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Humour/Détente
Simili-me : La seconde inconnue
 Publié le 12/06/11  -  20 commentaires  -  10626 caractères  -  223 lectures    Autres textes du même auteur

La blonde et le mathématicien.


La seconde inconnue


Je l’ai rencontré à un consortium de mathématiciens. Sans rire, les filles, attendez la suite. Bon, faut dire, c’était un petit job que m'avait refilé Sandrine pour l’argent de poche. Je sais qu'il y en a qui trouvent Sandrine snob, mais pas moi. Pour une fille comme elle - la seule de la tour qui a fait autant d'études - on ne peut pas dire qu'elle la ramène. Elle nous parle pour qu'on comprenne, pas pour nous donner des leçons. Ce salon, le truc de mathématiciens, c'est elle qui devait le faire. C'était quand même sympa de sa part de me le proposer, et de ne pas douter que je m'en sortirais.


Donc, me voilà hôtesse à cette sauterie de savants. J’étais là pour porter le tailleur, et sourire à ces messieurs - pas beaucoup de femmes, dans les conférences de scientifiques ! L'endroit était aussi fourni en mecs qu’un Casto un dimanche matin, et même mieux, parce que j’en ai pas vu beaucoup en survêt Adidas.

Alors, je suis là à faire la jolie gentille, à renseigner ces messieurs, parfois un peu perdus. Pour le côté pratico-pratique, le scientifique, c’est pas toujours ça. Mais plutôt plus gentils que les gars de chez Casto.

Le brief de l’agence d’hôtesses, c’était de faire dans le style sobre (tailleur bleu pas trop court, chaussures chic pas trop hautes). Sandrine m'a tout prêté, on fait la même taille, à part pour les seins. J'ai décidé que c'était pas grave, au contraire, si ma veste devait rester ouverte. Sandrine avait ajouté un bouquin de maths à réviser. Pff, je vous dis pas la joie, de replonger dans l’inconnu de la seconde. Mais bon, au moins, grâce à cette piqûre de rappel, j'avais une chance de capter un mot sur deux. Alors que sans ça, c’était genre mutation en Finlande pour les facilités de conversation.


Le matin, un de ces messieurs s’était pris d’affection pour moi. Il est venu me raconter des choses, c’était assez mignon. Soyons claire, celui-là, c'était pas le genre qui ferait tripper mes copines, hein, mais gentil, comme je vous dis. Fringué comme les pages vieux du catalogue de la Redoute. Un pantalon en laine vert kaki, une chemise à carreaux, et tenez-vous bien, un débardeur beige. Ah, oui, j'oubliais la barbichette. On aurait dit un nain de Blanche-Neige qui aurait trop grandi. Mais vraiment adorable, sinon, côté attentions.

Tous ces gars du cerveau, ils étaient réunis là pour des conférences et des ateliers, ils étudiaient ensemble un curriculum pédagogique. Consortium, curriculum, ces messieurs aiment bien les trucs en "om". Ça s'écrit UM, les filles, mais ça se prononce Homme. C'est Débardum qui me l'a dit - je ne savais pas son nom, et Débardeur tout court, ça faisait trop simple, limite travailleur manuel, alors dans ma tête, je l'ai appelé Débardum.


Débardum m'a expliqué qu'ils travaillaient sur la didactique mathématique et quand il a vu que ça ne me faisait ni chaud ni froid, il a pris la peine de traduire. Nos pontes du calcul réfléchissent à comment faire aimer les maths aux minots. Y a du boulot, je lui ai pas envoyé dire, au débardeur barbichu. Surtout pour les filles, on a eu vite fait de nous persuader que c'était pas fait pour nous, les équations. C'est là qu'il est tombé dans le lyrique, Débardum. Pour lui, il n'y a pas plus touchant que les mathématiques. C'est pitié que personne n'ait jamais su nous montrer combien c'est captivant.

Il s'est mis en tête de me convaincre. À chaque pause, il passait me voir, derrière mon petit comptoir d'hôtesse. Il savait où me trouver, je ne bougeais pas, j'étais juste là pour orienter les cerveaux à pattes vers les toilettes ou le café.


Débardum s'est mis à me conter poésie, comme on dit :

- La beauté de la bouteille de Klein (apparemment, ça ne se boit pas) ;

- Le mystère du nombre d’or ;

- La joie de l’optimisation sous contrainte (j'ai cru que c’était un truc sexuel pas recommandable, vaguement sado-maso, mais ça n'avait pas l’air d’être le genre du monsieur) ;

- L’intérieur caché des matrices inversibles à diagonaliser (j'y voyais à nouveau des allusions, cette fois tendance chirurgical-ascendant-dégoutant plus que sexuelles, mais ni l'un ni l'autre) ;

- Les permutations dans la théorie des groupes (quoi que ce soit que vous ayez à l’esprit, issu de vos expériences adolescentes en tribu restreinte, je vous le dis tout de suite, vous faites fausse route).


C'est vrai que ça sonnait mieux que mes souvenirs de lycée. Pour tout dire, je commençais à être un peu perdue, malgré tout le mal que se donnait Débardum, alors j’ai pris des notes. Plus j'écrivais, plus il continuait à en déballer des pareilles. Moi je voulais juste pouvoir vous les chanter, les filles, tous ces trucs bizarres que jamais un garçon ne nous a susurrés à l’oreille.

Parfois, Débardum oubliait qu'il parlait à une hôtesse décérébrée et il partait dans ses délires sans chercher à voir si je suivais vraiment. Ça me rappelait l'école, tous ces « enseignants » saignants qui filaient sans regarder derrière. Y a guère que Sandrine qui réussissait à suivre, comme si elle avait planté ses crocs dans le mollet du prof, pour pas rester sur le bord du chemin, comme nous autres. Sûrement que Sandrine pourrait me traduire les doubles sens bizarres dans mes notes.


Finalement, Débardum avait une conférence en amphi B12, je l’ai amené en bas des escaliers parce que ça faisait trois fois qu’il se perdait dans sa poésie. Il a disparu en soupirant un truc sur « cul qui était dénombrable contrairement à l'air ». Ça m'a semblé vraiment corsé de la part de Débardum, alors j'ai vérifié avec Sandrine après coup. En réalité, je corrige, c'était Q qui était dénombrable et pas R, Q et R étant des ensembles, mais pas des tailleurs ni des slips-soutifs assortis, bon mais je ne vais pas vous barber avec ça, parce que ça n'a pas d'importance pour la suite.


C’est l’après-midi qu’Évariste est arrivé. En vrai, il s’appelle pas Évariste, c’est les autres qui le surnomment comme ça. Rapport à un Évariste qui est célèbre chez eux, les gars du cerveau, mais alors seulement là. Parce que même sur M6 à dix heures du matin un dimanche, on n’en a jamais parlé.

Bon, mon Évariste à moi, il s’amène en retard, tout essoufflé, et bien mignon, l’air vraiment en l’air comme garçon. Grand, sec, le cheveu noir mais l'œil bleu clair. Chemise noire, pantalon noir, veste noire en velours. Sait ce qui lui va - le noir, quoi - et il ne se fournit ni à la Redoute section troisième âge, ni à la Camif tendance professeur à sandales. Le détail qui m'accroche immédiatement, c'est que la doublure de sa veste est en soie rouge. Ça me donne envie de glisser les bras à l'intérieur, juste autour de sa taille. Ses deux acolytes le suivent à un mètre derrière, on sent que c'est lui le chef. Pour moi, il est tellement beau que c'est comme s'il flottait au-dessus des autres.

Il est perdu, bien sûr. Il doit parler dans une conférence, c’est lui qui est sur scène, si c’est comme ça qu’on dit, et il a une demi-heure dans la vue.

Évariste s’adresse à ma collègue :


- Mademoiselle l’inconnue, qu’il lui dit, où se déroule la table ronde Pi et Piaget ?


Elle ne sait pas, alors il fait :


- On va demander à la seconde inconnue, et il s’esclaffe avec ses collègues.


Va comprendre.


Pendant qu’il interrogeait ma voisine, j'ai regardé sur le guide du salon où avait lieu Pi et Piaget (et pas Pieds piagés comme je l'ai cru au départ) et j'ai dû me retenir de lever le doigt en criant : « Moi msieur, moi, je sais » comme si j'avais 12 ans.

Je commence à lui indiquer comment y aller. Il prend le même air que celui que j'aurais s'il me demandait de dériver une fonction complexe (un dada de Débardum). Alors je lui sauve tranquillement la vie en l’amenant au pas de course sur mes talons - sobres, comme a dit l’agence, cinq centimètres - à son amphi. Il entre, les autres crient « vas-y Évariste » et je rejoins ma place de simple hôtesse.


Mais Évariste a de la classe, et il repasse en fin de salon, pour me remercier. Il me parle un petit peu, il est beau, alors pour meubler je fais mon intéressée, je le questionne sur le sujet de sa table ronde. Il me dit que c’est compliqué, et me demande si j’aime les Mathématiques. Pas les maths, les filles, les Mathématiques. On sent le M majuscule à la façon de pousser la première syllabe.


Alors là, je ne sais pas ce qui me prend, je lui dis que je n’y connais pas grand-chose, mais que je suis attirée par le mystère du nombre d’or, que les bijections me font vibrer pour une raison inconnue (tu parles), que la théorie des groupes, c’est magique (ça tombe bien, c’est Évariste qui l’a inventée, j’apprends, pas celui-ci, l’autre, le célèbre qui passe pas sur M6). Je louche sur mes notes. Ah les équations sinusoïdales, l’emballement de l’exponentielle, l’intégrale de Fournier, (rien à voir avec l’épilation, finalement) "Fourier", sourit-il…


- C’est étonnant, dit mon Évariste, que vous aimiez tout cela, c’est bien.


Je lui demande si c’est parce que je suis blonde que ça l’étonne, désolée j’ai pas pu m’empêcher. Il est confus, non surtout que je ne croie pas ça, et d’ailleurs il aimerait me revoir. Je fais Bingo dans mon tailleur, je m’en moque qu’il me parle serbo-croate, tant qu’il reste aussi beau. Il dit qu'on pourrait s'en remettre au hasard. Mais Sandrine m'a tellement fait la leçon quand je joue au loto, que je lui rétorque que statistiquement, il est peu probable qu'on se recroise.

Je suis pas peu fière de ma phrase.


- Bah, qu'il me répond, les queues de distribution sont parfois épaisses.


J'en reviens pas qu'il sorte un truc pareil, et j'évite soigneusement de jeter un œil à son entrejambe.


Pas de hasard, donc et pour "rendre hommage à mon goût de l’algèbre", sans rire, il me propose de se "retrouver grâce à un petit jeu de boules…"

Devant mon air interloqué, il précise qu’il comptait s’inspirer d’un théoricien de la logique et des probabilités, d’où « l’algèbre de Boole ». Mais puisque je ne suis pas une familière de Boole (ben voyons), nous allons faire plus simple, dit-il.


Rendez-vous chez lui ce soir, à 20 h 30. Je trouverai facilement l’adresse, il habite une rue du nom d’un théorème célèbre. Un théorème, j’en ai connu qu’un et il était à Thalès, comme ceux du CAC 40. Je fais « rue de Thalès ? » d’un air timide, et il me sourit.


- Quel numéro ?

- Eh bien, me dit-il en prenant un papier, vous n’aurez pas de problème à résoudre ces 2 équations, vu votre amour des mathématiques. J’habite très exactement à la seconde inconnue.


Et il s’éloigne en me disant : « À ce soir 20 h 30 ! »


Exit de ma vie l’Évariste. (Les boules exponentielles, les filles !)


 
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   socque   
26/5/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Jolie chute ! J'ai bien aimé le ton du texte. Drame de l'incommunicabilité... L'humour par moment un poil lourd à mon goût, mais en gros ça fonctionne bien pour moi.

"Consortium, curriculum, ces messieurs aiment bien les trucs en "om". Ça s'écrit UM, les filles, mais ça se prononce Homme" : là, je trouve le côté nunuche trop accentué
"Parce que même sur M6 à dix heures du matin un dimanche, on n’en a jamais parlé" : là, en revanche, je trouve marrant
"- Bah, qu'il me répond, les queues de distribution sont parfois épaisses.

J'en reviens pas qu'il sorte un truc pareil" : ça aussi !

   aldenor   
29/5/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Une nouvelle amusante et originale. Pleine de trouvailles et de traits d’humour sur un sujet inattendu.

Le ton, familier, est bien adapté sous forme de récit à un groupe de copines de « la tour », restées « sur le bord du chemin », tout a fait étrangères au monde des mathématiques.
L’humour est dans ce décalage.

« Débardum s'est mis à me conter poésie, comme on dit : … » suit une liste d’opportunités de gags un peu gaspillés sous cette forme au lieu de s’insérer au récit.
Il vaudrait mieux terminer sur « J’habite très exactement à la seconde inconnue. » sans les deux dernières phrases.

   Coline-Dé   
2/6/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ah que j'ai compati ! Ah que j'ai compris la détresse de cette nana ! Ah que les mathématiciens sont niais ! Parce que franchement, en dehors de leurs inconnues qu'ils culbutent vite fait, bien fait, s'ils s'y prennent de cette façon, ils n'ont vraiment pas beaucoup de chance de concrétiser une rencontre galante !

Bon, certains traits de cette réjouissante petite histoire sont un peu caricaturaux, mais l'ensemble est enlevé et drôle, bien que légèrement sexiste (et ce n'est pas bien vu en ce moment de rire des blondes - ni des brunes d'ailleurs- ou de trouver que leur QI est moitié moindre que leur tour de poitrine et toutes ces choses-là... )
Mais comme je me suis amusée, comme je suis férocement allergique aux mathématiques et comme l'écriture est agréable, je vais être indulgente !

   Anonyme   
5/6/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Amusant. C'est du vécu ?
quelques menues incohérences de langage ( peut-être voulues, hein ) mises à part, c'est léger, bien troussé, en tous cas, pour une "familière de Boole" ( exponentielles, les boules, vraiment ? )
On verrait bien ce texte dans un journal, histoire d'accrocher les lectrices avec de l'aventure vraie.
C'est charmant et drôle, assez réussi.
J'ai très envie de le relire, ce texte, pour comprendre un peu mieux ces hôtesses qui nous guident.

   toc-art   
12/6/2011
Bonjour,

déjà, un texte qui s'adresse aux filles, ben, je me dis (sans doute bêtement) que c'est pas pour moi et que ça vise un public spécifique (et ça, ça a déjà le don de m'agacer un peu). Mais outre ce détail, je trouve qu'il y a une petite confusion à la lecture, j'ai d'abord cru que la narratrice s'adressait à ses copines auxquelles elle rapportait sa mésaventure avant de comprendre qu'elle s'adressait aux filles en général (ou sinon "pas le genre qui ferait triper mes copines" est incohérent).

ensuite, quelques petites facilités ou imprécisions (pour ma lecture) :
"Le matin, un de ces messieurs s’était pris d’affection pour moi. Il est venu me raconter des choses" / le plus que parfait du premier verbe me semble inutile ici.
"enseignants saignants" / ah ah ah que c'est drôle, vous voyez ce que je veux dire...
"C'est Débardum qui me l'a dit - je ne savais pas son nom, et Débardeur tout court, ça faisait trop simple, limite travailleur manuel, alors dans ma tête, je l'ai appelé Débardum." / lourd et inutile, un "débardum" entre guillemets aurait suffi je pense pour qu'on comprenne.

Sur l'humour, je dis rien parce que je sais que ça dépend vraiment de chacun.
Juste, je trouve ce texte terriblement sexiste en fait. Et l'air de rien, la fille passe pour une conne avec le sourire (pas sûr qu'elle ait compris que l'évariste se foutait de sa gueule), une "vraie" blonde donc, c'est vrai que c'est top...

édit : j'ai relu et finalement, non, je ne trouve pas ça drôle, mais juste cruel et sans la moindre compassion. Malgré la narration au féminin, c'est le point de vue du mathématicien sur la bêtise de ces filles qui prend le dessus. Une variation intellectualisée des histoires sur les blondes avec, en arrière-fond, un déterminisme social et sexué qui me dérange. Non, définitivement, je n'aime pas.

   Anonyme   
12/6/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Manifestement, contrairement à la blonde narratrice, l'auteur(e) en connait un rayon en mathématiques.
Son écriture est fluide, enjouée, pleine de trouvailles.
L'objet de son attention est finement croqué.

"Soyons claire, celui-là, c'était pas le genre qui ferait tripper mes copines, hein, mais gentil, comme je vous dis. Fringué comme les pages vieux du catalogue de la Redoute. Un pantalon en laine vert kaki, une chemise à carreaux, et tenez-vous bien, un débardeur beige. Ah, oui, j'oubliais la barbichette. On aurait dit un nain de Blanche-Neige qui aurait trop grandi. Mais vraiment adorable, sinon, côté attentions."

J'ai pris beaucoup de plaisir à la lecture de cette pétillante nouvelle, et à dire vrai, j'en sors un brin jaloux du bel Évariste.
Merci Simili-me

   Anonyme   
12/6/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Au début j'ai eu beaucoup de mal avec ce style familier. Je me suis demandé si c'était pour coller au personnage ou si c'était la véritable écriture de l'auteur. Toutes ces lourdeurs m'ont franchement rebuté :

"plutôt plus gentils"
"les pages vieux du catalogue"
"Tous ces gars du cerveau"
Etc.

J'ai fini par conclure que nous étions dans la tête de l'hôtesse et qu'elle devait donc s'exprimer ainsi. Curieux néanmoins pour quelqu'un travaillant dans l'accueil, mais il est vrai que ce n'est qu'une remplaçante.

Il y a de bons traits d'humour, surtout quand "Debardum" se met à conter poésie. A mon avis c'est le passage le plus rigolo. Puis le texte finit par s'enliser, se répéter et sombre dans la caricature de la blonde simplette.

Un écrit divertissant, sans plus, pas très glorieux pour la gente féminine.

(Le véritable Evariste ne peut être qu'Evariste Galois, un génie incompris en son temps.)

   Selenim   
12/6/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Un texte plutôt sympathique qui s'améliore phrase après phrase.

J'ai eu un peu de mal au début car le style parlé cachait difficilement le vide du propos. La première moitié, à de rares exceptions, n'est que du remplissage qui introduit en longueur l'arrivée d'Evariste.

Cela permet malgré tout de bien poser le personnage de la narratrice et de cerner son QI euclidien et trèèèèèèès linéaire. Mais un chapitre aurait suffit tant le personnage est incarné par ses réflexions plutôt que ses faits.

Le passage avec Debardum propose une mise en bouche du bouquet final. L'humour basé sur l'opposition de deux extrêmes est bien maitrisé par l'auteur, mais dans cette partie je le trouve facile et peu imaginatif. Le recours au blabla étouffe trop les rares éclairs de drôleries.

Et puis arrive Evariste. Et là, c'est drôle, recherché, inventif. Le texte prend une autre tournure et passe du divertissement poli à l'essai jubilatoire. Ce passage précis, le dernier tiers du texte, m'a immédiatement fait penser à une série américaine : The Big Bang Theory. La cohabitation d'une bande de geeks avec leur voisine serveuse.

Je cite les passages que j'ai trouvé particulièrement drôles. Ils sont subtiles, ne font pas dans le vulgaire ni le facile. Bravo à l'auteur pour ses connaissances mathématiques. S'il fait partie du sérail, bravo. S'il est profane, trois fois bravo !

cul qui était dénombrable contrairement à l'air
ni à la Camif tendance professeur à sandales.
On va demander à la seconde inconnue.
On sent le M majuscule à la façon de pousser la première syllabe.
l’intégrale de Fournier, (rien à voir avec l’épilation, finalement)


Je regrette vraiment que seul cette dernière partie soit réussie. 10.000 signes de ce niveau et le texte aurait été une franche réussite.

Mention spéciale pour le titre qui est excellent.

Merci pour cet agréable moment.

Selenim

   Simili-me   
13/6/2011
Bonjour,
Ce texte est-il sexiste? Anti-maths? Anti-chasseurs? Quelques explications en forum:

http://www.oniris.be/forum/la-seconde-sexiste-t13974s0.html

   Anonyme   
13/6/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Entrée en matière sympathique, on a envie de lire la suite.
Nécessité de s'adapter au style, assez familier, mais il colle bien à la narratrice.
La description du mathématicien, Debardum, bien qu’un brin caricatural, est amusante.
"Le détail qui m'accroche immédiatement, c'est que la doublure de sa veste est en soie rouge. Ça me donne envie de glisser les bras à l'intérieur, juste autour de sa taille." J'aime bien ces phrases, une mention spéciale pour la doublure rouge.
L'ensemble est enlevé, et se lit aisément.
Sur le fond, j'apprécie cette approche du clan des experts (qu'il soit mathématicien ou autre) avec leur langage hermétique pour les simples mortels. Comment à la fois, ils s'isolent et se jugent supérieurs aux autres, en quelque sorte...
La fin est amusante et originale, jusqu'au boutiste pour notre clan d'expert. Où cela va se nicher les mathématiques quand même ?
Bonne continuation à l'auteur

   Mona79   
13/6/2011
 a aimé ce texte 
Bien
En tous les cas, j'ai bien ri ! C'est vrai que je suis une fille, pas blonde... même si j'ai horreur des mathématiques ! Lol !

Le texte est bien mené, le style bon-enfant, la fin savoureuse... dommage, d'ailleurs, pour le bel inconnu de l'équation ! Un texte allègre qui m'a bien plu.

   Anonyme   
13/6/2011
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai eu beaucoup de difficulté avec le style, qui ressemble à l'écriture d'un journal intime. On l'accepte avec le temps parce que l'on comprend que c'est l'hôtesse (intérimaire) qui qui raconte une anecdote de sa vie.
Il est vrai que les termes mathématiques se prêtent bien à ce type d'exercices d'écriture.
Le sujet est bon et la chute excellente...

   Anonyme   
19/6/2011
Enlevé, vif, dans le ton des articles qu'on lit - de moins en moins d'ailleurs et c'est dommage - dans les magazines féminins.
J'imagine le décor au moment où la narratrice parle, une réunion de filles, autour de verres joliment colorés.
L'auteur n'a pas a précisé les mimiques, les attitudes, les intonations, les coups d'oeil échangés ni les rires, le lecteur les place de lui-même.
Une lecture très agréable.

   caropoukontli   
21/6/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai aimé : la souplesse de l'écriture qui rend la lecture aisée, les jeux de mots bien trouvés avec le vocabulaire mathématique, le développement de l'histoire qui coule naturellement, le rythme des phrases et le côté "bonne copine" qui raconte son histoire.

J'ai moins aimé : les clichés peu subtils liés au milieu scientifique (peu de femmes, vêtements ringard) - s'ils sont issus des préjugés de la narratrice, ça ne se ressent pas assez, on les dirait plutôt énoncés comme une vérité et ça m'a surtout gêné pour le coté sexisme ordinaire (mais c'est peut-être moi qui y suis particulièrement sensible) ; la phrase "l'air vraiment en l'air comme garçon" m'a semblé lourde.

Mais l'ensemble m'a bien plu.

   littlej   
23/6/2011
 a aimé ce texte 
Un peu
Je trouve ça frais, vivant, plaisant, et ce, en grande partie, grâce au ton de la narratrice, vraiment très bien trouvé, sans fausse note. Et puis, il y deux blagues que j'ai aimé :

"Ça s'écrit UM, les filles, mais ça se prononce Homme." On dirait qu'elle leur fait un cours d'initiation.

"- Bah, qu'il me répond, les queues de distribution sont parfois épaisses.

J'en reviens pas qu'il sorte un truc pareil" Celle-là est très drôle.

Le reste l'est beaucoup moins. Pourquoi ? Je ne sais pas. Affaire de goût. Mais je peux te dire que tu as évité le principale écueil : celui de chercher à en faire trop. A mon sens, la dose est tout à fait correcte, signe je crois d'une affection naturelle pour le comique (en particulier, l'autodérision (qui frôle parfois l'autoflagellation...)).

Dommage qu'il n'y ait pas plus de dialogues ; ça aurait rendu le tout davantage authentique, et vivant.

Deux remarques enfin :

Le paragraphe sur la tenue arrive en retard, il aurait fallu à mon sens l'introduire immédiatemment après : "Donc, me voilà hôtesse à cette sauterie de savants."

La phrase "Mais vraiment adorable, sinon, côté attentions." est lourde. En changeant simplement l'ordre des mots : "Mais sinon, côté attentions, vraiment adorable" passe mieux selon moi.

Merci pour cette lecture, plutôt agréable dans l'ensemble.

   Menvussa   
3/7/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Le texte est sympathique, l’idée originale.
Il aurait peut-être fallu en faire un peu moins pour que ce soit vraiment amusant, mais bon… affaire de goût


Petit détails :

« Le matin, un de ces messieurs s’était pris d’affection pour moi. Il est venu me raconter des choses, c’était assez mignon. Soyons claire, celui-là, c'était pas le genre qui ferait tripper mes copines, hein, mais gentil, comme je vous dis. » C’est curieux parce qu’elle est justement en train de parler à ses copines, sauf erreur. Ne devrait-elle pas dire : « Qui vous ferait tripper » ?

« la seule de la tour qui a fait autant d'études » Je propose : Qui ait fait… plutôt que qui a fait. Ceci-dit, c’est peut-être voulu pour faire langage parlé, dans quel cas, je n’ai rien fait remarquer.

   Anonyme   
4/7/2011
 a aimé ce texte 
Un peu
Je suis un peu prise entre deux feux... Alors, à ma décharge j'ai lu le forum et les coms avant de lire le texte, mea culpa, je suis toujours intriguée par les "insultes" et autres jugements de valeur... ce qui m'amène à ce texte.
Effectivement, c'est drôle.

Y a une véritable recherche sur les jeux de mots, les incompréhensions issues de toutes les différences entre l'héroïne/narratrice et les gens qu'elle vient accueillir. Par chance, je suis moi-même semi-blonde et je fais ce genre de choses, hôtesse de remplacement dans des évènements commerciaux, et je trouve que c'est plus ou moins bien foutu et crédible dans l'ensemble. Donc là j'apprécie ma lecture, dans les détails, les situations et la vision que peut porter l'héroïne sur son activité de remplacement...

Après, je dois avouer avoir un vrai souci de style. OK ça colle pas mal à l'histoire et à la narratrice mais j'accroche pas. Pourtant j'aime beaucoup les nouvelles où le langage parlé est bien maitrisé.

Quant à la personnalisation par un prénom que j'ai lue en forum, je pense pas que ça change grand-chose, je pense que le souci majeur est justement issu des différences qui rendent la situation comique. Là où je rejoins Jano ou Toc-art je sais plus, c'est que je trouve effectivement que c'est très manichéen - un peu top peut-être - dans les personnalités poussées à l'extrême... ça rend l'ensemble un peu blague carambar en effet. Et la cruauté est malheureusement l'élément essentiel de la blague réussie. On rit au dépens de quelqu'un... et là, alors qu'il y a parfaitement moyen de raconter la même chose sans que le lecteur se dise (en premier lieu peut-être pas en y repensant, mais là, devant la chute en première lecture) : oh la pauvre conne! Tain le mec est trop deg! Ben non, la lecture se termine sur cette note, dommage.
Enfin c'est surement une volonté de l'auteur que je respecte, mais ça a tendance à effectivement retirer de la légèreté et de la gentillesse à cet écrit, qui en garde un arrière-gout de mépris (d'un coté ou de l'autre)... en tout cas dans ma lecture...

Mitigée donc... mais j'ai ri... et c'est déjà pas mal hein!

   Anonyme   
4/7/2011
 a aimé ce texte 
Bien
UM ! Que dire, sinon que j'ai franchement ri. Une petite nouvelle bien bricolée (pas de chez Casto) et qui a mis mes zygomatiques en mouvement. Rien à dire quant au style. Les jeux de mots, quiproquos et autres sont bien amenés, les commentaires et apartés ne nuisent pas au récit, bien au contraire. On en viendrait presque à aimer les mathématiciens (là c'est mon traitement de texte qui a complété le mot ; il est comme Débardum, peut pas s'en empêcher. Je voulais dire les maths).

   widjet   
7/7/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Voilà un texte des plus sympathiques à l’image de cette narratrice pleine d’autodérision, très moderne (dans le langage et l’état d’esprit)… sacrément coquine (dans les sous entendus... mais jamais vulgaire !). Belle idée que de bâtir un récit sur ce sujet. C’est vrai que les matheux et autres scientifiques, c’est vraiment un monde à part.

La critique est légère, pas trop acide sur les "tronches de notre monde", c'est presque tendre par moment.

Cela se lit bien, c’est vif, frais, fluide, amusant, (bien aimé entre autres le « l’intégrale de Fournier, (rien à voir avec l’épilation, finalement). En tout cas suffisamment rythmé (bonne idée de ne pas faire un texte trop long) pour une lecture confortable et agréable.

Par moment, l’auteur pêche par gourmandise (ou excès de bavardage, même si le côté "pipelette" colle assez bien à la jeune fille) et aurait pu s’abstenir d’expliquer. Exemple sur le type avec le débardeur baptisé, il n’était pas utile de rajouter après « qui me l’a dit » le reste de la phrase « je ne savais pas son nom, et Débardeur tout court, ça faisait trop simple, limite travailleur manuel, alors dans ma tête, je l'ai appelé Débardum ». Cela amoindrit la portée humoristique.

Enfin, cette phrase étrange dans sa formulation « Fringué comme les pages vieux du catalogue de la Redoute » m’a intrigué. « Pourquoi vieux ? »…A qui s’applique cet adjectif ?

Merci, ça fait du bien de lire quelque chose rafraichissant en cette période estivale !

W

PS : pour répondre à Estelle, je ne vois pas trop le côté "méprisant" du dénouement, mais davantage le côté "arroseuse arrosée", et c'est ce qui me plait. Il y a une certaine justice, finalement. A force d'égratigner les "cerveaux", y'avait pas raison que la petite effrontée s'en tire à si bon compte !

   matcauth   
16/10/2011
 a aimé ce texte 
Un peu
C'est sympa car l'auteur connaît le sujet dont elle parle. Après, le style d'écriture, léger sans encombrement (à part quelques exceptions) mériterait perfectionnement.
L'histoire est également un peu trop légère, trop peu de choses à raconter. Mais, bien sûr, chacun ses gouts.


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