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Humour/Détente
Artexflow : Bang ! Non, Boom ! Non…
 Publié le 05/01/13  -  18 commentaires  -  6029 caractères  -  192 lectures    Autres textes du même auteur

Écriture à thème, inspiré par ce topic sur le forum.

Pompe à essence ! Et puis quoi encore ?


Bang ! Non, Boom ! Non…


Étrange parfois comme le temps s'étire, s'arrête, finalement, étrange comme l'esprit le manipule, le tortille, le travaille, l'équarrit. La scène se passe au ralenti.


Il y a de la poussière sur le haut de la pompe. Elle est là depuis des années cette poussière, elle est là depuis toujours. Enfin, oui et non, elle s'accumule en tous cas, elle est toujours là mais pas toujours, elle grandit, c'est jamais la même poussière, en fait. Bon.

Le dernier type à avoir utilisé cette vieille pompe à essence poussiéreuse avait tiré pour 20 euros tout pile de Super 95. Faut faire gaffe avec le prix du carburant. Au-dessus de la station service, un oiseau vole ; c'est poétique pour un mec qui serait sensible à la présence d'un oiseau dans le ciel. Prenez ça comme un signe important ou comme un détail insignifiant.


Germaine fait ses courses dans la boutique à côté. Germaine, Lucien, Karim, Nicolas, Thomas, Brad, Tom, Nick, Bleurp, Kronch, Tigrou ou ma mère d'ailleurs, bref, quelqu'un, qui vous voulez, fait les courses à côté, dans le bâtiment frêle qu'il y a toujours près des pompes à essence. C'est quelqu'un dont vous vous sentez intimement proche, c'est quelqu'un que vous aimeriez avoir à votre oreille pour qu'il vous souffle les secrets du monde, ou bien c'est quelqu'un à qui vous voudriez les souffler. Ces secrets. Quelqu'un qui vous inspire quelque chose. Cette personne est là, dans la boutique. Il y a aussi le caissier, mais lui, on s'en fout.


Goutte de sueur. Le rétro, le pied relevé. La crispation des phalanges, le gros plan, les poils hérissés, ces poils, très masculins, sur le haut des doigts, sur les phalanges comme je disais.

Bon. Dans la voiture y a un système. Un truc énorme, un truc dangereux. Et la poussière sur la pompe. Et le caissier, enfin, je veux dire, l'autre, le client, la cliente, surtout.


Il y a aussi toutes ces choses qui font la vie, toutes les vibrations, mais les trucs nuls aussi : l'odeur de pisse, le hérisson qui se fait exploser la tronche soixante kilomètres plus haut sur une pauvre route que personne n'emprunte jamais, les feuilles qui tombent des arbres trop tôt, encore vertes, le petit cafard discret mais mort derrière les chips à vendre, enfin, la vie quoi.

Votre personnage dans la boutique, il prend son temps, les yeux rivés au sol. Il est en train de vivre son histoire la plus terrible, celle qui le fera pleurer, demain et dans dix ans. Vous savez, cette histoire, votre histoire. C'est un moment terrible pour lui. Il est peut-être là parce que l'amour, je veux dire un truc du genre sa femme l'a quitté, ou alors il est infidèle, ou alors elle voulait des chips au cafard bacon, si ça se trouve elle attend dans la voiture, si ça se trouve elle est enceinte, à vous de me dire.

En tous cas dans mon histoire il y a la voiture garée de sa femme, et elle est bien enceinte.


Le silence qui chasse les mouvements de l'âme. L'accomplissement, non, l'abandon, non… Je sais pas moi j'ai jamais fait exploser une station-service.


J'ai pas parlé de la poussière parce que je voulais qu'elle s'envole au moment de l'explosion, je préfère vous prévenir tout de suite. D'ailleurs ça n'a toujours pas explosé ; je ne me serais quand même pas permis de l'annoncer de cette manière.

D'abord le type se gare, parce qu'on est au ralenti, souvenez-vous. On se souvient des poils rêches, des épées plantées dans ses doigts. L'identité de ce type, franchement j'en sais rien… C'est quoi l'histoire d'un mec qui fait péter une station-service, non mais sérieusement ?


À ce stade c'est plus compliqué. Votre personnage ne va pas mourir rassurez-vous, ce serait trop dramatique, le caissier non plus d'ailleurs, mais, oh et puis si tiens, lui il va mourir.

C'est plus compliqué parce que là il y a ce qu'il se passe dans la tête du fou furieux qui se gare en face de la pompe, ce qu'il se passe dans la tête de Nathan (je veux dire que Nathan c'est le prénom de mon personnage dans la boutique), et dans la tête du caissier mort.


C'est un méli-mélo, un vrai bordel, ça mêle le temps ressenti, les souvenirs, c'est chaotique, les craquements du bois mort, l'odeur des chips, les organes moisis du cafard derrière le paquet, ça mêle en fait tout ce que je vous ai demandé de mettre dans l'histoire plus tout ce que je vous offre, là.


La vérité c'est qu'avant d'activer le système, la dernière action du type c'est de se manger une crotte de nez, nerveusement, genre "allez, une crotte de nez et c'est parti". Il le fait vraiment sans y penser, en fait c'est probablement comme une marque de stress, mais il ne serait pas d'accord si vous lui disiez, il vous dirait qu'il est déterminé, pas stressé, fou, mais pas stressé.


Enfin bon, la poussière est restée sur la tôle métallique du haut de la pompe, en fait elle restera jusqu'à ce que la tôle devienne elle-même poussière. "La tôle", les centaines de morceaux de tôle éparpillés sur vingt mètres autour plutôt. En définitive, je vois pas trop bien pourquoi j'en ai parlé, de cette poussière.

Voilà le drame, c'est ici. Ce n'est pas la détonation, parce que dans l'étonnement, dans la rapidité de l'explosion, il n'y a pas de place pour le drame, il n'y a que le feu de la déflagration et le bruit de la bombe, il n'y a que la surprise. Non l'horreur de cette histoire ce sont les quelques secondes d'après, quand la conscience reprend conscience : la jambe ouverte de votre personnage qui voit le muscle de sa cuisse pour la première fois, le verre planté dans le visage du caissier écroulé, disloqué sur le sol, la fausse couche, les fourmis qui ramassent les miettes, leurs petites pattes barbotant dans le sang. Les bras éclatés de ce mec complètement dingue, et ses dents qui fondent dans la brûlure de l'essence.


Mais surtout le gigantesque "POURQUOI" sans point d'interrogation qui se met à flotter au-dessus de la scène, au-dessus du monde, l'oiseau y jette un œil d'ailleurs, et ce mot qui grandit, grandit jusqu'à pénétrer les âmes, et ne plus rien dire vouloir.

Ouais. Dire vouloir.


 
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   macaron   
10/12/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Excellent! On se croirait dans un film des frères Coen, les premières oeuvres surtout. La narration est du tonnerre: vivante, drôle, caustique, un régal! On est à fond dans l'imaginaire, pas de nom, pas de vrais personnages, une situation minimaliste mais un tout qui finit dans une explosion délirante. Bravo!

   Perle-Hingaud   
24/12/2012
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Un texte compliqué à commenter. Je pense qu'il faut le reprendre, et faire de ce style relâché un faux style relâché. C'est à dire, ôter certaines expressions comme "en fait", "bon", "vous voyez"...
Le coup de la crotte de nez, bof. Mais c'est personnel, à la limite, dans un certain registre...
Bref, je pense qu'en gardant l'esprit de ce que vous voulez faire, il faut relire et retravailler pour obtenir un "vrai-faux" style relâché. Sinon, sur le fond, pourquoi pas. J'aime assez le passage suivant l'explosion, qui débute par: "Voilà le drame, c'est ici". Dans cette veine, je vous conseille la scène d'un livre de John Irving, "une veuve de papier", qui décrit une scène d'accident de voiture pendant laquelle deux ados perdent la vie. Une grande scène.

   socque   
5/1/2013
 a aimé ce texte 
Un peu
J'aime assez l'idée, cette manière distanciée qui devrait augmenter finalement le dramatique, mais voilà : pour moi, en l'occurrence, ça ne fonctionne pas.
Déjà, je n'ai pas compris si le personnage qui nous intéresse, le client dans la boutique (il y a seulement un client, c'est ça ?) est une femme (Germaine) qui serait enceinte (d'où la fausse couche) ou un homme (Nathan) qui aurait une femme enceinte (mais alors, la fausse couche elle vient d'où, de l'horreur de la nouvelle quand la femme de Nathan apprend ce qui est arrivé à son mari ?).
C'est cela qui me gêne : dans votre désir de distancier, de brouiller les pistes, vous avez embrouillé l'histoire ; et ça, à mon avis, ce n'était pas nécessaire et en l'occurrence ça nuit. Je pense que votre texte aurait plus de chances de marquer si, nonobstant circonvolutions, détours, oiseau, caissier dont on se fout, poussière, crotte de nez et tout, l'intrigue était finalement simple, un drame qui va en plein cœur. Là, pour moi, vous avez trop intellectualisé l'affaire et le contraste entre la simplicité de la vie dans sa douceur quotidienne avec la chiennerie du destin qui fait croiser des dingues est noyé.

Dommage, la manière, moins forcée, aurait eu je pense de quoi me plaire.

[Edit : entre-temps, j'ai repensé au fait que la femme enceinte du client (qui finalement s'appelle Nathan) est en fait restée dans la voiture, d'où la fausse couche ; vous indiquez tout ça quelque part. OK... mais je n'en pense pas moins que vous tordez trop quelque chose de simple.]

   Pimpette   
5/1/2013
 a aimé ce texte 
Passionnément
"Bang...Non!....Boom,.Non...

Ce titre m'a donné une interprétation pour le reste de ce texte remarquable...mais je m'égare sans doute?

L'auteur nous dit:" Je me demande si je vais écrire'Bang'...ou Boum...Maizalors, maizalors, ce texte est peut-être moins la simple description directe d'un acte terroriste...que les efforts parfois contradictoires d'écriture pour essayer de produire une description???

D'où les hésitations...les doutes...les multiples prénoms... les détails ajoutés....celui ci....ou celui là...etc...le caissier mort? ou pas mort?

Je m'arrête car je ne suis pas très sûre de moi....moi nous plus...

Pimpette? ou Aglaé?:-)))))

   Laure   
5/1/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↓
En lisant ce texte, j'ai ressenti un peu la même chose que lorsque j'ai essayé les livres "dont vous êtes le héros" quand j'étais gamine...
Comment dire, j'aime quand un récit me prend et m'embarque dans un univers, avec des personnages et une histoire bien définis, qui me surprenne. Or, bien que j'aie apprécié l'écriture en général et le ton détaché ("je sais pas moi j'ai jamais fait exploser une station service" par exemple), je n'ai pas été prise ni surprise par l'histoire, d'autant que la chute est annoncée au milieu du texte...
Bref,ça partait un peu trop dans tous les sens pour moi!

   alvinabec   
5/1/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Artexflow,
C'est savoureux, n'a rien de ce que l'on pourrait nommer une nouvelle mais on s'en fout...
J'ai cru lire le pic d'un film de Tarentino qui fait et refait la scène, de face, de profil, à l'endroit, à l'envers et se pose mille questions, comme ici l'auteur sur le comment de...l'écriture peut-être?
Vous mettez en place tous les ingrédients d'une bombe glacée, ne reste plus qu'à vous mettre en cuisine pour en faire un mets de fête ou un plat de tous les jours...A vous de voir.
Un petit bémol pour l’équarrissage du nez qui n'amène rien.
Votre distanciation est un plus qui pourrait, à terme, vous jouer des tours si vous restez sur le même mode.
A vous lire...

   brabant   
5/1/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Artexflow,


J'ai trouvé ça très américain, d'ailleurs y a un tableau de Hopper qui peut rappeler ça avec sa pompe à essence à l'orée d'une forêt (suis trop flemmard pour aller le chercher. lol), et puis y a qu'les Américains pour péter les plombs comme ça et faire exploser une pompe à essence avec de la poussière dessus (une Française l'aurait époussetée avant, quoi c'était un mec ! pas une folle ? alors j'ai rien dit... mais non je suis pas homophobe. Si on peut pu parler... lol), et sa station service, et sa supérette en même temps qu'ils font exploser leur cerveau avec les méninges, la pie-mère, la dure-mère et l'arachnoïde qui le recouvrent et l'enveloppent, même que ça ressemble à une toile d'araignée sous la voûte crânienne (quatre araignées au plafond ! Un must ! Ben oui ! "Boom !" ça et du coca, c'est obligé de sauter !). Après on retrouve des petits bouts d'os comme des tessons quadrillés à l'intérieur au milieu des petits bouts de tôle peinturlurés à l'extérieur, un peu rouillés aussi, souvent.
C'est ça l'Amérique (Arrête de nager mon fils... vaut mieux se laisser couler), on y vit en osmose et on y meurt pareil. L'alliance incontournable du neurone et de la technologie.
On ne sait plus qui est quoi et quoi est qui.
Alors vaut mieux se méfier de tout, des pétards comme des vapeurs d'essence (des sens ?).
C'est pour ça que je ne sors plus de chez moi, merci pour cette piqûre de rappel Artexflow !

A vous relire
Puisque je suis encore en vie
Grâce à vous !

:))) )))

   KIE   
5/1/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Mes réserves sur le vocabulaire sont déjà évoquées par un autre commentateur. Mais elle ne constituent pas un gros inconvénient à mes yeux, d’autant qu’il me semble que c’est une option délibérée de l’auteur et qu’elle n’est peut-être pas si mauvaise qu’il y paraît de prime abord.
Le sens des choses, c'est notre psychisme qui l'élabore avec le recul en accommodant les évènements de sorte qu'ils s'insèrent "logiquement" dans le système de croyance qui est le nôtre.
Tout souvenir est une reconstruction, un bricolage qu'opère le cerveau sur la réalité qu'il vit. C'est pourquoi les témoignages sont tellement divergents quel que soit l'objet auquel ils s'appliquent. Comparez nos commentaires sur les textes.
Il me semble qu'Artexflow essaie de décrire les faits tels qu'ils sont perçus, c'est-à-dire avant qu'ils ne soient filtrés par la raison. Juste un afflux d'impressions, de sensations, sans aucune hiérarchie, L'insignifiant et l'important sont sur un même plan. La conscience ne les a pas encore mis en perspective.
Ma lecture vaut ce qu’elle vaut, mais dans cette optique, c’est un joli numéro, l’apparente confusion de la description me paraît mieux correspondre à la réalité vécue que son retraitement par le cerveau.
Après tout, je lis ce que j’ai envie de lire, non ? Comme tout le monde, finalement

   Palimpseste   
6/1/2013
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Je fais partie de ceux qui n'ont pas accroché... Je ne suis pas un adepte du style "comme je cause". J'aime rarement quand l'auteur vient me causer, à moi lecteur. Là, c'est tout le temps... Comme si c'était à moi d'écrire la suite...

Bref... Bof...

Mais le nombre d'excellentes notes reçues veut dire que ce texte a une audience: il ne faut donc pas en faire un plat que j'ai pô aimé.

   widjet   
6/1/2013
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Déjà, j’ai appris un mot « équarrir » que je n’ai jamais dit ou écrit de ma vie.

Enfin, je suis assez partagé sur ce texte. Par moment (par moment seulement), je le trouve un peu agaçant, pas toujours maîtrisé, répétitif, mais en même temps, ces défauts rendent le texte assez hypnotique, donc accrocheur. J’ai du mal à me faire un avis car mine de rien, l’auteur parvient à créer sa scène, son climat en quelques lignes, agrémenté ça et là, d’un humour en filigrane qui donne ce ton décalé au récit et c’est ce qui me rend optimiste sur le savoir-faire de cet auteur. C’est un faux bordel car on ne se perd pas, preuve qu’il y a un minimum de structure. Le fait de ne pas donner de véritable explication, de pistes voire de donner l’impression que tout est improvisé est plutôt réussi également.

La véritable fausse note vient du choix malheureux d’interpeller le lecteur en permanence dans un texte aussi court. C’est assez horripilant.

Je vais lire d’autres textes pour « équarrir » davantage mon opinion, mais je n'oublie pas que ce texte est aussi une "figure imposée".

W

   matcauth   
9/1/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour, Artexflow.

Oui, effectivement, c'est très spécial, presque spacial, cette histoire. Je salue la difficulté, la contrainte, ce n'est jamais quelque chose de facile à développer.

Et ça me fait penser que ma toute première nouvelle sur ce site se passait dans une station essence, et se produisait déjà cette suspension du temps, ce côté étheré.

Moi aussi j'apprécie cette folie qu'on peut comparer au style des frères Coen, cette étrange alchimie d'histoire et de non-sens, de tout ou de rien, selon les paragraphes ou les mots.

Bref, j'ai pour ma part vu cette histoire comme un Tout participant à l'élaboration de cette suspension des choses et du temps.

   pokilm   
9/1/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Artexflow,
Pour moi les trois derniers mots gâchent la force de l'inversion de " et ne plus rien dire vouloir"qui justement installe de façon durable un questionnement dans la tête du lecteur. Effet que, peu ou prou, votre texte vise, je pense.
J'ai horreur de ce type de texte, de ce genre d'écriture mâtinée de style nouveau roman mais dois reconnaître que c'est bien fait, dérangeant et efficace. Je crois que vous gagneriez à resserrer quelques boulons encore. Cela ne me gêne pas que l'on ne sache pas qui est qui et où. N'est-ce pas le résultat d'une explosion : tout sens dessus-dessous?
Je vais vous donner un seul exemple: le paragraphe de quatre lignes sur la crotte de nez. Il y a une telle incongruité dans le rapprochement entre la crotte et l'activation du système qu'il est dommage de l'affadir par:" genre "allez une crotte de nez et c'est parti." Il le fait vraiment sans y penser" parce que là, ça cloche. Si le type est nerveux il ne peut guère se faire la réflexion, distanciée, et si c'est le narrateur qui la fait, c'est d'un mauvais goût! ça signifie que vous n'avez pas confiance dans la force de votre écriture (et vous auriez tort) ou bien que vous ne faites pas confiance au lecteur ( et là c'est vexant). Remarquez qu'on est parfois perplexe lorsqu'on découvre ce que le lecteur a ou n'a pas compris... Vous savez que j'en sais quelque chose...
J'avais pensé vous faire les remarques ligne à ligne mais on ne peut pas imprimer le texte pour numéroter alors j'y renonce. Paresse, quand tu nous tiens!J'ai déjà un grand mérite car si vous connaissiez l'étendue de ma flemme! Je voudrais bien mettre un bonhomme jaune là mais c'est trop compliqué. En tout cas soyez assuré de mon profond respect pour l'énergie que vous dépensez à commenter sur ce site!
P.S: Il y a une tournure qui m'horripile, me déchire les yeux et les oreilles(parce qu'elle est si courante, entrée dans les moeurs!) Est-ce vous qui l'avez voulue telle?Je parle du quatorzième paragraphe je crois: "ce qu'il se passe " (deux fois) au lieu de "ce qui se passe"

   rosebud   
9/1/2013
 a aimé ce texte 
Pas
L'histoire n'a aucune importance; c'est l'auteur qui compte. Et il compte bien nous le faire savoir. Regardez comme je suis capable d'écrire n'importe quoi, n'importe comment et en vous prenant à témoin que je sais le faire. C'est pas du grand art?
A commencer par le titre - je fais semblant de ne pas réussir à en trouver un convenable et je vous le fais savoir pour que vous admiriez la pirouette. Je peux parler de choses insignifiantes: de la poussière, d'un hérisson, d'un cafard, d'une crotte de nez, mais vous en conviendrez, avec l'élégance d'élever leur insignifiance à une certaine transcendance.
C'est avec ce genre de procédé déplaisant et nombriliste qu'on parvient quelquefois, à partir de presque rien à aboutir à pas grand-chose.

   aldenor   
10/1/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Le ton, m’en fichiste, est amusant, sympathique. Mais je trouve les clins d’œil au lecteur trop insistants. Il ne comprend pas ce que vous lui voulez le lecteur ; la distinction n’est pas claire entre mon histoire/ votre histoire et mon personnage /votre personnage.
Amusant, mais rarement franchement drôle/fou en fait.
Il y’a bien l’oiseau, les Bleurp, Kronch, Tigrou, la poussière qu’on ne sait pas quel est son rôle... qui surprennent.
Le meilleur moment est les derniers mots ; l’inversion dire vouloir, que l’auteur assume résolument. Terminer le texte de cette manière, ça c’est vraiment fou.
En somme, des idées, une bonne approche, mais trop de nonchalance pour dire la nonchalance...

   AntoineJ   
13/1/2013
 a aimé ce texte 
Un peu
bien ennuyé je suis

l'idée de focaliser la nouvelle sur le rien qui ne dure pas et ou tout se joue est très sympa et la façon de nous amener est amusante

au niveau du style, j'ai du mal ... je me suis forcé à continuer plusieurs fois ... est-ce voulu cette façon de tout mélanger, de tout relativiser ? pour dire que finalement "à quoi bon" ? en tout cas c'est pénible pour le lecteur que je suis, devant entrer et sortir en permanence de l'histoire et ne sachant plus très bien ce qu'il faut lire : l'histoire ou essayer de trouver où se cache l'auteur ? (dans l'oiseau ? dans la pompe ? dans l'os de la cuisse ?)

Bref, en réécrivant ce texte avec les mêmes idées uniquement pour le lecteur, je pense que ce serait mieux ... mais bon, ce n'est que mon point de vue !

ps : du coup j'ai mis moyen, certains aspects très bien (l'ambiance, ...) d'autres faibles (l'écriture trop "m'as tu vu")

   Morfale   
13/1/2013
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
La "distance" entre les différents éléments décrits est intéressante : d'un côté le cafard mort dans la boutique (entre autres), de l'autre le hérisson écrasé sur une route lointaine, cela donne un effet de va-et-vient vaguement étourdissant. La scène ne s'arrête pas à la station-essence : le décor prend la forme d'une sorte de sphère mouvante (dont le rayon s'élève jusqu'à l'oiseau), si je puis dire, qui jongle entre l'"infiniment" petit et l'"infiniment" grand, instantanément. Une représentation de l'univers, en somme. Mais on dirait que, par cette gymnastique, le narrateur a voulu, coûte que coûte, cadrer avec la définition ce que qu'est un narrateur omniscient, comme s'il avait peur qu'on ne comprenne pas que c'est le cas. Donc, à mon avis, le texte ressemble plus à un exercice d'écriture (au delà de la contrainte du thème bien sûr) qu'à autre chose. Bon, d'un autre côté, c'est bien ça qu'on est sensé remarquer, il me semble, avec cette idée d'une description difficile à mener (séries d'adjectifs, détails importants ou non, explosion qui fait "boom" ou "bang", etc...), mais ça me laisse un peu sceptique malgré tout.

   Artexflow   
14/1/2013

   Anonyme   
22/1/2013
 a aimé ce texte 
Un peu
J'aime les mots...les onomatopées c'est pas trop mon truc
Comme dit Brabant : ambiance très américaine
Je serais plutôt d'accord avec Perle Hingaud et Palimpseste :
Le rendu est assez sympathique du point de vue de l'ambiance mais l'écriture est à l'opposé de ce que j'aime lire.
Ce coté relâché et distant, hors de portée de toute émotion me laisse un peu indifférent.
Je préfère l'intensité portée avec sincérité....enfin bon ! tout le monde s'en fout et ne plus rien dire vouloir : bref.


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