Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Humour/Détente
alvinabec : La femme de bois
 Publié le 18/10/10  -  24 commentaires  -  6489 caractères  -  247 lectures    Autres textes du même auteur

Plaidoyer pour un déchet.


La femme de bois


À mon âge tout de même, me voilà qui transpire ma cire comme une jeunesse amoureuse. Il faut dire que mon nouveau maître me retourne les sens. Et que je te gratte, te soigne, te bichonne, t’encaustique, te tartine de pâte à bois là où il faut, te caresse le flanc en passant, te dis :


- Ah, pépette t’es la plus belle, on est fait l’un pour l’autre, j’suis rudement jouasse de t’avoir trouvée.


Et moi donc ! Je suis aux anges, j’en aurais presque le merisier qui rosirait sous le compliment. Je n’ai pas eu droit à une telle prévenance depuis ma venue au monde. La semaine dernière, il m’a récupérée sur le trottoir où je marnais en compagnie d’autres vieilleries délabrées. Je me faisais l’effet d’une tapineuse délaissée, avachie, les genoux cagneux. J’avais mon avenir derrière moi, démodée ma chère, mon heure était passée. Déchue, méprisée, j’étais promise à la casse après une existence silencieuse dans une grande bâtisse près de l’océan. Quelle fin de vie honteuse pour une belle fille comme moi ! Heureusement que l’on rencontre encore des amateurs sachant apprécier le bel ouvrage.

Depuis qu’il m’a prise en main, je ne grinche plus. Il me fait de ces choses ! Il m’a huilé les articulations et me passe des pommades odorantes sur le corps. Ça tombe bien, j’adore être pétrie. Je ne connaissais pas les massages mais on se fait très vite au frotti-frotta, je ne pourrais plus m’en passer. Rien qu’hier il s’est occupé de moi tout l’après-midi en sifflotant. Il a collé une cale discrète sous mon pied avant droit, du coup je ne boite plus, j’ai retrouvé de l’aplomb, c’est important pour regarder les autres en face. L’assise plus ferme, me voilà toute fière.


- Ma beauté, murmure-t-il, je te retape les attraits, je te restaure la carlingue et on s’occupera de ton buffecaille dans la foulée.


Il a commencé un traitement pour éliminer la gangrène qui me rongeait, il m’injecte un produit curatif dans les milliers de trous laissés par les vers. Je récupère les couleurs du passé comme un temps retrouvé.


- N’aie pas peur, me susurre-t-il, ce n’est pas douloureux, ça pique un peu, c’est tout.


Je ne couine même pas, trop contente d’être examinée de près, de très près. J’ai senti son souffle chaud contre mon dos, un frôlement gourmand, je suis devenue moite, la cire perlait sous mes ferrures.


- Depuis que j’picole plus, me dit-il, j’suis en réinsertion et j’embellis les vieilleries, j’rapièce des cassés pour une deuxième vie conso. J’suis logé ici, sous les arcades de l’ancien marché, ce n’est pas si mal, y a des courants d’air mais t’as vu la place ma reine, y a pas à s’plaindre, j’ai du volume. Bon, faut que j’assure avec toi, faut qu’t’aies la classe, t’épateras mes potes du quartier. Ma belle, t’es ma p’tite caille, ma perlouze. Tiens j’m’en vais te cirer encore, ça te donne de la gueule et j’te fais briller les cuivres par la même occasion. Allez, en avant Lulu, faut qu’ça crache, une carrosserie nickel que j’vais lui faire à ma princesse, ça va être du rutilant, tu vas briller comme un soir de Noël. Demain j’te remettrai le guingois des portes en place et j’te fignolerai l’intérieur.


Lucien me promet une vraie cure de jouvence. Il a raison. Question survie, nous sommes deux professionnels.

J’ai le bulletin de naissance gravé sur le fronton, 1894J/R, une idée de mon premier amoureux, l’artisan qui m’a mise au monde. Ah, ce que je l’ai aimé celui-là ! Il me caressait pensivement les formes, me flattait la croupe, rajoutait des clous dorés de-ci de-là, me tripotait de ses gros doigts en sculptant sur mes portes des fruits en grappes. J’y ai gagné une allure maraîchère un tantinet foisonnante. Ça sentait le copeau tiède dans l’atelier, une douce chaleur d’émulation créative. Nous étions une dizaine, vaisselier, coffre, maie, lit, tables à être fabriqués du même bois pour une commande, un trousseau de mariée. Nous nous sommes quittés un jour de juin, je me souviens que le menuisier pleurait.

Et nous avons été livrés dans la grande demeure au bord de l’eau. J’ai trôné face au lit, aussi raisiné que moi, dans une chambre glaciale où personne n’est jamais venu dormir. La promise s’était enfuie avant même la noce. Dans le fond, je la comprenais. J’avais affaire à une brochette de prétentieux obnubilés par le commerce des épices. Plus leur portefeuille gonflait, plus je dégringolais dans leur estime. À chaque génération, j’étais reléguée un peu plus bas sur l’échelle de la décoration jusqu’à me voir échouer dans un débarras sale, venté, humide. Rebut, je me sentais une loque, isolée dans un réduit puant la marée. J’étais souvent trempée, mes portes ne fermaient plus. L’iode empestait mon bois fruitier, je collais de sel et de sable. Blessée d’aussi peu d’attention, les ferrures abîmées, je grinçais de dépit, me laissais aller, me tassais, me fendillais. Je devins moche et me dis, à quoi bon me tenir si personne ne désire plus me regarder, m’admirer. Ces abrutis me condamnaient à une mort lente. L’un deux en rajouta en me coinçant une quantité de pièces rondes à l’arrière des étagères, j’avais des lourdeurs dans le bas du dos. Ça me fatiguait les reins. Je pestais. Plus tard la maison vendue à un promoteur, le mobilier jeté à la rue, l’attention de Lulu me sauva. Me redressant comme je pouvais, je sus lui plaire.

Et mon maître, comme promis, m’ouvre les portes et s’intéresse à mon ventre. En me causant, il inspecte mes intérieurs de ses doigts de velours. J’en frissonne jusqu’au bout des gonds, c’est si bon d’être câlinée.


- Comme tu vois, les retapes de la seconde chance ne manquent pas ici, chuchote-t-il, j’les vends sur les foires et les marchés, c’est ma vie maintenant, j’m’y suis fait. Mais toi, c’est différent ma chouchounette, toi, j’te garde, t’es comme qui dirait ma femme de bois, tu sens bon et t’es douce, t’es un p’tit coin d’paradis, j’te refais les tablettes et j’installe mes trésors dans ton giron. Regarde, j’pense te confier ma boîte à secrets. Je te remplirai les entrailles de mes souvenirs, le masque, le parapluie, les sabots, le petit soldat, la bouteille de Porto. Mince, qu’est-ce qu’elles sont lourdes tes planches, on t’a farcie aux pruneaux. Dis-donc, c’est quoi ce turbin ?


En ôtant délicatement les tasseaux de mon ossature, il a dégagé facilement les étagères, les pièces d’or collées depuis perpette à mes boyaux ont roulé au sol. J’entends Lulu marmonner « Putain de joncaille » et il me serre si fort dans ses bras que je me sens toute chose.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette nouvelle sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   florilange   
13/10/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Jolie nouvelle, fort bien écrite, laissant planer l'incertitude sur cette "femme de bois". Et puis la fin est toute morale puisque ce Lucien qui la retape est en réinsertion et que, finalement, il touche le magot.
Personnellement, j'aurais dit "la belle ouvrage" plutôt que "le bel" mais c'est un détail.

   aldenor   
13/10/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
L’idée est originale et écrite avec humour et recherche. La relation « amoureuse » est tout a fait convaincante.
J’ai aimé que la femme de bois garde constamment un vocabulaire raffiné tandis que Lucien au contraire utilise un langage plus "paysan". Mais l’unité de ton reste à vérifier : ainsi détonnent à mon sens « je te gratte, te soigne… » ou « depuis perpette » dans la bouche de la femme de bois.
Et puis il y’a une richesse de détails sur le travail du bois et de belles trouvailles : « …j’en aurais presque le merisier qui rosirait sous le compliment. », « J’ai trôné face au lit, aussi raisiné que moi, dans une chambre glaciale où personne n’est jamais venu dormir. La promise s’était enfuie avant même la noce. »
La chute est amusante et bien amenée.

   doianM   
14/10/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Belle histoire, j'ai aimé.

Un vocabulaire bien adapté.

Amusant également ce trait qui devient morale: un cadeau de noces négligé, passé de mode, remisé, abandonné...alors qu'il cache de l'or.

   Jagger   
14/10/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
C'est tendre, simple beau et un peu émouvant, une boufée d'air frais.

Presque sensuel, comme l'est le contact de la peau avec le bois brut.

Que dire, sinon que j'aime.

Bravo et merci

   brabant   
14/10/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"nous sommes deux professionnels de la retape" Hé ! Hé ! Et tout le vocabulaire qui va avec... que je ne relèverai pas...

Ah ! Elle est pas mal cette "femme de bois", une tapineuse au grand coeur qui rend bien à son Lulu l'amour que celui-ci lui porte.
Je ne m'y attendais pas à ce magot, comme quoi il est bon de faire de la retape !


Ce texte est bien construit, alerte, bien écrit, l'argot est mesuré, approprié, vivant, sans vulgarité. La personnalisation du buffet réusie. Un bois "rose" et "chaud" que le merisier ? Je n'en ai jamais douté ! Aujourd'hui moins que jamais !

   Anonyme   
18/10/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ah ! si tous les meubles pouvaient raconter leur histoire, il y en aurait des récits. En tout cas, celui-ci est vraiment réussi. Aucun des protagonistes n'est de "bois"... Enfin, si : une. Mais bon, elle une âme. Décidément, un auteur aussi à l'aise dans l'humour que dans le drame.

   widjet   
18/10/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
J'aime déjà le fait que l'auteur ne cherche pas à nous surprendre avec une révélation finale un peu artificielle. L'identité de l'héroïne est annoncée d'entrée et c'est tant mieux.
On peut donc tranquillement et pleinement apprécié le vocabulaire savamment choisi, bon dosage entre le raffiné et le plus grivois. Le ressort comique s'en trouve rehaussé d'autant que les formules sont variées et souvent savoureuses. Cette femme de bois est coquine, aguicheuse et aguichante a souhait renforcant ainsi son humanisation (toujours grace à la personnalisation de ses images).

J'ai pensé à une chanson de Brassens sur un thème voisin (l'histoire d'un arbre recueilli par un couple d'amoureux, oublié le titre merde!).

Emoustillant, frais, sympathique. Et de surcroit plutôt bien écrit.

Client, donc.

W
(auteur pas de bois)

   Anonyme   
18/10/2010
 a aimé ce texte 
Bien
C'est sympathique tout plein cette petite nouvelle.

Correctement écrit, la lecture est agréable, le ton léger, l'intrigue (si on peut la nommer ainsi) attendrissante, rien que du bon pour moi ici.

Je regretterais juste une finition bâclée, la chute n'en est pas vraiment une, et surtout aurait gagnée à être un peu plus dévellopée ; oh, il ne fallait pas non plus en faire des tonnes, mais là c'est presque trop succint.

Je reste sur ma faim, mais j'ai néanmoins apprécié.

Merci et bonne continuation !

   marogne   
25/10/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
D’abord je dois reconnaître que j’ai lu avec plaisir cette petite histoire. Je ne l’ai pas trouvée trop redevoir de la catégorisassions « humour », mais bon, je pense que c’est parce que l’humour, ici, doit être justifié par le vocabulaire et la façon de parler attribué et à la poupée et à son sauveur, et là, je dois avouer y être tout à fait hermétique. C’est d’ailleurs presque le seul reproche (avec la fin) que je ferais à ce texte.

Ce style de « parlé » ne me semble en effet tout sauf prêter au sourire. Même si c’est un « parlé » qui existe, le parer d’un sourire me semblerait être presque une offense, et donc, si je le comprends dans des textes réalistes, certainement pas dans un texte « humoristique » où le seul élément humoristique est justement celui-ci.

Et la fin me direz-vous ? et bien sans doute dommage d’encore une fois revenir à l’argent, comme si c’était la seule chose digne d’intérêt, comme si c’était la seule façon que l’on a de remercier, ou la seule raison d’être aimé.

   costic   
25/10/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une histoire agréable. L’écriture est aussi soignée que la vieille armoire. Le langage croustillant de Lucien rend le texte plus vif. La fin très heureuse la fait ressembler à un conte. Un très bel exemple de recyclage.

   Flupke   
10/11/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Bonjour Alvinabec,

Je termine la lecture et je m’exclame à voix basse « oh ! c’est chouette ! » (véridique)
Vraiment adoré cette histoire, quasi symbiotique qui en est presque émouvante, la raison s'effondre et on se laisse emporter.
Le language parlé est un plus dans cette histoire. Merci pour les mots nouveaux (inconnus pour moi).Style impec très agréable à lire

Dans la catégorie des nouvelles « Objets inanimés, avez-vous donc une âme » j’ai bien envie de décerner un petit Lamartine d’argent ! Vraiment un très belle réussite, et une chouette manière de commencer la journée. Merci.

Faire aussi bien avec un tel sujet, c'est un joli tour de force. Bravo !
Amicalement,

Flupke

   victhis0   
15/11/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
un brin narcissique, je ne peux que saluer cette nouvelle très proche de l'une que j'ai publié ici (concerto pour piano & fausses notes) : bien tourné, bien pensé, conçis et précis je ne trouve rien à redire à cette jolie idée bien traîtée.

   Anonyme   
21/11/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très jolie histoire racontée avec une gouaille réjouissante. J'ai adoré la sensualité du récit et les destins croisés de deux personnages qui s'enrichissent l'un l'autre. Bravo

   arnotikka   
1/12/2010
 a aimé ce texte 
Bien
C'est joli, bien écrit.
Mes gouts personnels demanderaient plus de spontanéité, moins de classicisme. Une voiture ne s'exprimerait pas de cette manière, avec tant de littérature. Histoire de goûts.

   styx   
5/12/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai trouvé cette nouvelle bien écrite. Un vrai plaisir. Beaucoup de tendresse et d'émotion. Je n'en suis pas restée de bois ^^ (facile celle là)

   arnotikka   
10/12/2010
2ème lecture. Plus de temps. C'est très beau, très tuchant et rien à redire sur la forme non plus. Convaincu

   Coline-Dé   
3/1/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Belle histoire, bien menée, bien dosée, avec une personnification qui n'est pas niaise et un aspect moral qui n'est pas mièvre, un vocabulaire jouissif, bref, tout est bon dans ce petit conte.

   Pascal31   
27/3/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Excellent !
Une petite nouvelle comme je les aime. Celle-ci est particulièrement bien écrite (avec des dialogues louchant agréablement chez Audiard), l'histoire est à la fois amusante et touchante. Ce parcours pas si commode d'une commode est joliment raconté. Et la fin est charmante... J'ai beaucoup aimé ! Bravo !

   socque   
27/3/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est adorable ! Je trouve cette histoire charmante et émouvante, avec sa tendre gouaille. Peut-être un poil trop d'élisions dans la manière de parler du brocanteur.

   mogendre   
26/7/2011
 a aimé ce texte 
Bien
L'idée de donner corps aux objets est difficile à exploiter. Ton récit est bien mené.
La trouvaille des pièces était-elle bien utile à la fin ? Il me semble que le texte se suffisait à lui-même sans cet ajout.
Une petite réflexion : je me demande si la présence d'un autre personnage n'aurait pas allégée le monologue de Lucien ?
Quoi qu'il en soit, bravo pour l'exercice présenté sous cette forme.

   monlokiana   
27/7/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Ca se lit d’un trait. J’aime bien quand on est simple dans le rythme et dans les mots aussi.
Encore une fois, comme dans « Le bénéfice de Rose », je n’ai pas senti le coté humour/détente de ce tête.
Toutefois, j’ai bien aimé, l’idée est original dans un monde littéraire où tout (ou presque) a été déjà écrit…
Le titre m’a cependant fait penser à une autre histoire totalement différente et même marrante.
Bref, la fin fait sourire, avec la découverte du trésor.
C’était pas mal…

   Anonyme   
8/9/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Une histoire originale, amusante et tendre. J'ai beaucoup aimé la sensualité de cette femme de bois et souri à quelques occasions.
Merci !

   Acratopege   
16/2/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Cher Alvinabec,
Après avoir lu et commenté votre dernière nouvelle, je suis reparti en arrière jusqu'à celle-ci. J'ai critiqué style et rythme de la petite dernière, mais ici tout est parfait, avec des effluves san-antoniaises qui m'ont fait jubiler. D'un sujet un peu bateau, qu'un prof aurait pu nous proposer à l'école en composition française, vous avez ciselé un petit bijou. Bravo.
(seule la chute des pièces d'or à la fin, que j'ai trouvée inutile pour nourrir cet amour contre-nature entre un humain et un être de pur bois, m'empêche de noter au maximum!)

   matcauth   
6/3/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour,

je constate avec surprise que d'autres sont venus ici récemment.

Cette histoire est jolie, c'est comme un conte, avec des phrases très poétiques, ou au vocabulaire bien trouvé, varié. Cette petite femme vit, je la vois, je ressens sa vie et l'imagine plus loin encore, je vois cette vie dans un coffre, ces années à attendre, il y a quelque chose qui s'opère.

C'est donc réussi à mes yeux.

Je ne sais pas si c'est son langage, à cette femme, ou le ton général du texte, un peu des deux je pense, mais en tout cas on plonge dans sa vie. Il y a aussi le décor, les odeurs qui nous viennent, celle de cette chambre froide ou il n'y eut jamais de mariée, l'odeur et l'ambiance de l'atelier ou vit cet homme en réinsertion. Bref, des endroits qui parlent, qui ont une identité réelle et facile à imaginer.

L'ensemble s'emboîte bien et... voilà.


Oniris Copyright © 2007-2019