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Poésie contemporaine
Vincendix : Le menuisier
 Publié le 05/10/19  -  16 commentaires  -  1034 caractères  -  166 lectures    Autres textes du même auteur

J’ai toujours une admiration pour les artisans, en particulier ceux du bois, une matière noble.


Le menuisier



Il était menuisier, raboteur, ébéniste,
Il fabriquait des lits, des portes, des buffets,
C’était dans son métier un véritable artiste,
Il posait des cloisons, des lambris, des parquets.

Il lui manquait un doigt mangé par la toupie,
Cela se remarquait quand il serrait la main,
Le voyant raboter, il me donnait l’envie
De caresser le bois d’un admirable grain.

À la bouche un mégot, un crayon sur l’oreille,
Il sciait, délignait du chêne ou du sapin,
Je venais respirer une odeur sans pareille,
En rentrant de mes cours, c’était sur mon chemin.

Avec un grand respect, je le regardais faire,
Il semblait m’ignorer, penché sur l’établi,
Je restais sans bouger, pour ne pas le distraire,
Puis il se redressait, son ouvrage fini.

Il était menuisier, souvent dans la poussière,
L’atelier est fermé, les outils au repos,
Personne ne viendra les remettre en lumière,
Quand je passe par là, j’ai toujours le cœur gros.


 
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   Anje   
13/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Contemporain.
L'admiration ne paraît pas rendue au même degré que l'auteur semble la ressentir réellement. L'émotion ne transpire pas autant par sa plume que par par ses yeux. Les "grand respect" et "cœur gros" me semblent insuffisants. Je trouve même que le dernier vers ombrage un peu le sentiment d'abandon qui naissait de ces deux précédants. Terminer sur une rime féminine avec "personne ne viendra les remettre en lumière" aurait été, à mon sens, plus source de pensée nostalgique que, justement, l'auteur voudrait inclure par son "cœur gros".
Les énumérations du premier quatrain me gênent en me paraissant alourdir le poème sans lui apporter de poésie.
Poussière, qui vient sans doute pour rimer avec lumière, est moins approprié que copeaux qu'il est dommage de ne pas voir ici. Alors que cet homme est sans doute debout dedans, qu'il en est des tas un peu partout, que ses chaussures en sont jaunes.
Un sujet sympathique donc qui manque d'émotion mais je sais combien c'est difficile de faire passer l'émotion dans les mots.
Anje en EL

   Corto   
16/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Avec ce poème on entre de plain-pied dans une scène très visuelle.
Le monde de l'artisan est particulièrement bien décrit, de même que son rôle et son savoir-faire.

Le jeune qui le voit est subjugué "En rentrant de mes cours, c’était sur mon chemin" et cette évocation donne une nouvelle dimension au récit poétique.

Joli final avec "Quand je passe par là, j’ai toujours le cœur gros."

La démarche parait simple mais je dirais qu'elle est ciselée.

Bravo à l'auteur.

   papipoete   
18/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
contemporain
Il faisait partie de ces artistes, qui ne montent jamais sur les planches ; il les travaillait en l'occurrence, l'ébéniste... penché sur son labeur, " à la bouche un mégot, un crayon sur l'oreille " et je le regardais.
Depuis longtemps l'atelier est fermé, à jamais silencieux mais en mon coeur je le verrai toujours oeuvrer le menuisier !
NB un poème comme je les aime, une façon de versifier que je voudrais mienne ! Raconter la vie laborieuse loin de l'usine IKEA où des robots font et refont ce geste, toujours le même... l'ouvrier n'a plus de mégot ni crayon sur lui, il commande l'humanoïde...
A travers vos lignes, renaît cet homme qui vous impressionnait ( moi aussi ), et le bruit, et l'odeur du bois, un atelier que plus jamais la vie animera !
Une étable à 2 vaches où chercher le lait , un moulin à martinet, une cordonnerie, une maréchalerie et tant d'autres !
la 2e strophe est ma préférée !
Techniquement, je vois une forme NEO CLASSIQUE tout à fait en ordre !
papipoète

   sympa   
5/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

C'est un bel hommage aux artisans( ici le menuisier) qui, pour ma part, sont des artistes .
Ces métiers se perdent,( vous l'exprimez bien dans le dernier quatrain ), remplacés par des machines industrielles, avec des meubles de moindre qualité.

Votre description du menuisier est parfaite : le crayon sur l'oreille, le doigt en moins ( je connais un menuisier retraité à qui il manque 2 doigts ) , le mégot, ça c'est selon.

Mais il est une odeur dont je ne me lasse pas, celle du bois scié , odeur que vous mentionnez aussi.

Merci d'avoir mis en lumière ces métiers , ces artisans en voie de disparition.

SYMPA EN EL.

   Donaldo75   
21/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

J'ai beaucoup aimé ce poème sur les artisans; je trouve que sa première force, en tout cas dans mon impression de lecture, est d'être composé comme le fait justement un artisan. Du coup, l'hommage n'en ressort que plus dans le cerveau du lecteur. Le mien s'est éclairé et à jugé que ce poème était un beau travail d'artisan, sans se rendre compte que c'était justement le sujet du poème. Tout est propre, travaillé, méticuleux, avec le souci du détail. Je vous imagine concentré sur ces vers, à en polir chaque mot, chaque rime.

Bravo !

   Hananke   
5/10/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour

Un bien beau portrait que ce menuisier en plein travail. Un métier
qui se perd mais il faut dire qu' à la longue, la sciure était très toxique
pour les poumons.
Que dire du texte, une bonne description à laquelle il manque comme
souvent chez l'auteur un brin de lyrisme pour dépasser le stade
de l'image, un clin d'oeil, enfin quelque chose de vraiment poétique.
La noblesse du bois et là je suis d'accord avec vous, aurait mérité
, peut-être, un peu plus d'élévation.

   Robot   
5/10/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
La nostalgie du narrateur ressort de ce regard sur un artisan croisé en rentrant de l'école ou du collège.

L' homme a disparu, le narrateur a de la peine. Mais heureusement il reste encore des vrais artisans pour exercer de nos jours ce beau métier du bois.

Le poème prend son essor au second quatrain. A partir de là, il m'a touché par la simplicité de sa rédaction.

   Davide   
5/10/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Vincendix,

Un poème qui a su m'émouvoir du fait de mon admiration partagée pour ces métiers du bois (ah ! cette odeur...) et de la tendresse que l'on sent sourdre de la dernière strophe, où l'atelier fermé me rappelle celui de "La bohème" d'Aznavour :

"En haut d'un escalier
Je cherche l'atelier
Dont plus rien ne subsiste
Dans son nouveau décor
Montmartre semble triste
Et les lilas sont morts"

Si le narrateur se contente d'une description de cet homme à l'œuvre, engagé tout entier dans son travail, son admiration pour lui - et pour son travail - transparaît derrière des mots d'enfants : "il me donnait l’envie", "Je venais respirer une odeur sans pareille" ou "Avec un grand respect, je le regardais faire".

Simple mais touchant,

Merci du partage,

Davide

   PIZZICATO   
5/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le portrait de ce " menuisier " est empreint d'un mélange d'admiration, d'affection - peut-être - mais aussi nostalgie car il rappelle sa jeunesse à l'auteur. " Quand je passe par là, j’ai toujours le cœur gros ".

Il fallait avant tout aimer le bois pour exercer ce métier.

" Je venais respirer une odeur sans pareille,
En rentrant de mes cours, c’était sur mon chemin. "

Une certaine époque qui avait son charme.

   ANIMAL   
5/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ce poème recouvre un texte descriptif doux et plein de sensibilité. Je le vois comme un morceau de bois bellement travaillé et lissé, qui révèle son poli dans un satiné naturel, sans clinquant.

Ces vers subliment ce menuisier et, à travers lui, rend hommage à tous les artisans qui aiment leur métier, qui aiment la matière qui les fait vivre, qui la transforment par chacun de leurs gestes mille fois répétés, gestes eux aussi polis par le temps qui donne l’expérience.

L’Artisan et le Poète se sont unis ici. Artisanat et Art se mêlent au long de ces strophes qui coulent sans le moindre heurt pour dessiner un portrait fait de mots simples qui décrivent la réalité sans l’enjoliver. C’est cela aussi, la poésie.

Ce poème est équilibré et rythmé, aussi sobre en apparence que les gestes de l’artisan, mais sous cette simplicité se dissimule un vrai savoir-faire. C’est le propre du talent que tout semble simple aux regards extérieurs.

Merci d’avoir glissé un oeil discret dans l’atelier de cet artisan au travail, gardant son esprit vivant même s'il n'est plus là.

   Lebarde   
5/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Vincendix
En fabriquant des lits et des portes, votre menuisier n’était peut être pas un artiste mais assurément un honnête et respectable artisan connaissant son métier sur le bout des doigts au point d’en perdre un ( ne m’en voulez pas mais c’était trop facile!) comme on n’en trouve plus.
Ce sujet est pour moi très intéressant et suscite une réelle émotion en me ramenant à mon enfance où dans mon village, je me glissais dans les petits ateliers qui existaient à l’époque pour questionner et observer travailler le bourrelier, le forgeron ou le charron ( il n’y avait pas de menuisier, je le regrette!!).
Dans ce village il ne se passait rien sauf....ça, ces scènes de la vie inoubliables tellement formatrices et instructives pour les gosses qui savaient s’y intéresser, et !que les enfants d’aujourd’hui n’auront plus la chance de connaître.
Nostalgie, nostalgie quand tu nous tiens.

Votre propos honore avec simplicité, sobriété et réalisme ces
artisans pourtant nombreux par le passé, méconnus et même oubliés de nos jours.
Bravo, votre poème, sans grandiloquence est magnifiquement évocateur et touchant.
J’ai pris grand plaisir à le lire.
Merci

   leni   
5/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
A Vincendix
ça sent le vrai le vécu ça sent l'admiration le respect Ca ne grandiloque
pas Je te comprends car j'ai ressenti tout ce que tu décris en passant des moments de silence auprès d'un scieur en long au bout du monde
dans le Valais
Je relis pour le plaisir ce poème qui sonne clair C'est très beau
MERCI Amitiés LENI

   Castelmore   
5/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Vincendix,

Bien bel hommage à un menuisier ébéniste dont l’atelier du quartier bruissait des coups de scie ou de maillets, embaumait le pin, le chêne, - l’olivier ? ( Oui je vivais dans le « midi ») - ... ou les colles à bois,
et à travers lui à tous ces métiers dits « manuels » qui réclament maîtrise de soi, concentration et beaucoup d’intelligence...

Les vers glissent sans heurts comme des caresses sur les plus belles créations de cet artiste et le respect et l’admiration pour cet homme nous gagnent comme elles ont touché le narrateur...

Un bémol ...
je remplacerais « il posait» par « il créait »

Une suggestion...
... attaquer le poème par le deuxième quatrain et
placer le premier quatrain en toute fin... en forme de rappel nostalgique...

Merci pour le partage

   troupi   
6/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Vincendix.

Cette image du menuisier avec son mégot, son crayon et son doigt arraché par la toupie date un peu mais en cherchant on peut en trouver encore pas mal.
l'animal n'est pas vraiment en voie de disparition.
Je le sais j'en suis un.
Heureusement j'ai encore mes dix doigts et je ne fume pas.
Pour le texte je trouve sympathique d'avoir abordé le sujet de ces artisans qui ont disparu au fil du temps dans les rues et sur les places des villages, ils sont maintenant dans les zones artisanales.
Les souvenirs sont bien présents et les odeurs, poussières, bruits sont remplacés par le silence dans la rue dont vous parlez si bien.
Merci pour cette évocation.

   Vincendix   
6/10/2019

   Ioledane   
10/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Ce poème, écrit dans un style très simple, est un bel hommage rendu à cet artisan disparu, et à tous ceux qui, comme lui, n’ont eu personne à qui transmettre leur outil de travail et leur savoir-faire.
Ainsi en fut-il des forgerons, des sabotiers … et d’autres métiers qui, comme celui de menuisier, existent toujours mais ont été profondément transformés par l’industrialisation et la production de masse.
On pourrait reprocher à ce texte sa surabondance de virgules, ou quelques platitudes ; mais avant tout il me semble voir ce menuisier avec les yeux de l’enfant qui le décrit, alors, je préfère apprécier sans chipotage cette douce bribe d’un passé révolu.


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