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Poésie en prose
wancyrs : Et tombent les croix
 Publié le 22/10/22  -  16 commentaires  -  2748 caractères  -  212 lectures    Autres textes du même auteur

Éden de chrysanthèmes où le ciel est diadème, tarabiscoté d’explosifs…


Et tombent les croix



Il pleut des croix sur Gaza. En bandes alignées, les fils d’Agar, les fils de Sarah. Il pleut des croix sur Gaza, le ciel est un mortier, la terre son dépotoir. Le sang – en ébullition – s’entre-tue, à cimeterres tirés, sueur et suaire emmêlés, cacophonie du joug mitrailleur, nés d’un même père…
Il pleut des croix sur Gaza. Les hommes à genoux ont le dos qui saigne. Ils vont s’encastrer dans les murs de Jérusalem, et n’auront pas le parcours de vie de Mathusalem. La ville a le visage éclaboussé de peine. Les hommes-pastèques enfilent des ceintures de plastic. La ville a le visage défiguré de haine. Les hommes-pastèques carbonisent dans des sacs de plastique.
Les oncles chérubins égrènent leur chapelet de biens, une prière en sourdine afin que jamais ne cesse le chaos. Ils ont la coupe bien pleine de sangs-mêlés, et Jérémie en pleurs pour satisfaire leurs dérives…
Il pleut des croix sur Gaza. Au Golgotha les saints au Golgotha les sots. Femme voilà tes fils, écrasés par le joug d’un héritage malsain. Pleure sur leur sort. Pleure sur leur sort. Pleure sur les torts qu’aucun d’eux ne veut reconnaître. Et prépare leur sépulcre. Tu les enterreras tous, les uns après les autres, tes larmes arrosant leurs tombes où ne poussera pas de coquelicot, où ne dormira pas de pierre tombale…
Les prophètes nus de Palestine sont en deuil, couverts des cendres de la ville en ruine. Sur le mont Sinaï le buisson s’enflamme au napalm : et n’entrera plus à Bethléem l’homme couvert de palmes ; et n’entrera plus à Jérusalem celui qui vient en paix. Sur le mont Sinaï le buisson enflammé a la voix courroucée :
Il harangue la ville où les hommes sont des condamnés en sursis…

Il pleut des croix sur Gaza. Éden de chrysanthèmes où le ciel est diadème, tarabiscoté d’explosifs. La terre jadis promise aux ouailles du bon Abel ruisselle de laid et de fiel pour nourrir l’esprit de Caïn. Le Jourdain vêt une robe pourpre, comme jadis le Nil blessé du premier fléau de Moïse : le fusil a changé d’épaule…
Il pleut des croix sur Gaza. Chaire des patriarches sans arches, noyés dans un déluge haineux, de querelles et joutes sans fin. Et nuit et jour retentissent les roquettes de Jéricho, ode à la postérité sacrifiée. Et dans le désert du Néguev une tempête de sable couvre les cris des matrones éplorées. Elles pleurent les fils de Sarah. Elles pleurent les fils d’Agar. Arrière-petits-fils d’Abraham, cohéritiers de la Terre promise.

Il pleut des croix sur Gaza. Ornements de tombes florissantes des frères clamant le droit d’hainesse pour élaguer leur arbre généalogique…


___________________________________________
Ce texte a été publié avec des mots protégés par PTS.


 
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   Anonyme   
22/10/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Hello Castor,

Il pleut des croix sur Gaza…

S’il n’y avait que là…

Par mon inculture crasse en termes de religion, je ne saurais m’arrêter sur les nombreuses références bibliques, mais il me semble que tu as su éviter en grande partie ce prêchi-prêcha dans lequel tu tombes parfois malgré toi, mais on ne se refait pas comme on dit, hein ? Reste un tableau poétique et écorché comme le bœuf de Soutine, orchestré de cet héritage malsain, un peu de napalm au matin, quelques mères qui pleurent en silence, et un léger relent de fraternité depuis longtemps refusée.

C’est noir, désespérant, et un peu comme ma mamie lorsqu’elle va au cimetière avec ses amies : c’est très lent et ça ne parle que la mort… Juste un trait d’humour pour alléger des propos qu’une partie du sang qui coule dans mes veines m’interdit de creuser plus en avant, sans compter, bien entendu, la complexité d’un problème quasi indémerdable.

À te relire bientôt, car ce que tu proposes, quelle qu’en soit la forme, est toujours matière à égratigner les synapses, et l’intelligence de ta plume toujours bien à-propos.

La petite.

   Provencao   
22/10/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour wancyrs,

Merci pour cet écrit qui me touche tout particulièrement.

"Il pleut des croix sur Gaza. Au Golgotha les saints au Golgotha les sots. Femme voilà tes fils, écrasés par le joug d’un héritage malsain. Pleure sur leur sort. Pleure sur leur sort. Pleure sur les torts qu’aucun d’eux ne veut reconnaître. Et prépare leur sépulcre. Tu les enterreras tous, les uns après les autres, tes larmes arrosant leurs tombes où ne poussera pas de coquelicot, où ne dormira pas de pierre tombale…"


A quand la Paix méritée, sainte et inamissible entre la Palestine et Israël....


Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Mokhtar   
22/10/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
L’intérêt de ce texte est, à mon avis, la couleur poétique que l’auteur a su lui conférer, alors qu’est évoquée une guerre s’éternisant dans la cruauté.

Il faut avoir une bonne connaissance des deux testaments pour apprécier les nombreuses allusions actualisant le conflit par des références bibliques.

Sur le fonds, je ne vois pas trop la part de la croix chez les belligérants. Elles ne sont sans doute que dans la foi de l’auteur, et dans sa projection poétique dans les évènements. Pape François, combien de divisions ?

« Hainesse », joli néologisme. Jeu de mots ? Si la référence à la haine est pertinente, je ne vois pas en quoi le droit d’ainesse concerne le thème.

« Elaguer leur arbre généalogique », joli formule exprimant un rappel à une communauté de références religieuses qui n’aurait du aboutir qu’à la fraternité.

Merci pour ce texte qui suscite l’intérêt, notamment pour tous ceux qui, croyants ou pas, considèrent que l’histoire des religions fait partie de la culture..

   Corto   
22/10/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Impressionnant.
L'extraction de la Bible de personnages, de scènes, d'événements pour traiter l'actualité comme un nouveau chapitre du testament, oui, ceci est impressionnant.
Mettre en forme ces expressions comme des coups de poing est une vraie élévation poétique (au sens de culturel).

"Il pleut des croix sur Gaza" appelle en elle-même une multitude de symboles, et sert d'armature indiscutable.
"Au Golgotha les saints au Golgotha les sots" résonne très fort aussi de même que "Sur le mont Sinaï le buisson s’enflamme au napalm" ou encore "n’entrera plus à Jérusalem celui qui vient en paix."

Mais il faudrait citer presque tout le texte pour lui rendre honneur, jusqu'à la dernière phrase "tombes florissantes des frères clamant le droit d’hainesse pour élaguer leur arbre généalogique".

Cette fois wancyrs tu as utilisé ta culture biblique avec brio pour décrire des événements actuels.

Un très beau poème.

Corto

   papipoete   
22/10/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour cher cousin
Il pleut ici des croix, sur la terre de Bethléem, sur les flancs du Golgotha ; des croix pareilles à celles de Verdun, les mêmes que sur Hanoï... Et les mères pleurent qui, un fils une fille un mari, une soeur un ami ; et bientôt viendra à manquer un trou pour y ensevelir un défunt, y planter une humble croix...
NB l'auteur connait " sa " matière, et fort de son savoir chrétien, se lamente sur le sort d'éternels maudits...les fils d'Agar, ceux de Sarah, et coule le Jourdain " vêtu de robe pourpre "
Hélas, comme l'on a besoin d'air, d'eau pour vivre, l'homme ne peut se passer de faire pleuvoir l'acier du ciel, tomber des croix...
Voici matière à un poignant prêche, à l'attention des ouailles d'un coin du Québec...

   Malitorne   
22/10/2022
 a aimé ce texte 
Pas
Encore de l’autocentrisme religieux qui fait pleuvoir des croix sur un conflit qui en est dénué. Il me semble que c’est le croissant et l’étoile de David qui s’affrontent, pas la soutane. Une mise en retrait de ces confessions pour mettre en avant celle du Christ, bien sûr. Pourtant ce ne sont pas les Chrétiens les victimes, mais bel et bien les Juifs et les Musulmans qui payent chaque jour dans leur chair. Je comprends l’intention qui dénonce la violence en Terre Sainte, je déplore la maladresse d’introduire ce qui n’a pas à y être à cause d’une foi obsessionnelle.
Quant à l’expression je ne suis pas fan, brouillonne et confuse, où il faudra m’expliquer « Et nuit et jour retentissent les roquettes de Jéricho, ode à la postérité sacrifiée ». Il y en a d’autres comme ça, davantage en recherche d’effets littéraires que de véritable sens.

   JohanSchneider   
22/10/2022
 a aimé ce texte 
Pas
Je ne vais pas répéter le commentaire précédent qui reflète à la perfection mon ressenti.

J'ajouterai juste que, comme on peut toujours s'y attendre de la part d'une vision évangélique, apostolique ou... Dieu sait quoi d'autre (on notera tout de même la majuscule révérencielle) tout est simplifié, réduit et comme vu au microscope. Comme elles paraissent dérisoires les fourmis que vous voyez ramper sous la pluie de croix !

Non, cher ami, la Terre Sainte n'est pas une fourmilière mais si c'en était vraiment une on perdrait son temps à chercher l'imbécile qui le premier a foutu un coup de pied dedans.

   Donaldo75   
22/10/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Hello Wan,

Tu sais que je ne suis pas féru de religion ou même d’images religieuses, probablement par un manque de culture. Et pourtant, dans le cas de ton poème, ces images marchent, bousculent mes neurones apathiques et font remonter d’autres images plus télévisuelles, plus proches des journaux d’information en continu qui nous abreuvent en permanence.

En relisant ce poème, je pense à ces paroles de la chanson de Noir Désir intitulée « l’homme pressé » :

« J'adore les émissions à la télévision
Pas le temps d'regarder mais c'est moi qui les fais
On crache la nourriture à ces yeux affamés
Vous voyez qu'ils demandent
Nous les savons avides de notre pourriture
Mieux que d'la confiture à des cochons. »

Et puis je pense également à la série télévisée intitulé « Messiah » qui m’avait impressionné en particulier par la crudité des images, l’exposition des faits de référence et bien entendu la performance remarquable de l’acteur principal.

Ce poème est violent, du moins pour moi. Il me déchire les neurones comme une bombe pleine de clous. Et je crois qu’il brise la mer gelée en moi, pour paraphraser Franz Kafka.

Bravo !

   Angieblue   
22/10/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Et bien c'est puissant sur le fond comme sur la forme avec des images percutantes.
"Il pleut des croix" au sens de "Il pleut des bombes". La religion ici est comparée à des bombes. En effet, elle est une arme qui vient du ciel quand elle est sottement utilisée.
Il y a une incroyable force des images qui sont très visuelles comme ces "hommes-pastèques". Ici je visualise les terroristes qui se font exploser avec une ceinture de dynamite au nom d'une idéologie mortifère. Magnifique aussi cette métaphore:" Éden de chrysanthèmes où le ciel est diadème".
J'ai également apprécié les références aux textes fondateurs qui parsèment le texte.
C'est très bien rythmé avec le jeu sur les répétitions ce qui donne au texte un caractère incantatoire et une force poétique pour dresser un douloureux constat d'où ces larmes qui inondent le texte. Il y a aussi un réel travail sur les sonorités.
Je regrette juste d'un point de vue stylistique que le titre du texte "Et tombent des croix" ne clôt pas le texte. Et oui, tombent encore des hommes dans un conflit semblant irrémédiable au nom d'un ciel souillé dont on a détourné le sens et la nature première.
Je t'apprécie vraiment dans cette tonalité, quand tu assènes les mots avec ferveur, rythme et passion, quand c'est incisif.
Mais tu comprendras que par ce gros temps rouge, je préfère aller me mettre à l'abri sur mon île dans ma maison aux volets rouges.

   Lotier   
22/10/2022
Je crois que ce qui me gêne le plus, ce n'est pas tant la forme en prose, que le parti pris des images quasi journalistiques avec entremêlées des références symboliques. Rien n'est suggéré, tout est affirmé. Ce va et vient permanent cautérise tout sentiment. Cette manière de donner les questions et les réponses étouffe tout…

   Miguel   
22/10/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Il faut un réel talent pour donner aux jeux de mots une dimension tragique. Cette déplorationn d"une guerre fratricide a des accents bibliques, et les références y sont présentes partout. un chant funèbre en même temps qu'un appel désespéré à la fraternité. On croit entendre le reproche de Dieu aux hommes.

   Raoul   
24/10/2022
 a aimé ce texte 
Pas
Bonsoir,
Rien que par le titre, on devine sans être un grand devin que ce ne sera ni léger ni subtil...
Et à la lecture on n'est pas déçu en bien. Tout le texte est en galimatias de ref. bibliques et de raccourcis.
Autrefois, les moines copistes copiaient sans trop comprendre ce qu'ils écrivaient puisqu'ils n'excellaient qu'en graphie, et j'ai un peu le sentiment que c'est le cas ici.
C'est une gesticulation sitôt lue, sitôt oubliée.
Pas convaincu.

   wancyrs   
25/10/2022
Un forum de remerciement est ouvert ICI

   fried   
25/10/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Est-ce le souffle de l'ancien testament qui attise ces braises ?
Encore une fois on se rappel les inlassables guerres de religions, la phrase "œil pour œil dent pour dent" qui nous révèle que le mal que tu fais dans un camp revient à le faire dans ton camp.
Je frémis en songeant que les Ukrainiens et les Russes pourraient très bien être partis pour le même genre de conflit.
Merci pour ce partage sur un thème bien délicat.

   Hiraeth   
28/10/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très beau poème, dont le souffle épique et lyrique semble directement venir des entrailles de l'auteur, et sculpté, au-delà des références mythologiques (si je puis dire), dans un style biblique parfaitement maîtrisé, psalmique et incantatoire. C'est génial. Les images sont très fortes, le rythme est puissant. J'en ai eu des frissons.

Laid et fiel pour déformer lait et miel, beau jeu de mots.

Bravo.

   Queribus   
1/11/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Je trouve votre texte magnifique au niveau de l'écriture et de la maitrise de la langue française mais il a, me semble-t-il, les défauts de ses qualités: il très érudit et manque de simplicité et ne s'adresse pas aux commun des lecteurs.; j'ai d'ailleurs remarqué que les appréciations vont de "pas" à "Passionnément", ce qui semble assez logique. C'est à le genre d'écrit qu'in aime ou qu'on déteste. Personnellement j'ai eu l'impression de lire un extrait de roman et le tout ne n'a ni enchanté ni déplu. Bravo quand même pour l'écriture soigné, la disposition des paragraphes, la dernière phrase en guise de conclusion. On voit que vous avez "du métier" et une longue pratique des mots.

Bien à vous.


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