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Chansons et Slams
wancyrs : Eaux troubles
 Publié le 06/12/10  -  9 commentaires  -  3258 caractères  -  158 lectures    Autres textes du même auteur

Ceci est un Slam, pas une chanson. Texte donc à déclamer, et non chanter.


Eaux troubles



En naviguant dans les eaux troubles de la vie,
je t'ai trouvée un soir ;
assise sur la barque de la tristesse,
ancrée dans le port du désespoir.

Un soir où la vertu se résume
à flirter avec les sentiers de la perdition ;
un soir où même les astres ne se prêtent à aucune poésie,
noyés dans le brouillard de mon ébriété.

Ma bouteille de whisky ressemble à une bouée de sauvetage
je te la tends ;
tu y apposes le parfum de ton amertume
étrangement semblable au mien
je comprends qu'en nous le même feu s'éteint.


En naviguant dans les eaux troubles de la vie,
je me suis assis à côté de toi
sans attendre une invite qui ne viendrait pas ;
dans un endroit où l'espace et le temps s'effacent
planer est le seul souci qui ne s'impose pas.

Lorsqu'on veut se laisser aller aux remous de l'insouciance
l'alcool cautérise les catalyseurs du réel ;
toujours accrochés à notre bouée
sans maux dits.

J'ai sondé tes yeux sans lueur
un désert nébuleux où même ne se hasarde le pleur
les cloches du questionnement résonnent en chœur
mais rien ne perce le mystère que porte ton cœur.



En naviguant dans les eaux troubles de la vie
J'ai toujours pensé que le silence est un allié intelligent ;
et que la curiosité
malgré sa contribution aux grandes découvertes scientifiques
est bien malsaine
mais ce soir j'ai envie de briser les tabous ;
il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis dit-on.

Je me suis cogné sur les écueils de ton refus
devant ce sourire un peu trop poli ;
les hommes ont cette faiblesse de ne pas vouloir déplaire
malheureusement le sang bleu ne coule pas dans mes artères.

Une bonne rasade et me voilà parti vers d'autres horizons
des royaumes où l'impossible est un mot inusité ;
je dérive lentement sur ce fleuve de douceur
tout en me demandant pourquoi mes paupières servent de pagaie.



En naviguant dans les eaux troubles de la vie,
Une voix lointaine me sauve du naufrage
brutale et sans courtoisie comme la réalité ;
dans ma tête – une industrie en activité –
marteau pilon scie sauteuse et autres s'activent ;
c'est à ce moment qu'on se rend compte
que les plaisirs de l'alcool ne sont pas aussi bénins que ça...

Tu gis au sol sans vie
mon canif de camping baigne dans ton sang ;
la pression était trop forte dans tes veines
et le froid et toi ne font plus qu'un ;
la bouée a roulé au sol
vidée de sa substance ;
Ton visage est serein et
le narquois de ton sourire bluffe l'instinct de survie.

Mes yeux dans les tiens
l'idée que j'aurais pu éviter le drame
un instant m'effleure mais s'enfuit très vite ;
nul n'est responsable des choix d'autrui
et les tiens
aucun humain ne peut en juger de la justesse...


En naviguant dans les eaux troubles de la vie,
tu as croisé mon destin
même si son goût était semblable au tien
la hargne à m'en débarrasser ne m'habitait pas...

autant que toi.


 
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   Raoul   
25/11/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J'aime assez.
La narration est bien menée, il y a un bon phrasé je trouve…
On évite aussi pas mal de lieux-communs.
L'irruption de la violence dont on ne sais que les effets est bien trouvée, et sa soudaineté exprime justement comment sa vague survient.
Quelque chose m'a fortement embarrassé à la lecture, c'est la construction systématique des :" les eaux troubles de la vie/la barque de la tristesse/le port du désespoir/les sentiers de la perdition/le brouillard de mon ébriété/le parfum de ton amertume/les cloches du questionnement…" qui alourdit plutôt qu'elle n'éclaire ou poétise. On n'est pas loin du chewing gum de l'angoisse.
Pour moi, le texte manque de non dit…
Pourquoi, par exemple, dans "l'idée que j'aurais pu éviter le drame" souligner ainsi le coup de couteau, pour dramatiser d'avantage? J'aurais préféré un traitement plus "léger", et au lecteur/auditeur de faire ce travail…
À mon avis (qui n'est que le mien), le fond est bon mais il reste à polir encore.

   Anonyme   
7/12/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
ce texte manque d'émotion, le ton est neutre, sur un tel sujet qu'est le suicide je trouve la légèreté du ton assez gênant.
certe c'est un slam mais le tempo ne suit pas.
c'est à l'auteur de nous donner le rythme en s'appliquant sur la ponctuation, cela aurait de donner plus de puissance au ton, aux mots. je trouve le rythme bancal, inégal.
bref un texte qui ne m'a pas transporté

edit:
je relis ce texte avec un nouveau regard, peut-être étais-je fatiguée le jour où je l'ai lu en EL.

oui, je l'entends cette émotion, cette détresse, l'eau trouble où l'on se noie, un homme à la dérive sous l'emprise du poison.
j'avoue que c'est à partir de ce passage: "Tu gis au sol sans vie..." que j'ai été dans la confusion, en le relisant j'ai une autre interprétation totalement différente de la première.

et j'aime beaucoup cette image que je trouve superbe:
"...mes paupières servent de pagaie".

un texte fort, en revanche je n'ai pas changé d'avis sur la qualité du rythme.
voilà, je change mon appréciation.

   Maëlle   
1/12/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime beaucoup: un seul écueil: la strophe rimée en fin de première partie (trop formelle). Mais le reste, et bien...

J'aime notamment beaucoup la reprise de forme qui rythme le texte sans avoir la rigidité d'un refrain.

   shanne   
6/12/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,
Eaux troubles, je trouve ce titre très percutant.
J'ai adoré, eaux troubles de la vie, eaux troubles...eaux qui ne sont pas filtrées, oui, un peu comme le corps de l'être humain qui ne réussit pas à se débarrasser du trop plein de" négatifs" pour différentes raisons, le corps a ses limites.
J'ai apprécié la description de cette rencontre, "noyés dans le brouillard" avec cette bouée de sauvetage, ici, l'alcool, qui nous permet , par moment, de nous anesthésier.
Sans maux dits, j'entends même le corps refuse de parler, que dire ? que faire ? pas dire ? faire un monologue ?
La réponse, ce jour là, est une bonne rasade, pour noyer ses maux ? se Noyer ?
Il suffit d'un son pour être sauvé, ici, l'industrie en activité, le travail ? mais pour ce compagnon de rencontre, il est trop tard.
J'ai bloqué sur le canif de camping, camping ? un lieu de passage...
La fin est superbe: En naviguant dans les eaux troubles de la vie,
Tu as croisé mon destin
Même si mon goût était semblable au tien
La hargne à m'en débarrasser ne m'habitait pas...
Autant que toi.
Très beau et un grand bravo

   Flupke   
13/12/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Wancyrs,

J'ai bien aimé. La fin est intéressante car cela en fait une histoire complète.

Beaucoup aimé:

Une bonne rasade et me voilà parti vers d'autres horizons
des royaumes où l'impossible est un mot inusité ;
je dérive lentement sur ce fleuve de douceur
tout en me demandant pourquoi mes paupières servent de pagaie

Sombre mais émouvant.

Bravo.
Amicalement,

Flupke

   Heisenberg   
14/12/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je pense à cette citation de Strowski "La poésie a ce privilège qu'on peut en boire jusqu'à l'ivresse, et ce que cette ivresse guérit de toutes les autres." On sent le ton de l'humour et de l'ironie dans ce texte. L'ivresse symbolise nos pulsions, nos désirs, et l'eau notre triste réalité... j'imagine l'auteur déclamer ces "vers" avec un petit sourire en coin...merci wancyrs

   Anonyme   
18/12/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'm beaucoup le rythme, c'est très bien ponctué, la forme prend ici totalement son sens en imposant des arrêts, des respirations, des accélérations.

Je suis légèrement moins convaincu par l'originalité du vocabulaire parfois trop enclavé dans le genre, à l'image des maux dits.

Mais dans l'ensemble il se dégage de l'oeuvre un froid, une neutralité, une sobriété, un détachement et son inverse qui conviennent parfaitement et que l'on entendrait bien slammés.

La première strophe me semble un peu plus faible, mais elle amorce bien le reste.
Très joli reste du reste.

   Charivari   
7/2/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
C'est un bon texte, bien mené et bien structuré, qui évite certains écueils et réussit à traiter un thème très sensible de manière originale et sans pathos.

par contre :

- Certains éléments trop explicites. On aimerait glisser dans une certane ambiance, avoir de l'empathie pour celui qui raconte son histoire à la première personne, mais on sent l'auteur derrière le narrateur qui cherche à nous "expliquer" au lieu de nous évoquer, on sent aussi un ton finalement trop sage pour un récit qui devrait nous entraîner jusqu'à l'abime.

-Le texte est trop long, et je trouve qu'il y a des redites. Peu de changements de rythme, c'est monocorde.

   marogne   
21/2/2011
 a aimé ce texte 
Bien
J’ai beaucoup aimé le début de ce texte, l’ambiance qu’il sait créer. J’ai beaucoup aimé l’histoire aussi, froide, noire, si légère, si peu importante cette mort dans le froid ou pisse les marins.

Mais je n’ai pas trop aimé le milieu, pas le fond, la forme. En particulier cette phrase qui revient trop de fois, et que je trouve (moi bien sûr) incongrue et en déplacée la plupart du temps : « en navigant dans les eaux troubles de la vie ». Et puis aussi le passage par « scientifique »…

Non, c’est dommage, vraiment. J’aurais presque vu la belle sur sa balançoire, et le sang coulant dans le caniveau éclairé par une lune tout aussi froide que la lame de ce canif de camping.


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