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Poésie classique
vallet : Phébé
 Publié le 28/10/26  -  7 commentaires  -  755 caractères  -  136 lectures    Autres textes du même auteur

Comme la lune.


Phébé



Les ténèbres au mont font une chevelure
Dont les pins alignés façonnent des épis,
Au versant, les chalets s'éteignent assoupis
Et Callisto galope à l'astrale pâture.

La blême Séléné brille de son caveau
Et tel un œil béant surgi de la colline,
Observe la vallée endormie et câline
D'une blanche lueur le paraître nouveau.

Étincelante veuve au regard volontaire
Qui balaye la nuit comme un phare la mer,
Par le miroitement de ton rayon laser
Tu montres des tableaux poétiques sur Terre.

En ombre familière, assis, le dos courbé,
Dans l'austère bureau de sa maison d'ivoire,
En composant des vers de son observatoire,
Aux nuits du genre humain le poète est Phébé !


 
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   jf2   
28/10/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
n'aime pas
Je n’ai pas pu m’empêcher, et j’espère que l’auteur ne m’en voudra pas trop, d’avoir une vision parodique de ce poème :

Dans la montagne vosgienne, la nymphe Callisto a emprunté le cheval de John Wayne pour des chevauchées fantastiques dans les étoiles.

La déesse Séléné a emprunté le sabre laser de Luke Skywalker pour éclairer la terre.

Enfin la Titanide Phébé s’est inscrite sur un site de poésie et s’est réfugiée dans sa maison d’ivoire (la tour était déjà prise par Alfred de Musset) pour écrire des poèmes.

Tout cela pour montrer qu’à mon sens, le problème de ce poème est qu’il oscille entre une vision naturaliste, les chalets, les pins, les épis, bien faite d’ailleurs et une vision mythologique (les trois déesses) auxquelles s’ajoutent des éléments au modernisme décalé (le laser).

A mon sens il faut choisir, la description naturaliste, le lyrisme mythologique ou, à la rigueur, un texte décalé mais ça, c’est très difficile à réussir.

   LeChevalier   
22/10/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Proposé en néo-classique, à cause du dernier vers de la troisième strophe, j'imagine, et de Sorgel qui s'imagine que la césure ne peut pas passer entre le nom et son épithète. Soit. Personnellement, je trouve la versification tout à fait classique en comparaison avec celle des poètes jusqu'à 1850.

La forme métrique de ce poème ne me paraît pas intéressant. Ce qui me frappe, c'est le caractère artificiel, je dirais même dénaturé, des phrases. Je vais donner des exemples.

Je commence avec la 2ème strophe où il faut encadré avec des virgules « tel un oeil béant surgi de la colline » (la première manque) ; hélas, cela ne résout en rien le problème de « le paraître nouveau ». Comment faut-il comprendre cela ? C'est le COD du verbe « observe » ? Je ne suis pas du tout persuadé qu'on puisse substantiver l'infitinif et lui ajouter une épithète comme l'auteur le fait ici avec « nouveau ».

Je poursuis avec la 4e strophe qui a tout d'un labirynthe syntaxique. Que vient faire là « aux nuits du genre humain » ? Est-ce pour dire le poète est à l'humanité ce que la Lune est à la nuit ? Si telle était l'idée, je la trouve vraiment bien noyée dans cet amas d'appositions, d'épithètes, de compléments du nom et j'en passe...

À la complexité des phrases, s'ajoute celle des images. Dès la première strophe, j'ai été étonné par cette chevelure où il y a des épis... Soit c'est un terme de coiffure que je ne connais pas, soit c'est une invention un peu... tirée par les cheveux. Dans les deux cas, cela ne me ravit pas. Dans la deuxième strophe, je suis surpris en mal par ce « caveau » d'où apparaît la Lune. Dans la 3e strophe, c'est le « regard volontaire » qui ne me plaît pas et je trouve plutôt mal venu le « rayon laser » parmi tant de noms propres de la mythologie (Callisto, Séléné, Phébé). Idem pour la « maison d'ivoire » -- l'expression veut que ce soit une tour et remplacer par quelque chose de plus simple ne me semble pas une bonne idée.

J'ai été assez critique. Je trouve que le poème est difficile d'accès, il est un peu comme un puzzle qu'on résout sans vraiment y prendre du plaisir. Pour autant, il y a bien un message, servi par le dernier vers, mais alors, c'est une maigre consolation pour tant de labeur de lecture !

   Passant75   
23/10/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
n'aime pas
« Les ténèbres au mont font une chevelure », je trouve que cela ne commence pas très bien ; cette tournure me paraît peu naturelle et l'image pas si claire. Plus généralement, la syntaxe de ce vers comme de celle certains autres m’a gêné, cela m’a donné le sentiment d'une écriture contrainte, privilégiant la recherche d'un effet poétique au détriment de la fluidité.

Aussi, le caractère parfois artificiel des images et le manque de naturel de certaines formulations m'ont empêché d'entrer véritablement dans le poème. Je reconnais le travail et l'intention, mais ils ne compensent pas, à mes yeux, ces réserves. Un dernier mot, mais qu’est donc venu faire ici ce « rayon laser » ?

   Provencao   
28/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour ballet,

Mon passage préféré :

"En ombre familière, assis, le dos courbé,
Dans l'austère bureau de sa maison d'ivoire,
En composant des vers de son observatoire,
Aux nuits du genre humain le poète est Phébé "

J'ai bien aimé ce quatrain en son espace et son imagination poétique. L'ombre familière à la fois témoignage retenu et griffon de lumière, incarne le genre humain qui éclaire l’obscurité du bureau.

Votre poésie permet au lecteur d'outrepasser la nuit et de découvrir un sens au mystère de ce genre humain.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Robot   
28/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Pour un premier texte publié sur le site je trouve que c'est techniquement plutôt réussi même si les rimes ne sont pas particulièrement riches pour la plupart. Mais ce n'est pas forcément la richesse de la rime qui fait un bon poème classique.
Du point de vue émotionnel, j'ai trouvé de belles images mais il m'a manqué un peu de profondeur expressive pour entrer pleinement dans le récit.
Cela étant j'ai quand même éprouvé du plaisir à lire ces quatrains.

   Myndie   
29/10/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Bonjour Vallet,

Puisque c'est votre premier poème sur Oniris, je vous dis bravo pour avoir franchi le pas du partage et de la critique.
J'ai beaucoup aimé l'atmosphère nocturne très riche et les belles fulgurances visuelle, comme ici :
«  Dont les pins alignés façonnent des épis,
Au versant, les chalets s'éteignent assoupis »
«  Et tel un œil béant surgi de la colline,
Observe la vallée endormie et câline »
Cependant, j'ai été beaucoup moins séduite par l'emphase romantique surannée du décor mythologique, en parfait décalage avec la modernité de certaines expressions. C'est sans doute un parti pris audacieux mais cela m'a empêchée d'entrer pleinement dans la lecture.
Par ailleurs, la chute m'a parue très convenue et un peu grandiloquente, avec l'image du « poète au travail dans son austère bureau »qui s'identifie aux astres.
Si j'avais un conseil à vous donner, ce serait d'alléger un peu l'ensemble, de gommer le surplus de solennité et peut-être d'aborder le thème sous un angle différent.
J'ai toute confiance dans votre potentiel poétique et je lirai le prochain poème avec plaisir.

   Pussicat   
29/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
« Les ténèbres au mont font une chevelure
Dont les pins alignés façonnent des épis, »
Quelle belle ouverture,
votre texte me fait penser à Mallarmé plus dans le travail de la langue poétique que son traitement naturaliste, son caractère non fluide poussé par une recherche à faire entrer un pied carré dans un soulier fin, il en résulte un charme, un plaisir de lecture qui me ravit :
« Au versant, les chalets s'éteignent assoupis
Et Callisto galope à l'astrale pâture. »
ou encore :
« D'une blanche lueur le paraître nouveau. »

« Par le miroitement de ton rayon laser » un peu osé ce rayon, il embarque la strophe toute entière dans une sortie de route, dommage, trop de décalage (j’ai souri à sa lecture.)
La dernière strophe est un peu convenue avec la figure du poète besogneux…
Peut-être un abus de l’inversion nuit, par leur nombre, à l’ensemble, mais proposer ce poème en premier texte est une sacrée gageure.
Avec mes encouragements.

A bientôt de vous lire,


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