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Poésie en prose
troupi : Confidences
 Publié le 12/06/17  -  12 commentaires  -  1833 caractères  -  194 lectures    Autres textes du même auteur

Je suis de toutes les vies, quelques secondes ou plusieurs siècles…
Ici, ailleurs, dans d'autres galaxies…


Confidences



Sur votre planète j'ai tout exploré, des plus profondes grottes aux immenses sommets.

Je me pose parfois dans des nuages flous en rêvant d'océans.

Les déserts me désirent et, complice, je m'offre à leur aridité.

Les forêts exilées se replient en silence si je les abandonne et quand l'hiver raidit sous l'écorce du gel, je l'accepte ; vaincue en larmes de cristal je songe au temps qui s'éternise.

Si souvent je m'épuise au milieu de brasiers, je peux fuir par les airs et renaître plus loin, où je glisse : soyeux serpent de verre.

Insaisissable, pas une de vos idées ne saurait m'enfermer.

Si vous me convoitez je viens au cœur de vos atomes, je fouille votre intime, je suis votre survie.
Ma mémoire connaît les secrets de la vie : ce mystérieux pouvoir qui nous anime tous et que je véhicule de l'herbe à l'éléphant.

Vous n'êtes pas nombreux à croire en mes pouvoirs et vous me condamnez aux plus basses besognes.
Quand vos vies me polluent, ce désastre ne vous inquiète même pas.

Regardez-moi.

Je renais de vos cendres et je fuis par des chemins secrets jusqu'au sang de la Terre : ces laves éternelles dans lesquelles je me noie pour des noces de feu.
Ivre de liberté je me ressource au minéral liquide.

Parfois sur mon parcours dans ce noir absolu surgissent des étoiles ; émeraudes, diamants, merveilles qui patientent des temps immémoriaux.
Sous mes pulsions de vie je nourris leurs jardins puis je les abandonne, éclatants, à leur éternité.

Ma fuite se poursuit encore plus profond pour finir dans des lacs sombres et immobiles.

D'immenses lacs de paix.


Quand vous disparaîtrez je serai toujours là, vivante et cristalline aux aquifères profonds.


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Marite   
12/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un peu déroutée en première lecture par ce texte en prose, il a suffit d'y revenir et tout s'est éclairci et m'est apparu évident : l'Eau, élément vivant et vital pour nous humains, nous fait ses confidences ... Personnifiée, elle nous rappelle ce que nous sommes réellement, des atomes reliés entre eux, maintenus en vie par son bon vouloir et si infimes à son échelle de l'espace et du temps.
" Quand vous disparaitrez je serai toujours là, vivante et cristalline aux aquifères profonds."
Edit. je ne me souvenais plus avoir commenté cette poésie en prose (en EL). Je viens de la relire ce matin et y ai trouvé de très belles images : dans les nuages, les déserts, les forêts ... mais aussi cette expression qui me plaît beaucoup car elle résume tout : " Ma mémoire connaît les secrets de la vie ..." et je modifie mon appréciation !

   leni   
12/6/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonjour tROUPI
Le monde minéral te fascine et tu le tutoies comme un veux copain
Tu m'as toujours fait partager tes sensations et mon regard dans l'Aven Armand n'est plus le même Un baobab qui souffre je le perçois
Tu me faiss partager

Quand vous disparaîtrez je serai toujours là, vivante et cristalline aux aquifères profonds
C'est très beau AMI Content de t'avoir retrouvé
MERCI

   Cat   
12/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Belle ode à l'eau source de vie !

Dans ses méandres, dans ses déserts, dans ses saisons, éternelle elle coule.

"Je renais de vos cendres et je fuis par des chemins secrets jusqu'au sang de la Terre : ces laves éternelles dans lesquelles je me noie pour des noces de feu..."

Et renait du sang de la Terre...

Il y a de la fraîcheur à te lire, Troupi, et aussi comme une délicate tristesse au fil de l'eau, qui se fait cristalline, tourmente, et parfois sanglots.

Merci pour cet appel à faire attention à notre bien le plus précieux sur notre planète.

A te relire

Cat

   papipoete   
12/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour troupi,
Je peux apparaitre là et disparaitre là-bas sous la terre ; on me convoite tel un fourgon rempli d'or ; on me gaspille là où je coule sans retenue ; je suis le signe de vie sur une exo-planête ; et lorsque je me fâche nul ne peut rien contre moi ! Et que vienne à mourir ma Terre, ma mère, je resterai là tapie " aux aquifères profonds ", veillant sur son repos éternel .
NB l'auteur se revêt de l'eau, si précieuse mais transparente au point que certains ne font plus attention à elle, et parle à sa place pour tenter de dire, << attention, sans moi il n'y aura plus de vie ! >>
De si beaux vers , " si souvent je m'épuise au milieu des brasiers ... "
Après tout, ce n'est que de l'eau ... entend-t-on !
Magnifique ode que cette prose !

   PIZZICATO   
12/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Troupi.
Une cascade d'images SUPERBES afin de rappeler que l'Eau est génitrice de la vie et qu'en toutes circonstances elle est nécessaire.

"Vous n'êtes pas nombreux à croire en mes pouvoirs et vous me condamnez aux plus basses besognes.
Quand vos vies me polluent, ce désastre ne vous inquiète même pas. "
Mais quand l'être humain prendrat-il vraiment conscience qu'il n'est rien sans elle ?

" Quand vous disparaîtrez je serai toujours là, vivante et cristalline aux aquifères profonds." Sans appel !!

   Pouet   
12/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bjr,

L'eau est très bien servie ici. Le texte est très musical, coulant, et c'est de circonstance.

Un poème sur la Nature, un de plus.

troupi est un des rares auteurs du site (le seul à ma connaissance) dans lequel je me reconnais vraiment au niveau de l'écriture, où je me dis "tiens ça j'aurais pu l'écrire" (enfin si j'étais en forme). Je ne parle pas spécialement du présent poème mais de l'ensemble de ce que j'ai pu lire de lui. Non pas que nos productions se "ressemblent", pas du tout, mais je partage en grande partie cette "vision" des mots, du rythme, des images... bref c'est assez complexe à exprimer, cela n'a rien d'objectif, je suis dans le ressenti brut, mais je me dis que si j'avais été "un autre moi", j'aurais écrit comme ça... :)

De menus détails:

"au temps qui s'éternise", j'aurais choisi un autre verbe, moins évident.

"Quand vos vies me polluent, ce désastre ne vous inquiète même pas. " Pour moi, le "même" est de trop.

"minéral liquide", pas très mélodieux, j'aurais préféré "minerai" même si le sens n'est pas le même.

Après bon, il y a aussi quelques "expressions toutes faites" ou "banalités" du genre "basses besognes", "renais de vos cendres", "temps immémoriaux" ou encore "pulsions de vie"... Mais bon pas facile de ne pas en écrire du tout et je n'y échappe pas non plus donc je ne balancerais pas de graviers...

Enfin: trois fois "vie", une fois "survie", une fois "vivante". Mais bon l'eau c'est la vie hein.

Dans l'ensemble j'ai beaucoup aimé. Surtout jusqu' à ce superbe "vers": "le mystérieux pouvoir qui nous anime tous et que je véhicule de l'herbe à l'éléphant." qui vaut vraiment son pesant de cacahuètes.

Après cela j'accroche (un peu) moins mais tout est relatif.

Au final, et en mettant de côté mon pinaillage pathologique que je n'applique bien sûr pas à moi-même lorsque j'écris, mon seul regret est de ne pas lire plus souvent des textes de l'auteur.

   Cristale   
12/6/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Troupi,

Le dernier vers est un vers absolu.
Une pépite.

Que dire d'autre ? Votre texte est un enchantement dont je ne saurais relever un élément plus qu'un autre. Fluide, aéré, magique, voilà quelques impressions que me laisse ma lecture.
Comme si je prenais conscience de la suprématie de cet élément, une mère supérieure à tous les dieux des hommes...

Un bel écrit, une prose ravissante, genre prosopopée, qui remet aussi nos pendules à l'heure, vraiment.

Merci pour ce plaisir à vous lire.
Cristale

   OiseauLyre   
12/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai beaucoup aimé. Une suite d'images libertaires pour évoquer l'eau et ses problématiques, sans surenchère. J'ai voyagé et volé avec vos gouttes. Pour être un peu critique, votre texte est un poil trop long.
Merci.

   Arielle   
12/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
En découvrant ce texte je n'ai pu m'empêcher de repenser à cette phrase de Giono dans L'Eau vive :
"La vie, c'est de l'eau. Si vous mollissez le creux de la main, vous la gardez. Si vous serrez les poings, vous la perdez."

Troupi nous rappelle quel soin nous devrions prendre de ce précieux joyau que nous malmenons si inconsidérément alors que notre vie en dépend.
De belles images pour une belle cause. Le mouvement de l'eau, sa vulnérabilité, sa pérennité tout est dit avec grâce et sans se bercer de fausses illusions.

   Brume   
16/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Troupi,

Vous avez donnez une âme à ce liquide d'une manière incroyable. L'eau est partout parmi nous, elle n'est pas qu'un décor.

J'ai voyagé avec elle dans tous les recoins des grottes aux déserts, des larmes aux immenses lacs. Et vraiment sa vie est palpitante, revigorante, vitale, et merveilleuse.
Toute cette nature et ces élements l'épousent pour appliquer cet équilibre.

J'aime tout mais je vais relever ce très beau passage qui exprime sa grande nécessité vitale parmi tant d'autres:

- "Ma mémoire connaît les secrets de la vie : ce mystérieux pouvoir qui nous anime tous et que je véhicule de l'herbe à l'éléphant."

Merci pour le voyage Troupi, un poème riche et d'une grande beauté.
Une lecture fluide comme l'eau. Rien à ajouter. Juste sublime.

   fugace   
17/6/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
C'est clair, limpide, pur comme une source des plus hauts sommets.
J'ai ressenti l'insaisissable, la permanence éternelle de cette source de vie universelle.
Merci de ce magnifique texte auquel je trouve une dimension philosophique qui devrait, à mon sens, être méditée plus souvent

   Mona   
4/7/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
le soyeux serpent de verre m'a éblouie. Merci pour ce partage immensément philosophique et poétique...


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