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Poésie libre
wancyrs : Paria 4 : exode
 Publié le 13/04/11  -  5 commentaires  -  3113 caractères  -  64 lectures    Autres textes du même auteur

Mon nouveau chez moi...

s'étale
à perte d'odeurs nauséabondes,
qui s'exhalent des murs fragiles,
que seule soutient la rage.


Paria 4 : exode



Ils désertent les villages
l'ombre sinistre plane sur les campagnes décharnées
l'aventure, le phare qui les guide, tourne tourne
le derviche s'enivre d'étourderie.

Née de nulle part,
elle sème des champignons
la génération spontanée
se greffe à la nature.

Ces taudis qui agressent la vue,
ils s'y entassent
sans aucun choix que de cultiver l'ennui
et la haine fait le tour du propriétaire.

Les lumières brillent, attirent le phobique
à voler près du feu, on se brûle les ailes
mais « l'inespoir » est comme la mort
plutôt crever, que de rester dans ses méandres.

Ils désertent les villages
forment un cortège
la ville espiègle ouvre ses sanas
encore des vies à incinérer...

J'ai suivi le flot
dans ce rafiot nommé désir
j'ai coulé à flot
tête à l'avent, et sans déplaisir.

Quartier Mozart
l'insulte à toute une œuvre ;
mais si l'absurde est pierre philosophale
quartier Mozart, il y fait bon vivre.

Ici on vend la chair
une parcelle d'entre-cuisses : 1000 fr
du plaisir, la bonne franquette
à la criée, ces dames sur chaire.

Dans un coin, peinard
le coco-toubabou(1) lève la surenchère
aux jeux des dames, il vaut son talent d'or
le virtuose mâche sa kola, goguenard.

Un vase à moitié plein
une serviette bon marché
moment frais entre deux passes
de l'eau pour purifier la souillure.

Ma sœur, ô ma sœur ! Fille de ma mère, qu'est-il advenu de toi ?
À la sueur de ton cul, à la sueur de tes seins, à la sueur de ta pudeur, ils pétrissent ton honneur.
Ils t'appellent fille de joie, mais de qui fais-tu la joie ? Toi, la serpillière de leurs semences infectes !

Qui te juge fille de ma mère ?
Dis-moi qui te jugera ?
Toi qui traînes la pierre qu'on te lancera
réalité de ma nouvelle chimère !

Mon nouveau chez moi...

s'étale
à perte d'odeurs nauséabondes,
qui s'exhalent des murs fragiles,
que seule soutient la rage.

D'exister.

Au cœur des cases-tôles
que toisent les gratte-ciel
du haut de leur insolence
la peine de nos sueurs.

D'exister.

Au centre du chaos
des ruelles ordures
qu'innervent des caniveaux bouchés
propices à l'hégémonie de l'anophèle.

Et puis la vie.

En sourdine les rires d'enfants
un écho qui court
où la quiétude est un rêve
où l'innocence est un délit.

Mon nouveau chez moi
je le partage avec des parasites
qui ne payent pas de bail
mais excellent dans la collecte.

Piller le pauvre pour le pauvre...

À la nuit tombée,
mes anophèles sopranos
chantent le paludisme,
les chenapans,
l'hymne du fourbe.

Quartier Mozart
mon nouveau chez moi
il n'était pas fou le pionnier
qui un jour baptisa ce bled.



(1) souteneur, mac


 
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   Lunar-K   
26/3/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Un texte que je trouve assez inégal dans son ensemble, où des images fortes côtoient certaines lourdeurs.
J'ai beaucoup aimé :

- "le derviche s'enivre d'étourderie" : Le cycle sans fin...
- "dans ce rafiot nommé désir" : Joli clin d'oeil.
- "coco-toubabou" : Un bien joli mot je trouve !
- "À la sueur de ton cul, à la sueur de tes seins" : Un vers qui commence magnifiquement, mais la suite est trop redondante avec cette rime en "eur" qui s'appesantit au fur et à mesure.
- "Toi qui traines la pierre qu'on te lancera" : Ma préférée, sans aucun doute !

Malheureusement, à coté de cela, j'ai trouvé certaines images trop banales, et certains vers trop lourd, notamment :

- "l'ombre sinistre plane sur les campagnes décharnées" : Vraiment trop cliché...
- "sans aucun choix que de cultiver l'ennui / et la haine fait le tour du propriétaire" : D'abord, "sans aucun choix" me pose problème, une tournure assez difficile sémantiquement et à laquelle j'aurai préféré "sans d'autre choix". Ensuite, "et la haine..." dont on a l'impression qu'il suit "cultiver" alors que pas du tout ; ce n'est pas très clair...
- "à voler près du feu, on se brûle les ailes" : A nouveau, un trop gros stéréotype.
- "« l'inespoir »" : Déjà que je ne perçois pas du tout l'intérêt de ce néologisme que je trouve particulièrement laid, les guillemets qui l'entourent accentuent encore plus son aspect artificiel. Personnellement, je les supprimerai.

Sur le fond, une certaine incohérence, voulue je suppose, mais qui n'est cependant pas dénuée d'intérêt : un sentiment de révolte mêlé à de la complaisance. Ce n'est pas mal car, généralement, les descriptions qu'on nous propose de ce genre de mauvais lieu sont soit négatives soit positives, rarement les deux comme c'est ici le cas. Cette ambiguïté n'est pas sans ajouter une dimension supplémentaire à ce texte, un certain masochisme peut-être.

En tout cas, j'aime assez bien ce texte, malgré quelques défauts et facilités vraiment trop flagrantes. Mais cela vient peut-être de ce petit côté slam que je lui trouve par moment et de ce ton faussement dégagé... ?

   framato   
29/3/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un texte dur, sans complaisance, qui nous parle d'un quartier populaire de Yaoundé, de ses filles qui ne sont plus vraiment des sœurs et qui procurent de fausses joie.
Là-où les moustiques sèment la maladie, tout en jouant du Mozart.
La mort et puis la vie, grouillante.
Un texte fort (qui aurait sans doute encore pu gagner plus de force en étant un rien élagué, pour gagner de la percussion).
La ponctuation me semble parfois un peu hésitante, comme par exemple dans les deux premières strophes.

Un quatrième opus bien différents des trois premiers, quittant les villages et aux phrases bien plus directes. Intéressant.

   Lunastrelle   
3/4/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Un texte qui frappe de plein fouet à certains moment. Par contre, il s'essouffle un peu, non? Bon, ce n'est pas gênant, mais à certains moment j'ai un peu décroché, peut-être est-ce à cause du rythme, ou bien d'expressions...
Ou bien parce qu'il est un peu trop long. Je trouve qu'on aurait pu zapper certains vers, qui n'apportent rien de spécial.
Je relèverai par exemple:

"Ces taudis qui agressent la vue,
ils s'y entassent
sans aucun choix que de cultiver l'ennui
et la haine fait le tour du propriétaire."

Le troisième vers me semble superflu par exemple, ainsi que la moitié du premier (après "ces taudis").

"Ici on vend la chair
une parcelle d'entre-cuisse : 1000fr
du plaisir, la bonne franquette
à la criée, ces dames sur chaire."

Les deux premiers me semblent inutiles aussi. Peut-être replacer l'idée de la chair, mais après...

Mais sinon, malgré tous ces détails, j'ai quand même apprécié ma lecture, et la force de cet exode...

   LeopoldPartisan   
13/4/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Il est parfois difficile et délicat de prendre de la hauteur vis-à-vis d'un vécu si lourd à porter et à assumer, d'où cette curieuse impression d’osciller sans cesse entre complaisance et révolte. Je reste persuadé (et c’est très facile de le dire et nettement moins aisé de le transcrire) que pour qu’un sujet anecdotique puisse se transfigurer, il doit porter en lui d’une part les germes de son universalité et de l’autre un réel détachement de son auteur. Ce n’est hélas pas encore le cas ici.

   zahra   
30/4/2011
 a aimé ce texte 
Bien
j'aime beaucoup, c'est navrant et ça laisse un goût amer à la fin de la lectue.
J'aurais aimé une réaction quelconque du narrateur qui aurait brisé cette désolation!


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