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Poésie contemporaine
virevolte : Parti
 Publié le 18/05/22  -  7 commentaires  -  578 caractères  -  134 lectures    Autres textes du même auteur

Un poème sur l'absence.


Parti



Pourquoi m’as-tu laissé ton ombre
Verte dans le jardin comme un lézard qui court ?
Ça tangue

Vertige de l’eau qui tangue
Au pied des tournesols
Tant il pleuvait
Ton ombre était mouillée aussi
Comme je pleurais
Quand tu es parti

Dans l’hiver ton ombre a glacé
Toute blanche les allées vides
Dans l’été elle s’est roussie
Au printemps vas-tu revenir ?

Mon ombre a pris couleur cendrée
Tu me rejoindras dans la tombe
J’ai brûlé mes fleurs d’oranger
Mon ombre mariée à ton ombre


 
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   socque   
24/4/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un sujet beaucoup décliné, que, selon moi, vous parvenez à renouveler en centrant les perceptions de la narratrice (je dis narratrice à cause des fleurs d'oranger traditionnellement associées à la tenue de la mariée) sur l'ombre de l'être aimé parti ; l'ombre comme marqueur de l'absence obsédante, opiniâtrement présente, je trouve cela simple, habile et touchant. Mon moment préféré :
Verte dans le jardin comme un lézard qui court ?
Ça tangue
Ce n'est du reste pas un hasard, je crois, si ce moment correspond à une rupture de rythme. Les deux derniers quatrains ont à mon avis un rythme octosyllabique trop régulier au vu de ce qui est dit ; cela marque certes la résignation de la narratrice, mais je ressens quelque chose de forcé dans le vers
Mon ombre a pris couleur cendrée
où l'omission de l'article introduisant le mot « couleur » casse pour moi la fluidité du propos. À cause des ruptures de rythme, je préfère nettement les neuf premiers vers du poème aux huit derniers même si les deux ultimes, parfaits à mes yeux.

Le vers
Tu me rejoindras dans la tombe
me semble en revanche inutile, voire dommageable à la note de résignation douce que je crois percevoir à la toute fin (mais peut-être n'est-ce pas cette nuance que vous souhaitez laisser alors).

Dernière remarque : je pense que pour ce poème la majuscule systématique en début de vers est préférable, elle marque la profondeur de sentiment de la narratrice.

   Donaldo75   
1/5/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
L’exergue promet et le poème respecte la promesse du thème ; j’ai bien aimé la manière de le décliner en usant de cette image de l’ombre sans trop en faire. Je trouve l’idée intéressante, réellement poétique car cette symbolique rejoint quelque part celle de nos rêves. La lumière, l’ombre créée par la dimension physique et la dimension lumineuse, ce sont de bons ingrédients pour traiter de l’absence qui elle-même se décline matériellement et spirituellement. A cet égard, j’ai lu de la poésie et elle n’est pas hermétique ; au contraire, elle réconcilie les deux hémisphères de mon cerveau sans torturer mes neurones mais en les sollicitant quand même.

Une composition vraiment intelligente et poétique.

   papipoete   
18/5/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour virevolte
Tu n'es plus là, mais toute ombre prit une forme que tu aimais ; le lézard vert au jardin, les tournesols surtout quand il pleut, le givre des allées quand sévissent les frimas ; la mienne bientôt les rejoindra.
NB le vague à l'âme, quand le regard malheureux se pose ici et alentour. Comme un gentil fantôme, l'absente revient là, et là, et là encore...
L'ultime strophe est mon passage préféré, et chaque vers est ce clin d'oeil qui embue les paupières...

   BlaseSaintLuc   
18/5/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La déclinaison sur le thème de l'ombre est la bienvenue, bonne idée.
C'est un nouveau style qui débarque sur Oniris, voilà qui promet.
Chacun sa patte, on s'en amuse en EL, pour deviner à chaque fois, qui est l'auteur.
Je digresse, frais, avec sa musique, son chant, j'aime.
Ici ,on parle joliment du deuil, bravo.

   Cyrill   
18/5/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je ne sais pas à quoi ça tient exactement, mais j’ai trouvé ce poème très émouvant. La sobriété du titre. Les images et les questions qui défilent dans la pensée fuyante de la narratrice.
Il trimbale avec des mots de tous les jours, et cette « ombre » répétée, une sorte de fatalité et une tristesse incommensurable. De la fragilité aussi, avec ce petit vers " Ça tangue ", qui semble vouloir faire basculer le poème entier.
J’ai bien aimé l’image de cette ombre qui fuit comme un lézard, c’est audacieux. L’idée de ce temps qui passe enfilant ses saisons m’a bien plu aussi, avec ce mince espoir qui naît au printemps.

   Eskisse   
18/5/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème touchant.
L'ombre comme seules reliques d'une présence encore vivace, comme symbole de la douleur liée à l'absence entêtante.

C'est fin, aussi léger qu'une ombre. Le poème dit, grâce à de nombreuses trouvailles ( l'ombre fuyante comme le lézard, les couleurs associées aux saisons ), le vide laissé et le manque sans l'appuyer, sans alourdir le propos.
Avec comme un mariage manqué en creux...

   Provencao   
19/5/2022
Bonjour virevolte,

Bienvenue,


J'ai beaucoup aimé cet insupportable de l’absence, que je connais que trop bien, non pas à exaucer par des « échos » ou des « schèmes », mais à garder au-delà de l'absolu, tout autant qu’au delà du manque : dans une percée éternelle de toute liberté, sans oublier celle de la profondeur, de l'absence et même du vide....

Merci pour ce sublime écrit.

Au plaisir de vous lire
Cordialement


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