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Sentimental/Romanesque
Alexan : L’absence
 Publié le 07/11/17  -  11 commentaires  -  11266 caractères  -  78 lectures    Autres textes du même auteur

Le wagon était vide ; il n’y avait qu’eux deux. Et c’était juste en face de lui qu’il avait choisi de s’asseoir.


L’absence


Vide. Le wagon était vide. Le train traversait les étendues vertes et grises de la grande banlieue parisienne, là où le béton morose, les maisons évanouies et les panneaux publicitaires laissent place à la campagne fade et parsemée de champs assez éloignés de Paris pour ne plus lui appartenir, mais encore trop loin des recoins de France où le caractère régional se déploie dans l'atmosphère comme une odeur, une âme, une signature, une personnalité, trop loin pour ressentir la sensation forte qu'offre le terroir, la sensation d'être quelque part.

Vide. Dedans comme dehors. Vide. Brice était monté dans le dernier wagon du RER à Gare-de-Lyon il y avait presque quarante-cinq minutes de cela. Et tout lui semblait vide. Le wagon, le décor, sa vie...

C'était d’ailleurs un peu pour combattre cette insignifiance oppressante qu'il avait souhaité passer une journée dans la capitale ; la Ville des Lumières, la Cité de l’Amour qui faisait rêver le monde entier. Pourtant, l'existence n'avait pas pris plus de sens que ce matin. Même la plus belle ville du monde semble banale quand on ne regarde pas à travers les bonnes lunettes.

Alors il avait voulu guérir son mal intérieur de manière extérieure. Cela marchait rarement, il le savait bien. Mais, au moins, c’était tangible. Il était allé à la FNAC Montparnasse s’acheter une PlayStation. Ça servirait pour les nuits blanches de l’hiver, s’était-il dit. Il avait choisi deux jeux : Mortal Kombat et Taken. Deux jeux de bastons violentes. Avec cela, il se sentirait un peu plus un homme. Et puis, c’était étrange, mais cette violence refoulée, cette rage capturée derrière la déprime, la peur et la lâcheté, quand il la laissait s’échapper de manière virtuelle à défaut de l’expérimenter dans le réel, il se sentait soudainement exister ; il se sentait renaître en s’autodétruisant et, enfin, vivre en détruisant.

Le RER vide continuait de filer. Le jour, qui n'avait pas vraiment réussi à rompre la grisaille de cette fin d'automne, s'en allait déjà dans la nuit sans avoir vraiment réussi à éclore ; un peu comme lui-même quand il se rendormait après avoir passé une journée sans quitter son lit.

Il se regardait dans la vitre qui lui rendait son image. Il se scrutait avec dépit. Il aurait voulu être quelqu’un d’autre. Il ne se trouvait pas beau. Il ne se trouvait aucun charme, aucune personnalité. Ah, si au moins il était imposant ! Quitte à ne pas séduire les filles, il aurait au moins aimé impressionner les garçons ! Intimider, faire peur et dissuader les éventuels agresseurs par sa carrure et son visage marqué. Mais non... il était long et maigre. Il se sentait fragile comme une feuille de saule et, même s'il approchait des dix-neuf ans, à cause de son visage immature on aurait dit qu’il traversait encore les premières années de sa puberté. De plus, il ne parvenait pas à effacer ce satané manque de confiance s'exprimant en permanence dans son regard.

Vide. Un manque de quelque chose, mais de quoi ?

Vide.

Le train s'arrêta dans une gare de plus. Un jeune homme du même âge que Brice entra. Et vint s’asseoir en face de lui. Pile en face. Le wagon était vide ; il n’y avait qu’eux deux. Et c’était juste en face de lui qu’il avait choisi de s’asseoir.

Brice lui jeta un coup d’œil spontané qui exprimait surprise et agacement, comme s’il disait : « Hé ! t’as vu la place qu’y a ! Tu peux pas te poser ailleurs ? »

Mais ce qui le choqua encore plus, c’est que le mec le fixait, avec insistance !

Détournant brusquement le regard, il chercha quelque chose à faire. Il n’avait pas de livre, pas de magazine, pas de téléphone portable, rien à regarder, rien à tripoter. Juste sa PlayStation emballée dans un grand sac FNAC qu’il gardait en dessous de son bras. Il se rongea les ongles. Regarda par la fenêtre. Il faisait nuit noire, on ne voyait rien. Ou plutôt on s’y voyait comme dans un miroir. Il s’examina. Et se trouva une expression affreuse.

Puis, dans ce même reflet, il jeta un coup d’œil discret au garçon d’en face qui toujours le fixait. Mais soudain le gars se rendit compte que Brice le surveillait via la vitre et se mit de nouveau à croiser son regard, cette fois par l’intermédiaire du miroir qu’offrait la fenêtre. Brice détourna ses yeux une nouvelle fois et baissa pathétiquement la tête. Il tremblait, suait… Il pensa descendre au prochain arrêt, mais… si l’autre le suivait ?

À présent, il essayait de toutes ses forces de ne pas le regarder à nouveau. Bien sûr, il ne le voulait pas ! Mais il y avait en lui comme une force sadique, une tentation de relever la tête et de le voir… ne serait-ce que par curiosité.

Puis tout à coup il fut pris d’orgueil. Non mais ! Il n’allait pas se laisser traumatiser ainsi ! S’il fallait se rebiffer et même se battre, après tout, hein ! Quand faut y aller, faut y aller ! Il suffisait juste d’avoir l’air sûr de soi et de dire : « Qu’est-ce qu’il y a ? Tu veux quelque chose ? On se connaît ? ». Et d’ailleurs, peut-être que ça se passerait sans problème...

Mais il n’en fit rien. Il était paralysé. Trop de conjectures passaient dans sa tête. Dans certaines il se voyait balancer par surprise un gros coup de boule sur le nez de son opposant et lui assener des coups de pied une fois à terre. Dans une autre plus rassurante il se voyait entamer une conversation et se faire un nouveau pote. Dans une autre encore il se voyait poursuivi et partir en courant dans tous les wagons jusqu’à se réfugier auprès du conducteur, et il se voyait même mourir, assassiné par ce mystérieux voyageur qui n’était rien de moins qu’un tueur en série.

Il avait à peine eu le temps de l’examiner. Il était brun, cheveux courts, de taille moyenne et de carrure normale, plutôt bien habillé comme s’il revenait d’un rendez-vous galant. En gros, il n’avait pas mauvais genre. Mais… à cette heure-là, dans un RER vide, seul avec quelqu’un qui s’assoit pile en face de vous et vous dévisage ainsi, même une mamie accompagnée d’une fillette lui aurait paru louche.

Il se demandait s’il était toujours en train de le mater. Aïe ! Ça y est, il n’avait pu s’empêcher de lui jeter un coup d’œil furtif. Et à son grand désespoir le gars ne semblait pas avoir quitté sa cible. Brice remua sur son siège, tourna la tête vers la vitre… Bing ! De nouveau ! Il jeta un regard à son oppresseur qui l’avait devancé dans le reflet. Quelle anticipation, le mec était un pro.

Brice ferma les yeux et fit mine de dormir, gardant toujours près de lui, en dessous de son bras, la PlayStation dans le sac FNAC.

Alors il se remémora ce dernier croisement de regards. Et dans la vitre, il réalisa que le mec avait comme un sourire amusé.

D’autres suppositions vinrent dans sa tête. Et si ce gars était tout simplement gay ? Peut-être que je lui plais… se dit-il. C’était déjà un peu moins effrayant, mais étant hétéro cela ne faisait pas non plus son affaire.

Tout à coup, alors qu’il faisait toujours semblant de dormir, il sentit l’odeur d’une cigarette. Il ouvrit les yeux. Le mec fumait. Il le fixait toujours et il fumait. Et avec sa clope au bec, il lui sembla qu’il ressemblait bien moins à un séducteur homo qu’à un voyou recherché par la police.


— T’en veux une ?


Ça alors, il venait de s’adresser à lui !

Brice bégaya :


— Non… heu… oui…

— Oui ou non ?


Brice eut envie de lui dire qu’il était interdit de fumer dans le train, mais il s’abstint.

Le mec reprit :


— Tu fumes ou tu fumes pas ?


Brice ne fumait pas, du moins pas des cigarettes. Mais il pensa que ce n’était pas le pire moment pour commencer à fumer.


— T’as quoi là-dedans ? demanda l’autre en désignant le sac FNAC.

— Une PlayStation.

— Ah ouais ? C’est cool ça. Moi aussi j’aime bien les jeux vidéo.


Son regard était toujours aussi bizarre et pénétrant.


— Tu la veux ? demanda soudain Brice d’une voix tremblante.

— Quoi ? sursauta l’autre.

— Tu… tu la veux ? la Play. Si tu la veux tu peux la prendre…

— T’es bizarre toi ! Tu viens d’acheter une Play et tu veux la donner au premier venu.

— Non mais… je m’en fous, c’est pas important…


C’était comme une offrande. Brice se sentait si mal à l’aise en la présence de ce gars qu’il aurait donné n’importe quoi pour être garanti qu’il ne lui ferait pas de mal. Il préférait donner sa console plutôt que de risquer de se battre pour elle. Mais il y avait plus que cela. Ce garçon, eh bien il voulait lui plaire… Il se surprenait à être en train de souhaiter le séduire. Mais ce n’était pas de l’homosexualité, non, c’était autre chose. Comme s’il voulait que ce gars l’adopte, le prenne avec lui et en fasse son disciple, son esclave.


— Garde-la ta console, j’en veux pas, elle est à toi.


Il écrasa sa clope en dessous de sa chaussure. Le train s’arrêta. Le gars ouvrit la fenêtre pour regarder dehors :


— Putain ! C’est ma gare, j’ai failli la manquer ! À la prochaine, mec, amuse-toi bien avec ta Play. Et la file pas à n’importe qui !


Il sortit avant que les portes ne se referment.

Brice resta là, complètement abasourdi. Non, aucune de toutes ses conjectures terrifiantes ne s’était produite. Mais ce qui le choquait plus que tout, c’est qu’il en restait déçu.

Sa gare était la suivante. Il sortit, les larmes aux yeux. L’endroit était désert. Il aurait voulu y trouver quelqu’un avec qui se confronter. Mais il n’y avait que lui. Tout était vide. Et il n’y avait que lui.

Il se mit à pleurer. Avec rage, il jeta le sac FNAC contenant la PlayStation qui alla s’éclater contre un tronc d’arbre.

« J’aurais encore préféré me faire tabasser ! » proféra-t-il tout haut.

Il serra les poings : « Plus jamais.... non, plus jamais... ».

Il marcha ainsi jusqu’à la maison de ses parents.


Le lendemain, quand sa mère se leva, elle le trouva en train de faire des pompes dans le jardin. Puis entre chaque série il allait donner des coups de poing dans le réverbère.

Elle l'observa par la fenêtre, anxieuse.

Le père arriva pour prendre son petit-déjeuner.


— Ça lui reprend, dit-elle.


Il jeta un coup d'œil au dehors.


— Bah ! ça lui passera, dit-il désinvolte en s’asseyant et entamant son café.


Elle le considéra avec reproche.


— Quoi ! lança-t-il, comme dérangé au milieu de son copieux petit-déjeuner.

— Tu pourrais au moins essayer de lui parler, suggéra-t-elle. Tu es son père.


Aucune réponse.

Elle continua :


— Tu n'es jamais passé par des moments comme ça, toi, dans ton adolescence ?

— Si. Et il n’y a jamais eu personne pour m'aider. Ça ne m'a pas empêché de devenir qui je suis.

— C'était une autre époque.

— Ça c'est sûr !


Il ingurgita un dernier croissant, finit son café puis se leva en resserrant sa cravate.


— J'y vais, sinon je vais être en retard, s'excusa-t-il.


Elle ne détourna pas son regard de la fenêtre. Brice continuait son défouloir avec colère.

Son père prit le temps de l'observer avec une expression qui trahissait la douleur et l'impuissance. Il enlaça sa femme et murmura d'une voix qui se voulait rassurante :


— Il apprendra, ma chérie. Il apprendra à s'accepter tel qu'il est.


Il sortit. Monta dans sa voiture et démarra. Il passa devant son fils en regardant droit devant lui.

Brice s’arrêta pour voir la voiture s'éloigner. Puis saisissant le réverbère il le mordit et hurla la bouche pleine.


 
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   Louison   
12/10/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Brice s’arrêta pour voir la voiture s'éloigner. Puis saisissant le réverbère il le mordit et hurla la bouche pleine :


Quelle fin étrange! Je reste dubitative. J'ai bien compris ce qu'avait Brice, sa déprime d'adolescent maigrichon, mais quelque chose me manque.
C'est bien écrit, mais je suis passée à côté de l'histoire.

Louison

   Asrya   
13/10/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
J'ai trouvé la situation assez intéressante.
Votre personnage qui monde dans le train, vide. Cet homme qui le rejoint et qui s'assit en face de lui, sans raison. C'est intrigant, vraiment !
On comprend ses réactions, ses pensées, on s'identifie facilement ; l'ambiance est bien rendue. On y croit.
Bon... qu'il veuille lui donner sa playstation, comme ça, spontanément, c'est un peu gros (mais ça a le mérite d'être cocasse) ; et la réaction de l'inconnu, assez drôle.
J'ai beaucoup aimé le fait qu'il s'en aille, comme ça, sans attendre quelque chose d'autre, sans que l'on comprenne pourquoi il s'était assis en face.
C'est perturbant. On peut tout imaginer.

Par contre... la fin... je n'ai pas compris.
Qu'a-t-il votre personnage ? Qu'avez-vous essayé de faire passer comme message ? Que doit-il accepter ?
Pourquoi ce défouloir ? Mordre un réverbère ? Je dois vraiment être passé à côté de ce qu'il fallait comprendre et ça m'embête.
Du coup... vous n'y êtes peut-être pour rien, mais je suis perplexe. J'avais beaucoup aimé la situation de départ, l'intrigue et j'espérais qu'il y ait quelque chose de croustillant à la fin ; s'il y a ce côté croustillant, je ne l'ai pas compris...

J'espère avoir la possibilité d'avoir des explications à ce sujet,
Au plaisir de vous lire à nouveau,
Asrya.

   vb   
16/10/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour!

J'ai bien aimé cette description psychologique du héros de cette histoire. Le paragrapphe depuis "Il se regardait..." jusqu'à "regard" m'a semblé le plus réussi. J'ai aussi bien aimé la répétition du mot vide.

Ce qui m'a par contre plutôt décu c'est la décision de Brice d'offrir la console. À l'opposé la réaction du type m'a paru cohérente. Mais à nouveau la réaction de Brice m'a semblé exagérée sans commune mesure à son déclencheur. La réaction des parents m'a paru au contraire bien observée.

J'ai donc l'impression qu'il manque quelque chose (peut-être juste un détail) qui permette de mieux comprendre le personnage de Brice à partir du moment où il offre la console. Rendre mieux logique l'apparition des "larmes aux yeux".

Au niveau du style, j'ai bien aimé le premier paragraphe comme j'apprécie toujours les description des lieux qui réflètent l'image mentale des personnages. J'aime bien "maisons évanouies". J'ai cependant trouvé la phrase qui commence par "Le train..." trop longue. Surtout à partir du "mais" car l'auteur tente de mettre le lecteur en immersion dans un paysage de province qui n'est pas celui que l'on veut décrire mais lui sert uniquement de contrepoint. La partie de la phrase sur le "terroir" devait être élaguée.
"les bonnes lunettes" Cette conclusion très peu litéraire contraste trop avec l'élan lyrique du début du paragraphe. J'ai trouvé cela décevant.
"Il se sentait renaître..." J'airais inversé "détruisant" et "autodétruisant".

   in-flight   
16/10/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Ok,
je m'attendais à une histoire fantomatique malgré la catégorie. Ensuite j'ai pensé que l'intention du texte était de délivrer un message du style "dans la vie il faut se battre pour obtenir / garder quelque chose". Au bout du compte, le final est une réflexion sur la filiation et la présence absente du père.

Deux choses me gênent malgré une lecture plaisante servie par un style sobre:

- le texte est trop court pour dévoiler pleinement le message qu'il veut transmettre: cette histoire de démission paternelle ou de reproduction d'un schéma familial arrive de façon inopportune.

- Je m'interroge tout de même sur l'aplomb et les intentions du second voyageur qui vient s'installer en face du narrateur. Troublant comme comportement.

Bravo pour l'ambiance de la première partie du texte. Le sentiment d'angoisse est bien retranscrit.

   plumette   
16/10/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
un texte que j'ai apprécié et qui m'a étonné agréablement par son économie de péripéties.
Sur Oniris, les textes d'action me paraissent avoir le vent en poupe et je me demande parfois s'il y a place pour des textes qui parlent surtout de l'intériorité des personnages.
On est dans le point de vue de Brice pendant les trois quarts du texte, jeune homme mal dans sa peau qui s'ennuie et qui désire que quelque chose lui arrive. le récit des croisements de regards et des questionnements de Brice montrent avec efficacité le mal-être de ce garçon, confirmé ensuite par ses réactions et le regard de ses parents.

je ne suis pas emballée par le titre, mais peut-être l'ai-je mal compris?
Vide et absence ne sont pas synonyme. La fin laisse supposer qu'il y a un "manque" du côté du père. peut-être le texte aurait-il pu s'appeler manque? c'est évidemment à l'auteur de savoir ce qu'il veut nous dire avec ce titre.

Plumette

   Tadiou   
16/10/2017
 a aimé ce texte 
Pas ↓
(Lu et commenté en EL)

Histoire de « folie », histoire de mal-être…

Je pourrais trouver cela intéressant avec un autre style. L’ensemble me semble scolaire, descriptif, lourd. Rien ne me touche ; je suis maintenu à la superficie. Peut-être parce que c’est du premier degré dans lequel n’intervient pas la magie de l’écriture qui transcende.

Les personnages sont trop effleurés : les parents, le passager dont on ne sait rien, le personnage principal dont on ne connaît que les manifestations ou les pensées exprimant un déséquilibre…

Ce texte me semble être un cri de douleur brut de décoffrage. Dans ce contexte littéraire, je n’accroche pas du tout.

Tadiou

   LeopoldPartisan   
18/10/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
tranche de vie, tranche de solitude effrayante et de non communication. Il y a une belle approche psychologique du personage de Brice, dans laquelle l'on se retrouve tous en regard avec notre passé, même ci cela se passait dans d'autres temps. Pour cette universalité de cette fin d'adolescence je dis bravo, car cette lecture ne m'a procurée aucune once d'ennui, ce qui est rare pour ce genre de sujet.
J'ai bien apprécié cette lecture à la fois simple mais d'une rare complexité psychologique.

   GillesP   
8/11/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Cette nouvelle m'a intrigué...et m'a laissé sur ma fin. Quel est le mal qui ronge le personnage, au final? Je n'ai pas assez d'indices pour le découvrir. La remarque du père ("il apprendra à s'accepter tel qu'il est") me fait penser que Brice refuse son homosexualité, ce qui expliquerait un peu sa déception face à cette rencontre inachevée. Cela expliquerait aussi que l'auteur ait souhaité ranger le récit dans la catégorie "sentimental/romanesque". Mais ça ne colle pas avec l'affirmation du personnage, lorsqu'on est dans ses pensées ("étant hétéro, cela ne faisait pas non plus son affaire"). Brice traverse-t-il simplement une crise existentielle comme on en vit parfois à l'adolescence, ce que semble suggérer l'insistance sur le mot "vide", dans la nouvelle? Le paysage extérieur serait dans ce cas une façon de renvoyer au vide intérieur du personnage, qui se sent mal dans sa peau, qui ne se trouve pas beau (au passage, j'ai bien aimé: "quitte à ne pas séduire les filles, il aurait au moins voulu impressionner les garçons", ce qui me ramène à ma première interprétation, à savoir une identité sexuelle mal fixée). Mais s'il s'agit d'évoquer simplement ce mal-être, ce spleen du personnage, alors je trouve sa réaction inappropriée (il jette violemment sa play station, puis, le lendemain, mord un réverbère pour expulser sa violence intérieure). Bref, les deux hypothèses que j'ai sont annulées par de petits détails...et je demeure perplexe avec mes questions.

L'écriture m'a paru correcte dans l'ensemble, mais j'y ai vu de l'application, par moments, par exemple dans la troisième phrase, que j'ai trouvée trop longue, trop chargée en adjectifs. Ce paysage qui n'appartient ni à la ville ni à la campagne aurait pu, à mon avis, être évoqué d'une manière moins alambiquée.

   Perle-Hingaud   
8/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Un texte sensible, bien construit et original. Une vraie nouvelle, selon moi: une scène particulière tirée d'une histoire que le lecteur doit comprendre, un instantané d'une vie bien identifiée avec un personnage consistant.
J'ai aimé le récit très visuel et toutes ces choses suggérées, que l'on devine - ou pas. Personnellement, j'étais partie sur une autre piste du mal-être de cet adolescent, mais peu importe, en fait.

La chute est bien trouvée. Elle ne "dit" pas mais "montre" la frustration et la colère. Je n'aurais cependant pas choisi un lampadaire (son orthodontiste serait furieux !), plutôt, je ne sais pas, un arbre ? :)
Merci pour cette lecture

   hersen   
8/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une histoire douloureuse de l'adolescence.
J'ai aimé la manière dont l'auteur rajoute ses petites touches, notamment par les pensées de l'adolescent. Un garçon perdu dans la solitude au point de préférer une bonne baston, pour se sentir vivant. La façon pitoyable dont il offre sa PS dit très bien sa détresse.

Le second voyageur est un personnage habile de la part de l'auteur, il a une présence sans en avoir une, tout en représentant ce que l'autre aimerait être, finalement.

Je ne suis pas tout à fait sûre de la fin, je n'ai pas vraiment l'impression que la difficulté de cet adolescent à vivre vienne exclusivement du comportement du père, même si elle y contribue. Mais si c'est le cas, cela dit sans doute l'impuissance à aider bien qu'il ait vécu les mêmes épreuves.

Merci de cette lecture.

   Pistache   
12/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une vraie nouvelle qui dépasse le terre-à-terre des trains de banlieue pour gagner une atmosphère de plus en plus étouffante avant de plonger dans les affres de l'intime. La scène mettant en avant les parents est poignante tant elle est pudique dans son effet et fort dans le récit de l'incompréhension des personnages. On bascule progressivement dans une fissure psychologique intense: la fin est proche d'une séquence tirée d'un film de David Lynch. Bravo à l'auteur!


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