Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie contemporaine
archibald : Septains sévères
 Publié le 28/06/17  -  12 commentaires  -  1623 caractères  -  236 lectures    Autres textes du même auteur

Forme poétique inventée par mon ami Benoît : sept septains en heptasyllabes de forme A/B/A/C/B/A/B, D/E/D/C/E/D/E, etc. Seule la rime C étant féminine.


Septains sévères



Il n’est pas, bien loin s’en faut,
Sans reproches, en effet,
Pourtant je m’inscris en faux,
Voilà pourquoi j’anticipe
Certains griefs qu’on lui fait :
On déplore ses défauts,
Je chanterai ses bienfaits.

Ses flocons blancs et malsains,
Qu’est-ce ? se demande-t-on,
Que se cache en leurs dessins ?
– Des atomes ! dit Leucippe,
– Un idéal ! dit Platon,
– Puanteur ! dit mon voisin,
Et tous les trois ont raison :

Je reconnais volontiers
Que j’incommode les gens,
Même par wagons entiers,
Mais l’argument dont j’excipe
Auprès des moins indulgents,
C’est que mon petit brasier
Me rend plus intelligent.

J’exhale un souffle aérien :
De souples volutes font
Comme un nuage chthonien
Qui s’épanouit, s’émancipe
Et danse sous mon plafond,
Dans un mouvement brownien
D’où naît un rêve profond.

Je conçois dans un éclair
Les éléments subsumés :
La terre, l’eau, le feu, l’air,
Les concepts et les principes,
Les notions en résumé,
Car soudain tout devient clair
Dans mon cerveau embrumé.

Mon esprit divague ainsi
Parmi l’éther nébuleux
Et le flot de mes soucis
Que ce panache dissipe
Laisse place à un ciel bleu.
Je me sens plus sage aussi,
Et poète, un petit peu.

Quel peut être mon destin ?
C’est ce que je ne sais pas,
Mais je sais qu’un beau matin
Je devrai casser ma pipe.
Lors je dirai du tabac :
Si là-haut rien n’est certain,
Tout est fumée, ici-bas.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   BeL13ver   
19/6/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Cette forme originale montre de rares beaux moments d'écriture, à côté de nombreuses parties moins réussies. Le titre ne m'a pas convaincu (le jeu de mot avec Septime Sévère), mais peut-être est-il là en référence à la philosophie antique qui empreigne cette œuvre dont au long de ses vers.
Première strophe : je trouve qu'il s'agit de prose versifiée, et ce n'est pas du meilleur effet. Après ça reste mon avis personnel. La rime féminine en "-ipe" n'était pas la mieux choisie. Attention au vers valise "je chanterai ses bienfaits"...
Deuxième strophe : je n'ai pas beaucoup accroché. "Et tous les trois ont raison" n'est pas très poétique, à mon sens.
Troisième strophe : des mots savants, trois premiers vers bien travaillés et humoristiques, mais malheureusement très difficilement complétés par les quatre autres (notamment par le disgracieux "j'excipe").
Quatrième strophe : sans être géniale, cette strophe est un moment poétique, teintée d'humour.
Cinquième strophe : je ne sais pas vraiment bien ce qu'il propose, si ce n'est un hymne au savoir grec, pas franchement harmonieux, hélas.
Sixième strophe : sans être exceptionnelle, cette strophe est un bon moment de poésie, bien travaillé, mignon, guilleret. Vous devriez vous sentir plus poète qu'"un petit peu"...
Septième strophe : je ne sais si un hommage à la fumette passe bien aujourd'hui... Je n'aime pas du tout "Lors je dirai du tabac", le reste faisait très XXe-XXIe siècle, vous nous tirez un mot des bas-fonds du XIIIe...
En résumé, un poème sans réelle consistance, que j'aime un peu quand même pour l'intention qu'a voulu y mettre l'auteur. Essayer de rire en poésie est un art extrêmement difficile.

   Queribus   
19/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

J'ai trouvé cette nouvelle forme poétique fort habile et bien construite avec les trois vers masculins encadrant un vers féminin; elle m'est apparue toutefois un peu longue (peut-être eut-il fallu se contenter de cinq strophes par exemple au lieu de sept); le récit va crescendo, ce qui fait qu'on ne s'ennuie pas en vous lisant et se termine par un vers en forme de sentence. Le tout démarre avec une idée originale et se lit avec plaisir. Du bel art en somme (ce n'est que mon avis). Au plaisir de vous lire à nouveau.

Bien à vous.

   LenineBosquet   
28/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour !
J'attends toujours vos publications avec impatience. Je suis rarement déçu et là, une fois encore, vous me trouvez conquis.
Un "panégyrique" à la gloire du tabac en ces temps "sévères", c'est couillu mon capitaine !
Une forme originale mais de type "classique", comme d'habitude oserais-je dire, c'est vraiment ce que j'aime en poésie.
Bravo aussi pour le champs lexical de la philosophie antique, du titre jusqu'au dernier septain et son fameux "je sais que je ne sais pas".
J'ai adoré quoi.

   Robot   
28/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
La forme me semble un peu contraindre l'expression dans certaines strophes.
Cependant, cet éloge sur la tabagie, car c'est ainsi que je reçois le texte, ne manque pas de singularité.
Les termes Chtonien et Brownien par leur technicité ont tendance à alourdir un peu ce texte dans la strophe 4.
Je préfère nettement les passages qui par les mots et adjectifs, font état de la légèreté, du fluide, du vaporeux.
Le doublement du verbe sait aurait pu être évité par exemple en écrivant "Sans doute qu’un beau matin"

   Anonyme   
28/6/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,

J'ignore tout de l'auteur : son nom, son état, son âge ; mais il y a une chose dont je suis certain, c'est qu'il est un Poète Majuscule.

Plusieurs de ses textes pourraient tout à fait figurer dans une anthologie de la poésie humoristique contemporaine sans la dépareiller. Le poème ci-dessus en est. Je le salue de mon second "passionnément" délivré en plus de 7 ans de fréquentation de ce forum sous divers pseudos, tant je suis admiratif du petit talent de l'auteur, qui connait suffisamment bien la rigueur des règles classiques pour se les approprier à sa guise.

Une impression de facilité émane de la lecture de ces vers, ce qui est l'indice de l'adresse incontestable du poète. Et ce goût pour l' entremêlement de termes savants et communs, cette fausse pédanterie, ces références culturelles, cet humour si plaisant et ces rimes sonores, tout cela fait penser au meilleur Brassens, sans pour autant dénier à l'auteur un ton et des idées qui lui sont propres.

Chapeau bas, Archibald.

A.

   Anonyme   
28/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut archibald ! Un joli contrepied au politiquement correct dont on nous rebat les oreilles par tous les moyens et sous toutes les formes, il fallait oser ! Je regrette juste de n'avoir point trouvé parmi ces vers l'expression "l'herbe à Nicot"... dont, je vous rassure amis lecteurs, je n'encourage pas l'usage sans toutefois la clouer au pilori comme c'est de bon ton...
Quant à la forme en heptasyllabiques, je sais que ce n'est pas la métrique la plus simple à maitriser.

Un joli travail avec un zeste d'humour qui me convient très bien.
Bravo !

   papipoete   
28/6/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour archibald,
Le tabac, sujet dont on parlera bientôt à voix basse, tant il est suppôt du diable, traverse vos septains, paré d'un vocabulaire ! Je n'en chercherai pas le sens, car ne pourrai ni le placer dans une conversation, ni dans un texte de ma plume qui baisse les yeux de gène ! J'ai moi-même évoqué la " cibiche " en des termes moins éloquents, mais qui pourraient s'accoler aux riches vôtres !
NB un seul bémol m'écarte de votre éloge tabagique ; bien avant que l'on interdise la tabagie en public, il y avait belle lurette que je sortais de voiture, de maison ou d'un autre endroit pour fumer ! D'ailleurs lorsque je ne pratique pas ce vice, je suis le premier à être incommodé par ces volutes !
Comme vous le dîtes en conclusion, un jour viendra où il faudra " casser sa pipe " et partir en fumée au crématorium et j'aurai une pensée pour le condamné à mort en pleine forme, à qui suprême faveur, on donnait une clope à griller ...
J'aime ce thème ici versifié en un classique parfait, mais les érudites envolées me gênent un peu !

   David   
28/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour archibald,

Le poème a de grandes qualités je trouve, il a un ton hugolien, un thème très contemporain, un début emphatique mais judicieux, par humour ou bien par atmosphère, et une fin lyrique à souhait, très pertinente à recentrer la conjoncture sur le sens de la vie.

   PIZZICATO   
28/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
" Que se cache en leurs dessins ?
– Des atomes ! dit Leucippe,
– Un idéal ! dit Platon,
– Puanteur ! dit mon voisin,
Et tous les trois ont raison "
Des raisons il doit y en avoir une kyrielle pour que l'on ait tant de mal à s'en séparer.
Vous avez choisi de défendre le côté agréable de cette emprise avec humour.

" Lors je dirai du tabac :
Si là-haut rien n’est certain,
Tout est fumée, ici-bas "

   luciole   
28/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Archibald fait son Sganarelle. Le poème est alerte, érudit, très référencé, vraiment bien écrit. La fin peut faire penser au sonnet de Saint-Amant. Une réussite que j'ai beaucoup prisée...

   Cristale   
28/6/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Archibald,

Tu dois t'en douter, j'apprécie le travail et le soin apporté à ton poème.
Ces rimes féminines, qui riment entre elles à distance, bien au chaud dans leurs cocons de triplettes masculines les embrassant de leurs échos sur un lit brodé d'heptasyllabes ne peuvent que me séduire.

Tes finales jouent parfaitement l'alternance des noms, verbes, participes etc, ce qui n'est pas évident sur des vers si courts.

Mon septain préféré entre autres, parce je m'y reflète sans doute, bien que je ne fume pas :

"Mon esprit divague ainsi
Parmi l’éther nébuleux
Et le flot de mes soucis
Que ce panache dissipe
Laisse place à un ciel bleu.
Je me sens plus sage aussi,
Et poète, un petit peu."

Le dernier mériterait de figurer dans une anthologie de la poésie du XXIème siècle; ce siècle où je me risque à poser un pied de temps en temps :)

Ton poème est assez long, forcément des heptasyllabes en septains ne pouvaient que trouver leur bonheur sur le chiffre sept des strophes et il y aurait beaucoup de choses à relever tel ces allitérations en F au premier septain mais tu sais ce que tu as écrit et je sais ce que j'ai lu, ce n'est pas la peine que j'en rajoute, je connais ton talent.

Bravo et merci poète !

Cristale



Edit : Je ne les trouve pas si sévères ces septains :)

   jfmoods   
30/6/2017
Ayant déjà fait ses preuves sur l'heptasyllabe, Archibald relève ici haut la main le défi d'une forme particulièrement exigeante.

Le thème se dévoile mystérieusement au fil du poème (maîtrise du feu, d'un lent, dangereux et addictif processus de combustion : "mon petit brasier", "Ses flocons blancs et malsains", "De souples volutes", "un nuage chthonien", "ce panache"), le mot "tabac" (vers 47) apparaissant comme un écho bien lointain aux pronoms personnels référents des vers 1 et 5 ("Il", "lui").

Pour obtenir l'indulgence de son lectorat devant un sujet passablement polémique, le poète procède par jeu de concessions (écho des pronoms : "je" / "on", antithèse : "ses défauts" / "ses bienfaits", arguments d'autorité : "Leucippe", "Platon", "mon voisin", hyperbole : "par wagons entiers", litote : "Il n'est pas... / Sans reproche", expression : "loin s'en faut", connecteurs logiques : "Pourtant", "Mais", groupe verbal : "Je reconnais volontiers"). Il nous mène ainsi, tout naturellement, à la justification morale qui clôt la troisième strophe (présentatif : "C’est que mon petit brasier / Me rend plus intelligent.").

Se développe alors, dans les quatre derniers quatrains, une thématique de la légèreté, d'un envol bienheureux propice à l'élévation de l'esprit (groupes nominaux : "un souffle aérien", "l'éther nébuleux", "un ciel bleu", complément de lieu : "sous mon plafond"),

Le lecteur croit percevoir dans ce poème un double clin d'oeil : le premier à un sonnet de Saint-Amant ("Assis sur un fagot"), le second à un sonnet de Jules Laforgue ("La cigarette").

La morale finale, préparée par le double sens du vers 46 ("casser sa pipe"), met en lumière une conception pour le moins relativiste de l'existence humaine (présentatif : "C'est ce que je ne sais pas", chiasme en construction adversative : "Si là-haut rien n’est certain, / Tout est fumée, ici-bas"). Le titre du poème ("Septains sévères") qui présageait une certaine austérité du propos, doit être lu comme une antiphrase, l'expression d'une mansuétude particulière envers le fumeur de pipe.

Merci pour ce partage !


Oniris Copyright © 2007-2020