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Humour/Détente
aldenor : Bristol - Ouzai
 Publié le 24/02/12  -  9 commentaires  -  12181 caractères  -  93 lectures    Autres textes du même auteur

Essai d’écriture au pas de course.


Bristol - Ouzai


Je traverse le hall de l’immeuble d’une bonne foulée en admirant mes baskets neuves ; les semelles fonctionnent comme des ressorts, s’aplatissant au contact des dalles et gonflant en quittant le sol. Tout à coup, je ne vois plus de dalles, mes baskets flottent dans le vide par-dessus les marches de l’entrée. En contrebas, sur mon point de chute, le concierge de l’immeuble et le groom de l’hôtel Bristol voisin ont disposé leur tablier de trictrac. Battant frénétiquement des jambes à la manière des sauteurs en longueur, j’évite de m’écraser sur le trictrac les pieds en avant, mais tombe assis pile dessus.


Quand je me lève précautionneusement, le groom qui avait un jeu favorable se penche pour voir ce qu’il en est advenu ; c’est une irrémédiable catastrophe, les dames sont toutes éparpillées hors des cases.


– Monsieur Sinalco fait du sport ! Bravo ! me félicite le concierge.


Je fais du sport, oui, mais ce n’est qu’accessoirement. En réalité, j’expérimente la corrélation entre le fonctionnement de la pensée et l’activité du corps.


Je suis déjà parvenu à certaines conclusions ; principalement que le degré de conscience de soi est fonction de la mollesse ou de la fermeté du corps. Ainsi les pensées de l’homme couché viennent sans être sollicitées, directement de l’inconscient. L’assis-mou se perd dans des songeries, fugitivement conscient du thème général de sa réflexion mais sans aucune emprise sur l’enchaînement de ses idées, tandis que l’assis-dur, sur une chaise rigide, a l’esprit clair et méthodique, pleinement conscient de lui-même et maître de ses idées et que l’assis-hiératique, sphinx ou fakir sur une planche de clous, a même conscience d’avoir conscience de son existence.


La pensée en mouvement ouvre de nouveaux horizons : marcher aiguise la conscience de la nature ; nager participe de l’eau, donnant lieu à une pensée panthéiste, consciente de l’univers. Courir, je m’apprête à en découvrir les effets.


Cependant le ton monte entre les joueurs de trictrac ; le groom réclame que la partie soit comptabilisée en sa faveur. Je tente de m’éclipser discrètement, mais mes baskets paraissent avoir perdu leurs vertus bondissantes : je me sens lesté au sol.


– Votre lacet est défait monsieur Sinalco… Vous posez le pied dessus.


*


Plam, plam, plam. Mon pas résonne comme un tam-tam sur le macadam de la rue Madame Curie, tranquille et luisante de rosée.


La rue Curie va en ligne droite de l’hôtel Bristol jusqu’au bord de mer sur un parcours ombragé, idéal pour le jogging. L’ennui c’est qu’au début elle monte. On ne le ressent qu’en courant. Du moins le joggeur peu averti que je suis le ressent-il en courant. Une douleur se réveille dans mes mollets, mes jambes flageolent, plam, plam… plom… pom… puis s’arrêtent toutes seules. Le groom et le concierge m’ont probablement encore dans leur champs de vision, tant est réduite la distance parcourue. Pour les bluffer, je continue d’activer le haut du corps, roulant seulement les épaules et actionnant les bras ; une forme de jogging immobile.


*


Plom, plom, plom. Je repars d’une foulée plus circonspecte, pour atteindre le plat de Koreytem et ses élégants nouveaux buildings. Quel admirable mécanisme, le mouvement de l’homme ! L’impulsion que procure l’ingénieux système d’articulation du genou et de la cheville ; l’équilibre, la stabilité, qu’engendre la symétrie du corps… Si on m’avait confié à moi la création, je n’aurais jamais pensé à ces raffinements, mon homme eût été une masse informe ; il se serait déplacé en se mettant en boule et en faisant la roue. Pensée en tournant, transe des derviches, conscience des esprits.


Des soldats en faction devant la villa Hariri se tiennent debout, à l’arrêt : posture contre-nature et improductive. Le debout-stationnaire est forcément rigide – le debout-mou est inconcevable, le corps tomberait ou chercherait un appui et ne serait plus vraiment debout – et pourtant peu propice à la réflexion ; autrement sphinx et fakirs l’auraient adopté. C’est que l’homme se met debout pour bouger et non pas pour rester sur place.


Plam, taplam, cataplam. Au-delà des jardins du Collège Protestant la route descend à pic vers l’ambassade saoudienne. J’accélère sans effort, inattentif à ma vitesse croissante. Les gardiens de l’ambassade me voient, cataplam, cataplam, arriver en flèche. En fait, si je vais à si vive allure c’est que j’ai peine à me freiner, tant la route devient pentue. À cet instant critique, ma pensée constate que pour le joggeur non averti, les pentes sont traîtresses dans les deux sens et se demande si l’homme-boule ne serait pas mieux loti avec une Terre plate, idée peut-être féconde, toujours est-il que si je continue d’aller si vite je vais défoncer la barricade en métal cerclée de fil barbelé qui entoure l’ambassade, c’est impensable qu’un système de freinage instantané du corps humain en pleine course ne soit pas prévuuuuuuu...


*


Le terrain s’aplanit au-delà de l’ambassade.


Plam, plam, plam. Je débouche sur la corniche de Raouché au niveau de la grotte aux pigeons. Des voitures de luxe sont rangées de biais devant le Petit Café d’où sortent des fêtards et l’odeur mielleuse du narguilé. Je slalome à travers le groupe abruti par le divertissement, Blaise Pascal en baskets rouges et short vert.


Des mouettes tournoient sur la falaise, dite des suicidés. Voilà une autre expérience à mener : la pensée en plein vol. En l’occurrence, ça risquerait d’être bref.


Un joggeur arrive d’une foulée souple et rythmée en sens opposé sur mon trottoir ; un grand gaillard athlétique avec casque à écouteurs et chronomètre, ou altimètre, je ne sais pas, un quelconque instrument de mesure sur l’avant-bras. On va tout droit l’un vers l’autre au milieu du trottoir. Il ne semble pas me voir. Difficile à dire avec ses lunettes teintées, c’est son port de tête majestueux qui m’en donne l’impression. Force m’est de constater que ma manière de courir n’est pas pareille à celle de ce type. Comme dans l’assis, il y a des nuances : jogger-mou ou jogger-ferme. Ma pensée ne peut pas avoir l’élévation de la sienne. Je décale mon corps de sauterelle famélique pour lui céder le passage.


Il se décale aussi, au même moment ! Je lui suis donc après tout visible à partir de sa stratosphère, mais seuls quelques mètres nous séparent à présent et nous allons de nouveau droit l’un vers l’autre. Il faut réagir rapidement. Je choisis la trajectoire la plus improbable, me déportant complètement sur la bordure du trottoir. Il a la même idée. Nos deux logiques entrent dans une collision honteuse et ridicule sur un trottoir désert large de six mètres. Je me répands en plates excuses en ramassant une dent qui a roulé dans le caniveau. Il tapote sur son manomètre ou tensiomètre qui paraît s’être enrayé.


*


Plam, plam, plam… Le Moevenpick est en vue.


Les dentistes prennent-ils en considération l’espérance de vie de leurs patients en dosant la durabilité des dents reconstruites ? La vie est comme une bouteille. Si elle n’est pas vide en partant, on a des regrets. Encore que les suicidés de Raouché choisissent de balancer les leurs toutes pleines à la mer.


L’évaluation de la vie n’est pas uniforme, mais si on demandait à ceux qui partent de la noter on aurait une moyenne générale : la vie vaudrait cinq, six, je ne sais combien, sur dix. Et puis on raffinerait : moyenne par contrée, par époque, étude des tendances, par sexe, par groupes ethniques, par groupes d’âge. Évaluer la vie, ça revient à témoigner. Je me suis trouvé ici-bas, j’ai observé, j’ai noté.


Sur le bas-côté de la corniche, une piste descend vers la mer, entre les roseaux. Je m’y aventure. Un pittoresque vieux port de pêcheurs paraît à un détour de chemin, abrité dans une étroite crique. Je lâche successivement un rot et un pet, frappé par la poésie de l’endroit. Courir dégage. Par opposition aux pensées tranquillement ficelées de l’écrivain assis, la pensée en courant, attentive au rythme du souffle, aux martèlements des pieds, à l’effort, à la fatigue, à la sueur dégoulinante, éveille la conscience du corps…


Je décampe, pourchassé par une meute de chiens errants.


Ramlet el-baida. Sable blanc, bordé de gratte-ciel.


Papam, papam. Les particularités de la pensée en mouvement, à quatre pattes, sont difficiles à cerner pour un bipède. Pour regarder devant moi je dois me tordre le cou, qui n’est pas dans le prolongement de mes membres avant comme il l’est chez les quadrupèdes. Sans compter que les rugosités du sol râpent les genoux.


*


Plam, plam, plam. Courir n’est pas marcher rapidement. Le marcheur a constamment un pied qui touche terre, et un seul d’ailleurs : un pied se soulève au moment même où l’autre se pose. Par définition, le coureur a les deux pieds en l’air entre chaque enjambée. Courir répond à un besoin d’apesanteur. Le joggeur-mou ne le perçoit pas immédiatement et s’attarde à une conscience élémentaire du corps, mais le marathonien des hauts plateaux du Kenya a dépassé ce cap, il a de son corps une conscience maîtrisée ; ses pensées flottent sereinement.


*


Après le Coral beach, le trottoir s’arrête ! Le décor change sans transition des beaux quartiers à la banlieue misérable d’Ouzai. Plam, plam, plam. J’ai la fâcheuse impression de m’être égaré hors circuit quand le pas d’un autre joggeur dans mon dos me rassure.


Plac, plac, plac. Le pas se rapproche. À l’oreille, il porte des chaussures de course à clous. Il arrive à ma hauteur ; je baisse la tête pour l’apercevoir. C’est un enfant joggeur… Ah non, c’est un miséreux : il est tout déguenillé et unijambiste avec des béquilles !


Plamplac, plamplac, nos deux foulées associées font un sacré boucan. Il me demande pourquoi je cours. Je lui explique que j’expérimente la pensée en courant ; que courir éveille la conscience du corps. Lui ne ressent pas la même chose, il a conscience de son corps en permanence, même au repos ; s’il court c’est généralement pour s’enfuir, il n’a conscience que de ceux qui le poursuivent, comme c’est d’ailleurs maintenant le cas. Je me retourne ; en effet une dame gesticule et appelle à l’aide, plantée là où s’arrête le trottoir, comme sur un quai de port, tandis que s’éloigne son sac.


J’admets que l’on puisse appréhender le monde différemment sur des béquilles ; cela n’empêche l’évidence d’une corrélation entre les expressions du corps et celles de l’esprit dans la conscience de soi et du monde. Cette conception l’intéresse, il aimerait en savoir plus long ; tout en faisant le tri dans le sac de la dame, il me demande dans quelle posture il faut se mettre pour avoir la conscience des autres. Les autres ? Les autres font partie du monde extérieur, je préconise donc la marche, de préférence à la campagne. Mais non, il veut dire d’autres consciences, pas des autres comme des arbres. La conscience d’autres consciences.


Cataplamplac, cataplamplac, cet enfant est un artiste des béquilles, je suis contraint d’accélérer pour me mettre à son pas, nous fendons Ouzai à grande vitesse, frisant l’état d’apesanteur. Il empoche une liasse et jette le sac.


La conscience d’autres consciences n’entre pas en jeu dans ma problématique. J’essaye une comparaison pour le lui expliquer : il est au cinéma, il tâche d’évaluer le film ; les seules variables à prendre en considération sont les images qui défilent et son regard sur elles ; l’autre spectateur est embarqué comme lui dans ce cinéma mais il n’a aucune portée sur sa compréhension et son appréciation du film.


Il abhorre ma comparaison. Selon lui il n’y a rien à évaluer ; nous sommes acteurs et non pas spectateurs et de toutes manières il n’a jamais été au cinéma.


Des sirènes de voitures de police retentissent. L’enfant unijambiste presse encore l’allure, ses béquilles effleurent à peine le sol : carataplampssslac, carataplampssslac… plom… pom, je m’arrête, à bout de forces. Il entre seul dans la catégorie suprême, le sprint, l’osmose de la pensée et du corps, quand la pensée devient vitesse pure.



Beyrouth, janvier 2012.



 
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   socque   
29/1/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Joli ! J'ai aimé ce ton désinvolte, gentiment ironique, le regard porté sur soi et les autres... Bon, je ne dirai pas que le sujet me passionne ; j'ai un peu de mal avec l'"épopée du quotidien", mais "la philosophie du quotidien" me paraît déjà nettement plus agréable, surtout présentée de cette manière lucide et tolérante à la fois.

Deux phrases que j'ai particulièrement appréciées :
"Je slalome à travers le groupe abruti par le divertissement, Blaise Pascal en baskets rouges et short vert."
"Je lâche successivement un rot et un pet, frappé par la poésie de l’endroit."

   matcauth   
1/2/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Une nouvelle complexe à l'apparente simplicité, bien écrite, grâce à une plume souple et élancée. Hermétique, peut-être?


à travers cette nouvelle s'expriment plein de choses et, j'avoue, j'ai du mal à la situer, à ME situer : est-ce un essai philosophique, un conte pour enfant, un voyage initiatique, un essai de nouvelles baskets?

c'est là l'intérêt, (où le manque d'intérêt, pour certains) de cette histoire : elle ne paie pas de mine et pourtant elle "explore" différentes choses : des pensées que vous avez eu, que NOUS avons eues dans les moments les plus banals de notre vie, ces gestes que nous accomplissons en permanence. J'aime à savoir que vous avez par instant pensé: tiens! je suis assis ! comment je me sens? comment me voit-on?

Je suis donc séduit par l'idée que vous voulez transmettre (si je ne me suis pas complétement planté) : quelle attitude avons-nous? que veut-elle dire? commet percer cette coquille que les autres ont autour d'eux?

J'en reviens au début : c'est bien un essai philosophique... à la portée des ignorants.

   Lunar-K   
3/2/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

J'ai beaucoup aimé ce texte, plein d'humour et de légèreté. Une façon très originale d'aborder la fameuse question des rapports entre corps et esprit... Ça me rappelle cette célèbre anecdote qui voudrait que, pour prouver la possibilité du mouvement à Zénon d'Elée, Diogène de Sinope aurait simplement marché devant lui... La preuve par l'exemple contre tous les raisonnements et toutes les dialectiques du monde... Et même s'il ne s'agit pas ici de démontrer le mouvement mais de montrer l'influence du corps, de sa position et de son mouvement sur l'activité de l'esprit, je trouve la démarche tout à fait comparable, aussi drôle et intelligente, ironique. Bref, une manière de ramener la philosophie et son rationalisme débridé au fondement empirique de toute pensée et de toute métaphysique. Il y a là-dedans, je pense, un mouvement tout à fait "salvateur" qu'il est toujours bon, même (et surtout) sous forme humoristique, de rappeler...

J'ai également beaucoup aimé le personnage du miséreux qui apporte quelque chose de très important au récit je trouve, en tant qu'il vient bouleverser le cartésianisme très marqué du narrateur, lequel n'envisage jamais que le rapport entre l'esprit et le corps, c'est-à-dire le simple rapport sujet-objet qui est un rapport de pure extériorité. Voilà que se pose la question de la relation sujet-sujet, l'intersubjectivité qui est interpénétration ou intériorité de l'un dans l'autre : comment avoir conscience d'autrui comme conscience, c'est-à-dire comme intériorité ?... A cet égard, quant à ce rapport entre conscience, ce rapport social qui paraît bien être proprement humain, le recours au corps semble bien être une impasse (ce n'est pas, il me semble, parce qu'il fuit que l'unijambiste à conscience de ses poursuivants en tant que conscients eux-mêmes)... Pas de réponse ni même d'ébauche de réponse ici, mais la question a au moins ce mérite d'être posée. Ce sera peut-être pour un prochain texte ?...

Concernant la forme et l'écriture, je suis tout aussi emballé. Une écriture bondissante et désinvolte (mais toujours alerte) qui correspond finalement et participe pour beaucoup à l'ironie du fond et à la réflexion du narrateur. De nombreux bons mots, de nombreuses petites phrases lâchées ci et là qui font mouches. C'est vraiment très plaisant à lire, fort amusant. Je retiens tout particulièrement ce : "Je lâche successivement un rot et un pet, frappé par la poésie de l’endroit"... ^^

Bref, j'ai vraiment beaucoup aimé ce texte, drôle et intelligent à la fois. Assez mordant même sous ses (faux) airs de légèreté.

Merci à vous et bonne continuation !

   David   
24/2/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Aldenor,

Ça doit être cela que l'on nomme "pince sans rire", la façon dont est narrée cette histoire. Il y a une belle progression, je l'ai vu dans la façon dont le lieu se présente peu à peu, cette course au Liban d'un joggeur. C'est surtout complétement farfelu, il ne se passe aucune intrigue en fait, mais l'intérêt est venu pour moi de la succession des personnages, des différents paysages, jusqu'à cette enfant misérable et handicapé, dernière rencontre du héros manifestement aisé et en bonne santé.

L'humour est aussi dans la...vanité ou vacuité, un peu les deux, de la réflexion. Le décor choisi, Liban, ambassade, etc. m'évoque une certaine violence diffuse, contrastant avec la sérénité du propos, du contexte même (il y a des barbelés quand même à un moment) C'est aussi une pensée "simple", je veux dire un homme se questionnant sur son rapport au corps, une sorte de petite philosophie personnelle, même assez perspicace (j'étais assis en lisant bien sûr et c'est le début du récit, la position assise, je me suis peut-être même sensiblement redressé inconsciemment au moment où ça décrit l'assis-mou et l'assis-dur, sans aller jusqu'à la planche à clou néanmoins:) et une pensée très structurée également, et cela aussi fait contraste avec le décor, les personnage et les évènements, plutôt anarchiques comme les déplacement en sortant de l’hôtel, ou en arrivant à l'ambassade, en croisant le joggeur, ce dernier d'apparence superficiel en plus par rapport à la sobriété ascétique ambiante...

Bref, il y a de nombreuses surprises qui font du récit une nouvelle très cohérente à elle-même, très singulière.

   jeanmarcel   
24/2/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un sujet inédit, un jogging dans Beyrouth, traité avec virtuosité.
Des thématiques discrètes mais habilement présentées jalonnent ce parcours au contexte exceptionnel.
Le lecteur amoureux de course à pied se retrouvera dans ce texte, tout comme le lecteur amateur de géopolitique ou celui mordu de philosophie.
Traiter plusieurs sujets avec autant de légèreté, de fausse désinvolture, est un exercice difficile où beaucoup d’auteurs chutent avec fracas et je salue cette réussite avec enthousiasme.
Le côté philosophie pour les nuls est fort drôle, mais la dureté du Monde réel, l’air oppressant d’un pays éternellement en guerre vient pondérer le sourire pour le transformer en rictus.
Une nouvelle originale et intelligente.

   Selenim   
24/2/2012
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Toujours très à l'aise dans l'humour et les réflexions décalées, l'auteur nous ballade le temps d'un footing. Plam, plam, plam.

Le texte, idéalement court, n'arrive pas malgré tout à éviter quelques errances, marque de fabrique de l'auteur. Cet art de la digression n'a rien d'un hasard et les passages concernés ont toujours un lien, même ténu, avec la trame. Mais cette fois-ci, j'ai eu du mal pour adhérer à ces louvoiements.

Pourtant, cette histoire est plus qu'agréable à lire. L'écriture est fluide, stylée. Elle possède un flegme accrocheur, une désinvolture contagieuse. On se laisse embarquer, happé par les foulées de M. Sinalco.

Comme souvent avec l'auteur, l'humour est souvent sujet à réflexion. Il y a cette manière de décrire et d'ausculter les évidences du quotidien qui remet en cause nos acquis et nos préjugés. Rien n'est figé, tout est en mouvement. M. Sinalco, la pensée et Beyrouth.

Selenim

   brabant   
24/2/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Aldenor,


Merci pour cette lecture divertissante, hygiénique et édifiante toute à la fois !

A un moment j'ai eu le sentiment de voir Devos courir avec votre héros, mais celui-ci le laisse bientôt à sa course en rond, c'est que la sienne n'est pas absurde et il reprend bientôt la ligne droite qui, seule est génératrice de péripéties et d'arguties exotiques.

J'ai bien aimé la remarquable étude que vous faites des onomatopées relative aux différents types de courses et de coureurs, avec leur progression.

Encore merci !

   alvinabec   
26/2/2012
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonjour,
Le style, peu varié, truffé d'expressions "déjà vues" a un peu embarassé mes deux lectures.
Le comique de situation de la scène inaugurale, aux accents de théâtre de boulevard, me semble très lourde et torpille la suite de l'histoire, ce qui est bien dommage.
J'ai eu du mal à adhérer au personnage de Mr Sinalco néophyte sportif. En ne nommant pas, par exemple, un cardiofréquencemètre, le trait est trop appuyé à mon goût et produit l'inverse de l'effet recherché.
Son errance philosophique, amusante au début du texte, finit par peser, ça manque de ressort. Se moquer de soi-même, comme le fait votre personnage, soit, mais la modestie devient ici de l'ambition à être trop soulignée.
Je terminerai par un compliment: votre chute est excellente, le petit voleur sur ses béquilles est une trouvaille bien plus fine que le début du texte, elle me semble, à elle seule, sauver l'affaire.
A vous lire...

   Bidis   
12/6/2012
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ce texte virevoltant m’a fait courir, et jubiler, et applaudir. Et puis, la chute m’a cueillie et j’ai cessé de rire : où a-t-il perdu sa jambe, le petit unijambiste ? Beyrouth m’évoque tellement la violence, les bombes... ! Alors, je suis allée lire le forum initié par cette nouvelle. Ouche ! Moi, la philosophie... Je trouvais ce texte bien intelligent, mais en fait, tout cela doit être encore plus intelligent que je n’imagine... Aussi, bon, je me contente d’apporter ici toute mon admiration.


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