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Poésie libre
virevolte : La beauté du monde
 Publié le 13/08/22  -  8 commentaires  -  1695 caractères  -  119 lectures    Autres textes du même auteur

La beauté du monde et la mort.


La beauté du monde



Il meurt.
À son chevet
la beauté du monde.
Il pleure.

La fenêtre est ouverte
pour la chasser,
l’odeur
amère de son corps,
son odeur,
loin des parfums des fleurs,
le parfum vanillé
des peaux de ces femmes
embrassées,
les étés.
C’est fini.

Qu’un papillon entre et vienne
voleter contre son visage
lui fera ouvrir les yeux,
et son cœur en souffrance
se pince.
Il est si tard.

L’horloge sonne,
son temps ne s’y accorde plus.
Combien d’heures
à respirer
l’univers par la fenêtre ouverte ?
Son cœur se serre.

Il part.
Il laisse
le ciel, la mer, la terre,
la magnificence, la beauté simple,
les couleurs,
les danses des paradisiers,
les vanilliers en fleurs.
Ses yeux se ferment en lourdes larmes,
ça tombe de l’autre côté.

Ses mains s’accrochent
au drap,
la lavande d’autrefois,
son enfance
et les jardins,
tous les jardins de sa vie
à son chevet,
qui tremblent.
La beauté du monde.

Le ciel entre par la fenêtre,
l’enveloppe tout entier,
un ciel d’été encore.
Il n’y aura pas d’hiver.

L’odeur amère de la mort
mêlée aux parfums de sa vie,
il la laisse aussi.
Où est-il ?
Que manque-t-il
de son regard
au monde ?

Aucune étoile neuve n’apparaîtra
pourtant,
aucune fleur,
pas de métamorphose.
Il est passé.
Juste une ombre peut-être,
un instant,
une larme,
un rien déchirant,
un espoir qui tombe
de la beauté du monde.


 
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   Anonyme   
4/8/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Je trouve ce poème touchant, bien sûr, au vu du sujet. Cependant, outre son côté dramatique, voire selon moi "tire-larmes", qui me semble franchement appuyer sur le pathos, je lui reprocherai de ne dire que ce qu'il dit. Tout est dans le texte, littéral, posé tel quel. Alors, pensé-je, ce n'est pas la peine de s'attarder autant pour dire et redire la même chose.

Quelques moments forts par-ci par-là, à mon avis, par exemple
La fenêtre est ouverte
pour la chasser,
l’odeur
amère de son corps,
où j'entrevois fugitivement autre chose que ce qui est dit : l'entourage qui, inconsciemment, chasse la réalité de l'agonie, cherche à l'évacuer comme une ordure qu'on placerait dehors. Mais ces moments sont rares selon moi, votre poème délayé par des banalités.

   Cyrill   
13/8/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Des vers courts comme des notes prises, lapidaires. Comme s’il ne fallait économiser son encre ou son énergie pour ne dire que l’essentiel. L’essentiel de ce dont on se souvient d’une vie entière, et l’essentiel de ce qui est, à présent que la mort est si proche. Avec pudeur. Les pensées sont fugaces, parlent d’odeurs et de couleurs, du temps et du monde.
J’ai bien aimé, il n’y a pas trop de pathos. Des moments assez lumineux comme le passage évoquant l’enfance, et la fenêtre ouverte sur l’univers.
J’aurais peut-être évité le prosaïque premier vers, l’agonie se laisse facilement comprendre à la lecture.

   Provencao   
13/8/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour virevolte,


"Qu’un papillon entre et vienne
voleter contre son visage
lui fera ouvrir les yeux,
et son cœur en souffrance
se pince.
Il est si tard."


La poésie laconique s’exprime que par des mots, mais les mots lui effondrent en opposant à la volonté créatrice absolue les carcans de leurs résonances et tout ce qui relève de leur entité indépendante.

J'aime bien cette liberté poétique avec cette façon dont la sensibilité s’inscrit dans le langage personnel qui est le corps de la poésie.

Bel éther de sensibilité.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   papipoete   
13/8/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
bonjour virevolte
Il meurt, tout seul alors le monde s'est approché de lui, semble lui tenir la main ; les fenêtres béent, chassant cette odeur de mort, alors qu'un filet de lavande se fraie un chemin, un papillon a réussi à s'introduire aussi, mais les yeux du mourant ne s'ouvrent déjà plus...
NB un fort beau texte écrit " façon " touche de fin pinceau, qui peint bientôt de blême, cette âme qui s'en va, par-delà les nues...
J'aurais franchement préféré voir vos vers, sous apparence de prose, plutôt que ces bribes de phrases, qui heurtent la lecture !
Mais cela n'enlève rien à " cette beauté du monde ", dont une page vient de s'envoler !
" ses mains s'accrochent au drap, la lavande d'autrefois... " est mon passage préféré !

   senglar   
13/8/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour virevolte,


Une souffrance pas vraiment dite, des regrets mais latents. Ce mourant semble regretter surtout les odeurs ; je vois ce poème comme une lutte entre les bonnes et les mauvaises odeurs. Odeurs de vie et odeur de mort. Nature-fleurs et femmes-fleurs. Une odeur de lavande pour faire passer l'odeur de la mort. Le volatil l'emporte mais il n'a pas de reconnaissance car l'homme s'en va vers le Grand Rien.
Ingrat soit-il ! Qu'eût-il été sans l'homme pour le magnifier ?

   Anonyme   
13/8/2022
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,

J’ai trouvé votre poème un peu trop mélo dans son propos et très décousu dans sa forme. Je ne suis vraiment pas certaine qu’une agonie puisse se dérouler d’une façon aussi scénarisée, quant à là beauté du monde, j’émets la aussi de sérieuses réserves. Y Mettre un papillon et des vanilliers en fleurs ne suffit pas nécessairement à donner de la force à une poésie, qui pour le coup, me donne le sentiment d’un sujet grave survolé trop loin de son centre.

Bonne continuation

Anna

   Queribus   
15/8/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

J'ai bien aimé le côté "sautillant" de votre écriture en contraste avec la gravité du sujet: l'ensemble en effet est un recueil d'images qui évoque les divers aspects de la vie quand elle va se terminer; certains auraient certainement aimé une forme plus classique tel le sonnet par exemple mais la voie que vous avez choisie me semble très intéressante. Vous avez su habilement mêler le tragique avec une écriture un peu jazzy; ce n'était pas gagné d'avance et je trouve que vous vous en êtes fort bien sorti. L'ensemble mérite un beau coup de chapeau. Bravo et merci.

Bien à vous.

   ferrandeix   
15/8/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Un poème qui pourrait être beaucoup plus intense et authentiquement émouvant s'il était moins lacrymal. Par ailleurs, certaines parties paraissent peu lisibles (notamment le 2ème). L'ensemble est néanmoins sauvé par la forme: le pathétisme n'est pas détruit par la versification courte, laquelle communique une impression de rythme haletant très congruent par les rejets fréquents. De nombreux effets syntaxiques, et quelques homophonies ou rimes, agrémentent le poème, très varié sur ce plan.

Sur le plan euphonique, c'est satisfaisant, néanmoins, je suis obligé de noter:

et son cœur en souffrance
se pince (ce se: homosyllabisme, même si le premier e est asthéno-tonique)

De nombreux vers commencent par un son vocalique, ce qui crée des hiatus ou pseudo-hiatus, mais on en survit.


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