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Poésie libre
wancyrs : Le jour où...
 Publié le 26/02/19  -  11 commentaires  -  1346 caractères  -  311 lectures    Autres textes du même auteur

Lorsqu’un papillon se brûle les ailes, c’est la faute à la lumière ;
La laideur, parfois, rend sage.


Le jour où...



La pente est abrupte, la pierre carrée :
Le jour où j’ai posé mon regard sur toi,
Elle m’a échappé.

Le sens divin de l’amour c’est le don de soi
Le sens humain de l’amour c’est la dépouille de soi :
Le jour où je t’ai convoitée, on m’a ligoté.

La passion est pour les hommes
La compassion, pour les dieux
Le jour où je t’ai aimée, je l’ai ignoré.

L’Homme s’essaye dieu jusqu’au jour où sa pierre carrée lui roule dessus.
Et privé d’ailes, il regarde le sommet de la pente, dépité :
Le jour où t’ai consolée, mon ciel s’est ennuagé.

Puis il y a eu l’orage ;
L’orage est la colère des dieux lorsqu’on use de compassion sans leur permission :
On l’apprend souvent à ses dépens...


La mort t’a toujours fascinée. Pas celle des autres, la tienne.
Tu sais tout de l’inertie,
Mais tu ne sais rien dans l’inertie :
Le jour où je t’ai croisée, tu te contemplais morte.

Dieu a fait le trépas pour qu’on arrête de mourir de vivre
Il lui a fallu de l’encens, la myrrhe et les catacombes :
Au bout des catacombes, les limbes
Au bout des limbes, tes lèvres
La mort a sa vie sur tes lèvres ;
Ton sourire est un linceul de ténèbres :

Le jour où je t’ai embrassée, il m’a couvert.


 
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   Vincente   
26/2/2019
Pourquoi déposer un commentaire quand une oeuvre nous laisse en pleine perplexité ? Parce que je me dis que ce n'est pas possible qu'un auteur ait pu oublier son intention, qu'elle lui ait échappé au point d'être disparue à mes yeux...

Par ce questionnement, je cherche à emprunter le même chemin, me disant "allons reprenons le parcours..." par la même figure de rhétorique : une interrogation assertive qui invite une réponse contradictoire. Chaque strophe s'élance ainsi, mais à chaque fois le deuxième pan de l'énoncé m'a semblé accentuer encore un peu plus ma circonspection. Pas facile alors de me sortir de l'égarement.

Malgré tout, arrivé dans la proximité de la fin (du texte et de la vie qui le sous-tend), j'ai été comme secoué par cette idée qui n'aurait pas pu me venir à l'esprit mais qui m'a parlée : "Dieu a fait le trépas pour qu’on arrête de mourir de vivre".
Et puis j'ai bien aimé cette assimilation limbes/lèvres, qui mène à la belle trouvaille "Ton sourire est un linceul de ténèbres" qui délivre ce dernier vers conséquent "Le jour où je t’ai embrassée, il m’a couvert."

Quelques formes grammaticales m'ont perturbé : les vers 4 et 5 un peu lourds avec leurs "c'est le / c'est la" - "l'homme s'essaye dieu" - "L’orage est la colère des dieux lorsqu’on use de compassion sans leur permission". Désolé donc si au milieu de cela et des clés qui m'ont manqué, je suis resté en deçà d'un texte à portée sûrement plus haute que son expression difficile avoue.

   Pouet   
26/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Slt,

je n'ai pas la prétention d'avoir saisi les intentions de l'auteur, loin de là.

Ce qu'il se dégage pour moi du texte, c'est l'amour. L'amour pour Dieu et l'amour pour une femme qui, apparemment, ne devraient pas revêtir le même uniforme, le même masque, le même linceul. J'ai aussi compris la "critique", la tentation qu'a l'humain de se prendre pour ce qu'il n'est pas - un dieu- sous peine de retour de sceptre dans le vers: "L’Homme s’essaye dieu jusqu’au jour où sa pierre carrée lui roule dessus.", la formulation "s'essaye dieu" peut paraître étrange mais on comprend bien le sens.

Après il peut y avoir divers niveaux de compréhension dans certains vers comme ces deux là:

"La passion est pour les hommes
La compassion, pour les dieux"

Doit-on comprendre que la passion est l'apanage des hommes ou qu'ils doivent éprouver de la passion pour les dieux? Est-ce que la compassion est une vertu strictement divine ou est-ce que l'Homme doit éprouver de la compassion pour les dieux?

Mais le sens semble s'éclairer avec le vers qui suit:

"L’orage est la colère des dieux lorsqu’on use de compassion sans leur permission" C'est donc la première de mes interprétations qui est la bonne, à savoir que la compassion serait "réservée" aux dieux. Si je me souviens bien de l'étymologie, la compassion serait de "souffrir avec". Je ne me prononce pas sur le fond de la pensée de l'auteur, il me semble toutefois que la "souffrance" est plutôt réservée aux Hommes qu'aux dieux, mais j'avoue que je n'ai pas mon CAP théologie... :)

Ensuite on croit comprendre que l'être aimé, la femme dont il est question est plutôt dans une phase dépressive, rapport à sa fascination pour la mort et à son inertie. On croit aussi comprendre par la suite et avec le dernier vers que cet état a déteint sur le narrateur. Ou bien alors que son amour pour cette femme a camouflé, détourné ou atténué son amour pour Dieu.

Enfin, voilà ce que j'ai pu saisir de ces vers en étant totalement conscient de ma subjectivité.

Je ne peux pas dire que j'ai été transporté par le texte ni que je sois particulièrement sensible aux réflexions religieuses, mais cela m'a questionné, interpellé et m'a donné envie de chercher, ce qui est toujours une bonne chose.

Du coup, j'ai bien aimé.

Au plaisir.

   PIZZICATO   
26/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai d'abord tenté de découvrir la métaphore de cette " pierre carrée ".
"Le jour où j’ai posé mon regard sur toi,
Elle m’a échappé."
"
" Le jour où je t’ai convoitée, on m’a ligoté."

"La passion est pour les hommes
La compassion, pour les dieux
Le jour où je t’ai aimée, je l’ai ignoré." Et puis ce passage qui m'a laissé perplexe. Le narrateur s'est-il épris d'une femme qui n'a pas les mêmes croyances ?

Je perçois quelque chose de fort dans ce texte mais je n'arrive pas à trouver le fil.

En tous cas, les images sont intéressantes et réfléchies.
Wan, tu nous donneras certainement des indices.

   Davide   
27/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour wancyrs,

Ce poème m'a tout de suite rappelé le dernier vers d'un sonnet de Rémy Belleau : "Car j'ai logé ma vie en ta bouche, mon cœur".
Je ne vais pas m'étendre en paragraphes de commentaires devant ce somptueux poème sur l'amour et la mort.
J'ai juste envie de souligner l'élégance et la simplicité de son écriture, qui est pourtant (très) riche d'images.
La 5 derniers vers sont magiques...

Merci du partage,

Davide

Edit : Après avoir lu les divers commentaires, je me rends compte que le thème de Dieu (et des dieux) dans cette poésie ne parle pas à tout le monde. Aussi, je souhaitais juste exprimer davantage mon ressenti ici.

J'ai vu dans ce poème un homme épris d'une femme, doutant, hésitant, et qui, pour l'aimer (secrètement) de passion, a dû se détourner de l'amour divin - et de la colère des dieux.

Le thème de Dieu (ou les dieux) ne me dérange pas dans ce poème, et je vois, derrière ces vers au présent de vérité générale, un narrateur en souffrance qui s'épanche plus qu'un auteur qui prêche.

Ce n'est que mon interprétation, et elle ne regarde que moi, mais c'est ainsi que ces vers m'ont touché.
Cela dit, je peux comprendre que certaines affirmations bloquent le lecteur et l'empêchent de toucher à son imaginaire et à ce qui fait "poésie" à l'intérieur de lui.
C'est mon cas dans de nombreux poèmes qui utilisent ce credo (si je puis dire), mais pas ici !

   papipoete   
26/2/2019
bonjour wancyrs
Connaissant votre grande foi en Dieu, je vois un texte que pourrait dire l'abbé le dimanche à la grand-messe, où il deviserait sur l'amour pour l'autre moitié, et sur celui qu'un croyant peut éprouver pour le " très-haut " .
Le développement est pour moi hélas, trop spirituel et je suis perdu au milieu du chemin, bloqué entre autre par cette pierre carrée...

   senglar   
27/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Wancrys,


J'avoue qu'au départ votre "pierre carrée" m'a gêné, grandement dérouté. Une pierre carrée ça n'existe pas me suis-je dit, l'érosion fait son travail sur la pierre au fil des ères, la pierre la plus dure finit toujours par devenir galet, un galet lui-même ne peut pas être carré, il est ovale ou rond et fait de la sorte des ricochets sur l'eau pour le plus grand plaisir des enfants, carré il coulerait. Et comment une pierre carrée - en supposant qu'un tailleur de pierre soit passé par là - peut-elle rouler sur une pente ? Surréaliste à mon sens.

Mais bon je lis, je lis et je relis pour tenter de percer votre pensée, le cheminement de cette pierre (à croire que je l'ai reçue sur la tête) car il y a quand même quelques beaux vers et une certaine envolée dans ce poème, un souffle, et pas seulement, pas uniquement mystique, par moments ça vibre, ça s'envole même si à d'autres ça coince et atterrit.

Je vois finalement dans cette poésie un jeu entre l'amour et la mort. Un jeu funeste. L'amour c'est la mort qui vient à notre rencontre. Dieu ne nous permettrait-il pas d'aimer d'amour charnel. La femme avec ses lèvres aspirerait-elle notre vie en aspirant notre sève ?

Ô linceul !
Trompeur petit drap de lin rebaptisé suaire.

Et Toi ! Dieu ! Laisse-nous aimer. Les Hommes te rendent grâce alors de grâce il n'y en a pas que pour Toi. Sois pas jaloux comme ça, ça n'est pas digne de Toi.

Dis-donc Wan, toi le théologien (j'ai pu apprécier ça dans un forum) tu peux dire que tu m'as fait turbiner. Ben oui :)


senglar/brabant

   BlaseSaintLuc   
26/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
L'amour était là, mais...

La pierre carrée était elle celle de la pensée, je veux dire de la raison ?
Le poète se penche t'il sur une fleur carnivore ?
A-t-il perdu ses sens, en tout cas la liberté .
C'est, il prit plus pour un dieu que pour un homme ?

"L’Homme s’essaye dieu jusqu’au jour où sa pierre carrée lui roule dessus.
Et privé d’ailes, il regarde le sommet de la pente, dépité :
Le jour où t’ai consolée, mon ciel s’est ennuagé. "

l'auteur "ligoté"qui c'est pris pour dieu et à perdu sa pierre carrée (raison?) et à glissé en bas de la pente,regrette de s’être penché sur cette fleur carnivore dont il a eue pitié ...car ce jour-là les ennuis ont commencé .

"Puis il y a eu l’orage ;
l’orage est la colère des dieux lorsqu’on use de compassion sans leur permission :
On l’apprend souvent à ses dépens..."

CARRÉMENT !

Sans doute une fleur suicidaire cueillie par l'auteur, mais quel était donc ce poison sur ces lèvres ?

   Hiraeth   
27/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour wancrys,

A la lecture de vos textes, je ne peux m'empêcher de penser que votre vocation est sans doute davantage prédicateur que poète.

Vous êtes, je crois, une de ces personnes qui ont une approche si profonde, si particulière et personnelle, si admirablement idiosyncratique de la religion et des textes sacrés. Vous avez un goût certain pour les idées, et savez souvent les faire passer via des images et des formules fortes ; mais il vous manque à mon sens le goût des mots et de la musique pour être un excellent poète. Je suis un peu méchant en disant cela, car le rythme de votre texte a été travaillé et cela se voit : on note la présence d'un refrain qui donne son titre au poème, et puis le rythme ternaire qui fait sans doute écho à la sainte Trinité, et qui est articulé par un jeu grammatical intéressant sur la temporalité, une alternance entre un présent de vérité générale et le passé composé du récit personnel, soulignant par là un dualisme intéressant entre les vérités éternelles abstraites et l'expérience concrète de l'individu en prise avec des forces qu'il ne maîtrise pas. Je crois aussi déceler, dans ce texte il faut le dire obscur, la question de la compatibilité entre l'amour passionnel, érotique et l'amour divin, la charité. Enfin, la dernière strophe avant le vers final m'a interpellé par son étrangeté et son mystère. Pour toutes ces raisons, votre texte réussit à s'arroger un peu de ma sympathie.

Malgré tout, et les autres commentaires me le confirment, le poème peine à prendre son envol, à saisir pleinement le lecteur, car il manque de cohérence sonore et sémantique (il s'éparpille un peu dans tous les sens). Vous gagneriez, je pense, à resserrer votre écriture, et à jouer davantage avec les mots plutôt qu'avec les idées.


EDIT : J'ai changé la note et m'en justifie dans le topic de remerciement.

   solo974   
27/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour wancyrs,
J'aime beaucoup votre poème où le thème de l'amour divin et humain, des conflits intérieurs qu'il engendre chez un croyant, est traité avec finesse et tout en délicatesse.
Selon moi, ce texte - dont la portée métaphysique prête à la réflexion - renvoie également le lecteur au mythe de Sisyphe et c'est en cela qu'il m'a personnellement émue et touchée, sinon perturbée.
La chute est particulièrement poignante.
Merci pour cette étonnante découverte et excellente continuation !

   FrenchKiss   
28/2/2019
.

   Vincendix   
1/3/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,
J’avoue que je ne comprends pas vraiment le sens de ce « libre », il y a probablement un message mais il est trop subliminal pour mon esprit qui n’aime pas la « torture ».
Les premières lignes donnent le ton, qui est cette « elle » qui vous a échappé, la pente, la pierre carrée ?
Vincent


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