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Sentimental/Romanesque
chronicroqueuse : Aminata
 Publié le 13/06/11  -  10 commentaires  -  10176 caractères  -  69 lectures    Autres textes du même auteur

Porte d'Orléans - porte de Clignancourt. Une errance dans les couloirs du métro...


Aminata


- Chloé, attends-moi, où tu vas comme ça ?


Dans les couloirs du métro, une grosse dame essoufflée poursuit péniblement une petite fille qui sautille et court partout comme un feu follet. Aminata, sa nourrice noire, a tellement peur de la perdre dans la foule. Tu donneras bien la main à Aminata, Chloé. Tu le promets à maman ?

Chloé dit que c’est par là, qu’elle reconnaît bien le chemin qu’elle fait tous les mercredis avec sa maman. C’est vraiment tout pareil. Oui, tout est pareil depuis une heure, dit Aminata. Plusieurs fois qu’elles passent devant la même publicité : un nain qui tient la main de Blanche-Neige, devant un château illuminé par un feu d’artifice. Aminata n’en est pas très sûre, c’est peut-être une autre affiche, tout se ressemble tellement dans le métro. Les gens sont tous habillés de façon identique, en noir et en gris. Les bouches sont tristes, les yeux regardent les chaussures ou le vide, du bruit leur sort des oreilles. Il y en a même qui parlent tout seuls. Il n’y a que Blanche-Neige et les nains qui semblent être contents. Le papier qu’elle tient dans la main est maintenant en bouillie, presque illisible, et l’encre a déteint sur ses paumes.


- Après, on ira au manège, dis, on ira ?

- Oui, oui, on ira, promis, mais avant, il faut aller chez ton docteur pour les dents. On a déjà une heure de retard.


Qu’est-ce qu’elle va dire Madame si elle apprend qu’on est arrivées après la bonne heure ? Tout est tellement important pour cette femme. Et elle va encore prendre sa petite voix haut perchée et pointer son doigt devant elle pour la gronder. Aminata est si fatiguée. Levée depuis cinq heures du matin, elle a dû préparer le petit déjeuner pour toute la famille, faire les courses, s’occuper du déjeuner, laver la cuisine. Et après l’orthomachin de Chloé, il y aura encore le dîner et le repassage. Et puis encore des lessives. Il y a comme un mauvais génie dans le panier à linge. Dès qu’Aminata a le dos tourné et croit l’avoir vidé, il est de nouveau plein jusqu’à la gueule. Elle n’a jamais encore osé en parler à Madame. Et Monsieur, qu’est-ce qu’il a comme chemises ! Toutes pareilles, blanches, comme sa figure, parce qu’il rentre tard le soir.

Sans un pli, Aminata, sans un pli. Monsieur est exigeant. Et soigne bien le col et les poignets. Je veux que tout soit impeccable, tu m’entends, impeccable.

Aminata n’est pas sourde, pourquoi Madame répète-t-elle deux fois chaque mot ? Et puis dormir… elle ne pense plus qu’à ça, dès le matin.

Ils t’exploitent, tes patrons, lui a dit ce matin, Momo l’épicier…

Exploiter, elle ne comprend pas ce que ça signifie. Monsieur et Madame sont gentils parfois et quand ils sortent, elle peut regarder la télé. Tout ce qui compte c’est de pouvoir envoyer de l’argent à Aboubakar et à Aissétou pour qu’ils puissent faire de grandes études à Paris.

Dans les couloirs carrelés du métro comme dans une gigantesque salle de bain, l’enfant et sa nourrice, deux poissons remontant un fleuve humain à contre-courant, sont bousculées par la foule compacte des heures de pointe. Aminata a de plus en plus mal au bras et à l’épaule, à force de traîner Chloé qui n’a plus envie d’avancer et commence à pleurnicher. Et personne qui ne demande pardon.


- Tiens, y a encore Blanche-Neige ! Dis, tu m’emmènes à Eurodisney, Aminata. Et dis, pourquoi y a des lapins dans le métro ?

- Les lapins ne prennent pas le métro, Chloé, ça c’est sûr.

- Alors, pourquoi y a un dessin de lapin qui se fait pincer les doigts par la porte ?


Chloé veut savoir et trépigne. Aminata sent la sueur lui couler entre les seins, le long du dos. Il fait chaud comme en enfer là-dedans. 18 h 30… Et le rendez-vous à 17 h 30 ou à 17 h ? Aminata ne sait plus, ça fait tellement longtemps qu’elles tournent en rond dans les couloirs blancs et gris, qu’elles sont descendues remontées, dans des rames. Et ce plan, comme un grand serpent sans queue ni tête qui va dans les deux sens avec des pattes qui vont ailleurs. Et puis, ça change tout le temps de station, ce ne sont jamais les mêmes lettres, on ne sait jamais où on en est ! Et Chloé qui est persuadée de tout reconnaître. Aminata n’en peut plus de cette sonnerie à la fermeture des portes. C’est sans doute pour les lapins.

C’est pas compliqué a dit la patronne ; pour aller chez l’orthodontiste, monsieur Tchecvllovsky (elle a bien prononcé chacune des lettres de ce nom bizarre), tu n’as qu’à prendre la ligne 4, tu descends à porte d’Orléans et c’est juste à côté du Marionnaud, à droite, non, à gauche. Enfin, tu verras, tu n’auras qu’à regarder, il y a une plaque avec son nom marqué dessus. Elle a répété encore plusieurs fois le nom bizarre. Et puis, je t’ai tout noté sur la feuille. Aminata se répétait sans cesse les mots de Madame dans la tête, mais la nourrice africaine ne sait pas lire et dans l’affolement a perdu les quelques consignes qu’elle avait mémorisées… Chloé qui sautille et court partout n’a que cinq ans…


- C’est trop long. Avec maman, quand on y va en voiture, c’est plus rapide ! Et puis après, elle m’achète un pain aux amandes. Je veux un pain au chocolat, et aux amandes aussi !


Aminata fouille dans son sac. Elle n’a même pas pensé à prendre un paquet de biscuits. Il reste seulement un petit LU en miettes, et une sucette collée au fond que Chloé n’avait plus voulue. Quand Aminata la lui propose, la petite fille se met à taper des pieds en hurlant qu’elle veut un pain au chocolat et pas autre chose. La nourrice voit les gens ralentir à sa hauteur avec des yeux gros comme des calebasses. Elle, maltraiter Chloé ? Jamais ! Même si les petits enfants blancs sont capricieux, elle les adore plus que tout. Aminata a très peur et tire Chloé un peu plus fort. Si ça se trouve, ils vont appeler la police !

Les gens ne sont vraiment pas gentils. Avec leur casque vissé sur les oreilles, ils n’entendent rien quand on leur demande des renseignements. S’il vous plaît, c’est où la porte d’Orléans ? Personne ne répond. Eux, ils devraient aller voir un médecin pour les oreilles ! En tout cas, Aboubakar, lui, n’a pas besoin d’orthomachinchose pour se remettre les dents bien droites. À trois ans, il les avait déjà toutes bien blanches et bien alignées, comme les paquets de pâtes dans le placard de Madame ! Mais maintenant ? La photo, ça fait longtemps qu’elle n’a pas pu la regarder. Monsieur et Madame ont dit que ça lui ferait trop de mal de la voir, que c’était mieux comme ça. Alors, ils préfèrent la garder pour qu’elle ne soit pas trop triste. Maintenant, quand elle y pense le soir allongée sur sa paillasse, l’image de son dernier fils devient toute floue. C’est pour ça qu’elle voudrait de ses nouvelles et une autre photo. Et Aissétou, elle doit avoir des petits seins qui pointent à présent. Elle voudrait lui dire de faire bien attention. Une fois, Madame a été gentille et a écrit une lettre pour elle, au village. Aminata attend toujours la réponse. Que veux-tu Aminata, ton pays est loin et la poste est souvent en grève en France.

S’il vous plaît, c’est où la porte d’Orléans ?

Rien, les bouches ne s’ouvrent pas pour lui donner une réponse, les doigts ne se lèvent pas pour indiquer une direction.

Les gens seront plus sympathiques dehors que dans le grand boyau du cobra, pense Aminata. Ils ont des sales têtes ici et pas d’oreilles.

Alors, elle prend fermement la petite fille par la main et décide de sortir de cet enfer gris et blanc.


- Regarde Aminata, y a une porte, là ! Tu crois que c’est celle-là, la porte d’Orléans ?


Aminata ne sait plus du tout où elle est. Elle a enfilé tellement de couloirs dans tous les sens qu’elle en a le vertige et la nausée… alors, cette porte-là ou une autre. Elle pousse le lourd portillon que le vent s’amuse à rabattre sans cesse sur elle. Rien au-dessus de l’issue qui ressemble aux mots que Madame avait écrits. Dehors, le vent glacé les gifle, quelques flocons dansent dans l’air. Il fait presque nuit. C’est sûr, Madame va être très en colère maintenant. Et Monsieur… Une fois, elle l’a entendu hurler tellement fort sous prétexte que le tiroir, où il rangeait ses chaussettes, grinçait…

À la sortie de la bouche du métro, un manège avec des chevaux de toutes les couleurs. Ils ont tellement l’air contents de monter et de descendre qu’on a l’impression qu’ils sourient de toutes leurs dents. Chloé s’échappe des mains de sa nourrice… Elle tourne autour en courant puis tente de grimper sur un cheval.


- Chloé, reviens, reviens !

- Tu m’avais promis, tu m’avais promis ! hurle l’enfant.


Elle court difficilement, mais finit par la rattraper. Aminata ne sait plus à qui s’adresser quand elle voit un kiosquier qui s’apprêtait à fermer sa boutique.


- S’il vous plaît, c’est où la porte d’Orléans ?


Il rit. C’est la première personne qu’elle voit rire d’aussi bon cœur depuis longtemps. Mais pourquoi ?


- Mais ma p’tite dame, vous êtes au bout du monde ici, vous êtes porte de Clignancourt…


Ne se voyant pas retourner dans les tripes de l’enfer, Aminata, épuisée, s’assoit sur un banc, prend Chloé dans ses bras en lui chantant une berceuse de son pays. L’autre bout du monde, il a dit… C’est doux, ça lui fait du bien à elle aussi.

Dehors, l’obscurité enveloppe la femme et l’enfant qu’elle recouvre de son boubou… Chloé a froid, faim et envie de faire pipi. Aminata a peur qu’elle tombe malade.

Deux heures de retard ! Affolement général. L’orthodontiste est formel, Chloé et Aminata ne sont jamais arrivées à son cabinet. Monsieur et Madame ne peuvent s’empêcher de penser au pire, à la fuite, à un enlèvement. La fuite, comment ce serait possible ? Jamais, ils n’auraient dû lui accorder leur confiance. Il l’avait pourtant répété mille fois à sa femme, on ne peut jamais faire confiance aux étrangers. Ils ont été trop bons, trop larges, trop généreux, trop… Ils devraient peut-être appeler la police. Ils hésitent… Ce serait tellement embêtant qu’Aminata dise que ses patrons conservent ses papiers dans le coffre caché derrière un tableau contemporain, qu’elle doit se contenter des restes de la famille et qu’elle dort à même le sol de la cuisine sur une simple paillasse.

La petite l’aimait bien pourtant…


 
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   socque   
21/5/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Je sais que, hélas, ce récit correspond à une réalité (on entend parler de temps en temps de femmes réduites en esclavage qui échappent à leurs patrons parisiens), mais là, le texte est beaucoup trop "valise à sanglots" à mon goût. Il en fait des tonnes, et notamment, à force de charger le portrait, je trouve qu'il a pour effet, certainement non voulu, de m'aliéner la malheureuse Aminata qui m'apparaît comme une sacrée imbécile. Certes, la sujétion peut aller très loin dans de pareils cas, et je ne doute pas qu'en réalité on puisse toujours trouver pire, mais là, pour moi, la suspension d'incrédulité n'a pas fonctionné, j'ai trouvé les personnages caricaturaux.
J'ai ainsi du mal à avaler que ces ignobles patrons, gardant Aminata prisonnière, l'envoient seule dans le métro avec leur fille alors qu'elle ne sait pas lire et ne connaît pas Paris...
Rien à dire sur l'écriture, elle raconte efficacement.

   doianM   
3/6/2011
 a aimé ce texte 
Bien
L'enfer du métro. Un enfant, sa nounou - et bonne à tout faire -, ne sachant pas lire. Un rendez-vous chez un orthodontiste dont elle ne trouve pas le chemin; et petit à petit le désespoir.
Bien écrit, on entre dans l'atmosphère et dans l'esprit de l'Africaine, mère de deux enfants, harcelée par la petite fille de ses patrons.
Le final jete une lumière nouvelle, complémentaire: la bonne, ses papiers gardés par les maîtres, entre dans la catégorie des exilés exploités.

Bonne continuation

   Pascal31   
4/6/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Un récit dont l'écriture est plutôt efficace : quel dommage que l'auteur force le trait à ce point ! Tout semble "surjoué" dans ce texte, comme s'il fallait absolument en rajouter des tonnes pour émouvoir le lecteur.
Et, bien au contraire, c'est cette outrance (la paillasse, la bonne illettrée, la gamine insupportable, les parents mesquins, etc.) qui annihile toute émotion.
Une nouvelle qui se laisse lire mais dont les excès finissent par lasser. Écrit de manière plus subtile, le texte aurait gagné en émotion. Dommage !

   Anonyme   
5/6/2011
 a aimé ce texte 
Bien
De belles qualités dans ce texte à commencer par la narration qui est rapide, moderne. Quelques petites choses qui tiennent à ma façon de voir : je trouve les raccourcis comme "entre les seins, dans le dos" pas très élégants.

J'aurais aimé une chute plus racontée, je suis restée un peu sur mon envie. Une bonne lecture dans l'ensemble.

   toc-art   
13/6/2011
bonjour

le message est louable, mais je suis pas convaincu par la façon dont il est amené.

un problème de cohérence tout bête : la femme ne sait pas lire. Sa patronne le sait (l'épisode la lettre à la famille nous l'indique), à quoi bon lui noter des indications sur un papier ? une précision du genre "si jamais, tu demandes aux gens, je t'ai tout noté sur la feuille" aurait été utile je pense.

ensuite, dans l'intro, la fille court devant la nourrice mais ensuite, celle-ci est obligée de la tirer et ce, depuis longtemps et ça lui fait mal au bras. Sauf qu'on ne sent pas de progression chronologique, dès le début de la nouvelle, on a l'impression qu'elles tournent depuis un bon moment déjà.

un doute sur un temps ici : "Aminata ne sait plus à qui s’adresser quand elle voit un kiosquier qui s’apprêtait à fermer sa boutique." / j'aurais mis un présent : "elle voit un kiosquier qui s'apprête à fermer sa boutique"

enfin, la fin, trop expéditive et trop caricaturale à mon goût. Non pas que ce ne soit pas possible, mais la réalité n'est pas forcément "vraie" simplement parce qu'elle est écrite, c'est tout le challenge de l'écriture justement.

bonne continuation.

   beth   
13/6/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Histoire pleine de bonnes intentions et d’analyses justes (La fin est bien vue) mais qui reste simplissime dans son traitement littéraire. L’émotion du lecteur n’est pas sollicitée.
Pour le rendre plus vivant, moins « plat », des pistes ? : Images de paysages africains dans la tête d’Aminata se mêlant au paysage désolant du métro, douleur permanente et profonde de mère aux tripes/ description plus imagée de la nourrice (actuellement : une grosse dame essoufflée, une nourrice noire/) dialogues gardant des traces ethniques pour la nourrice/paroles de la berceuse africaine ?
Le clin d’œil à l’affiche Blanche neige pourrait être exploité ?
Il reste que la nourrice parait bien simpliste et que ce point de vue dessert le message.
Une incohérence dans la responsabilité assignée à Aminata qui ne connait pas le « serpent sans queue ni tête » (au passage cette comparaison est heureuse)
J’ai pensé à « Oui notre Monsieur oui notre bon Maître » (Brel)
Merci chronicroqueuse. A plus de vous lire.

   Anonyme   
16/6/2011
 a aimé ce texte 
Pas
J'ai bien aimé "...retourner dans les tripes de l'enfer..." qui m'a fait penser à cette colique automatique qui vous prend dans le métro. Et à part ça ? A part ça, sincèrement, c'est plutôt raté, à mon humble avis. On passe à côté de la Magie à tout instant. Elle est là, la Magie, oups ! on l'a loupée comme la queue du Mickey ! Pas de tour de manège gratuit.
Désolé, chroni et croqueuse, j'aime bien noter bien mais, là, ça se lit, sans plus.
A une prochaine fois ! Vous savez vous servir du français, jolie langue, c'est indubitable. Je ne sais pas,moi, essayez de donner plus que de transmettre.

   Anonyme   
18/6/2011
J'aime beaucoup la description de tout ce qui se passe dans le métro, je la trouve très visuelle. Je vois et j'entends l'angoisse de cette femme. Ce passage est une réussite. Le style est vif, alerte. Pile poil dans le ressenti d'Aminata.
L'avant et l'après comme la fin par contre sont catastrophiques, trop de pathos, trop de jérémiades, trop de flèches où le lecteur est contraint de voir, de compatir.
Cela dit sans offense aucune ni envie de donner des leçons.
Vous avez l'essentiel : l'envie de raconter des histoires, le style qui peut les porter et l'enthousiasme.
Le reste viendra avec la maturité, la lecture et le travail.
Ne lâchez pas la rampe, les marches sont difficiles à escalader pour tout le monde.

   zenobi   
3/7/2011
 a aimé ce texte 
Un peu
Outre les incohérences déjà soulignées, je trouve que vous "donnez" trop, trop vite, ainsi votre début ressemble presque à un chapeau. C'est dommage.
Les bonnes (et elles le sont!) intentions sont trop visibles, cachez-les et votre texte s'en trouvera fortifié.

   Menvussa   
3/7/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je l'imagine ce couloir de métro avec au mur Blanche neige et les sept nains qui se marrent alors que la pauvre Aminata remonte la foule à contre courant.
Une chronique merveilleusement bien croquée avec humour et sensibilité même si cela fait grincer des dents.

Superbe!


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