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Poésie en prose
wancyrs : Paria - Lambeaux d'errance
 Publié le 08/10/10  -  10 commentaires  -  3766 caractères  -  385 lectures    Autres textes du même auteur

Une terre aux sillons ébouriffés. Des arbres aux écorces rudoyées, on les dirait vêtus de haillons. Des guenilles de cases...


Paria - Lambeaux d'errance




Briser les sceaux de la servitude.
Quand ouvrir les boîtes de Pandore lasse, la magie sur les sens se meurt.
Requiem pour un prestidigitateur.

Honni larbin des gloires éphémères. Tu as créé dans mon âme un désert d'envie, et l'as parsemé de mirages d'assouvissement. Vaudou des bonheurs mondains, tes aiguilles tressaillent sous les vibrations de l'éveil...
Le tambour ancestral résonne.
Tous, un jour, retournent à la terre ; le corps d'un oiseau mort ne reste pas dans les cieux.

Et cassent leurs pipes, les bibliothécaires du patrimoine culturel
sans relève assurée.
Je suis devant le ravage. Le village et moi nous regardons en chiens de faïence. L'architecture des habitats me susurre : nul n'entre ici s'il ne peut réprimer un haut-le-cœur.
Et mon peuple morcelé en lambeaux d'errance.
Si gémir prier pleurer est lâche, garder le silence l'est-il moins ?

Je suis entré à reculons dans l'aire du sacrifié, la nuque tendue vers l'estocade, j'attends...

S'égraine le chapelet du remords.
Les racines de la sagesse avancent à pas d'escargots, foulent mes offrandes - les objets qui gonflent d'orgueil ta civilisation -, pointent d'un doigt fébrile les sols agonisants, et inquiets, m'encerclent...

J'attends.

Un coup qu'ils tardent d'assener.
Une main se pose sur ma désolation, et me condamne à la douleur du non-châtiment. Être conspué aurait été plus doux, mais les sommités disent : à quoi bon !
Regarde le bétail humain de ces terres arides, ni veau, ni génisse, pour traîner le soc ; que des agneaux et des vieux boucs freluquets. Pourquoi tancer les bourgeons de l'espoir ?

Je suis au centre d'un halo fraternel, chaque sourire est une onde d'approbation. Je ne me suis pas brisé dans la glace des alouettes, n'y voyant pas mon image. Leurs regards ne m'ont pas snobé, malgré la griffure de la rancœur.
Debout se tiennent de frêles silhouettes, dans la hardiesse des vents enragés. Mais la rage même se tait devant tant de noblesse.
Et mon visage noyé dans leurs yeux dénués de condescendance...

Une terre aux sillons ébouriffés. Des arbres aux écorces rudoyées, on les dirait vêtus de haillons. Des guenilles de cases... serait-ce là mon héritage, mon village ?
Et au milieu de cette crasse je me suis senti sale, harnaché des parures de ta culture.

Ma terre, mon port d'attache ! Loin de la fureur des tempêtes de tes railleries, de tes doigts accusateurs.

Dans les décombres de mes rites, j'ai cherché les vestiges d'un passé qui m'était inconnu. Épris de compassion, ils sont arrivés et ont cherché avec moi. « Une seule main ne peut attacher un fagot », m'ont-ils dit. Alors l'émoi a pris le dessus sur l'orgueil, et j'ai pleuré de soulagement.
Aveuglé par ta science, j'avais oublié combien les choses les plus simples étaient agréables...

Jamais l'acide des larmes n'a paru tant sucré.


Les balafons sacrés appellent au rassemblement.
Sur la place du village, le grand totem esquisse un rictus éternel.
À la lueur des torches qu'amplifient les joies,
danse, danse fille des campagnes
danse le retour de l'enfant perdu
toi qui de caresses n'a connu que la besogne
et dont le sein a nourri des contrées.

Ceins tes reins de ton plus beau pagne,
ignore le temps et ses griffes d'airain,
le temps dont les enjambées grandissent
lorsque t'abandonne l'énergie.
Mais danse car la terre respire à nouveau,
et la graine enterrée...

Ai-je enfin trouvé
mon image,
mon visage,
mon village ?

Les dieux sont-ils cléments ?


 
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   framato   
8/10/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ai-je enfin trouvé
mon image
mon visage,
mon village ?

Les dieux sont-ils cléments ?

J'avais lu Paria - L'éveil que j'avais trouvé beau, et il me semble bien que ce texte soit en lien avec celui-ci ). Et il est est magnifique ! Sans doute encore plus beau.

Danse fille des campagnes, car la terre respire à nouveau. Un texte très fort, existentiel et important. Ça c'est une poésie qui me parle et avec force ! Je suis subjugué, convaincu et sur les rotules !!!

(édition : j'avais lu le texte en espace lecture, et le titre ne mentionnait pas Paria, un souci de respecter l'anonymat, je présume !)

   Lariviere   
8/10/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Superbe texte !

L'écriture est belle et ne manque pas de profondeur. La ponctuation maitrisée mène la fluidité et le rythme.

Du début à la fin, les effets et le texte restent de très belle qualité. L'intégralité du poème ruisselle de sens, de sons, d'émotions, d'émerveillement "naïfs" ou de sensibilités subtiles...

"Vaudou des bonheurs mondains, tes aiguilles tressaillent sous les vibrations de l'éveil..."

Très beau texte, un talent (et un beau travail d'écriture !) qui pointe fortement et qui commence à donner le meilleur de ses fruits...


Merci pour cette lecture !

   shanne   
8/10/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
J'aime beaucoup le titre: surtout lambeaux.J'ai l'impression de lire ou d'entendre, j'abandonne ces lambeaux pour faire peau neuve, ou une ouverture vers quelque chose, je suis sensible aux vers suivants: Si gémir, prier, pleurer est lâche, garder le silence l'est-il moins ? lourd de sens à mes yeux...j'ai l'impression de suivre un chemin de vie bien exprimé, sensations fortes pour moi, bref, très beau et une lecture très agréable Au plaisir de lire une suite...holà, je suis un peu gourmande.
En tout cas un grand bravo

   Marite   
8/10/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
Magnifique Wancrys! Je partage l'avis de Larivière " ... un talent (et un beau travail d'écriture !) qui pointe fortement et qui commence à donner le meilleur de ses fruits...

"Dans les décombres de mes rites, j'ai cherché les vestiges d'un passé qui m'était inconnu. Épris de compassion, ils sont arrivés et ont cherché avec moi. « Une seule main ne peut attacher un fagot », m'ont-ils dit. Alors l'émoi a pris le dessus sur l'orgueil, et j'ai pleuré de soulagement. "

Tu trouveras et tu comprendras Wancrys. N'aie aucune crainte, tu ne seras pas seul et tu retrouveras ta Terre et:
"...Marqué par Elle à jamais,
Tu entendras son rythme,
tu percevras son souffle,
tu toucheras son âme
la paix envahira ton coeur
l'espoir illuminera ta vie
l'univers s'ouvrira devant toi..."

"
C'était une partie d'une poésie en vers libres que j'avais présenté en apprentissage il y a ... très longtemps.
"

   krull   
8/10/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Beau texte au global décevant (en comparaison) sur sa première partie. Ou la formulation parfois alambiquée ressemble plus à une succession de "belles phrases" juxtaposées qu'a une texte construit.
La deuxième partie plus simple vient du cœur et coule naturellement et emporte l'assentiment de tous.
Les autres commentaires ne relevent eux aussi que des passages de cette partie là.
Un talent certain qui ne doit pas se perdre à s'écouter.

   Leo   
10/10/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
L'auteur continue de parcourir le chemin de mémoire et de racines qu'il a ouvert avec le premier opus de "Paria". Il parcourt ce chemin avec la même force, la même intensité, et nous fait ressentir avec force la douleur et l'indicible.

Mais je serai moins enthousiasme pour ce volet que je ne l'ai été pour le premier. En effet, si l'auteur trouve des accents très purs, il les "noie" souvent par un renchérissement inutile, qui loin de renforcer le message, vient l'affaiblir. Un exemple :

"Une main se pose sur ma désolation, et me condamne à la douleur du non-châtiment. Être conspué aurait été plus doux, mais les sommités disent : à quoi bon !"

La première partie est remarquable : "(...) me condamne à la douleur du non-châtiment". La force de l'image vient d'un oxymore osé, mais fort bien venu, dans lequel on ressent tout le mépris que porte l'oppresseur à l'oppressé : on ne châtie que ce qu'on aime, ne pas châtier est en soi réduire à la dimension d'un objet. Pourquoi avoir rajouter à cette très belle phrase cette "explication", que j'ai mis en italique", qui n'apporte rien de plus ? A mon goût, elle diminue la force du début.

L'écriture reste très forte, très belle, et sonne juste. Mais il faut essayer de lui garder cette force pure, ne pas chercher à trop en rajouter : l'accumulation, l'insistance, dans ce contexte, ne peut que desservir l'émotion. Ce n'est pas le volume qui fera la beauté finale de cette très belle poésie.

   Anonyme   
18/10/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'm les poésies qui ont du caractère.
Ici, le phrasé me plait beaucoup, l'utilisation de certaines techniques rythmiques ou lexicales me plaisent particulièrement, à l'image de la première suite de trois vers, cette strophe d'ouverture est magnifique.

Personnellement, j'aurais ponctué autrement, certains mécanismes auraient gagné en force d'impact.
Cependant, toute l'œuvre est intéressante, d'un point de vue des couleurs, de l'émotionnel engendré par le réel, des auteurs auxquels me renvoient la poésie - qui doivent être lus par l'auteur - et dont il emprunte les techniques.
Il y a un côté indéniablement merveilleux dans ces Lambeaux d'errance.

J'avais apprécié L'éveil. Idem dito.

   Flupke   
9/11/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Wow, je sens tes racines vibrer. (et un peu ta douleur).

Superbe l'intro:
Quand ouvrir les boîtes de Pandore lasse, la magie sur les sens se meurt.
Requiem pour un prestidigitateur.

Bien aimé:
Et cassent leurs pipes, les bibliothécaires du patrimoine culturel
sans relève assurée.
Cela me rappelle un ethnologue qui avait étudié les Dogons (C'est sûr que sur le plan de la tradition orale, un vieillard qui meurt, c'est une bibliothèque qui brûle).

Mais que n'écris-tu des nouvelles avec un tel panache ?

Bravo.

Amicalement,

Flupke

   machin   
30/11/2010
 a aimé ce texte 
Vraiment pas ↑
Ton poème est un immense château fort. Les portes sont lourdes à ouvrir, les salles difficiles à chauffer et à meubler. Tu as beau t’armer de grandiloquence, sortir ta plus belle artillerie de mots, tes pièces restent vides et glaciales.

   chachnikov   
14/5/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour,

je n'ai pas réussi à être transporté dans votre imaginaire ou réalité romancé.
Je trouve ce texte un peu préfabriqué dans ses formulations. Comme cette citation très flon-flon:
"Le corps d'un oiseau mort ne reste pas dans les cieux"

Par contre je trouve le rythme très bon.
Je sens l'énergie du travail, trop à mon goût.

Bonne continaution.

   Anonyme   
25/5/2012
Commentaire modéré


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