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Poésie libre
Vasistas : Exit
 Publié le 27/06/17  -  8 commentaires  -  1009 caractères  -  155 lectures    Autres textes du même auteur

Il faut fuir quand la vie n'est plus possible, mais il y a encore des frontières humaines, j'ai parfois peur de n'être plus qu'un animal à vos yeux.


Exit



Une ligne vive de sang coupe mon chemin,
au bord, une bête, doucement je passe.
Son souffle s’épuise, la vie comme la mer se retire.
Je sombre dans le silence des arbres, laissant derrière l’animal.
Un pré solaire s’enflamme, une brise tiède attise la lumière,
les yeux dans les mains, je traverse l’onde végétale, aveuglément.
Il y a ce moment, la frayeur n’y peut rien, la nuit me couvre de rose.

Je tombe, déserteur transi sur cette terre étrangère.
Mon corps lâche, un rêve me sauve.
Un loup me trouvera une pierre dans la gorge implorant sa merci.

Franchir des montagnes, atteindre d’autres rives,
être en marche, désert impitoyable,
sur une haie d’étoiles, ma peau se déchire,
ma chair se livre aux affres cannibales.
La mort me dépasse, je pleure mes camarades, ma famille décimée.
Je hurle d’espoir mais personne ne m’entend.
Alors doucement je passe,
mon souffle s’épuise, la vie comme la mer se retire.


 
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   hersen   
18/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Je trouve à ce poème un très bon rythme lent en accord avec le thème. Les trois premiers vers sont très réussis, ils m'incitent à poursuivre tout en gardant un certain mystère. Donc attisent ma curiosité. Un peu moins convaincue par la strophe de trois vers au milieu, je la trouve un peu plus faible car plus explicative. J'aime l'impression que laisse le poème à la fin de la lecture. Un temps en suspens...

   papipoete   
27/6/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Vasistas,
Quand la vie n'est plus possible, que la mort est devenue compagne de chaque jour, il faut fuir vers d'autres latitudes !
Mais la peur ne nous quitte pas jusqu'à la frontière qui sauve ; et l'on se sent alors déserteur ; et l'on pense à tous ceux restés là-bas qui n'ont pu comme moi ...
NB Le récit comporte 3 moments, départ, paix et arrivée et les 3 vers intermédiaires sont comme une halte pour reprendre un souffle court . La première strophe est terrifiante et la finale où l'arrivée devrait être plénitude, est assombrie par la cause de la fuite !

   Robot   
27/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Une sorte d'odyssée morale. Une traversée des périls intellectualisée plutôt intéressante si on veut bien s'attacher aux mots (mais la poésie n'est-elle pas affaire de mots ?) un cauchemar désespéré et désespérant. Il aurait pu confiner au pathos, mais l'écriture toute en images et métaphores permet d'éviter en partie cet écueil.

"sur une haie d’étoiles, ma peau se déchire,
ma chair se livre aux affres cannibales."

Un de ces deux vers me paraît superflu car exprimant la même idée.

"Mon corps lâche, un rêve me sauve"

Ce vers ne me paraît pas tout à fait à sa place. Je l'aurais plutôt placé vers la fin du chapitre suivant par exemple ici:

Mon corps lâche, un rêve me sauve
Alors doucement je passe,
mon souffle s’épuise, la vie comme la mer se retire.

   Brume   
27/6/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Vasista

Votre poème est chair: il respire, il transpire, l'atmosphère est moite, le danger palpable.
Le rythme lent met en valeur l'épuisement.
Les détails de cet univers hostile et des vers chargés d'émotions me plongent dans votre récit avec facilité.

   letho   
27/6/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
J'allume peu l'ordi en ce moment et encore moins sur Oniris...
et là, chance ! j'arrive sur votre poème et je n'en crois pas mes yeux.
ça existe donc, l' imagination flamboyante et secrète à la fois, le dérive des mots, ( " je sombre dans le silence des arbres...", " les yeux dans les mains, je traverse l'onde..", "un loup me trouvera une pierre dans la gorge" ) qui fait basculer dans l'ailleurs, qu'on voit, mais qu'on ne sait pas dire.
Ne vous laissez pas trop vite dépasser. Ecrivez nous encore quelques beaux textes ! Merci

   Pouet   
27/6/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bsr,

Hormis ce passage de la présentation du texte: "de n'être plus qu'un animal à vos yeux" qui ne me plaît pas trop, d'une part parce que l'Homme est un animal est d'autre part car le "plus que" induit un rapport de supériorité/infériorité qui ne me parle pas, j'ai bien apprécié votre texte.

Le texte est bien écrit, imagé et assez énigmatique.

On peut penser soit à un véritable "déserteur" - comme écrit dans le huitième vers - qui fuit la guerre et le chaos, ou bien à un "migrant" fuyant pour les mêmes raisons ou bien à une allégorie sombre de l'existence, une réflexion sur la Nature et l'humanité, les difficultés et la futilité.

Enfin bon c'est ce que j'y ai vu.

Voilà un bon texte avec des passages intéressants ai-je trouvé.

Bonne continuation.

   Anonyme   
28/6/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
" Alors doucement je passe,
mon souffle s’épuise, la vie comme la mer se retire. "

Quelle puissance dans ces mots, mais tout votre texte pose réflexion, des mots venus me chercher, tout une émotion à fleur de peau.

La souffrance de l'être humain, fait mal ... Quand prendra-t-il fin !
Tous vos mots sont poignants, je ne me lasse pas de vous lire, m’imprégnant de chacun d'eux.

Curieusement cette phrase " Il y a ce moment, la frayeur n'y peut rien, la nuit me couvre de rose " Comme un faible espoir au milieu de tout marasme "Un loup me trouvera une pierre dans la gorge implorant sa merci".

Et je finirai par cette phrase immense de vérité :

"Je hurle d'espoir mais personne ne m'entend" ...

   Absolue   
1/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Waw quelle puissance!
C'est la nuit. Je vois un homme qui court, blessé, traversant des bois, des champs, des montagnes...
Il fuit, éperdu, pour s'écrouler dans une mare de sang, peut-être dévoré par un loup...
Le loup... Est-ce l'ennemi? La bête au bord du chemin, un camarade?
On ne le sait pas vraiment.


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