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Poésie néo-classique
TITEFEE : Les naufragés 9/10/11/12
 Publié le 30/05/09  -  11 commentaires  -  3720 caractères  -  40 lectures    Autres textes du même auteur

L'aventure continue. Mais jusqu'où ?


Les naufragés 9/10/11/12



Chapitre 9


Au bout du long couloir terminé en étoile
S’ouvre un immense dôme où des constellations
Parsèment le plafond et, caché par un voile,
Chaque accès contrefait, du soleil, les rayons.

En plein cœur du volcan l’on distingue le feu
Cogner sur la paroi, rendue infranchissable
Car la fournaise ardente embrase, en son milieu,
La roche incandescente en un magma friable.

Éblouis et troublés par les flots de lumières
Que dispensent les murs, et font cligner leurs yeux,
Les hommes, étonnés par les senteurs premières
D’iode et de varech, découvrent mer et cieux.

L’on entend, incongru, l’appel d’une mouette
Et le bruit du ressac frappant sur un rocher,
Quand le rideau bleuté, qu’un vent marin fouette,
Découvre un lac si bleu qu’on voudrait s’y coucher.


Chapitre 10


Combien de temps depuis ces funestes carnages ?
Combien de jours aussi à percer l’inconnu
De ces lieux étonnants, si loin de leurs villages
Enflammés par ce mal qu’ils avaient méconnu.

Leur passé, à présent délité dans les brumes,
Ils tentent depuis peu d’instituer leur loi,
En élisant un chef, comme veut la coutume,
Et ce fut Watouma qui remplit cet emploi.

Deux femmes seulement avaient pu tenir tête
À l’horrible voyage où, jonché de ses morts,
Leur frêle embarcation affronta la tempête
Abandonnant leur chair à tous les inconforts.

Elles avaient gardé, leur démarche féline
Et l’éclat de leurs yeux fit monter les ardeurs
De bien des rescapés car, cela se devine,
Devant leur nudité tous furent quémandeurs.


Chapitre 11


Watouma, beau gaillard aux gros muscles saillants,
Attira contre lui, d’un geste de conquête,
Marra encor pubère, aux charmes ondoyants
Qui soumise acquiesça d’un mouvement de tête.

Le chef a donc choisi qui serait sa compagne,
Car Prisca, plus âgée, aux fécondes rondeurs,
Montrait un ventre rond sous le très léger pagne :
Fruit certain d’une étreinte aux puissantes ardeurs.

Encor vierge, Marra pourrait bien concevoir
Le cycle de la vie, en ces lieux d’abondance.
Il était temps pour elle aussi de recevoir
L’hommage tant sacré de toute une ascendance.

Elle eut bien préféré que Louya la choisisse
Tant elle ressentait au cœur un pincement
En regardant sa peau à la couleur réglisse
Et son sexe orgueilleux vu subrepticement.


Chapitre 12


Le temps s'écoulait donc en ces lieux entourés
Par des monts acérés, aux pics infranchissables,
Au bord de ce lac bleu, aux rochers ajourés,
Vomis par le volcan comme vulgaires sables.

Les hommes, enhardis, revenaient tous les jours
Découvrir les trésors des salles, si nombreuses,
Qui cachaient les secrets, mais rien aux alentours
N’aidait à déchiffrer les lignes ténébreuses.

Ils parvinrent un soir dans une grande chambre,
Aux murs blancs recouverts de fresques expliquant
Le vécu de tous ceux, qui dans cette antichambre,
Venaient y implorer le Dieu de ce volcan.

On y voyait très bien la gorge incandescente
Et son fleuve de feu, sur le lac dévalant,
Forer un long chenal aussi fin qu'une sente,
Au creux du plus haut mont, aux yeux se dévoilant.

Se pouvait-il toujours qu’existe ce goulet
Qui les ferait passer au monde des semblables ?
Celui qu’ils avaient fui comme un cruel boulet
Et dont ils oubliaient les faits si effroyables.


 
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   Anonyme   
30/5/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je suis avec plaisir les aventures de ces naufragés.
Le chapitre 11 sera mon préféré...
Je n'ai pas envie de disséquer quoi que ce soit.

C'est une épopée que nous écrit TITEFEE!

   xuanvincent   
30/5/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Comme l'a bien dit David, quelle épopée, que cette histoire "tifefeenne" (excusez le néologisme) !

J'avais cru les "Naufragés" perdus en chemin... les revoilà !

Peut-être que l'auteur lira ce texte ? Cela lui donnerait, je pense une dimension (dramatique j'imagine) encore plus intéressante.

Détails :
« gros muscles saillants » : « gros », en terme de sens (pas de pied, je ne compte pas les pieds…) m’a paru de trop

   Anonyme   
30/5/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Titefée... Des Naufragés toujours aussi agréables à lire.
Une épopée que n'aurait pas reniée De Foë qui lui, le malheureux, n'avait que Crusoé...

   FredericBruls   
30/5/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Toujours ce côté "légende des siècles " dans ces chapitres poétiques aux parfums immémoriaux. Comme Notrac, je ne décortique pas les vers, je les goûte simplement.

   Anonyme   
30/5/2009
Je ne sais si tu nous réserve une suite mais ayant lu déjà les huit premiers chapitres, j'avoue que je me lasse. Les alexandrins sont toujours agréable de fluidité, et tu maîtrises la technique des quatrains, et de ce langage dantesquement hugolien.`
Mais je ne vois rien de vraiment nouveau. Une impression de piétiner.

   Anonyme   
30/5/2009
 a aimé ce texte 
Bien
J'aime ce lyrisme. Même si les alexandrins, parfois, comportent quelques petites chevilles, le lecteur est vraiment emporté par le souffle de l'épopée.
Merci Titefee, tu te et nous fais plaisir.

   Garance   
1/6/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'adore cette épopée, je ne sais jusqu'où elle conduira tes naufragés mais je lis avec plaisir leurs aventures.
Coup de coeur pour le chapitre 11 !

   David   
3/6/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Titefee,

Que va-t'il advenir des survivants dans ce mystérieux volcan, qui étaient ceux qui les ont précédé, la rivalité va-t'elle faire éclater le petit groupe autours des deux dernières femmes, dont l'une déjà ressent le carcan de cette nouvelle vie... ah ! Marra, que n'iras-tu affronter d'avoir poser tes yeux sous un pagne orgueilleux...

   nico84   
4/6/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Encore 4 beaux chapitres, avec plus de descriptions. C'est bien fait mais il manquait peut être de quelques aventures encore.

Qui sont ses naufragés ? Un début de civilisation ? J'ai bien aimé des formulations des actes amoureux, au début. Chacun choisissant sa campagne.

Belle écriture, toujours, où va elle nous emmené ? J'ai tout apprecié.

   pieralun   
5/6/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
L'écriture, pour Titefee, ressemble à une langue maternelle. Même si la poésie n'est pas toujours présente (elle ne l'était pas toujours dans les textes de Hugo), le rythme est parfait. La forme est très classique.Bravo!!!

   Damy   
19/4/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
Je continue mon interprétation qui me semble de plus en plus plausible.
La mer reflue encore et refluera toujours d'autres équipages. Si ce n'est par la guerre, cela sera par sécheresse. Les riches ont réchauffé le climat pour rallonger leurs lointaines villégiatures insulaires. Comme dit l'Allègre sire: on ne manque pas d'eau...c'est comme la richesse...il suffit de mieux la répartir!!! Bon Dieu! Tu m'entends??

Sous la lave et dans la bave, il y aura ici des Watouma aux amours polygames illicites.
Il y aura des Marra soumises à la légitime et désireuse d'enfanter chez les riches. C'est plus sûr que chez les pauvres (du moins quand on en aura défini l'identité nationale...).

Ils se retrouveront tous dans l'anti-chambre de nos remerciements...et bon voyage de retour!

Poètes! Leurs charters!


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