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Sentimental/Romanesque
Cthulhu : Du premier baiser
 Publié le 08/10/15  -  11 commentaires  -  4532 caractères  -  112 lectures    Autres textes du même auteur

Le premier baiser est toujours un moment marquant.


Du premier baiser


– 1 –


Et alors qu’ils se rapprochaient, son regard d’un bleu glacé transperçait Maxime de part en part. Leurs deux corps brûlaient d’un désir trop longtemps contenu, confiné dans l’enceinte de leurs chairs. Leur étreinte semblait durer une éternité. Il sentait ses ongles s’enfoncer dans son dos. Leurs lèvres avaient atteint leur température de fusion et n’étaient plus séparées que de quelques micromètres d’un air saturé en tension électrique. Le contact était imminent.


– 2 –


Par l’interstice de ta bouche entrouverte j’aperçois la sienne approcher.

Enfin ! Bien joué Max, je suis fier de toi ! Depuis le temps qu’on attendait ça tous les deux, ça y est, tu l’as fait ! Toutes ces années à attendre ont finalement payé. Est-ce que tu réalises ce qui est en train de nous arriver ? Je crois que c’est le plus beau jour de ma vie.

Contact. Vos deux cavités buccales ne font plus qu’une et elle se tient devant moi, superbe, d’un rose à faire trembler les framboises. Élancée et magnifique, elle surplombe sa cour de dents telle la Vénus de Botticelli dans sa coquille Saint-Jacques.

Oh mon Dieu, Max, c’est devenu beaucoup trop réel pour moi. C’est la première fois qu’on réussit à aller jusque-là Max. Je n’ai absolument aucune idée de ce que je dois faire ! Tu m’entends Max ? Aucune idée ! C’est la panique totale Max ! La panique. Totale.

Qu’est-ce qu’elle est belle. Je ne l’avais jamais qu’entrevue lors de vos sempiternelles conversations mais le simple timbre de sa voix suffisait à me faire chavirer. Cette fois-ci, elle n’est qu’à quelques centimètres et elle m’inonde de sa grâce. J’ose à peine la regarder de peur de l’abîmer.

Tu aurais quand même pu me prévenir que c’était pour ce soir Max, je me serais préparé ; j’aurais essayé de ranger les aphtes, faire briller un minimum les canines, histoire de faire ressembler tout ça à autre chose qu’un squat de punks à chiens. Regarde-moi ce foutoir : on n’a même pas nettoyé depuis la soirée pizza d’avant-hier. J’ai l’air de quoi moi ?

Sa bouche est un palais digne des plus illustres reines d’Égypte. Alors que je pénètre avec précaution dans ce temple érigé au nom de la douceur des femmes de ce monde, me parviennent de délicats et enivrants effluves de fraise et de caramel. Sa luette oscille nonchalamment au rythme d’une mélopée inaudible et cristalline. Ses muqueuses sont des miroirs dans lesquels nos deux corps se reflètent à l’envi.

Elle se rapproche ! Qu’est-ce que je fais ? Il faut que je dise quelque chose sinon ça va être la gêne totale. C’est horrible. Houston, nous avons un problème. J’essaye de décrocher le regard de mon plancher buccal mais la vision de cette silhouette aux courbes divines m’emplit de panique.


– Je... tu as des papilles magnifiques.

– Oh... merci. C’est... gentil, répond-elle en s’empourprant.

– Je le pense vraiment, murmuré-je en gardant la pointe baissée.


S’ensuit alors un silence qui me semble durer une heure.


– Je peux te proposer un verre ? lui proposé-je, malheureusement incapable d’empêcher ma voix de tressauter.

– Volontiers.


D’un pas vif, je retourne dans ma zone de confort débouchonner une bouteille de salive. Des années que je la conservais pour une occasion spéciale mais je pense qu’aujourd’hui peut prétendre à cette dénomination. Un millésime de 2003 : une excellente année, l’orée de ton adolescence. Un cru distingué, racé, velouté et onctueux.

Je l’invite à s’installer sur une prémolaire pendant que j’ôte le bouchon de tartre de la bouteille.


– C’est joli chez toi, me dit-elle de sa petite voix flûtée. J’aime beaucoup tes plombages, ça installe une ambiance sympa.

– Ah tu... tu trouves ? Merci.


– 3 –


Il m’a proposé un verre de salive ; Lucie, je pense que c’est le moment. Je vais dessécher ici si j’attends qu’il fasse le premier pas. Bon allez, depuis le temps qu’on attend ça toutes les deux, je me lance.


– 4 –


Et alors leurs deux langues s’enlacèrent tendrement, d’une étreinte si solide qu’elles semblaient fusionner. Elles dansèrent toute la nuit au rythme des percussions saccadées de leurs tambours cardiaques. Elles s’entremêlaient en un amalgame à la tiédeur douce d’un soleil d’avril.

Nous ne vivons pas dans un conte de fées, Lucie et Maxime se sépareront quelques mois plus tard, mais les années et les partenaires, aussi nombreux et ardents qu’ils soient, ne parviendront jamais à éroder la flamme acidulée de ce feu d’artifice buccal.


 
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   Anonyme   
3/9/2015
 a aimé ce texte 
Un peu
C'est original et amusant mais ça ne va pas bien loin. L'amour vu par deux langues, d'accord. Un peu réductionniste tout de même. Peut-être aurait-il fallu faire intervenir d'autres organes pour rehausser l'intérêt de la situation. L'écriture est tout juste correcte, il y a parfois quelques lourdeurs : "Elles s’entremêlaient en un amalgame à la tiédeur douce d’un soleil d’avril. "

   carbona   
3/9/2015
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
J'ai lu trois fois cette nouvelle pour bien saisir. J'ai eu du mal à m'y retrouver quand enfin j'ai compris : les passages en italique décrivent les adolescents et les paragraphes 2 et 3, leurs langues personnifiées qui, de surcroît, s'adressent à leur propriétaire respectif.

L'idée est originale mais je ne suis pas vraiment emballée, lire trois fois avant de comprendre, ça n'aide pas, c'est sûr, mais ça manque un peu de poésie à mon goût < les restes de pizza, squat de punks à chien, les plombages, tout ça...

Une vue de l'intérieur certes mais qui a de quoi sérieusement dégoûter du baiser.

Je m'interroge donc sur votre intention avec ce mélange de passages triviaux /gores et de passages plus doux, raffinés. M'en direz-vous davantage ?

   AlexC   
8/10/2015
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,

Un très bon point pour l’originalité. Faire parler les langues lors d’un premier baiser, c’est très drôle. Il y a de bons moments comme la bouteille de salive et d’autres moins inspirés, mais le ton léger et sans prétention rend le tout agréable. Certaines phrases pourraient être améliorées et il me semble qu’on peut aller encore plus dans la cocasserie et les clins d’œil, en insistant par exemple sur les ratés (chocs, griffures, viscosité, odeurs, etc…).

Quelques remarques :
- Houston, nous avons un problème. ; j’ajouterais Mayday, Mayday ! juste avant

Je tique :
"Leurs lèvres avaient atteint leur température de fusion et n’étaient plus séparées que de quelques micromètres d’un air saturé en tension électrique.”
"elle surplombe sa cour de dents telle la Vénus de Botticelli dans sa coquille Saint-Jacques”
"Alors que je pénètre avec précaution dans ce temple érigé au nom de la douceur des femmes de ce monde, me parviennent de délicats et enivrants effluves de fraise et de caramel.”
"Elles s’entremêlaient en un amalgame à la tiédeur douce d’un soleil d’avril.”

A vous relire

   ameliamo   
20/9/2015
 a aimé ce texte 
Bien
C’est un texte simple mais drôle par le mode de traiter le sujet. Une lecture agréable qui provoque un sourire nostalgique. Le style est direct, sincère.

   Anonyme   
8/10/2015
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
De prime abord, je pige que dalle. De quoi qu’on cause ici ?
Une relecture s’impose, avec l’incipit, s’il vous plaît ! (mea culpa, j’ai une fâcheuse tendance à systématiquement l’occulter).
Ouf ! Il est net et concis.
Je réajuste ma comprenette et me plonge à nouveau dans le récit. M’enfin, c’est quoi cet imbroglio ? Il m’en faut du temps pour saisir la scène qui se déroule sous mes yeux.

Bref, vous l’avez compris, je patauge jusqu’à me perdre lamentablement dans les salives de tous poils, parfois même jusqu’à avoir le cœur au bord des lèvres.

C’est votre faute, aussi ! ^^

Le problème, c’est que j’ai envie de commenter ce texte qui me fait largement sourire, mais que je n’ai pas de méthode à proposer pour le rendre plus… clair ?

Je peux seulement dire qu’il me manque des jalons pour mieux saisir les tenants et aboutissants, et ainsi, mieux apprécier l’humour qui émaille le récit malgré ses quelques passages peu ragoûtants.

Dommage pour ma lecture, mais bravo pour votre potentiel humoristique, indéniable et votre imagination.

   Anonyme   
8/10/2015
 a aimé ce texte 
Un peu
Original, sans aucun doute, mais j'ai du relire le début deux ou trois fois pour situer "les personnages". Le mélange des styles (romantique, gore, humoristique) m'a un peu troublé. Mais pourquoi pas si c'était votre but ?

   Anonyme   
8/10/2015
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Tout en reconnaissant que le sujet est original, j'avoue que cette fricassée de museaux noyés dans la salive m'a un peu rebutée.

J'aurais bien aimé lire cette nouvelle avec un peu plus de sensualité, voire d'érotisme. Mais les chicots en première ligne ne m'ont pas... séduite.

Toutefois, je rends hommage à l'humour qui ponctue souvent le récit.

   jeanmarcel   
9/10/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Un texte médian, pas raté mais pas complétement réussi. Le sujet est intéressant mais pour moi l'ensemble manque de folie, d'inventivité et la chute n'est pas à la hauteur de mes espérances. La recherche d'originalité a peut-être tué dans l'oeuf les bonnes idées de départ, le traitement ne sort pas des sentiers battus et c'est là que la bat blesse. Il n'empêche que c'est du bon travail, intelligent et drôle, mais qui mériterait sans doute un développement plus long ( je dirais plus profond !). C'est un Bien mais peut mieux faire, je suis certain que Cthulu en est capable, aucun doute là-dessus.

   Dolybela   
31/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je trouve que ce texte est assez amusant voir franchement hilarant (Huston on a un problème). L'alternance Maxime/langue est bien trouvée. Cependant, je trouve que le mot buccal à la fin est trop cru. Ce texte montre bien qu'un premier baiser est très technique ( paragraphes de "la voix dans la bouche") mais également et évidemment basé sur les émotions, sur les frémissements internes.Je n'ai pas pu m'empêcher de penser au dernier film d'animation pixar, vice-versa même si ce texte est nettement moins enfantin. A vous relire.

   Anonyme   
31/10/2015
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
L'amour vu par deux langues, je trouve le sujet un peu hors nouvelle. Pas intéressant, ni prenant. En fin de compte, désolé mais j'aime pas ce texte.

   toc-art   
11/12/2016
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour,


Bof, bof, bof... ma foi, pourquoi pas mais est ce que vraiment ce type de texte nécessite un commentaire ? Je ne crois pas. Je l'aurais plus vue en humour /détente.
Bonne continuation


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