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Sentimental/Romanesque
Alice : Les bateaux en papier
 Publié le 26/12/14  -  14 commentaires  -  8751 caractères  -  280 lectures    Autres textes du même auteur

Elle est comme ça, Angélique. Folle.


Les bateaux en papier


Angélique, c’est la folle du village. C’est mon grand-père qui l’a déclaré par-dessous sa moustache et par-dessus son whisky. Il a toussé les mots dans les yeux de mon père qui est aussi son fils, mon père a cillé et les mots qui s’étaient cramponnés à ses cils se sont éparpillés en poussière dans la pièce, dans la maison, dans le rang, dans le village.

À la campagne, on respire de la poussière tous les jours. De la poussière de terre ou de la poussière de mots, on ne fait pas la différence et on s’en met partout, et les mères la commentent plus qu’elles ne la lavent quand on rentre. La poussière de mots disait qu’Angélique était la folle du village : toutes les mères l’ont frottée et toutes les mères l’ont commentée avec la poussière du fossé.

La poussière de mots, ça crée ce que ça raconte : depuis le jour où des enfants sont rentrés avec l’Angélique folle en poussière sur le nez, Angélique, c’est la folle du village.

Elle l’est quand elle marche en faisant rouler les cailloux sous son pied avant de le poser, elle l’est quand elle affirme que les fourmis ont un goût acidulé, elle l’est quand elle essaie d’apprivoiser la vieille corneille qui se déplume d’année en année au fond du champ d’orge.

Elle est comme ça, Angélique. Folle.


Un jour, l’enseignante nous demande de nous mettre en équipe pour écrire une nouvelle à deux. Angélique m’aime bien parce que je suis le seul à ne pas ciller lorsqu’elle me regarde dans les yeux : elle se place près de moi et attend que je lui offre une feuille de papier. Les feuilles de papier d’Angélique, elle ne les sort jamais en classe. Les feuilles de papier d’Angélique deviennent toutes, toutes sans exception, des bateaux dans l’eau du fossé, des bateaux lignés que les parents se relaient pour ramasser avant le gros tuyau des égouts. Des bateaux. Rien d’autre. Des ancres, ça elle ne fait pas.

Je lui donne une feuille sans discuter. Il faudrait s’entendre sur une histoire, mais je crois qu’on s’en fiche tous les deux. On écrit. Moi sur deux pages, elle sur deux lignes.

Angélique me dit avec sa voix ennuagée que sa partie va au tout début. Je ne discute pas et je place sa feuille empruntée sur les miennes, y écrivant nos noms avant qu’elle ne songe à la faire voguer dans le fossé.


À la fin de la période, l’histoire remise à l’enseignante commence comme Angélique l’a voulu : « Il était une fois une tête qui avait décidé que des épaules, c’était trop conformiste. »

Je lui dis que notre nouvelle sera sûrement la plus originale. Elle me fait un sourire battement d’aile, tout en plumes. Je l’aime bien, Angélique. La folie lui a agrandi les yeux, les a vitrifiés de vrai ; déjà, à onze ans, elle époussette l’âme d’un regard. Elle a beau se tromper de maison en rentrant, c’est encore en elle qu’on peut avoir le plus confiance. Angélique ne dit ou ne fait jamais quelque chose sans sincérité. Angélique est une girouette, ma mère le dit toujours. Versatile, étourdissante, inaccessible, à la fois de fer et d’air. C’est vrai. Angélique est une girouette, mais pas une menteuse : elle n’invente pas ses vents. Elle les attend. Comme tout le reste.


Je la raccompagne chez elle, pour ne pas qu’elle se trompe encore de rue au tournant et qu’elle tape sur les nerfs de madame Béland une fois de trop. Je crois que c’est l’aura des jeunes enfants qui l’attire toujours dans cette maison en particulier. Je pense qu’elle voudrait bien jouer avec eux avant qu’ils soient trop vieux pour trouver les préjugés de leur mère stupides.

La mère d’Angélique est une femme floue qui s’abandonne la hanche contre le seuil en fin de journée. Au coucher du soleil, elle garde toujours ses yeux mi-clos, comme si les rayons s’abaissaient trop près d’eux à son goût. Elle se tient déjà sur le porche, les yeux plissés sur la poussière piégée par un pied-de-vent, quand je laisse sa fille qu’elle n’attendait pas. Elle ne bouge pas d’un poil et laisse Angélique aller fabriquer des bateaux.


Quand je rentrerai, ma mère sera devant la cuisinière, et la seule chose qu’elle m’adressera sera bien moins que du silence ; et la seule chose qu’elle regardera sera bien moins que de la poudre de fée Clochette traînant dans du soleil refroidissant. Elle me décochera : « Beaucoup de devoirs ? » et elle gardera ses yeux fixés sur le contenu touillé de sa marmite.


Je me demande ce que ça ferait si moi aussi je me trompais de maison.


***


Angélique a seize ans aujourd’hui. Je le sais, d’ailleurs ce sont seize petits bateaux qui suivent le débit du fossé. J’aimerais dire à Angélique de faire la même chose pour moi dans un mois, quand j’aurai seize ans à mon tour. Mais je n’ose pas, même si je sais qu’elle me les ferait, ces bateaux. Je n’ose pas parce que je ne veux pas de bateaux. Je veux du papier d’Angélique dans le fossé d’Angélique, mais je ne le veux pas en bateaux. Je ne sais pas. Je ne sais plus quoi demander depuis qu’elle m’a fait son sourire battement d’aile.


Il est sept heures, le mois de mai ralentit le soleil dans le ciel. Les rayons bâillent en orangé mais on a presque l’impression qu’ils vont découcher, s’éterniser en nuit rouge sur le champ d’orge. L’eau du fossé respire fort depuis que les neiges ont fondu. Le mois dernier, Angélique, qui leur avait cassé un port dans la glace, a libéré ses bateaux lignés accumulés, pâteux mais sans ancres.

Je marche le long de la danse des seize origamis flottants, et je chante joyeux anniversaire à la folle du village, dans ma tête parce que ça fausse moins et qu’elle le mérite.


Passé le champ des Duhamel, je croise une bande de débraillés, des grandes gueules de l’année après la mienne. Comme toujours, ils ne font pas attention à moi.

Grande gueule numéro un bouscule grande gueule numéro deux. Grande gueule numéro deux lance un commentaire paillard. Et la congrégation des grandes gueules de partir d’un rire homérique.


Je ne pressens rien, mais mes pieds n’attendent pas mon cerveau et se mettent à courir dans la direction d’où ils viennent, sitôt qu’ils sont hors de vue.

Cent mètres plus loin, ma gorge s’irrite malgré la douceur de l’air, j’ai les yeux qui se blindent. Je sais déjà. Ce qu’il y aura plus loin, ce qui sera laid, immensément laid.

Dans le renfoncement de la route, Angélique n’a pas rabaissé sa grande jupe ; celle qui a une couleur terreuse, celle qui l’attache au sol quand elle attend le vent sur le bord du fossé, ses bateaux dans les bras. Sous les remous de tissu, un filet de sang labyrinthe le long de la cuisse.


Je peux dire qu’elle n’a pas pleuré. Pas crié. Mais que pour la première fois, elle a fermé les yeux.


Angélique me regarde. Au bout des mains grises, deux des doigts tremblent. Elle cille en premier.


Je crois que, plus que le sang, c’est ça qui me fait commencer à crier.


***


Les débraillés sont rentrés chez eux. Comme si c’était normal. La mère floue d’Angélique, ses yeux plissés dans un soleil qui ne veut pas mourir, a le temps de cracher sur deux de leurs visages avant que la police ne les emmène.

Je grimpe dans l’ambulance, après avoir demandé à la mère un paquet de feuilles lignées. Elle en extrait une bonne centaine d’un cartable, sans discuter. Elle va rester là le temps que l’obscurité lui ouvre les yeux. Je place les feuilles à portée des doigts gris d’Angélique.


À l’hôpital, elle est examinée comme une poupée déchirée.


Il y a un repas dégueulasse, du sommeil dans une chaise de visite, le regard grand ouvert de la mère floue qui rassure en silence et les jérémiades de la mienne qui s’est décollée de sa marmite. « Et tes devoirs ? »

Je mange avec Angélique, je me tais avec Angélique, je dors avec Angélique, je rentre à la maison avec Angélique. Elle me laisse l’embrasser sur le front pendant qu’elle plie des bateaux. On lui dit qu’à l’hôpital, les premiers tests sont revenus négatifs, qu’il en faudra d’autres, que ce n’est pas sa faute, que des gens qu’elle n’a jamais vus de sa vie l’aiment, que les dommages se répareront d’eux-mêmes.

Elle le sait. Elle attend. Elle attend de guérir comme elle attend tout le reste. Girouette en fer qui ne cille plus, je m’en assure tous les jours.


***


Le jour de mon anniversaire, je le passe à lui caresser les cheveux. Ils sont blonds, avec de la lune empêtrée dedans. Ses yeux me survolent. Je les agrippe des miens, les frictionne de promesses non dites, et je crois que juste comme ça, elle sait que je ne vais nulle part.

La folle du village me fait son sourire en plumes. Elle tend sa main blanche et dépose dans la mienne l’origami que j’attendais sans le savoir.

Dans ma paume, le sourire d’Angélique en papier.


Un oiseau ligné qui attend le vent.


 
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   Asrya   
30/11/2014
 a aimé ce texte 
Passionnément
Quelle claque.

Je pourrais m'arrêter là, le reste ne rime à rien.

Des lectures comme ça, on ne peut qu'en redemander, encore, encore et encore ; toujours, et encore un toujours.

Une première partie tendre, douce, folle ; angélique.
Une seconde partie qui poursuit cette délicatesse, bercée par le mouvement incertain des voiliers, avant de sombrer aveuglément dans une violence extrême.
Choc.
Troisième partie ; entre poupée déchirée et papiers pliés ; si tout n'était que papier.
Quatrième partie. Oublié, envolé le passé ? Angélique, des cheveux blonds, un sourire en plume, un bout de papier. Un oiseau prêt à s'envoler.

Une écriture qui allie grâce et majesté, tout en finesse ; en poésie.
De belles images qui se faufilent au travers des mots, des lignes, des paragraphes.
Des coupures judicieusement placées, qui ne hachent pas, qui ne saccadent pas, qui font partie de la continuité de l'histoire ; fichtre que c'est bon.

Merci beaucoup pour cette lecture,
J'ai passé un moment riche en émotions,
Au plaisir de vous lire à nouveau.

   Anonyme   
26/12/2014
Bonjour Alice

J'aime beaucoup. J'aime aussi la voix qui me raconte cette histoire. Vos deux personnages principaux sont faits de chair et de sang. Le parler est lent, j'entends l'accent du village.
C'est beau. Juste un truc qui me chagrine, mais c'est broutille. Le mot "conformiste" dans la bouche d'Angélique à onze ans. Je vous l'ai dit, c'est broutille mais à moi, ça m'a fait voir l'auteur. Si elle lisait, s'il était dit qu'elle lisait, ma foi... mais non, ce qu'elle fait le mieux ce sont les bateaux en papier, sans ancre -rien que ça c'est superbe -
Au très grand plaisir de vous lire.
Je ne note plus, je fais s'envoler les plumes.
A très bientôt j'espère.

   widjet   
26/12/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Que ce soit dans la douceur ou dans la violence, on retrouve toujours chez Alice l’habileté, la délicatesse, ce refus absolu du pathos, mais qui par petites touches sensibles finit toujours par atteindre sa cible. Tout est suggéré, le trait n’est jamais bien épais. L’écriture reste fine, poétique, précieuse mais jamais ostentatoire. A même pas 20 piges (?), forcément, ça mérite respect et admiration. Des histoires de la sorte, j'en ai lu et écouté des tas, mais quand c'est bien fait, je suis preneur et je me laisse prendre.

Il ne faut pas s’y tromper, en dépit des apparences, la plus malheureuse, celle qui est en quête d’amour (maternelle notamment), c’est surtout l’héroïne qui trouve chez Angélique (prénom divin, ce qui n’est pas le fruit du hasard) « l’ancre » qu’elle n’a pas chez elle (« Je me demande ce que ça ferait si moi aussi je me trompais de maison »). Ici, les mamans en prennent pour leur grade et, mine de rien, ce message en filigrane politiquement incorrect (oui faut arrêter avec l’idée que toutes les mères aiment forcément leur gosse) fait plaisir à lire.

Une petite pépite parmi d’autres « Angélique est une girouette, mais pas une menteuse : elle n’invente pas ses vents ». Tout n’est pas parfait, bien sûr, quelques rajouts (« je m’en assure tous les jours ») ou lourdeurs (« c’est ça qui me fait commencer à crier ») dispensables, mais je m’en accommoderais.

Voilà à quoi j'ai pensé en lisant cette histoire touchante et tragique.

https://www.youtube.com/watch?v=AKBcpUkU1Zk

J'espère que vous écouterez cette chanson.

Avec « les bateaux de papiers », notre meilleure auteur de nouvelles de l’année (comme ça, c’est dit) signe une petite merveille. Mais avec un tel pseudo, c’est, me semble t-il, la moindre des choses.

Widjet

   Anthyme   
26/12/2014
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
La toute présence colorée d'une de ces consciences que le conformisme ne regarde qu'en noir et blanc.

Belle leçon de vie.

... ... ... ...

Merci pour cette lecture.

   Dupark   
26/12/2014
- Les deux premières phrases sont belles. La troisième, comme d'autres, se voulait sur-belle et m'a pourtant fait trébucher. La première virgule me gêne. Le vieux qui tousse dans les yeux de son fils aussi.
- Une autre maladresse : "déjà, à onze ans, elle époussette l’âme d’un regard". Les enfants époussettent l'âme des adultes d'un seul regard. Le "déjà" ne va pas.
- Plus loin, un doublon avec "ses yeux mi-clos" et "les yeux plissés" de la "mère floue". Floue ? Des yeux plissés que l'on retrouve encore au début de la 3e partie.
- Les invraisemblances venant d'un esprit simple : "elle voudrait bien jouer avec eux avant qu’ils soient trop vieux pour trouver les préjugés de leur mère stupides." et "c’était trop conformiste."
- L'écriture, avec autant de cils, est féminine. Oui, je milite pour la réhabilitation des stéréotypes. Pourquoi était-ce important que le narrateur soit un garçon ? Cela vous a imposé la précision finale, aussi cruelle que le reste : "elle sait que je ne vais nulle part".
- Je n'ai pas compris "oiseau ligné".

Merci pour le joli "pied-de-vent" !

   Acratopege   
26/12/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Difficile de commenter avec un minimum de bon sens après avoir entrelu les commentaires si élogieux qui suivent votre texte. Je n'ai pas été emporté, mais bousculé: beaucoup aimé l'histoire, la narration serrée par le camarade de classe, la justesse implacable des sentiments, les belles formules comme "la poussière de mots", "la femme floue qui s'abandonne la hanche contre le seuil", l'eau du fossé respire fort...","elle époussette l'âme d'un regard", et bien d'autres; moins aimé la ponctuation erratique, le rythme caillouteux - même s'il convient bien à l'histoire. Ai pensé au style qu'avait peut-être Ramuz en herbe, quand il n'avait pas encore bien appris à mal écrire. En bref, je trouve dans cette nouvelle un talent fou qui a besoin de s'affiner sur le plan formel, si j'ose. Merci.

   David   
26/12/2014
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour Alice,

Je regrette un peu que l'histoire soit portée, sur la dernière moitié ou les deux derniers tiers environs, par cette histoire de viol, je trouve cela un peu tire-larmes, un peu trop théâtrale. Il me semble que la "solitude du fou" pourrait être évoquée plus subtilement, il y a d'autres malheurs "malheureusement" que celui-là. Et surtout, ça serait un malheur pour n'importe quel personnage de femme, rien ne relit spécialement le viol à ce personnage-là.

Ce que j'ai bien aimé, c'est ce narrateur tout aussi fou "à l'intérieur" qu'Angélique ne l'est aux yeux de tous, dans sa façon de raconter l'histoire, son ton poétique pour commenter la petite vie du village.

Il n'y a ni radio, ni auto, il y a comme une incertitude d'époque dans le récit, la "mère au fourneau" du narrateur peut évoquer une époque ancienne, parfois le récit semble plus contemporain. L'histoire ne se situe jamais précisément j'ai trouvé. L'avantage est que ça participe de la poésie du ton, l'inconvénient est que ça appuie encore sur les tenants de cette histoire à "grands traits", ça étoufferait un peu les subtilités à mon goût.

PS : pour moi, le narrateur est un garçon, je ne sais pas si un accord grammatical ou autre détail indique bien le contraire.

   Anonyme   
26/12/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Les deux premières phrases sont époustouflantes. Comment étonner le lecteur après ça ? Va pour la poussière qui donne ces jolies images, mon vécu de la campagne m'oriente plutôt vers la boue. Angélique est folle et on voudrait tout de suite en savoir plus.
Une tête et des épaules étant trop conformistes, je me demande si Angélique est si folle que ça ou si sa créatrice ne transparait pas trop dans la première phrase de son héroïne sur cette feuille.
"Qui s'abandonne la hanche" me heurte un peu. "Les rayons bâillent en orangé" est plaisant. La bal des "grandes gueules" est d'un réalisme étourdissant.
Ah non, c'est le drame, la "poupée déchirée", je m'attendais à une fin plus heureuse, tout d'un coup, l'horreur, brutalement. La folle du village violée, c'est un peu entendu mais soit !
"On lui dit qu'à l'hôpital", c'est qui "on" ? La suite interroge, elle n'est pas morte donc ?
L'histoire est captivante, la fin, pour moi, mériterait un peu plus de mots, quelques uns, pour faire comprendre un peu mieux ce qui se passe.
Le style, avec les répétitions, les bonnes formules, est adapté à la folie d'Angélique. Des images folles qui donnent un tableau unique, perfectible.
(Je n'aime pas commenter, je trouve que c'est un exercice qui révèle de la prétention, mais j'espère que ces quelques remarques ont une utilité).

   Francis   
27/12/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je suis très vite entré dans l'univers d'Angélique. Il me semblait même l'avoir rencontrée, la reconnaître. Vilain petit canard dans le regard conformiste des villageois, "girouette qui attend le vent " pour celui qui la replace dans un monde où la différence devient poésie.
Fragile comme ses petits bateaux de papier, oisillon qui refuse de déplier ses ailes, "la folle du village" m'émeut. Sa différence, sa silhouette m'ont ramené dans mon village natal qui avait lui aussi son ange, son Angélique.
Merci pour cette lecture.

   macaron   
27/12/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Alice,
Un beau personnage, Angélique, qu'on envierait presque pour sa force poétique, sa nudité devant le conformisme de nos vies. Le choix du viol est sans doute extrème, le drame est en soi, sous-jacent. Une petite note d'optimisne avec un final réconfortant. Elle n'a rien perdu de son innocence.

   Pepito   
27/12/2014
Bonjour et joyeux Noël !

Quelle jolie écriture, toute saupoudrée de poudre romantique de la fée Alice.

Les rares petits mots qui m'ont gêné :
"whisky" j'aurai vu "p'tite prune" ou "eau de vie" vu le cadre
"enseignante" > institutrice, maitresse
"conformiste" pour une enfant qui, en plus, ne l'est vraiment pas ?
"hanche contre le seuil" montant, chambranle
"s’abaissaient trop près d’eux" "trop près" pour l'angle soleil/yeux ?
"c’est ça qui me fait commencer à crier" ouch "ça qui" quel dommage

Et plein de merveilles, au hasard :
"Des ancres, ça elle ne fait pas. " douceur du jeu de mot
"piégée par un pied-de-vent" adorable
Accorder "girouette" et "sincérité" est un véritable exploit. Magnifique. avec la suite "c’est encore en elle qu’on peut avoir le plus confiance."
"Je me demande ce que ça ferait si moi aussi je me trompais de maison." aparté délicieux
"le mois de mai ralentit le soleil dans le ciel" joli
"L’eau du fossé respire fort" super
"poupée déchirée" ouch ! celui là fait vraiment mal.

J'ai regretté que la "poussière" du départ ne refasse pas une apparition à la fin. Cela aurait bouclé la boucle en quelque sorte. Mais ce n'est que mon idée.
J'ai bien aimé le coté noir, la nouvelle en est ramené brusquement dans la réalité. Bien vu.

Cela se termine bien (ou pas trop mal), c'est un texte d'Alice tout de même ;=)

Merci pour ce magnifique texte.

Pepito

   Cat   
28/12/2014
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
C’est un réel bonheur de voir poindre un nouvel Alice à l’horizon. Un bonheur mâtiné d’appréhension… et si cette fois elle ne tenait pas vraiment ses promesses ?
Voilà ce que c’est de devenir fan de. C’est en attendre chaque fois davantage.

Parce que devenant plus exigeante je désosse mieux, je tique une seconde sur la trame de ton canevas. Trop rebattue elle pourrait te nuire… le thème du narrateur amoureux de la différence qui fait si peur au reste de la tribu au point de la maltraiter, la meurtrir, la déchirer, ben j’ai eu peur aussi, j’avoue.

Pour le coup je suis comblée.
A peine les yeux conquis, c’est la poésie pure qui monte à la tête.


Bonjour Alice, magistrale Alice, phénoménale Alice, poétique Alice…

Quelle bouffée de bonheur dans le tricotage de tes mots !
Dieu, quelle belle lecture ! Quelle merveille volée au présent !
Tout se joue entre papier et poussière toussée dans les yeux, entre lune empêtrée dans les cheveux blonds et tendresse ruisselant dans la chair et le sang. Tout file au gré du vent des bateaux sans ancre et des regards qui vacillent. Tout est prétexte à l’envol de la poésie dans son état le plus merveilleux.

J’adore ! J’adore ! J’adore !

Tu n’es pas Bobin, tu es mieux, tu es Alice. Ta poésie est d’une trempe égale mais c’est la tienne, immense, marquée de grâce et de pureté, si folle et si fine et si forte à la fois. Il s’en dégage une sincérité qui me touche profondément et me fait reprendre confiance après tous ces petits heurts qui cognent la vie.

Tu as cet humanisme profond et sincère qui te donne les clefs pour approcher au plus près des meilleurs sentiments et en extraire la quintessence.

Je ne connais pas ta façon de travailler tes mots, mais ici domine l’impression qu’ils ont été écrits dans un même souffle, poussés par une inspiration magistrale qui ne peut que donner de savoureux frissons, et c’est magique.

A te relire très vite.
Merci infiniment

Cat qui assiste, chaque fois un peu plus émerveillée, à l’éclosion d’une auteure dont on entendra beaucoup parler…

   Nine   
2/1/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'arrive ici, deuxième texte en lecture et je suis fane. J'aime ce regard et cette façon de l'exposer.

   VinceB   
1/2/2015
Bonjour Alice,
Je ne suis guère à l'aise pour commenter ce genre de texte poétique loin de mon univers. Mais c'est la grande vertu d'Oniris d'être ouvert à tant de sensibilités. Chacun peut s'y retrouver mais aussi en approcher de nouvelles. Dans les miroirs des commentaires, tout aussi variés eux aussi, je vois combien certains sont touchés. Pas moi malheureusement, mais je découvre votre vision, comment vous l'exprimez. Au-delà des mots, je perçois l'émotion qui a animé votre écriture. C'est un premier pas.
Merci.


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