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L'homme sur la photo
toc-art : L'homme sur la photo  -  Chapitre 5/5
 Publié le 30/06/18  -  7 commentaires  -  23812 caractères  -  24 lectures    Autres publications du même auteur

Hélène était assise dans le lit. Elle avait déposé une noisette de crème sur ses mains et s’apprêtait à les masser pour étaler le baume quand Lorain entra dans la chambre.


– Ça va ? Il dort ? demanda-t-elle en levant les yeux vers son mari.

– Nickel, il n’a pas bougé une oreille.

– C’est bien ton fils, va, sourit la jeune femme. Quand il dort, rien ne pourrait le réveiller.


Lorain traversa la chambre pour gagner la salle de bains. Il ôtait sa chemise quand Hélène l’interpella :


– Chris, ton téléphone vibre. Je décroche ?

– Non, laisse, il est tard.


Hélène répondait déjà.


– Allô, oui ? Ne quittez pas, je vous le passe. Chris !


Lorain regagna la chambre en râlant.


– Je t’avais dit de laisser, chuchota-t-il en avançant la main. Vas-y, passe.


Hélène lui tendit le portable en haussant les épaules.


– Jamais content, souffla-t-elle.

– Allô, oui, Lorain à l’appareil. Ah, c’est vous ? Vous voulez bien répéter ? Je vous entends mal… Ah, c’est une bonne nouvelle, ça ! Vous pouvez me rappeler demain pour me le confirmer ? Merci de m’avoir prévenu.


Lorain reposa le téléphone en souriant.


– Le gosse dont je t’ai parlé, tu sais, celui qui a appelé quand on était en Corse – sa femme hocha la tête – eh bien, apparemment, il donne des signes de sortie du coma. C’est pas encore fait mais ils ont l’air confiant.

– J’ai bien fait de répondre alors !

– Oh, ne fais pas trop la maligne, toi, rétorqua Lorain en regagnant la salle de bains. T’as mis de la crème sur mon téléphone, je te signale.


Il terminait de se brosser les dents quand Hélène reprit la conversation. Elle continuait de se frotter méticuleusement les mains.


– Tu vois, ça s’est bien passé, ce dîner, finalement !


Lorain observa son reflet dans la glace. Malgré le bronzage encore présent, ou peut-être à cause de lui, il avait l’air fatigué. Ses cheveux déjà poivre et sel n’arrangeaient rien. Ses yeux clairs ressortaient davantage avec le hâle mais les os de sa mâchoire saillaient, ses joues s’étaient creusées. Il avait maigri pendant ces vacances. Un pli dur était apparu à la commissure de ses lèvres. Il couvait peut-être quelque chose.


– Oui, t’avais raison, concéda-t-il. Dis, reprit-il après un silence en revenant dans la chambre, tu trouves pas que j’ai mauvaise mine ?


Hélène se redressa.


– Approche, fit-elle en levant les mains, que je t’examine de plus près.

– Ah non, t’as les doigts tout gras, merci bien !


La jeune femme avait enfin achevé son massage. Elle prit une serviette sur son chevet et s’essuya les mains.


– C’est toi qui vois. Mais t’inquiète, tu es toujours beau gosse. En plus, avec cette barbe de trois jours, on dirait un baroudeur. Très sexy ! Tiens, ajouta-t-elle en lui tendant le tube de crème et la serviette, tu veux bien poser ça sur la coiffeuse, s’il te plaît ?


Lorain s’exécuta. Le nouveau passage devant la glace entraîna un nouvel examen. Il avait vraiment une sale gueule. Comment sait-on qu’on a un cancer ?


– En tout cas, je l’ai trouvé sympa, ton collègue. Je comprends pas pourquoi tu voulais pas que je les invite.


Lorain passa la tête dans l’encadrement de la porte.


– M’étonne pas que tu l’aies trouvé sympathique, fit-il en regardant sa femme. Et Hélène par-ci, et Hélène par-là, et quelle cuisinière vous faites, et quelle chance il a, et j’ai beaucoup d’admiration pour votre métier… Un peu plus, je crois qu’il aurait fait un malaise pour que tu le ranimes.


Hélène se mit à rire.


– Le mythe de l’infirmière !

– Ben voyons. Et devant sa femme, en plus.

– Non, sérieux ? T’es jaloux ?

– Pas jaloux, grommela Lorain. Vigilant.

– C’est vrai qu’il est assez mignon, ton collègue. Un mélange de Delon pour le regard et de Clooney pour la carrure…


Hélène adorait jouer au jeu des ressemblances. Elle s’était spécialisée dans les mélanges. Lorain avait ainsi eu droit à un mix entre Brad Pitt et Robin Williams, l’un pour son physique, l’autre pour son humour, sans qu’Hélène ait jamais voulu préciser quel qualificatif revenait à chacun. Lorain avait dû s’accommoder de cette incertitude.


– J’avais déjà remarqué, reprit la jeune femme tandis que son mari se perdait en conjectures, mais entre vous, vous ne vous appelez jamais par vos prénoms, c’est drôle. C’est toujours Lorain et Solinas. Pourtant, c’est joli, Guillaume, tu trouves pas ?


Lorain haussa les épaules, il n’avait pas d’avis sur le sujet. Mais l’insistance d’Hélène commençait à le saouler.


– Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a encore ? fit Hélène.

– Mais rien, pourquoi tu dis ça ?

– Oh, je vois bien tes rides sur ton front quand tu es agacé. C’était juste pour te taquiner. Tu sais bien que je m’en fiche de ton collègue, non ?


Lorain dodelina de la tête.


– Pfff, vraiment, tu me connais mieux que ça. Non, c’est juste que j’aimerais que tu te fasses des amis. Depuis que ton pote Manille est parti, plus personne à la brigade à part Gutierrez ne trouve grâce à tes yeux.

– T’as raison, ils sont plutôt sympas, mais…

– Mais quoi ? l’interrompit Hélène. En plus, il aime le cinéma comme toi, on n’en pouvait plus de votre discussion pour savoir lequel des trois Parrain était le plus réussi.

– C’est vrai, c’est juste que…

– Quoi ?

– J’aime pas quand tu minaudes. Voilà, c’est dit. Ça me plaît pas. Je sais bien que c’est juste un jeu mais c’est comme ça. J’aime pas, j’aime pas, j’aime pas !


Hélène se mit à rire.


– Ah ben là, effectivement, c’est clair ! C’était une torture alors, pour toi, ce dîner ?

– Pas loin, gémit Lorain d’une petite voix plaintive.

– Roooh, viens là, mon ange, je vais te consoler.

– Mais ceci dit, t’avais pas tort… commença Lorain en se blottissant dans les bras de sa femme.

– À propos de quoi ? demanda Hélène.

– Madame Solinas est très jolie, lui murmura-t-il à l’oreille.

– Sale con…


Plus tard, alors que Lorain commençait à s’endormir, la voix d’Hélène s’éleva dans la nuit :


– Il y a une chose que je sais sur lui qui va te faire plaisir.

– Sur qui ? grogna Lorain.

– Ton collègue Solinas.

– Quoi encore ?

– Laurine m’a dit qu’il mettait du fond de teint.

– Quoi ?

– Il met du fond de teint.

– N’importe quoi, fit Lorain en se tournant vers le mur. Et qu’est-ce que j’en ai à battre, en plus ?

– Il met du fond de teint, je te dis, insista Hélène, mais c’est pas ça le plus drôle.


Elle donna un coup de coude à son mari.


– Dis, tu m’écoutes ?

– Hmmm.

– Il s’en sert pour couvrir une cicatrice sur sa main ou son poignet, je sais plus. Ah si, se reprit Hélène, Laurine m’a parlé du poignet. C’est bizarre, non ?


L’information mit quelques secondes à atteindre le cerveau de Lorain. Il se redressa, alluma la lampe de chevet et se tourna vers sa femme qui tentait de remonter le drap sur son visage.


– T’as dit quoi ? fit-il en l’arrêtant d’un geste.


Elle cligna des yeux.


– Ton pote met du fond de teint sur son poignet pour cacher une vieille cicatrice. Ça fait rire Laurine parce qu’elle dit que de toute façon, avec la montre, même en manches courtes, on la voit pratiquement pas, cette cicatrice. Mais apparemment, c’est une vraie idée fixe pour ton copain. Là, tu sais tout. Tu peux éteindre maintenant, s’il te plaît ?


Songeur, Lorain appuya machinalement sur l’interrupteur. Avant de rallumer quelques secondes plus tard.


– Quoi encore ? protesta Hélène.

– T’es sûre ?

– Mais enfin, si je te le dis ! Laurine m’a même raconté que l’autre jour, il a fait tout un pataquès parce qu’on l’avait filmé alors qu’il avait oublié d’en mettre.

– Filmé ? s’étonna Lorain.

– Oui, c’est ce que m’a dit Laurine. Pour un reportage sur France 3, il était furieux quand il est rentré à la maison. Tu l’imagines, ce grand gaillard, faire un scandale pour un peu de fond de teint ? En plus, il avait oublié sa montre donc sa cicatrice se voyait vraiment. T’as qu’à lui demander si tu me crois pas. Tu veux bien éteindre maintenant, s’il te plaît.

– C’est bien mon intention, murmura Lorain, les yeux plongés dans le vide. C’est bien mon intention…


-o-


Lorain ne dormit pas beaucoup cette nuit-là. Dès cinq heures du matin, il était dans la cuisine, devant son café, une première cigarette aux lèvres. Il traversa la ville endormie en éprouvant un sentiment de solitude qui n’était pas dû qu’aux rues vides de tout passant et de tout véhicule ou presque. Il avait ressassé ce que lui avait confié Hélène toute la nuit, cherchant à comprendre ce que cela signifiait. D’infimes détails surgissaient l’un après l’autre dans son esprit, le jetant en pleine confusion. La cicatrice masquée, bien sûr, mais aussi la mise en avant d’une bleusaille lors de l’interpellation de Berthier, avec le risque de bavure que ça présentait, l’homme sur la photo qui pouvait correspondre à Solinas tout autant qu’à Leclerc, les éléments bâclés de l’enquête soi-disant à cause de Landrau. Lorain commençait à se dire qu’il avait eu bon dos, Landrau, dans cette affaire. Et puis, le coup de fil reçu par Solinas juste après le repas, là encore était-ce bien sa femme ou alors Leclerc ? Leclerc qui était toujours si bien renseigné sur les activités du commissariat… Solinas s’était absenté au moins deux bonnes heures après ce coup de fil, à peu près à l’heure présumée de la mort du journaliste d’après le légiste. Ça faisait quand même beaucoup de points troublants. Lorain n’arrêtait pas de les ressasser en boucle.


Après avoir salué le planton de faction à l’entrée du commissariat, Lorain prit un nouveau café au distributeur, piqua deux sucres dans la réserve, et se rendit dans la salle d’interrogatoire. Les dossiers étaient en cours de rangement, on avait enlevé les portraits des jeunes filles du tableau. Ne restait que celui d’Olivier Dumas, comme oublié. Songeur, le policier porta le gobelet de café à ses lèvres. Le liquide brûlant et trop sucré lui fit du bien. Ne pas conclure trop vite, se dit-il, réfléchir, et fermer les portes l’une après l’autre.


Hélène avait parlé du reportage pour France 3. Lorain se souvenait de la réaction de Solinas quand ils avaient visionné ensemble le sujet. Il avait rabattu l’écran quand la caméra arrivait sur lui. Lorain reprit l’ordinateur et repassa la vidéo jusqu’à l’apparition de Solinas. On voyait le journaliste tendre son micro, sa cicatrice apparaissant nettement sur son poignet. En face, le visage de Solinas apparaissait flouté, sa main levée devant son visage aussi. S’ensuivait un mouvement de la caméra… Merde ! Lorain arrêta le film et zooma. L’espace d’un instant, tandis que le policier baissait le bras, on pouvait entrevoir une marque à l’emplacement laissé plus clair par l’absence d’une montre. Lorain resta un long moment devant l’image arrêtée. Ça n’était pas possible. La réaction de Berthier devant sa télévision ne pouvait pas être due à cette vision presque imperceptible. Non, Berthier avait dû s’arrêter sur la cicatrice bien plus visible du journaliste.


Mais la réaction de Solinas le jour du visionnage continuait d’interpeller Lorain. Ça n’était peut-être qu’une coïncidence mais le capitaine voulait en avoir le cœur net. Après quelques secondes d’hésitation, il grimpa à l’étage. Personne en vue, rien d’étonnant pour un dimanche matin. Il traversa la salle des inspecteurs et pénétra dans le bureau du commissaire. Ce dernier oubliait régulièrement de le fermer à clé. En revanche, le meuble réservé aux données sur le personnel était verrouillé. En jetant régulièrement un œil sur la salle à travers la paroi vitrée, Lorain récupéra la clé dans le premier tiroir du bureau de son boss. Il l’avait déjà remplacé quelques semaines, il savait où chercher. Vite, il ouvrit le meuble et fit défiler les dossiers suspendus jusqu’à trouver celui de Solinas. Un frisson le parcourut quand il commença de lire le cursus de son collègue. Solinas venait lui aussi de Haute-Savoie ! Il y était né et y avait fait ses armes de flic avant de partir fin 2002 pour la Réunion. Lorain fit un rapide calcul. Solinas était donc en poste en Haute-Savoie au moment des premiers meurtres. Son départ pour la Réunion pouvait expliquer l’interruption des disparitions et des meurtres et leur reprise correspondait à son arrivée sur Rouen. Après avoir pris une grande respiration, Lorain s’empressa de remettre le bureau du boss en ordre et de regagner la salle d’interrogatoire avant l’arrivée des collègues de garde ce week-end.


Il entrait dans la pièce quand son portable s’illumina sur la table. Lorain le récupéra – l’écran affichait déjà deux appels – et le porta à son oreille.


– Allô, oui. Lorain, j’écoute.

– Ah enfin ! J’ai failli abandonner. C’est Louis Servin au service réanimation. Désolé de vous réveiller, je sais qu’il est tôt, mais vous m’aviez demandé de vous prévenir quand Grégory Berthier reprendrait conscience. Voilà, c’est fait, il a dit ses premiers mots il y a...


Lorain réfléchissait en même temps que le médecin parlait. Un voyant rouge s’alluma dans son crâne. Il coupa son interlocuteur :


– Vous avez prévenu quelqu’un d’autre ?

– Quoi ? Je vous disais que…

– Docteur, est-ce que vous avez donné l’info à quelqu’un d’autre ?

– Euh… ben oui, fit le docteur d’un ton dépité. Comme vous répondiez pas, j’ai prévenu votre collègue comme vous m’aviez demandé.

– Le capitaine Solinas ?

– Oui, j’avais noté vos deux numéros. C’était pas ce que… ?

– Si, si, l’interrompit à nouveau Lorain dont le pouls s’accélérait. Dites docteur, je vais avoir besoin de vous. Écoutez-moi bien, je n’ai pas beaucoup de temps et c’est très important. La vie de votre patient est en jeu, vous m’entendez ?


-o-


Après avoir coupé la communication avec le médecin, le policier se précipita au CHU. Le bâtiment semblait endormi en ce dimanche matin. Il franchit le hall d’entrée désert et se dirigea rapidement vers le service de réanimation. La chambre du gamin se trouvait à gauche au bout du couloir. Il fallait faire vite. La surveillance de sa chambre d’hôpital avait été levée dès que Berthier avait été lavé de tout soupçon. Plus aucune raison de le garder à l’œil. C’était désormais le boulot exclusif des médecins. Pourvu qu’il arrive à temps. Il passa devant le bureau des infirmières. Personne. Le capitaine ressentit une impression étrange, comme si les locaux avaient été brusquement abandonnés suite à une catastrophe quelconque… Seuls quelques éclats de voix lointains témoignaient d’un reste de vie, mais bizarrement, leur éloignement rendait presque irréel et surtout inquiétant le calme de cette partie de l’hôpital. La main crispée sur la crosse de son arme, le flic accéléra le pas.


Arrivé devant le palier, le capitaine poussa doucement le battant de la porte tout en jetant un dernier regard dans le couloir. Aucun signe d’activité. Les voix s’étaient tues. Le silence avait décidément quelque chose d’oppressant. En retenant son souffle, le flic s’avança dans la pièce jusqu’à voir le lit. Le volet roulant presque entièrement baissé laissait passer un mince trait de lumière qui suffisait à distinguer une forme sous les draps. Soulagé, le flic expira bruyamment. Il jubilait. Sauvé ! Il lâcha son arme et s’approcha du lit. Sa main s’apprêtait à extraire un objet de sa poche quand une voix derrière lui le fit sursauter :


– Écarte-toi du lit et lève le bras, que je voie ce que tu as dans la main.


La lumière jaillit dans la pièce. Solinas s’exécuta en hochant la tête. Devant lui, ce qu’il avait pris pour Berthier n’était plus sous les néons qu’un amas grossier de traversins recouverts d’un drap.


– Lorain ! lâcha-t-il. Le Parrain, bien sûr, j’aurais dû deviner.

– Eh oui, je t’avais dit que j’étais un fan absolu. Pose ta seringue sur le lit. Doucement. Là, voilà et maintenant, joins tes mains dans le cou. Pas de bêtise. Les collègues arrivent. Voilà, très bien.


Le flic s’approcha de Solinas et lui passa rapidement les menottes avant de lui retirer son arme.


– C’est bon, tu peux te retourner.

– Comment t’as su ? demanda Solinas quand les deux hommes se firent face.

– Ma femme, figure-toi – et devant l’air étonné de Solinas – t’inquiète, on aura tout le temps de s’expliquer maintenant.


-o-


ÉPILOGUE

Trois mois plus tard


Il fallut quelques secondes au capitaine Lorain pour reconnaître le jeune homme qui traversait la salle des inspecteurs et avançait vers lui.


– Grégory Berthier ! Ça alors, mais t’as drôlement minci, dis-moi !


Le jeune homme devint rouge de fierté.


– Je vais être au top pour les tests de l’école de police.


Lorain le considéra avec attention.


– Que t’ont dit les médecins ?

– J’ai totalement récupéré depuis l’opération. Ils n’en reviennent pas. Je ne vais garder aucune séquelle. Et en plus, je suis mince !

– Félicitations jeune homme, vraiment. Vas-y, assieds-toi. Alors comme ça, tu veux toujours entrer dans la police ?

– Toujours ! s’exclama le jeune homme.

– Et ta mère, elle en pense quoi ?

– Bah, vous savez bien. Mais elle va me laisser faire, je la connais, elle râle mais elle mord pas.


Le visage de madame Berthier surgit brusquement devant les yeux de Lorain qui ne put s’empêcher de rire.


– Oh ça, j’en mettrais pas ma main à couper.


Le jeune homme se mit à rire aussi. Lorain se leva :


– Je t’offre un café ?

– Volontiers.

– On le prend à l’extérieur, ça te va ?


Quelques minutes plus tard, les deux hommes étaient attablés devant leur tasse à la terrasse d’un café.


– Tu connais ? fit Lorain en ajoutant les deux morceaux de sucre contenus dans l’emballage.

– Non, je crois pas, répondit Berthier en regardant autour de lui.

– C’est là que ton ami Olivier a reconnu Solinas.


Le jeune homme baissa la tête.


– C’était donc ça, les photos ? Je croyais que c’était Leclerc, à cause de la cicatrice.

– Ouais, on a tous cru ça au départ. Et Solinas en a profité. En fait, il connaissait Leclerc depuis l’adolescence. À l’époque, ils faisaient les cons ensemble. Rien de bien méchant, mais on pense que c’est à ce moment-là que Solinas a pris l’ascendant sur Leclerc. Après, ils sont restés plus ou moins liés. Solinas savait des choses sur le passé de son copain d’enfance. On a fini par retrouver un dossier chez lui. Le journaliste était impliqué dans une affaire non résolue : l’agression d’une jeune femme, elle s’est défendue, c’est comme ça qu’il a été blessé au poignet.

– Mais les meurtres, il n’y est vraiment pour rien ?

– Non, ça c’est bien Solinas. Il a tout avoué. Mais Leclerc avait déjà été entendu pour agression sexuelle quand il était mineur et surtout, il y avait cette autre affaire à Bordeaux. Là, c’était plus grave. Même si Leclerc avait des doutes sur le rôle de son pote dans certaines agressions, ça suffisait à Solinas pour lui mettre la pression et l’obliger à se taire. Leclerc était un faible, je pense qu’il savait ou qu’il se doutait mais qu’il a laissé faire. Je me demande même s’il n’éprouvait pas un certain plaisir à pénétrer cette part d’ombre, à y participer par procuration en quelque sorte. Mais bon, je suis pas psy hein... Et quand il a voulu réagir, c’était trop tard, Solinas a décidé de le supprimer et de lui faire endosser les meurtres.

– C’est dingue…

– Ouais, je dois reconnaître qu’on a affaire à un sacré malade. Pas mécontent qu’il soit en cage, celui-là.

– J’ai quand même une question, commença Berthier.

– Vas-y, je t’écoute.

– S’il voulait faire porter le chapeau au journaliste, moi, je viens faire quoi là-dedans ?

– Ah ça…


Lorain prit le temps d’allumer une clope et de tirer une bouffée avant de répondre :


– Solinas avait repéré le manège d’Olivier. Au départ, il ne comprenait pas pourquoi mais il n’a pas eu de mal à faire le lien avec le meurtre de sa sœur. À partir de là, c’est lui qui a pris ton ami en chasse.

– C’est pour ça que sa mère m’a dit qu’il était bizarre les derniers temps, fit Berthier.

– Exactement ! Ton pote se sentait suivi. Du coup, il a pris les devants. Il a fait deux copies des renseignements qu’il avait réunis, une qu’il comptait a priori te donner, à toi ou à la police, on ne sait pas trop. Et l’autre qu’il a planquée là où toi, son meilleur ami, tu saurais la retrouver si jamais il lui arrivait malheur.

– Pauvre Olive, murmura Berthier. Si seulement je l’avais eu au téléphone…

– Tu n’y es pour rien, fit Lorain en lui serrant l’épaule. C’est Solinas le responsable. Il croyait être tranquille, il avait récupéré la clé USB, il n’a pas pensé qu’Olivier avait pu faire deux copies. Quand il t’a vu chez les Dumas et que Leclerc l’a prévenu que tu te mettais à fouiner toi aussi, il a compris et c’est là qu’il a décidé de jouer un peu avec toi. C’est terrible à dire mais je pense vraiment que c’est ça. Il venait d’enlever la petite Mélanie, on a trouvé la cache où il la tenait prisonnière. Il s’est dit qu’il pourrait te coller son meurtre sur le dos. Un vrai dingue.


La vision de la jeune fille égorgée dans le lit hantait encore les nuits du jeune homme. Berthier frissonna malgré le soleil.


– Et t’as vraiment eu du bol, enchaîna Lorain sans prendre garde à l’émotion de son jeune voisin. Solinas avait collé un bleu en première ligne pendant l’intervention. Il espérait bien qu’il ferait une bourde. Ça s’est joué à un cheveu. Au pire, je suppose qu’il aurait appuyé lui-même sur la gâchette. Si tu étais mort à ce moment-là, personne n’aurait cherché plus loin, ça aurait été plié.


-o-


Quand Lorain franchit la porte d’entrée, la musique lui agressa les oreilles.


– C’est moi, chérie. Vous êtes où ? C’est quoi ce bordel ? lança-t-il.

– Qu’est-ce que tu dis ? Je t’entends mal, cria Hélène.


Tu m’étonnes, murmura Lorain pour lui-même en se débarrassant de son arme.


– On est dans la salle de bains, continua Hélène. Tu veux bien baisser la musique en passant s’il te plaît ?


Plutôt deux fois qu’une. Lorain s’avança dans le salon et tourna le volume de la chaîne avant de rejoindre Hélène et Jérôme. Celui-ci barbotait dans la baignoire à demi remplie en faisant des « teuf-teuf-teuf », un bateau en plastique dans chaque main. Tout en le surveillant, Hélène finissait de se maquiller devant le miroir. Elle était magnifique.


– Qu’est-ce qu’il se passe ? On sort ? demanda Lorain.

– Oui, j’ai prévenu Corinne, elle va pas tarder. Tu as juste le temps de te doucher.

– Je l’aime pas, Corinne, lança Jérôme en frappant la main dans l’eau.

– On va où ?

– J’ai réservé à l’Espiguette. Jérôme, ajouta la jeune femme à l’attention de leur fils, arrête d’éclabousser partout. Elle est très gentille, Corinne.

– Hmmm ! En quel honneur ?


L’Espiguette était un petit restaurant au look et à l’ambiance brasserie des années cinquante, tables bistrot, nappes à carreaux rouges et blancs, cuisine familiale. C’était le lieu de leur première sortie en amoureux et depuis, le couple y allait régulièrement. Hélène sourit à Lorain dans la glace. Sa réponse le déconcerta :


– Regarde dans la poubelle.

– Dans la poubelle ? T’es sûre ?


Hélène savourait son effet.


– Vas-y, je te dis.


Perplexe, Lorain appuya du pied sur le mécanisme d’ouverture. Il se pencha. Aperçut une boîte rectangulaire dont le premier mot suffit à lui faire comprendre. Test. Il releva la tête, rencontra le regard de sa femme. Si lumineux qu’il n’eut pas besoin de poser la question.


Le couple s’embrassa tandis que Jérôme échangeait ses « teuf-teuf » contre des « ouh-ouh ». Au salon, la radio locale interrompit son programme musical pour un flash info spécial. Un prévenu avait profité d’un transfert chez le juge d’instruction pour s’évader. Selon les premières informations, il s’agissait d’un ancien policier soupçonné du viol et du meurtre de plusieurs adolescentes.


-ooo-



 
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   SQUEEN   
1/7/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
3ième chapitre
Trop d’indications au lecteur, trop de répétitions à mon sens.
… « Madame Berthier, la mère de ce pauvre Grégory. »… Pas très crédible…Madame Berthier est vraiment très caricaturale, un peu d’étrangeté ou de complexité lui donnerait de la profondeur.
Un détail
:… « Hélène sortit la barquette, l’approcha de son nez pour la sentir, mouais, bof, ça devrait aller, »… Un plat congelé a vraiment très très peu d’odeur.

4ième chapitre
… « Lorain connaissait la crainte qu’on attribuait autrefois à certains peuples d’Afrique vis-à-vis des appareils photo. Il s’était d’ailleurs souvent demandé s’il ne fallait pas voir dans la bienveillance amusée qui accompagnait généralement ce type de récit des considérations racistes, même inconscientes. »… Bizarre, incongru, Lorain ne nous a pas habitué à ce genre de réflexions.

… « Lorain soupira longuement, le visage de Jérôme s’imposa à lui, le fixant avec cet air indéchiffrable où Lorain croyait pourtant déceler une sorte de compassion pour la lâcheté de son jeune frère. »… J’ai dû relire pour comprendre cette phrase.

Cliffhanger ici est un poncif du genre : le flic qui trouve que tout à été résolu trop facilement…

5ième
Le début est un peu inutile intrusion du quotidien de Lorain ça n’amène rien surtoutn'apporte pas de profondeur aux personnages. Pour introduire l’anecdote du fond de teint, c’est un peu long.

… « – Comment t’as su ? demanda Solinas quand les deux hommes se firent face.
– Ma femme, figure-toi – et devant l’air étonné de Solinas – t’inquiète, on aura tout le temps de s’expliquer maintenant. »… Peut-être aurait-on attendu un peu d’originalité, une manière un peu décalée de traiter ce poncif du genre.

… « Je me demande même s’il n’éprouvait pas un certain plaisir à pénétrer cette part d’ombre, »… langage de dialogue peu crédible, peu cohérent avec le reste à mon sens.



Le côté structure de l’intrigue est bon, suspens et cliffhanger fonctionnent, j’ai toujours eu envie de connaître la suite, quelques fausses pistes mais pas tant. J’ai trouvé le canevas trop visible, les ficelles un peu grosses que ce soit pour induire le lecteur en erreur ou pas. Les scènes de famille m’ont fait l’effet de digression, peu d’originalité dans leurs traitements, famille extrêmement normale (banale) crée peu d’empathie, on a rien à quoi s’accrocher, c’est plutôt très lisse et l’on s’attend tout de suite à ce qu’Hélène soit finalement enceinte. La vie professionnelle est mieux décrite d’après moi, vous y appliqué le même traitement mais ça fonctionne pour des relations de travail. Peut-être faudrait-il contraster un peu les deux univers au niveau du traitement formel ?
Côté adjectifs c’est plutôt austère, ça rend l’écriture sèche et un peu ennuyeuse à mon avis. L’histoire tient la route tout du long, et je l’ai lue avec plaisir, mais je pense que ce texte gagnerait à être plus contrasté, le prologue induit une ambiance que je n’ai plus retrouvé par la suite, il est très efficace, même s’il nous fait croire qu’il est l’élément fondateur de la personnalité du tueur, alors que d'autres scènes, la mort de la grand-mère, et puis les tortures d'animaux (très clichés mais pourquoi pas) contredissent cette impression et l’affadissent à postériori. Soit c’est une construction psychologique lente et fouillée, soit c’est une rupture brutale face à une scène traumatisante et révélatrice d’une personnalité déviante, vous faites les deux, mais pas à fond, la personnalité du psychopathe n’est pas très cernée, à peine ébauchée. Car être témoin d'inceste ne devrait pas provoquer ou déclencher de la psychopathie, à moins que ce ne soit pour expliquer que l'abjection est héréditaire, je pense qu'il faudrait faire montre de plus de rigueur dans cet historique. A moins que ces scènes en italiques ne concernent les deux « méchants » ? La confusion continue un peu dans la scène de Leclerc violentant une fille dans une chambre d’hôtel, le but de cette scène est évidemment de tromper le lecteur, l’effet sur moi a été de me dire que soit vous me meniez en bateau soit vous nous offriez le coupable un peu trop facilement et sabotiez votre intrigue (manque de finesse pour les deux options), toutes ces cicatrices à tous ces poignets c’est un peu difficile à croire , peu crédible aussi que ces deux hommes aient les mêmes tendances violentes, de dominations sordides envers les femmes. Peut-être aurait-il fallu que Solinas y soit pour quelque chose dans cette blessure causant cette cicatrice similaire ? La chute malgré la résolution de l’affaire est ouverte et nous prépare à une suite.
Je pense que pour ce genre de littérature les contrastes doivent être très travaillés, il y a comme un manque de radicalité, de rigueur, ici qui empêche de se laisser tout à fait emporter.
Je me répète j’ai pris un certain pl,aisir à lire cette histoire.

   Alcirion   
1/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour toc-art,

j'ai terminé ce matin et j'ai pris un peu de recul en lisant les commentaires.

Sur la construction, le récit est efficace, j'ai pensé à un format série-télé, avec des points de focalisation différents des personnages qui se croisent, se rejoignent... Le style est sec et sans fioriture ce qui le rend efficace et sert bien le fond du récit.

Pour ce qui concerne les personnages, ils sont attendus. Il y a pas mal de petits détails (surtout dans les dialogues) qui permettent de préciser leur personnalité pour donner le stéréotype attendu (la mère de l'adolescent par exemple). Dans le même ordre idée les monologues de l'assassin sont réussis, bien écrits, mais les considérations amorales qui en découlent ne sont pas très originales.
La bonne idée, par contre, c'est que ces pensées intérieures ne correspondent pas au coupable présumé, donné en pâture au lecteur sur les premières parties.

Puisque je parlais du coupable, je pense qu'il aurait pu être mieux amené. On ne sait pas grand-chose de sa personnalité au final, il apparaît comme un personnage de second plan par rapport à Lorain et Leclerc qui sont mis en avant. J'ai sans doute cette impression parce qu'il faut le faire coller avec les monologues en principe au départ attribué au journaliste.

Pour le reste, le récit se lit très facilement, il y a un bon suspens, quelques petites pointes glauques réussis (quand Lorain se demande s'il a un cancer par exemple). Pour moi, ce qui compte avant tout dans un récit c'est la qualité de l'histoire et là ça se tient très bien.

Petit bémol sur les anecdotes "sentimental/romanesque" de la vie privée de Lorain qui font un peu artificielles.

Voilà, pas facile de faire lire un roman sur Oniris, j'espère que tu construiras un petit succès sur la durée.

A une prochaine fois !

   Brume   
2/7/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
Après lecture de ce chapitre j'avoue m'être trompée sur le meurtre de Mélanie au chapitre 3. Encore une fois je suis allée trop vite dans mes interprétations. Mais je reste dans l'idée que les policiers auraient dû interroger la mère. Bref.

Je n'ai rien trouvé à dire sur le chapitre 4. Trop banal.

Le chapitre 5 est décevant pour ma part. J'aurai aimé entendre l'interrogatoire de Solinas, cela aurait apporté plus d'intensité à l'histoire.

Mais une chose est sûre, la révélation de l'identité du tueur est pour moi assez surprenante.

Le tueur qui s'évade pendant son transfert est un cliché de plus.

   vb   
2/7/2018
Re-bonjour Toc,

Comme toujours les dialogues entre Hélène et Lorain m'ennuient.

"cicatrice sur sa main ou son poignet" Je suis peut-être un peu benêt mais je ne l'avais pas vu du tout venir. Solinas ne faisait pas du tout partie de la liste des suspects. Peut-être aurais-je dû mieux lire? De mon point de vue, il s'agit donc d'une déception. Dans un roman policier, je trouve que le lecteur doit avoir toujours suffisamment d'indices pour découvrir le coupable par lui-même et Solinas, n'ayant pratiquement pas été décrit, n'ayant aucun mobile, il ne m'apparaissait pas comme suspect. Mais bon tout ça n'est pas un défaut d'écriture, c'est juste peut-être un manque de subtilité de ma part.

"Il lâcha son arme" Qui? Dans le paragraphe qui précède, on parle d'un policier, d'un capitaine. J'imaginais Lorain. Mais c'est Solinas qui s'éxécute quand une voix derrière lui (celle de Lorain) lui donne un ordre. S'il s'agissait d'un film et si la camera filmait uniquement un personnage vu de dos et si Lorain et Solinas avait la même carrure, coiffure, ça pourrait marcher ; mais ici je trouve que ça ne marche pas ou alors je ne comprends rien. Question: est-ce que Solinas est lui aussi capitaine?

"L'Espiguette" La description du restaurant est, à mon avis, de trop.

"Test" Oui, c'est bien le paragraphe final que j'avais prévu. Je trouve ça cliché.

"Flash info spécial" Comme Tintin, Lorain écoute les infos et hop juste la nouvelle qui l'intéresse.

   plumette   
2/7/2018
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour Toc-art

je suis perturbée par ce dénouement car Solinas déboule comme le troisième homme sans aucun signe avant-coureur me semble-t-il.

Je trouve aussi que le démarrage du chapitre avec ces dialogues entre Hélène et Lorain manque d'intérêt. Une ruse de l'auteur pour perdre encore un peu plus le lecteur, ou un petit tour de chauffe pour amener cette histoire de fond de teint?
Au plan psychologique, je ne vois pas trop deux femmes ne se connaissant pas 3 heures avant se faire ce genre de confidences dont l'intérêt intrinsèque est assez limité. mais il fallait bien trouver quelque chose pour l'intrigue.


Et on a perdu en route le prof de droit. A force de pistes brouillées, la lectrice que je suis s'est sentie un peu flouée.
Pour moi, le suspense ne doit pas aboutir à un rebondissement final sorti de nulle part mais plutôt à un resserrage des hypothèses vers une solution qui était en filigrane dans les chapitres précédents.

Le récit coule toujours de manière plus qu'agréable.

A la première lecture, j'ai eu du mal à bien comprendre la scène ou Lorain et Solinas se retrouve dans la chambre de Berthier car je croyais que "le flic" qui ouvre la séquence était Lorain et c'est dans un second temps que j'ai réalisé votre choix de nous perdre jusqu'au bout!

je serais un peu moins favorable à ce chapitre, le plus difficile assurément!


PLumette

   Donaldo75   
2/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour toc-art,

Alors là, je ne l'ai pas vue venir ! Solinas !

Ce chapitre est plus court que les autres. L'intrigue tient la route au niveau logique; par contre, la narration du passage où Solinas se fait prendre en flagrant délit de tentative d'assassinat sur Gregory Berthier utilise une ficelle un peu grosse, celle où le mot "capitaine" entretient la confusion entre Lorain et Solinas. A la première lecture, j'ai cru que j'avais lu trop vite, puis après relecture je me suis rendu compte du procédé.

Pour revenir à une de mes remarques sur un chapitre précédent, à savoir la présence trop forte de la vie familiale de Lorain dans le récit, ce chapitre explique pourquoi tu as insisté sur ce point; donner l'indice à Hélène pour qu'elle le transmette, sans le savoir, à Lorain lors d'une de ces scènes de famille légitime l'ensemble, même si je trouve le procédé tiré par les cheveux.

Bref, j'ai bien aimé cette nouvelle.

Merci,

Donaldo

   Jean-Claude   
8/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour toc-art,

Le conclusion, enfin. Un peu rapide.

L'épilogue éclaire effectivement des points que j'ai relevés. Toutefois, je trouve les ellipses un peu trop fortes (personnellement, ça ne m'a pas vraiment gêné, mais c'est le genre de correction qu'on a demandé de faire et auxquelles je suis devenu attentif).

Je maintiens toutefois qu'il faut expliquer les choix de Greg (pourquoi il n'appelle pas Lorain...).

L'implication de Landrau n'est pas assez développée. Et on reste en plan sur l'intrigue secondaire.

Le point fort, alors qu'au début j'en doutais, est le journal fictif de l'appropriation par le journaliste. Et par extension la relation trouble avec Solinas.

J'ai une question. Comment écris-tu ? Tes scènes sont très découpées, très visuelles, un peu comme des scènes de théâtre ou de film. Ces scènes sont parfois très séparées.
Je note au passage qu'on aborde souvent les éléments de manière indirecte (comme la discussion sur le dîner...).

J'ai aimé et je pense qu'il y a de la matière pour en faire un plus gros roman.

JC

PS pour la découverte, je réponds sur le fil


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