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Poésie libre
VictorO : Temps mort
 Publié le 21/02/19  -  14 commentaires  -  798 caractères  -  271 lectures    Autres textes du même auteur

Pour pépé.


Temps mort



Lorsque pépé tournait en rond
Ainsi qu’un poisson dans son bocal
Que même ses mots s’égaraient
Nous enfants coquins on l’imitait

Sans savoir qu’il avait quitté
L’océan pour un lac nauséabond
Où tyrannisés par les piranhas
Les poissons zèbres s’entassaient

Ils rêvaient de pain chaud et de sommeil
Mais s’écaillaient à édifier des digues
Et beaucoup flottaient à la surface
On ignorait ce qu’était Buchenwald

Un jour enfin il revit l’océan
Vogua sur les flots rayonnants de l’aube
Sans poissons zèbres ni piranhas
Mais le spectre du lac resurgissait

Lorsque pépé tournait dans son bocal
Nous enfants coquins on l’imitait
Sans savoir que pour lui Buchenwald
Ne s’arrêterait jamais


 
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   Corto   
27/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le titre "Temps mort" est bien trouvé. Car tout au long de ce poème on navigue entre les images d'insouciance des enfants "Nous enfants coquins on l’imitait" et les miasmes mortels du nazisme qui hantent pépé.
L'image du poisson est très bien utilisée dès le second quatrain "Sans savoir qu’il avait quitté L’océan pour un lac nauséabond
Où tyrannisés par les piranhas Les poissons zèbres s’entassaient".

Cette évocation terrible est faite avec délicatesse et finesse et aboutit à ce beau final: "Sans savoir que pour lui Buchenwald
Ne s’arrêterait jamais".

Bravo.

   chVlu   
5/2/2019
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
J'ai apprécié la sobriété et le ton décalé qui sur un sujet lourd pouvait paraître déplacé.
La métaphore des poissons est très bien conduite.
Il me reste la sensation d'un narrateur qui raconte froidement l'histoire même si elle est personnalisée par le choix de nommer la filiation entre le narrateur et le personnage central du poème.

LA première strophe m' envoyé sur la piste d'un pépé atteint de maladie neuro dégénérative au final c'est un pépé dévoré de l'intérieur par son propre passé

Par contre me suis un peu perdu entre aquarium et océan. Je n'arrive pas à voir, percevoir, deviner, ou inventer le bocal dans l'océan....

j'adore ce vers "Nous enfants coquins on l’imitait" qui parle dans ce texte d'insouciance et de culpabilité à la fois.

"Que même ses mots s’égaraient" je n'ai pas compris celui là j'ai plusieurs hypothèses dont une qui est celle de ma première lecture qui consistait à ignorer le" s'".

"Ils rêvaient de pain chaud et de sommeil
Mais s’écaillaient à édifier des digues
Et beaucoup flottaient à la surface
On ignorait ce qu’était Buchenwald"
Les 3 premiers vers je les trouve forts en sensation, émotion suscitée. Dire l'horreur l'air de rien j'aime! Par contre déflorer si tôt le vrai sujet me parait contre productif et ce dernier vers de strophe juste déclaratif a enlevé de la force d'évocation à la ma lecture.

Le titre m'a ravi par son double sens qui colle parfaitement au thème.


En résumé une bonne idée que j'ai suivi au 3/4, des images intéressantes mais me reste une difficulté qui m'a empêché de plonger totalement dans la poésie.
dommage! j'aurais aimé aimer plus!

   Gouelan   
6/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

L'image du pépé qui tourne en rond dans son bocal, emprisonné dans son passé à Buchenwald, est très forte.
L'enfance qui ne sait pas encore, le pépé qui ne peut témoigner, la souffrance qui étrangle les mots.
Il y a ce vers qui heurte ma lecture : "Et beaucoup flottaient à la surface". Le "Et" peut-être ?
Et aussi le "Mais" un peu plus loin, que je trouve un peu maladroit.

Merci pour cette lecture.

   papipoete   
21/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour VictorO
Un thème à l'actualité brûlante, où l'on se rend compte ( pour ceux qui savent...) que Buchenwald existe toujours, ses fantômes à la schlage rôdent et se montrent à visage non couvert !
Quand on était gamin, on charriait pépé qui semblait un poisson dans son bocal, mais pas tranquille du tout, comme harcelé par des piranhas... On ne pouvait pas savoir, nous étions trop petits !
NB l'atmosphère du camp est habilement recréée, " rêvaient de pain chaud/s'écaillaient à édifier des digues " l'auteur peint l'horreur d'une façon fort originale, et nous rafraîchit la mémoire de belle façon !

   Davide   
21/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour VictorO,

Ce qui m'a vraiment gêné dans ce poème, c'est le passage entre les deux premières strophes et la troisième. Dans la troisième strophe décrivant les camps de l'horreur, l'action est antérieure à celle des premières et dernières strophes. Ainsi, "narrativement" parlant, il aurait peut-être été judicieux d'utiliser le plus-que-parfait (même si, je vous l'accorde, l'imparfait est plus poétique et rend l'action plus réelle) ou de marquer ce contraste en ajoutant quelque chose comme "Là-bas..." au vers 9.

Passé cet obstacle, reste un poème extrêmement touchant, surtout parce qu'il est traité d'une façon originale, sans pathos et avec plein de belles images : notamment la métaphore filée du poisson / de la mer pour "détourner" l'horreur et la présence innocente et contrastante des enfants. Une belle réussite !

Merci du partage,

Davide

   TheDreamer   
21/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Difficile thème. 5 quatrains pour dire l'indicible sous une anecdote que l'auteur présente riante, mais qui n'est que la résurgence de la souffrance extrême.

Comment dire l'indicible ? Parfois la douleur remonte et l'homme tente comme il le peut de surnager à travers ses souvenirs et bien souvent la vieillesse ne fait que les ramener vers lui. Triste.

   Robot   
21/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai apprécié l'angle sous lequel est abordé ce thème. L'innocence de l'enfance face à un drame collectif vécu personnellement par le grand-père qui n'oubliera jamais même revenu vers l'océan. L'enfant devenu adulte comprend enfin toute l'étendue de la tragédie vécue par l'aïeul. La seconde strophe présente des images et des métaphores particulièrement éloquente. (Piranhas et poissons-zèbres)

   domi   
21/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai eu un petit problème avec le dernier vers de la troisième strophe (trop abrupte à mon sens) ; mais j'ai été très touchée par la dernière strophe, terriblement d'actualité qui plus est, pudique et très émouvante !

   PIZZICATO   
21/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le parallèle entre un " poisson dans son bocal " et cet homme harcelé par des souvenirs macabres est bien trouvé.

" Nous enfants coquins on l’imitait ". De même qu'ils n'ont pas conscience de la souffrance d'un poisson prisonnier dans son bocal, les enfants ne mesurent pas celle du " pépé ".
"Sans savoir qu’il avait quitté
L’océan pour un lac nauséabond
Où tyrannisés par les piranhas
Les poissons zèbres s’entassaient ".

" Un jour enfin il revit l’océan
Vogua sur les flots rayonnants de l’aube
Sans poissons zèbres ni piranhas
Mais le spectre du lac resurgissait " La métaphore est expressive.

Avant que la chute me renseignât, je pensais à une atteinte d'Alzheimer.

J'ai apprécié cette façon de dire l'horreur.

   Castelmore   
21/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Pour beaucoup il n’y a plus eu d’océan, de vie libre... tout au plus une survie.

Seulement le bocal... la prison l’horreur réelle ... puis celle des souvenirs .

Les enfants sont là
La vie continue, mais le temps mort se perpétue pour d’autres.

Texte sobre où les métaphores particulièrement originales créent un univers poétique d’une certaine façon envoûtant et suffisamment puissant pour dire l’horreur du réel .

Merci

   senglar   
21/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour VictorO,


Très beau poème, très émouvant... lorsque l'on en a les clefs (pourtant pas si difficiles mais à toute première lecture on est déconcerté), j'avoue qu'entre bocal et poisson, piranhas et poissons zèbres - c'est la coloniale ça :) -, le rêve de pain blanc et les écailles qui s'en vont, je m'étais un peu perdu. D'autant plus que je donne des miettes de pain à mon poisson rouge, qui en tourne en rond dans son bocal, qui pourrait s'appeler pépé et qui n'a pas lui non plus pas plus de cinq secondes de mémoire. lol.

Alors une fois n'est pas coutume je suis allé lire les autres coms avant de faire le mien... pour ne pas dire trop de bêtises. "Buchenwald" c'est du sérieux, du lourd et même du très lourd.
Et là j'ai eu les clefs :
- pépé égaré à en perdre ses mots
- les piranhas kapos
- et les uniformes rayés des poissons zèbres
- le spectre souvenir enfin que pépé ne pas effacer de sa mémoire, même de retour de l'océan ; il n'y aura plus pour lui que l'eau du lac nauséabond avec son monstre qui n'est pas celui-ci un monstre touristique


Mais ces enfants, ces garnements, ces coquins, n'y a-t-il personne pour leur faire la leçon ? Ceci me pose à tout le moins la question de la cruauté de l'enfance... inconsciente ? innocente ? non saisie, non compréhension du réel... Il est vrai qu'à l'époque on n'avait pas les images cauchemardesques, de toutes ces victimes squelettiques, ces martyrs entassés. Me revoilà dans votre hallucinant poème.

Barbarie :(

senglar

   STEPHANIE90   
21/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

une lecture poignante pour parler de Temps mort.
Titre parfait pour exprimer cet état de pépé dont l'horloge s'est arrêter sur les souvenirs traumatisant de pépé tournant dans son bocal, à la recherche de la liberté, de l'honneur, de la vérité.
Vous me rappelez la magnifique chanson de Jean Ferrat "Nuit et brouillard" qui est sans aucun doute ma chanson préférée.

"Sans savoir qu’il avait quitté
L’océan pour un lac nauséabond
Où tyrannisés par les piranhas
Les poissons zèbres s’entassaient"

Peut-être juste un petit couac pour moi à la fin, dans la formulation et la répétition : "Sans savoir que pour lui Buchenwald - Ne s’arrêterait jamais"
"Ignorant que pour lui Buckenwald - Ne disparaîtrait jamais"...

Pour ne pas les oublier... Merci,

StéphaNIe

   wancyrs   
22/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Salut VictorO,

On ne mesure parfois l'ampleur des dégâts qu'une situation cause à un tiers que lorsqu'en fin de vie celui-ci vit des cauchemars rattachés à l’événement d'antan. De prime abord votre écriture m'a paru énigmatique, puis j'ai pensé à l’Alzheimer, mais après relecture j'ai compris qu'il était question de souvenirs du passé qui venaient hanter Pépé. Votre écriture est efficace, et je vous admire d'être capable de dénoncer sans hurler.

Merci pour le partage !

Wan

   Eki   
23/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème émouvant...
La mémoire est carnassière sur les temps morts lorsqu'elle ne lâche rien aux tréfonds de l'obscur.

Sans pathos, incisif...


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