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Poésie contemporaine
tome15545 : J'ai mais peut-être un autre en vain cherché le soir
 Publié le 09/06/26  -  7 commentaires  -  716 caractères  -  134 lectures    Autres textes du même auteur

Emprunté à Aragon, de Guaita et aux nébulistes méconnus qu'il ne faut pas nommer.


J'ai mais peut-être un autre en vain cherché le soir



j'ai mais peut-être un autre en vain cherché le soir
longuement la raison qui me tenait en vie
j'ai mais peut-être un autre accueilli des mystères
qui moi-même ou quiconque à contempler le ciel
à rêver que la nuit s'ouvrait comme une fleur
et versait un parfum de thé vert et de pneus
lentement tu venais spectre de la nuance
toi ou peut-être un autre à me dire d'attendre
j'entendais ton murmure et j'attendais en vain
tu venais mais le temps s'espaçait entre nous
il est déjà trop tard pour que j'apprenne à vivre
alors je tape au mur en fracassant mon crâne
alors je tape au mur en fracassant mon crâne
alors je tape au mur en fracassant mon crâne


 
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   Curwwod   
17/5/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
J'ai la curieuse impression qu'il y a quelque chose de fort et prometteur dans ce texte volontairement rendu ésotérique tant par l'absence de ponctuation ( apparemment c'est devenu une mode destinée à complexifier la compréhension et par là même faire savant et peut être poétique : et versait un parfum de thé vert et de pneus) que par un parti pris syntaxique.
Apparemment l'auteur déplore l'absence d'un être aimé jusqu'à l'automutilation et même le suicide (il est déjà trop tard pour que j'apprenne à vivre/répétition X3 de "alors je tape au mur en fracassant mon crâne" et la séparation est peut être symbolisée par l'orthographe de "J'ai mais" pour J'aimais. Quelques très belles images (à rêver que la nuit s'ouvrait comme une fleur) mais la complexité recherchée en particulier au début du texte ne me paraît pas être un plus poétique.

   Passant75   
17/5/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
Le poème peut surprendre par son style fragmenté et surréaliste, oscillant entre quête d’un « autre » et introspection douloureuse. L’absence de ponctuation autorise plusieurs interprétations. Pour ma part, j'ai trouvé l’expression « j’ai mais … » intéressante, elle peut traduire un paradoxe, l’auteur croit posséder quelque chose, mais voit le doute s’insinuer aussitôt, ce qui traduit son instabilité et son obsession. Mais d’autres interprétations semblent possibles, notamment, reprenant un propos rimbaldien, « Je est un autre ».

Des images telles que « la nuit s’ouvrait comme une fleur », ou « un parfum de thé vert et de pneus » mêlent la beauté à l’absurde, mais leur décalage peut aussi être déstabilisant. La répétition insistante de « alors je tape au mur en fracassant mon crâne » imprime un rythme lancinant et traduit une violence intérieure, mais son insistance peut toutefois confiner à l’excès.

Si l’audace stylistique crée un poème intense et original, le mélange de lyrisme, d’absurde et de surcharge dramatique rend quelquefois le texte plutôt confus. Au final et malgré cela, le poème réussit à transmettre un désespoir vraiment poignant. Par ailleurs, mon ressenti tient compte de l'originalité du texte.

   LeChevalier   
9/6/2026
Je n'ai pas aimé ce texte dès la présentation : je trouve que c'est un excès de zèle que de se mettre sous l'égide d'un poète, dont le patronyme évoque l'Espagne, et d'un footballeur de la même nationalité (Google confirmera aux curieux la réalité de Vicente Guaita). Mais bon, passons.

L'auteur a choisi une forme délibérément éclatée au niveau syntaxique mais irréprochable au niveau métrique. C'est comme une moquerie avec le vieil alexandrin, déjà traité de niais par Hugo. L'auteur ne se contente pas de rire de Hugo, il blague avec Rimbaud aussi : « Je est (mais peut-être) un autre ». Admettons.

Observons les deux premières syllabes du texte proprement (?) dit : [ʒemɛ]. Entre deux orthographes assez claires, « j'aimais » et « j'émets », le poète en choisit une troisième : décidément, beaucoup d'admirateurs de Mallarmé marchent parmi nous (« Attendez, par pudeur, que j'y ajoute, du moins, un peu d'obscurité »). Pardonnons.

Ensuite, nous sommes introduit dans un univers poétique assez convenu et qui nous plaît par son charme désuet mais qui, brusquement, prend une odeur de pneus. J'hypothétise une composition sur une aire d'autoroute, ce qui justifierait l'assonance « fleur - pneus ».

On avance vers la sortie suivante où on découvre que tu aussi est peut-être un autre. Un clin d'œil à Einstein avec le « le temps s'espaçait » (je reconnais, quand même, comme un certain mérite du poème cette cédille aussi étonnante que judicieusement placée -- n'oublions pas que ce signe diacritique nous vient aussi de l'Espagne).

Le texte se conclue par une triple répétition (« O terque quarterque beati... ») qui relève du langage djeuns : « je me fracasse le crâne » voualnt dire tout simplement « je ris à gorge déployée ».

Au final de cette lecture, je suis bien content de ne pas avoir à mettre une appréciation. Je clos les yeux et j'imagine un instant que les catégories des nouvelles sont utilisées également pour les poèmes : celui-ci, je le verrais bien en « Humour/détente ».

   Eskisse   
9/6/2026
Bonjour Tome15545

Il me semble que ce poème ne m'est pas destiné.
Il est fait d'emprunts, écrivez-vous. Mon plaisir de lectrice résiderait alors à reconnaître ces emprunts pour goûter la part d'originalité dans l'insertion de ces emprunts. Le hic, mis à part pour Rimbaud, c'est que je ne les vois pas, ces emprunts. Ma culture étant limitée et/ ou ne correspondant pas à la vôtre, je ne peux tirer plaisir de la reconnaissance.
Que faut-il faire alors ? Procéder à une lecture aveugle d'emprunts ? Oui mais pourquoi alors l'annoncer ?
Peut-être éclairerez -vous votre démarche.

Pour la lecture aveugle, la métrique régulière donne de l'ampleur à la tonalité mélancolique. Mais j'avoue que la syntaxe du premier vers m'a déroutée. je suppose que le locuteur n'ose pas dire " j'aimais" ?
Je suis perplexe.

Merci du partage

   Cristale   
9/6/2026
Dur et tendre à la fois, l'alexandrin a jeté la rime par dessus l'épaule du lecteur pour danser sa valse à douze temps dans un costume sur mesure.

Entre le désir de vivre et l'attente de la mort, j'entends le martèlement d'une souffrance à ne pouvoir assumer l'une, à vouloir repousser l'autre, un désir d'attraper l'instant contre celui ambiguë d'appeler la fin.

De quoi se taper la tête contre les murs ou de s'en remettre à l'auto dérision pour garder le contrôle.

Nous ne somme pas loin de la pensée automatique, c'est déjanté, en apparence, mais profond.

Je n'ai rien d'intelligent à dire sur ces vers qui me semblent un pied de nez pour se voiler la face et ne pas montrer des faiblesses pourtant très humaines.

En espérant que mon ombre personnelle ne suivra pas ce commentaire*, je ne saurais qu'attendre la parole de l'auteur pour m'éclairer sur ses intentions d'écriture.

L'auteur semble ne pas apprécier les notations, je m'abstiens donc par respect.

P.S.; *eh non, aucun doublon de moi-même ne m'a suivie ^^

   Million   
10/6/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Ah j'aime beaucoup plusieurs choses surprenantes (et c'est le début de l'attrait : le bizarre)
Aucune majuscule, aucune ponctuation, aucune rime. Le décor est posé.
Des entorses à la plus simple rédaction ; l'intérêt est immédiat.
ça c'est beau, et bizarre.
J'avoue le parfum de pneu m'a scotché ! Boum ! superbe après le thé vert, le contraste, la nuance extrême.
Et puis les trois derniers vers, voilà de la poésie...

Bravo, c'est sublime, continuez comme ça !

   Cyrill   
10/6/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Tome155.
Ça c’est du contemporain qui exploite toutes ses possibilités. La tenue de l’alexandrin se heurte à une syntaxe bousculée, qu’on peut trouver incompréhensible parce quelle chahute, mais c’est là justement que je vois une belle plus-value. Le poème précipite dans un état de conscience modifié, où le rationnel n’a pas droit de cité.
J’ai ma propre appréhension de ce texte, qui est peut-être loin de vos intentions d’auteur, mais je peux dire qu’il m’a procuré beaucoup de plaisir. À ce titre je pourrais citer moult vers et tournures, en voici :
« un autre accueilli des mystères », « lentement tu venais spectre de la nuance »…
Il y a une tonalité de désespérance qui interroge, elle est à son apogée dans le triple vers de clôture.
Bravo et merci pour le partage.


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