au fil des jours apparaissent des membres, tous les accessoires
Telles des branchies me permettant de vivre dans ce milieu claustral.

Et un beau matin ou alors un soir, je sentis battre dans ma poitrine
Ce cœur qui venait d’entamer sa chevauchée vers ma lointaine mort
Quand je naîtrai ce jour choisi entre tous au sablier de l’heure utérine
Ma présente existence à mon certain trépas ne connaîtra pas mon sort.

Et pourtant je suis là dans ce premier paradis esquissant des sourires
Mes doigts bien formés trouvent enfin l’abri chaud de ma bouche
Expérimentant déjà le plaisir qui se prolongera de sucer mon pouce
Et je suis sensations, extases, rêveries avant que de savoir discourir.

Dans mes mémoires endormies, éthérées règne encore la prescience
De ce qui est, de ce qui n’est déjà plus et pourtant mes vies antérieures
Ont marqué la trame de mes devenirs et une fois de plus la conscience
De la chute originelle va guider mes pas dans mes faillibles ailleurs.

J’entends depuis longtemps les battements sourds du cœur de maman
Et j’écoute attentive toutes ces voix passées à travers le tamis des eaux
Je suis bien ici, rien ne m’est refusé aussi je prends tout mon temps
Je me fais des yeux verts, des cheveux noirs et blanche est ma peau.

Je grandis, je prends innocemment toute cette place. Où sera mon espace
Lorsque mon corps aura acquis le droit et l’envie de bouger à l’envie ?
Je donne des coups de pieds, des coups de poings sans que ne se lasse
Ma mère qui amoureusement met ses mains sur son ventre là où je suis.


 
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   Absolue   
25/9/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Comme c'est bien décrit! Un bien beau mélange de science et de poésie...

   Anonyme   
25/9/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup
un beau mariage entre réalisme et poésie...

Brusquement la mémoire de ces temps que nous n'avons pas oubliés mais qui pourtant ne nous parlent plus..

Merci de nous les chuchotter à l'oreille


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