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Policier/Noir/Thriller
Cyberalx : Son jardin [concours]
 Publié le 26/08/07  -  32 commentaires  -  18271 caractères  -  644 lectures    Autres textes du même auteur

Un vieux flic donne une seconde chance à une prostituée, pourra-t-elle changer de vie ?


Son jardin [concours]


Cette nouvelle est une participation au concours été 2007 : La carte postale (informations sur ce concours).

L'auteur a choisi de nous illustrer la carte n°16 :




Ils passent à Central Park.


Photographes professionnels et amateurs sont venus de partout pour figer dans l’instant le plus grand jardin de Manhattan.

Touristes japonais, badauds du Missouri, gens de tous les horizons.

Ils passent, et quelquefois, ils s’arrêtent.


Comme Marlène, il y a cinq ans, déjà…


Marlène vécut une enfance dorée, à la Nouvelle Orléans : sa grand-mère, qui était sa seule famille, lui contait sans cesse des histoires venues d’un pays lointain dont elle venait elle-même : la France.


De belles histoires, gorgées du soleil du midi où les gens parlent tous cette langue si difficile avec un accent chantant.

De belles histoires où princes et princesses occitans se perdaient, se retrouvaient et presque à chaque fois finissaient par s’aimer.


Nourrie de rêves d’aventure, elle n’attendit pas ses 16 ans pour s’enfuir au loin, à la recherche de son chevalier en armure.


Lorsqu’elle arriva à Manhattan, elle mourait déjà quasiment de faim, mais avec une guitare et un joli brin de voix, elle parvint à se faire quelques Dollars.


À défaut de prince, elle trouva un royaume, vert et étincelant de beauté, planté au beau milieu de cette jungle de béton : Central Park.


Chaque jour, elle traversait les immenses étendues d’herbe verte, lentement, s’imprégnant de chaque détail, pour aller sur l'avenue de Central Park West à la hauteur de la 72e rue : au Strawberry Fields Memorial.


Là, elle s’installait sur un banc, toujours le même : un banc avec une plaque stipulant qu’il était là depuis 1873, soit l’année où Central Park vit le jour, mais surtout, un tag signé d’un certain Machiado déclamant tout l’amour qu’il avait pour la mère de Pedro en termes qu’on pourrait qualifier de « crus » sans exagérer.


La bohème à Central Park, c’est le mode de vie le plus courant, Marlène ne compte plus le nombre d’étudiants perdus et de fugueurs qu’elle croise chaque jour ici.


Elle croit vivre son conte de fée.

Mais les contes, ils ne sont beaux que parce que c’est si laid, dehors.


Marlène a rencontré Neils…


Garder ses mains au chaud.

C’est à ça qu’elle doit penser en premier lieu, car ils viendront.


Les hommes...


Le soleil déjà presque couché baigne Marlène de sa lumière blafarde, il lui caresse le visage, lui lèche la peau sans lui donner la moindre impression de chaleur, comme eux.


Quelle température fait-il ?


Dans les cinq ? Dix degrés ? Un vrai froid de canard et pourtant qu’il vente, qu’il pleuve ou qu’il neige : Marlène est là, fidèle au poste, prête à faire plaisir et regarder avec amour le premier péquenot venu.


Les gens passent à Central Park, et ils ne voient que ce qu’ils veulent voir.

Elle ne sait plus ce que c’est que d’être regardée…

Regardée, pour de bon, comme un être humain.


Il faut dire qu’elle ne choisit pas, on l’a un peu forcée au début, et maintenant elle ne connaît que ça comme vie, c’est comme si rien n’avait existé avant et qu’après soit impensable, comme si le monde se limitait à un instantané du pire moment de sa vie.


Parce que c’est dur.

Et tout ça avait commencé par une histoire d’amour, une belle et grande histoire d’amour comme elle en lisait, fillette en robe bleue dans la chambre de sa grand-mère, comme elle en rêvait en ce temps si lointain qu’il lui semblait appartenir à une autre.


Garder ses mains au chaud.

C’est ce que lui avait conseillé Neils, l’amour de sa vie, enfin l’amour de sa vie jusqu'à ce qu’il la viole et la fasse violer par une cinquantaine de types par jour.

Jusqu'à ce qu’elle finisse par ne plus rien sentir.

Jusqu’à ce qu’elle accepte son nouveau destin.


Et chaque banc de son royaume la juge, chaque arbre la toise, chaque parcelle de ce parc pourri lui susurre à l’oreille qu’elle n’est rien, sinon une pute.


Qui l’eut cru ?

La petite princesse élevée par sa gentille grand-mère française, dans le respect des traditions, qui ne vivait que dans l’attente de rencontrer le prince charmant.

En fait de prince charmant, elle était tombée sur un étudiant en marketing raté qui avait décidé de faire fortune dans le business de la chair, de sa chair et de celle de tant d’autres.

Combien étaient-elles à être tombées amoureuses de ce joli minois et de son air engageant ?

Sans doute plus que ce qu’elle s’autorisait à penser.


Elle arrive au niveau du Metropolitan Museum of Art, des gens sourient, poussent des oh ! et des ah ! Elle a failli être une de ces New Yorkaises cultivées et agréables qui s’extasient devant une toile, elle ne pourra plus.


Garder ses mains au chaud.

Parce que quand il fait froid et qu’ils arrivent avec leur machin tout recroquevillé, il faut bien travailler…


Tiens, un client.

Belle voiture, beau costume.


Alors, Monsieur des beaux quartiers, on vient se salir avec le petit peuple ?


Il descend de la voiture et la regarde.

Les clients sont de toutes les couches sociales, il y a de vieux pervers, des jeunes timides qui se croient vilains, des clodos et même quelquefois des richards.


Tous ont le même regard, ils la regardent en évitant ses yeux couleur lavande, ils détaillent son corps comme ils examineraient une dinde pour noël au supermarché, certains s’offrent même le luxe de la regarder avec pitié, ce qui ne les empêche pas de finir salivant et gémissant comme les autres.


Pas lui.

Il la regarde comme, comme…

Une vraie personne ! Et il sourit, comme un jeune amant avec un bouquet de fleurs, comme un étudiant qui va faire une blague, il sourit !


- Bonjour.

- Bonjour, un peu de compagnie ?

- Promenons-nous un peu, le Great Lawn est si bien entretenu, ça serait dommage de ne pas en profiter, non ?

- Ce qui est beau pour certains peut être horrible pour d’autres, on ne vit pas dans une carte postale.

- C’est parce que ce n’est peut-être pas votre jardin, vous le trouverez peut-être un jour.

- Mon jardin ?

- Oui, votre lieu de rêveries, celui où se nichent tous vos bons moments. Pour moi, c’est un des plus beaux endroits au monde, mon père a participé aux travaux de rénovation quand j’étais môme, à l’époque, les gens appelaient le grand belvédère Hooverville, c’était un dépotoir et les gens qui avaient souffert des effets de la crise venaient ici pour dormir, ils n’avaient plus rien, mais jamais je n’ai vu autant de solidarité, il faisait bon être un homme en ce temps-là.

- Vous êtes prof ?

- Je suis flic.


Un flic ! Il ne lui manquait plus que ça…


- J’ai rien fait de mal, je me… Je me promène, c’est tout.

- Ne vous inquiétez pas, j’en ai juste après Neils Haagis.


Un frisson parcourt le corps de la jeune fille, la seule évocation du nom de ce salopard lui file une trouille de tous les diables.


- Je ne sais pas de qui vous parlez.


La phrase a jailli de façon mécanique, comme tatouée au plus profond de son être.


- Marchons encore un peu…


***


Peter Staff regarde les écureuils s’approcher prudemment de la neige sur le réservoir Jacqueline Kennedy Onassis de Central Park.


De petits bouts de coton froids se fixent dans ses cheveux déjà grisonnants.

De temps en temps, il boit une gorgée de whisky et range sa bouteille dans la poche de papier marron.


Un groupe de jeunes passe, ils ont les couleurs d’El Buitre ; un gang qui sévit dans le coin depuis trois ans : drogue, trafics en tous genres, ces gangs, leurs folklores et accoutrements, font partie du paysage au même titre que les hérons argentés de Turtle Pond.


Peter se lève, l’un deux - un gamin qui ne doit même pas avoir 14 ans -, lui lance un : « Hé le vieux, tu veux un peu de crack ? », il fait non de la tête avec un sourire, comme si le môme lui avait proposé un Twinky.


Dix ans auparavant, il aurait sorti son arme de service et sa plaque, mais aujourd’hui, il veut juste finir sa bouteille de Wild Piggy tranquille et vivant, ensuite il rentrera à la maison.


Il marche doucement et repense à ce qu’était le quartier lorsqu’il était môme : le passé vient se superposer à la réalité, comme le voile en tulle de son ex-femme le jour de leur mariage…


Il se revoit dévaler la 59e rue, au Sud de Central Park, hurlant de joie sur un chariot à roulettes, avec son grand frère, il revoit le stand de hot dog à l’entrée du Yankee Stadium : des hot dogs comme il n’en existe plus, avec une moutarde à faire flamber les narines d’un Français ou une de ces sauces anglaises au Cheddar, un vrai goût de viande et des oignons frits.


Il revoit Rick O’Franelly, son meilleur coéquipier, riant de ses blagues idiotes, il le voit froid et inexpressif, à son enterrement, si jeune, une balle dans le dos…


Il revoit son frère, fier de partir pour défendre sa patrie, il le voit revenir, fier de balancer sa médaille au milieu d’une bande de joyeux camés chevelus.


Puis le voile disparaît, et il ne voit plus que de la merde avec des confettis dessus.


Il est enfin devant chez lui.


Il sort son énorme trousseau de clefs et ouvre une à une les quatre serrures qui ne feront de toutes façons que ralentir un éventuel cambriolage.


La bouteille est presque finie, mais son fichu ulcère ne lui laisse pas de répit : il la vide doucement dans l’évier.


Il s’assied à son bureau, écarte les factures et autres publicités.


Puis il prend son journal dans le tiroir et il écrit :


10 Décembre 2006


Il parait qu’il vaut mieux parler à un psy que d’essayer de se soigner soi-même avec une bouteille de mauvais whisky et un journal intime, il parait aussi que Dieu a fait le monde à son image… Le mec devait avoir une sacrée mauvaise opinion de lui-même.

Aujourd’hui, j’ai donné tout mon pognon à une pute.


Toutes mes économies.


Je ne l’ai pas baisée, c’était plutôt comme des excuses… Même si ça ne suffit pas.

Avec cet argent, elle partira loin de toute cette merde, même si je doute qu’elle puisse jamais être heureuse.


Drôle de métier que celui de flic.


Cette fille, Marlène : son mac ne lui a pas fait de cadeau, je n’avais jamais vu un truc comme ça.

Pourtant j’en ai vu des choses dans ma carrière : des cadavres, des femmes battues, oui, mais pas ça…


La pauvre fille, il lui a fait ce qu’ils appellent un sourire de balance dans le « milieu » : il lui a ouvert avec un couteau rouillé les deux coins de la bouche et il l’a faite hurler pour qu’elle déchire elle-même tout le bas de son visage.


Comment l’a-t-il faite hurler ?


Je n’ose même pas l’écrire, ça colle déjà à mon esprit comme un pou de bois.

Il lui a pissé dessus après, il a déclaré avec le sourire à l’interrogatoire que c’était pour ne pas que ça s’infecte…


Comment c’est possible un truc pareil ?

C’est ce genre de monde qu’on appelle le monde civilisé ?

C’est moi qui lui avais dit de parler, c’est moi qui lui ai dit qu’elle n’aurait rien à craindre.


Je m’étais fait passer pour un ami, presque un père…


C’est de ma faute.


Mais il ne s’en tirera pas comme ça, je connais du monde en prison, je connais les gars qu’il faut.

Je vais le faire payer ce fumier, il finira dans une taule où on lui pètera les dents pour tailler des pipes aux psychopathes.


J’en fais le serment.


***


Marsillargues, France.


Il fait chaud, chaque bouffée d’air est comme solide et tiède.


Les gens du village se traînent à l’ombre et les cigales cymbalisent, semblant vouloir réveiller tous ceux qui font la sieste.

Gallou et Crépin sont assis sur l’herbe, à l’ombre d’un platane : ils regardent la jeune fille aux cicatrices qui a emménagé dans la maison au bord du Vidourle, il y a presque huit mois.


- Elle est belle.

- La petite américaine ?

- Oui, je l’aime.

- Dis donc pas d’âneries, Gallou, tu sais pas c’que c’est qu’l’amour.

- Oh que si, je le sais.

- Tu sais rien du tout, tu crois que tu sais.

- C’est quoi, l’amour, Papy ?

- Laisse tomber, mon Gallou, t’es pas assez finaud pour piger c’truc là.

- Mais je suis pas un attardé, tu dis toujours que si tu m’expliques, je peux comprendre, je suis pas un attardé, dis ?

- Pas complètement attardé, pas exactement malin, juste entre les deux, comme l’horizon entre le ciel et la mer.


Gallou rit. Son grand-père a toujours de belles phrases en réserve, des phrases qui lui font comme des chatouilles dans le ventre.


Il jette un galet dans le Vidourle, à 20 mètres de là, sans effort visible.

Le galet n’en fait pas moins une dizaine de ricochets…


Crépin regarde Gallou avec tendresse.

Comment pourrait-il faire autrement ?


Ce grand gaillard à l’éternel sourire est la gentillesse incarnée, mais les gens…


Les gens confondent gentil et débile, ils aiment se moquer des « débiles », ça leur donne l’impression d’être meilleurs que d’autres, sûrement.


Certains appellent les Gallous de ce monde des « demeurés ».


Crépin aime bien ce mot, il rappelle au reste du monde que si beaucoup ont troqué leur âme d’enfant contre une cravate et un semblant de dignité, d’autres sont « demeurés », restés là où le monde est encore vierge de toutes les pourritures dont l’animal humain est capable.


Le vieil homme a un soupir, il se roule une cigarette en prenant son temps, sachant très bien que Gallou est suspendu à ses lèvres, il le regarde du coin de l’œil, puis il dit :


- Bon, tu crois qu’c’est quoi l’amour ?

- C’est quand tu veux une belle chose.


Crépin hausse un sourcil interrogateur.


- Une belle chose, Gallou ?


Gallou se tortille, mal à l’aise. Comme à chaque fois lorsqu’il doit chercher ses mots : un effort quasi surhumain lui permet toutefois de mettre le doigt sur sa pensée.


- Oui, comme des bijoux, comme des étoiles…

- C’est un peu ça, mon couillon, y a un peu d’ça, les bijoux : tu peux les acheter, et ils seront à toi, tout le temps.

- Et les étoiles ?

- Ben, les étoiles, elles sont à personne, tu peux pas les avoir, tu peux les regarder.

- Pas toucher ? Comme au magasin ?

- C’est ça, comme au magasin.

- Et elle ? C’est un bijou ou une étoile ?

- Oh, elle doit être un peu des deux : un bijou pour certains, une étoile pour d’autres.


Gallou rit. Il comprend toujours quand son grand-père lui explique quelque chose, il y a des gens avec qui il est bête, et d’autres avec qui il ne l’est pas.

Il lève à nouveau ses grands yeux bleus vers la fille…

Qu’est-ce qu’elle est belle !

Il a besoin de savoir :


- Il faut de l’argent pour acheter Marlène ?

- De l’argent ? Non, les filles ne s’achètent pas avec de l’argent… Pas ce genre de filles du moins.


Gallou se renfrogne… Encore un truc vraiment, vraiment dur à comprendre, une veine vient plisser son large front, au bout de quelques secondes il demande d’une voix plaintive :


- Alors, avec quoi on l’achète ?

- Avec des mots gentils, avec des sourires, de la délicatesse et peut-être quelques fleurs.

- C’est pas cher, alors.


Crépin rit. Quelquefois, son petit gars éclaircit ses pensées, il simplifie tout : les choses simples, pas la peine de les compliquer :


- Ouaip, pour un gentil garçon comme toi, je suppose que c’est pas cher.

- Je l’aime, Papy.

- Sûr que oui, grand zouave.


Crépin se couche un peu plus sur l’herbe, passe la main dans les cheveux de Gallou, puis ferme les yeux pour entamer la sieste de l’après-midi.

Gallou croise les bras derrière la nuque, et il s’étend dans l’herbe, un large sourire collé à son visage angélique.


J’irai la voir demain.

Avec des fleurs.

Des mots gentils.

Et des sourires.


***


Marlène est bouleversée.

Son cœur bat comme s’il allait bondir hors de sa poitrine et éclater contre le mur.

Elle s’agenouille devant la fenêtre et pleure, ces émotions violentes agitent son estomac de contractions incontrôlables.


Elle regarde les fleurs qu’elle a laissé tomber par terre, puis passe une main sur sa joue, à l’endroit où…

Chaque bonne chose de sa vie est gâchée par ces cicatrices : tatouages indélébiles de la cruauté humaine.


Elle aurait pu se faire opérer, elle en a les moyens, maintenant.

Mais elle ne veut pas oublier Central Park, elle doit se souvenir que sous chaque parcelle de beauté se cache le plus noir des monstres rampants.


Le flic, le flic m’a dit…

Écrire pour faire sortir les choses.


Elle sort le journal dans lequel elle a déjà couché tant de malheurs : un cahier avec une reliure de cuir où il est écrit en lettres d’or : « Diary », puis déchire les pages.

Une à une.

Sa main tremblante saisit un stylo sur la table de la cuisine.


Elle doit s’y prendre à plusieurs reprises pour réussir à coucher un mot qui ressemble un tant soit peu à quelque chose de connu.


Puis elle écrit sur une des feuilles qu’il lui reste :


12/05/07 :


Il fait beau aujourd’hui et la vue est magnifique, comme d’habitude.

Le temps passe différemment ici, les gens sont plus calmes…


Elle déchire cette feuille également, la laisse tomber au sol, puis entame une autre page :


Il m’a dit que j’étais belle.

Et je l’ai cru.

J’ai pleuré, il s’est approché.

J’ai reculé à cause de ses grandes mains.

Il est si fort.

J’ai eu peur

Il a continué à s’approcher.

Peur.

J’ai fait tomber les jolies fleurs.

Mais j’ai besoin.

J’ai besoin d’avoir quelqu’un de gentil avec moi.

Pour moi.

Je l’ai pas volé.

Alors je me suis dit : « tant pis si je meurs, tant pis s’il me fait mal ».

Je me suis glissée entre ses bras et il m’a serrée tout doucement.

Il était si doux.

Mon premier gentil ?

J’avais envie d’y croire.

J’en avais besoin.

Il m’a dit que j’étais belle.

Je l’ai cru.

Et je crois que j’ai bien fait.


***


Peter Staff chasse un cafard de son toaster, le temps que ces toasts soient prêts, il a juste le temps d’aller chercher le courrier.


Les habitudes.

C’est ce qui permet à un vieil homme de rester debout.

Dans la boîte à lettres, il n’y a qu’une carte postale.

Le timbre est Français, au dos de cette carte, il est écrit :


J’ai trouvé mon jardin,

Merci.


 
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   Lariviere   
26/8/2007
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Ce qu'il y a de fort chez Cyberalx, c'est sa capacité (digne des grands, a suivre...) de nous plonger dans une atmosphère émouvante dès la deuxième ligne.

Chez lui et particulièrement dans ce texte, l'émotion n'est pas découverte par le lecteur aux détours d'un ou deux paragraphes particulièrement bien écrit, chez lui, l'émotion arrive de suite, sans la chercher, et ne vous quitte plus jusqu'a la fin.
Je trouve ça particulièrement fortiche.

Incroyablement enthousiasmant pour la suite.

Pour ce qui est de la nouvelle "Son Jardin", je vois mal ce que je pourrais dire, à part encenser l'auteur et l'ensemble du récit tant sur le fond que sur la forme.

L'écriture est maitrisée. Les situations sont d'une cohérence sans failles, les différentes parties très bien articulées et les personnages attachant et profond.
Le style de la narration réussit donc à creer avec une dextérité et une rapidité incroyable une atmosphère à la fois triste et rempli de tendresse, de poésie.

Au niveau du style, les quelques comparaisons ou métaphores qui viennent renforcer ça et là les parties descriptives ou psychologiques, participent à la création d'un univers d'écriture singulier et propre à l'auteur.

Un style fin et poétique qui sert au mieux cette histoire bouleversante et qui, finalement, grace à l'écriture, reste malgré tout belle et légère.

Au niveau technique, la faculté de Cyberalx à nous transporter d'un univers à un autre, a l'aide de deux, trois phrases descriptives puissantes et toujours en finesses, est saisissante (Central Park, La provence...), car on a l'impression que le choix de l'angle d'écriture et des détails sont tellement judicieux qu'avec quelques mots, l'univers est planté avec une réalité qui n'est pas dans la caricature.

Ensuite, ce qui est interressant c'est que le lecteur coule doucemment (une écriture si fluide qu'on arrive a la fin s'en sans apercevoir) tout au long dans ce récit, amené par une intrigue qui se découvre peu à peu.

Les personnages avec la même économie de moyen et de précision, sont incroyablement et rapidement planté.

Le personnage de la prostituée, lui, est amené à notre connaissance, avec talent. On a d'abord affaire à une personne dans toute sa dimension humaine, puis on découvre l'horreur...

Car l'histoire en elle même, est belle et horrible à la fois. Elle est à la fois morale et poétique. Rempli de bon sentiment sans être mièvre. Elle sonne desespérement juste. Elle me touche vraiment.


Alors juste une petite critique, Cyberalx...

Tes personnages, surtout celui du flic et des deux provencaux, sont interressant et magistralement animé par ta plume, mais je les trouve souvent stéréotypés.

Toujours dans les mêmes prismes psychologiques, quand je les voient dans toutes leurs densité et malgré la singularité que tu leur donne et qui évite la caricature, je ne peux pas m'empêcher d'avoir toujours les mêmes réferences qui me reviennent :

Pour le flic, l'image qui me vient, c'est celui du flic, déprimé et alcoolique, genre Mel Gibson dans l'arme fatale ou tout bon flic ou détective que l'on peut retrouver dans les bons polars...

Ensuite cette image est creusé et rendu singulière par les petits éléments personnels que tu leurs rajoutent (le flic conseille à la prostitué d'écrire sur un cahier...)

Pour les deux provencaux, je n'ai pas pu m'empecher de penser au Papé et à Hugolin de M. Pagnol, ainsi que pour le petit fils "gentil" et sa carrure impressionante au personnage de Lennie de Steinbeck dans "Des souris et des hommes".

Je pense que ces personnages déjà taillés que tu améliores ensuite, est une facilité que tu devras perdre bientôt pour te créer un univers et des personnages vraiment à ta mesure (et à celle de ton talent) et faire parti un jour qui sait, du grattin littéraire de notre belle planète...

   guanaco   
26/8/2007
Tous les éléments de cette histoire s'emboîtent au millimètre, on glisse de la descritpion à l'intrigue et de l'intrigue aux descriptions tel un fondu enchaîné.
Tes pointes d'humour, autant que les détails sordides, parviennent à souligner l'horreur.
Tout y est pour créer une atmosphère dont le lecteur s'imprègne dès les premières lignes.

C'est vrai qu'on a l'impression que Mike Hammer a sorti Manon des Sources de son enfer newyorkais mais l'intertextualité, quand on la maîtrise, ça coule...

J'ai noté une faute de participe (enfin je crois): "Comment l'a-t-il faitE hurler?" je pense que c'est "comment l'a-t-il FAIT hurler? (c.o.d. après l'auxiliaire)

La barre est haute...

   Pat   
26/8/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'aime bien l'histoire et la construction, en petits instantanés qui décrivent chaque fois un univers différent. Le style est simple,efficace... Mais parfois un peu maladroit (ex : "Il faut dire qu’elle ne choisit pas, on l’a un peu forcée au début, et maintenant elle ne connaît que ça comme vie, c’est comme si rien n’avait existé avant et qu’après soit impensable, comme si le monde se limitait à un instantané du pire moment de sa vie."
Les personnages sont attachants, notamment Gallou et Marlène. La tendresse pour ce type de personnage est perceptible... et tu nous la fait partager.
Bon, les contraintes ne sont pas respectées... Mais finalement, est-ce si important ?

   Tchollos   
27/8/2007
J'ai l'impression de "voir" toutes les choses qui ont pu t'inspirer, anciennes ou récentes. Tu es une éponge qui absorbe ce qui l'entoure et le saupoudre de ses souvenirs. C'est comme si je "savais", si j'étais dans ta tête. Peu importe si je me trompe, si je ne suis pas réellement dans ta tête, j'ai l'impression d'y être, c'est déjà un exploit. La lecture est agréable et puis, même si je me sens en terrain connu, tu parviens quand même à me surprendre. Quelle prouesse.

Ce que j'aime par dessus tout chez toi, c'est que tu es "moderne". Les images ne sont pas nouvelles et pourtant : ton style vif, tes idées parfois vraiment géniales, ton sens de la construction, font de la nouvelle un exemple d'écriture moderne, le reflet de la société. trépidante, révoltée, sombre...la société des enfants de la télé, souvent en panne de repères, en panne d'"envie", pris au piège des systèmes, victimes conscientes mais désarmés. Il y a tout ça chez toi, avec une extrême cohérence entre les thèmes, le propos et le style.

Pat relève quelques maladresses, elle a raison, je ne les avais pas vu à vrai dire. A mon avis, ça vient des contraintes, notamment du manque de temps.

Sur le fond: c'est un texte de Jedi, mais coté obscure, évidemment... avec l'ironie et l'espoir, avec l'humour et le cauchemar, avec la beauté et l'horreur. Tout ça, c'est ta "trademark", ta touche personnelle, ton univers.

Je réserve ma note en attendant d'avoir tout lu ;)

   Togna   
27/8/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
L’artiste peint son intrigue par petites touches. On y avance à coup de phrases justes désignant parfaitement les situations, les personnages, les lieux, l’ambiance. Avec de temps à autres une petite définition Cyberalxienne qui fait mouche à tous coups, telle que : « les contes, ils ne sont beaux que par parce que c’est si laid dehors. », « puis le voile disparaît, il ne voit plus que la merde avec les confettis dessus. » entre autres.
Et puis tout le dialogue Gaillou / Crépin dans lequel me plait particulièrement : « Pas complètement attardé, pas exactement malin, juste entre les deux, comme l’horizon entre le ciel et la mer. » et où l’interprétation des « demeurés » est tellement vrai.
Je m’attendais à un dénouement dur, mais en nous offrant une fin heureuse, tu as peut-être voulu éviter le misérabilisme et montrer que au bout de la misère il y a l’espoir avec parfois le bonheur en plus.
Chapeau Môssieur Cyberalx.

   Ninjavert   
27/8/2007
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Aaaaah... Tu vois Hekel, tes derniers textes m'avaient plu, mais aucun ne m'avait vraiment touché.

Ici, la chose est différente et je retrouve avec une déléctation jubilatoire "mon" Cyberalx.

Je te frapperai à l'occasion, car n'ayant pas respecté les contraintes tu m'obligeras (je vais y réfléchir ^^) à sanctionner mon vote dans le cadre du concours. Mais comme là, je suis hors concours, je vais te dire tout le bien que je pense de ce texte.

Je passe un peu tard, l'essentiel a été dit. Je risque de répéter, peu importe, tu le mérites.

Je te l'ai déjà dit, je ne suis pas le seul, mais tu as une capacité à retranscrire, à exprimer les choses pour le moins fascinante. En fait, tu me fais penser à Gallou.
Tu as une façon d'écrire toute simple, intuitive, qui ne se veut pas sophistiquée ou pseudo conceptuelle. Tu racontes, et tu le fais à merveille. Pour être fier de moi, j'ai besoin de travailler mes phrases, mes images, les scènes que je décris. Toi, tu n'en donnes pas l'impression. Tchollos l'a dit, on ne lit pas ces scènes, on les voit. On ne les imagine pas, on les vit. Y a pas de fioritures linguistiques, on ne se prend pas la tête en se disant "waow putain c'est trop beau, ces descriptions sont magnifiques et euh.. attends ça veut dire quoi déjà ce mot ?"
Dans ton écriture, tout est limpide, accessible, et pourtant tellement juste, tellement vrai que c'en est poignant.
Mais si ta façon d'écrire semble spontanée, intuitive, tout ton travail ne se limite pas à ça. On sent derrière chacune de ces phrases toutes simples une sérieuse documentation. La description du parc, le nom des gangs, le sourire de la balance (je le connaissais sous le sobriquet charmant de "sourire de l'ange")... tout ça montre que tu connais ton sujet et que tu sais où tu vas. Chose essentielle sans laquelle tes écrits ne seraient pas ce qu'ils sont.
S'ajoute également à ça ton expérience, ton passif de bourlingueur qui nous permet de ressentir cette misère que tu exprimes, toujours teinté de cet espoir aux fugaces possibilités de bonheur. (Et vice-versa).

Tes textes ne sont jamais manichéens, ni moralisateurs. Ils parlent de la vie, et comme toujours en soulignent ses aspects les plus beaux mais aussi les plus crasseux.

Je voudrais te faire des critiques, car je sais à quel point tu les affectionne, mais franchement sur ce texte j'ai du mal. Je suis d'accord sur le coup des stéréotypes, tes personnages sont toujours un peu clichés. Ca ne me choque pas, tant que les clichés sont beaux et intelligents, mais ce serait intéressant que tu essaies en effet de tordre le coup à ces petits résidus de stéréotype.

J'ai buté sur une ou deux phrases, comme Pat l'a souligné, et me suis émerveillé sur toutes celles que Togna a pris en exemple.

Tu as écrit ce texte dans l'urgence, si j'ai bien suivi, or sa qualité montre que tu n'as pas besoin de six mois pour faire un truc décent, et donc que tes meilleurs textes ne sont pas forcément ceux sur lesquels tu passes le plus de temps.

Me trompes-je ?

Mon seul conseil serait de chercher au fond de toi, ce qui rend certains de tes textes nettement meilleurs que les autres, comme celui-ci, et de ne plus rien écrire de moins bon !

En tout cas, j'en redemande...

Jekel

   Athanor   
28/8/2007
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Enfin la nouvelle tant attendue de Cyb ! (je parle pour moi).
Pour avoir un peu vu l'évolution de cette nouvelle, je suis épaté par les aptitudes de l'auteur à retourner une situation qui lui semblait compromise.
Le talent ! Son talent a su lui insuffler une seconde inspiration et donner le résultat présent.

Je dois dire que cette nouvelle m'a ému par son côté vrai.
En lisant, j'ai vu les acteurs, j'ai humé des senteurs "Centralparkestes", j'ai ressenti ces frimats et surtout, j'ai fait un bout de chemin avec Marlène. L'auteur m'a permis de presque la toucher et ça c'est génial.

Des phrases d'une profondeur telle, qu'il n'y a presque plus besoin de les commenter !
"...Et chaque banc de son royaume la juge, chaque arbre la toise, chaque parcelle de ce parc pourri lui susurre à l’oreille qu’elle n’est rien, sinon une pute..."
"...Parce que quand il fait froid et qu’ils arrivent avec leur machin tout recroquevillé, il faut bien travailler..." même l'humour -caustique, soit !- est présent
"...Alors, Monsieur des beaux quartiers, on vient se salir avec le petit peuple ?..." c'est presque du V. Hugo
"...Je ne l’ai pas baisée, c’était plutôt comme des excuses… Même si ça ne suffit pas..." quelle violence des mots ! qui ramènent aux réalités de la vie de ces pauvres femmes (en majeure partie)
"...Pas complètement attardé, pas exactement malin, juste entre les deux, comme l’horizon entre le ciel et la mer..." et alors là, quelle tendresse et quel respect !

Je ne me lasse pas de relire et relire cette nouvelle qui aborde un thème pour lequel j'aimerais voir écrites de belles choses.

Et cette histoire est pour moi une histoire d'amour. L'histoire d'un amour pour son prochain. Celle distillée par un corps (celui du flic) que plus rien ne fait vibrer ; Les vapeurs d'alcool, un ulcère qui ronge et la vision d'un déchéance noire dans un écrin vert sont le quotidien.

Enfin, j'aime particulièrement la fin qui incite à relire"...J’ai trouvé mon jardin, Merci..." dixit le flic.

Merci et bravo, Cyb.

   macalys   
9/9/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Quand j'ai lu les premières lignes : je me suis dit : "oh non, une histoire triste de prostituée, ça va encore mal se terminer !".

Et puis je n'ai pas pu m'empêcher de poursuivre la lecture, entraînée par le rythme des phrases, toutes indispensables et toutes liées. On dirait qu'elle se tiennent par la main pour effectuer une danse lente et digne. Ta nouvelle est comme une chanson, avec des refrains qu'on a envie de reprendre en coeur et une belle musicalité.

Le thème devrait normalement être trop noir à mon goût, mais l'absence de violence gratuite et la sobriété des détails sanglants m'ont convaincus (enfin, parfois c'est pire de s'imaginer la violence que de lire sa description...). On se plonge facilement et bien volontiers dans l'atmosphère que tu décris. Les personnages sont peints rapidement, certes, mais juste assez pour les rendre attachants et justes. Ta nouvelle laisse un sentiment triste et amer mais très doux. Et la fin est réussie et pas mièvre, ce qui n'était vraiment pas évident avec un thème pareil.

Bref, tu as jonglé avec la difficulté mais je crois que tu es parvenu à trouver un superbe équilibre. Bravo !

   Bidis   
6/9/2007
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Première lecture, 26 août 2007 :
Je crois que le thème est trop fort pour le texte.
Je n’ai pas aimé du tout.
Et cependant, chose étrange : la lecture terminée, Marlène continue à vivre quelque part, avec l’héroïne de Robin Cook, Dora Suarez…

Deuxième lecture, 6 septembre 2007 :
Quand tout le monde est d’accord dans les commentaires et que j’éprouve tout autre chose, je me dis que je dois avoir tort.
J’ai laissé la nouvelle de côté en me disant que je la relirais plus tard, chose que j’ai faite aujourd’hui.
Et bien j’avais effectivement tort.
Cette nouvelle est prenante, impeccablement bien écrite, avec une progression dramatique, et une fin touchante.
Je n’avais pas bien tout compris, évidemment.

   Anonyme   
8/9/2007
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
J'ai tout de suite accroché. J'aime cette façon d'écrire, tranchante, ciselée et subtile.
(Et puis il y a des phrases sans verbe...j'adore ça! Des phrases courtes qui en disent long)

L'histoire m'a emporté comme un fleuve vers la mer. Pas même le temps de réaliser que j'avais fini de lire.

Incroyable l'effet de ce texte..

Comme une grande bouffée d'air frais

   Nico   
9/9/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Comme toujours dans ce type de texte si prenant, je regrette que ce soit si court, bien qu'ici la forme et les proportions semblent très bien étudiées.

Qu'est-ce que j'aurais voulu de plus ? Un peu plus de noir, peut-être. Nous plonger un peu plus encore dans ce monde si pitoyable et injuste qu'est la prostitution. Le jardin final n'en aurait qu'été renforcé. Pourquoi a-t-elle été obligée ? On ne le sais pas.

Et pourquoi pas un petit air de sax qui traine dans les air...

   Cyberalx   
9/9/2007
Merci beaucoup pour vos notes, avis et critiques, j'y répond sur ce forum : http://oniris.rasquinet.be/modules/newbb/viewtopic.php?topic_id=1066&forum=6&post_id=9144#forumpost9144
Si vous avez besoin ou envie d'approfondir, allez y.

   larmerouge   
12/9/2007
Merci.
J'avais besoin d'une nouvelle comme ça pour continuer. Un pu de doux sentiments ça ne fait pas de mal.
Sinon rien à repprocher, les émotions sont là, le textes est bien écrit et bien développé.
Juste un énorme merci.

   Absolue   
20/9/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Et bien, que dire de plus... Clarté du vocabulaire, belles descriptions, émotion, poésie, tout y est! J'ai bien aimé la mise en page des paragraphes, c'est fluide et on est à peine monté que la destination est là.
Merci pour ce moment Cyberalx!

   Ama   
20/10/2007
Ce que j'aime beaucoup dans cette nouvelle Cyber, c'est l'emploi du présent. Il est très bien utilisé. Après, je trouve la construction bonne, les éléments s'enchaînent bien. Mon goût rejoint cependant celui de Larivière quand il te reproche des personnages stéréotypés. Je trouve qu'ils manquent de consistance. Comme si tu avais une vision assez simpliste ou assez caractérielle des gens autour de toi, ou bien tout simplement, comme si tu n'arrivais pas à faire ressentir à l'écrit toute la complexité d'un être vivant. Du coup, l'histoire me touche à la manière dont un Marc Lévy peut me toucher, ce qui n'est pas vraiment très profond. Si ce que j'aime (la construction et l'écriture) a pu me procurer un certain petit plaisir pendant ma lecture, ce que je n'aime pas me fait écrire ce commentaire là.

   i-zimbra   
4/12/2007
"Comment l'a-t-il fait hurler?"
"fait" n'est pas participe passé mais auxiliaire, donc ne s'accorde pas avec l'.

   widjet   
23/2/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour

J'ignore qu'elles étaient les contraintes de ce concours alors je vais juste le commenter par rapport à mon ressenti. Ce qui me vient à l'esprit est que j'en aurais bien reprit quelques lignes de ce texte touchant avec des personnages bien campés, qui ont une vraie épaisseur. Tu leur a donné un vécu et on s'attache à eux facilement. Je n'ai pas senti particulièrement les stéréotypes ou ils ne m'ont pas gêné. Chaque personnage vit avec ses démons, ses plaies, son désenchantement.
L'histoire est fluide (comme l'écriture avec de jolies tournures, souvent pleines de pudeur) et j'aime beaucoup la façon dont tu l'as traité avec ces ellipses (ce qui provoque une surprise certaine : par exemple on découvre ce qu'a subit Marlène juste après le passage du flic)
Maintenant et comme je l'ai dit au début, j'aurai encore plus travaillé le personnage du flic et insisté sur cet aspect blasé afin de mieux comprendre le don qu'il fait et d'avoir aussi plus d'empathie pour lui comme on en a pour Marlène. J'ai également pensé (avec le papy et le gamin un peu "benêt") à "des souris et des hommes"...Là aussi y'avait peut-être moyen de donner un poil plus de densité à ce dernier acteur.
A la reflexion, ta seule contrainte peut-être était celle du temps que tu avais....Quoiqu'il en soit, j'ai passé un bon moment et ton texte est une belle réussite. Bravo !

Widjet

   Anonyme   
28/6/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Et j'ai eu un instant l'impression que la gentillesse et l'amour devaient ressembler à ça...
Belle histoire, personnages attachants, c'est fluide, intense et doux à la fois... Merci beaucoup!

   Maëlle   
7/7/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je le trouve terriblement dur, ce texte. Le happy-end pour moi ne fait qu'en renforcer la noirceur. A part ça, très belle écriture, un sens de l'ellipse que j'apprécie vraiment.
Mais je ne suis pas certaine d'avoir envie de le lire (formulation étrange vu que c'est déjà fait).

   Flupke   
22/9/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Super. Très joli. Bravo !
J'ai été ému, d'où le petit plus.
Amicalement, Flupke

   xuanvincent   
26/9/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai trouvé cette histoire émouvante et par ailleurs bien écrite.

Derrière la carte postale - la photo illustrant ce récit - l'envers du décor..., ai-je envie de dire.

Elle est bien triste, et bien amenée dans le récit j'ai pensé, cette histoire de la jeune Marlène... La lettre du policier, vers le mileu de l'histoire, ne fait que rendre plus tragique sa destinée.

Le portrait du vieux policier m'a lui aussi touchée.

Différentes phrases du texte ont retenu mon attention et mériteraient, j'ai pensé, d'être relues, d'être méditées.

. « Elle croit vivre son conte de fée. Mais les contes, ils ne sont beaux que parce que c’est si laid, dehors. » : Ce passage m'a plu.

. « - Ce qui est beau pour certains peut être horrible pour d’autres, on ne vit pas dans une carte postale.
- C’est parce que ce n’est peut-être pas votre jardin, vous le trouverez peut-être un jour. » : J’ai apprécié ce passage

Le changement de lieu sur le coup m'a un peu déconcertée car j'avais pensé que l'histoire s'arrêtait à la fin de la lettre du policier. Après la violence de Central Park, la douceur de vivre, le bonheur possible... ?

J'ai apprécié le passage où la jeune femme, sur l'idée du policier de Central Park, se met à son tour à tenir son journal intime.

"Chaque bonne chose de sa vie est gâchée par ces cicatrices : Tatouages indélébiles de la cruauté humaine." : j'ai apprécié cette phrase.

"Crépin aime bien ce mot, il rappelle au reste du monde que si beaucoup ont troqué leur âme d’enfant contre une cravate et un semblant de dignité, d’autres sont « demeurés », restés là où le monde est encore vierge de toutes les pourritures dont l’animal humain est capable." : ce passage m'a plu.

La fin - "J’ai trouvé mon jardin, merci" - toute simple, mais qui veut tout dire, m'a plu. Si seulement dans la vie réelle les histoires tristes pouvaient se finir comme cela...

PS : Je m'aperçois que l'on pourrait fêter aujourd'hui les "un an" de cette nouvelle (car les histoires ne vivent-elles pas leur propre vie, dès lors qu'elles sont couchées sur le papier ?). Alors joyeux anniversaire !

   framboise   
3/10/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup
super, j'ai trouvé ce récit captivant, les descriptions sont tellement précises que l'on s'y croirait ! j'aime meme eu envie d'un hot dog en cours de lecture !!! bravo !!!

   marogne   
29/1/2009
 a aimé ce texte 
Passionnément
Et bien mon bonhomme, que d’émotion à lire cette nouvelle au dessus de la mer Baltique en direction de la mer du Japon. Voyage de New York à la Provence, que l’auteur a su merveilleusement évoquer dans ces quelques lignes. Et puis au milieu du texte, le besoin frénétique d’aller voir la fin, pour être sur, et ensuite continuer la lecture. Et à la fin, la petite larme qui coule au coin de l’œil.

Oui, mon bonhomme, un bien bel ouvrage.

Un ouvrage pour lequel on dit « merci ».

   Menvussa   
14/4/2009
 a aimé ce texte 
Passionnément
Putain Cyber t'as fait fort, tu m'as tout émotionné.

On entre lentement dans ce récit, on découvre. Le texte est un peu éparpillé pour nous empêcher d'aller trop vite. Et puis une horreur s'installe, une horreur emballée de quotidien malsain et anodin, la routine quoi.

Il ya ce flic, un type bien, qui veut bien faire mais qui se goure un peu.

Finalement à Marlène, il lui aura fallu deux rencontres, la première pour rompre avec cette horreur, la seconde pour découvrir l'amour.

   Nib   
23/5/2009
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Je ne vois qu'une chose à dire : Waou ! Cette nouvelle est merveilleuse ! et il n'y a aucun mot pour décrire à quel point elle est... plus que fantastique ! Comment est-il possible de mettre autant d'émotion, autant de sentiments dans un seul mot ? Au fil des lignes j'ai vu ce que Marlène a vu, pleuré quand elle a pleuré et espéré quand elle a espéré. Vraiment, Bravo.

   Anonyme   
18/9/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
En tous cas cyberalx , je suis tres content d'avoir pu lire ta nouvelle depuis hier impressionnant pour quelqu'un qui deterre des vieux souvenir et le mets a l'oeil nue.ah les souvenir ont les a tous mais tu as fais fort allé courage , impressionne nous encore.apres tout en apprend tout les jours.

   Farfalino   
17/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Nouvelle très bien construite. J'ai été ému, brutalisé, touché, heureux. Très juste dans les sentiments et les pensées. Les personnages sont suffisamment esquissés pour avoir une belle épaisseur.

Trouver le bonheur malgré les épreuves et le monde horrible, voilà une belle conclusion optimiste.

   Selenim   
16/12/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Je n'ai pas réussi à m'émouvoir de ce texte qui accumule beaucoup trop de poncifs.

L'histoire est d'une simplicité désarmante. La petite française qui part chercher le rêve américain mais qui tombe sur le méchant mac qui lui taille un sourire à la Joker pour l'avoir balancé. Là-dessus arrive le flic alcoolique au grand cœur qui offre son ticket de sortie à Marlène. Retour en Provence pour une happy end sur fond d'exutoire épistolaire.

Autant dire que je n'ai pas aimé cette trame déjà vue trop souvent. Je dois avouer que le flic qui donne toutes ses économies par culpabilité alors qu'il est flic depuis plus d'une décennie, j'y ai pas cru une seconde. Comment a-t-il réussi à tenir si longtemps aux mœurs avec ce genre de mental ?

Les personnages sont plutôt bien brossés grâce à l'emploi d'anecdotes sympathiques, dommage encore une fois qu'il s'agisse d'archétypes.

La fin de l'histoire, placée sous le soleil de Provence, achève une histoire de la pire des façon : mielleuse et heureuse.
Rien ne nous est épargné : la définition de l'amour, le bonheur retrouvé et bien sûr la poésie romantique.
Au-secours.


Face à ce genre de texte, le fond est souvent délaissé au profit d'un style ébouriffant, d'une ambiance tétanisante ou d'un je-ne-sais-quoi qui claque. Mais là non.
L'écriture est assez commune, malgré quelques belles métaphores et comparaisons personnalisées. L'ambiance qui règne dans le Park est racée mais trop contenue pour vraiment imprégner le lecteur.
J'ai eu le plus grand mal à enchainer cette liste de phrases, comme si j'étais face à un story-board littéraire. Le récit est prédécoupé comme s'il s'agissait d'une adaptation pour le cinéma. Étrange et pas très appétissant à la lecture.

S'il y a un gros point positif à tirer de cette nouvelle, c'est son architecture solide et pensée. L'auteur a poser son plan sereinement avant de rédiger. Le résultat est clair, sans accroc.

Au final, j'ai été extrêmement déçu par ce texte. Peut-être en attendais-je trop ?

Après une seconde lecture, je n'arrive pas à me défaire de cette sensation d'enchainement de stéréotypes. Et la fin déguisée en pub pour Kleenex, je n'y crois pas une seconde.

   Anonyme   
12/3/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Quel tableau tellement bien depeint: je suis entree dedans, pour sure, et j'ai vraiment ressenti les sentiments qui y sont exprimes. J'y serais bien restee quelques minutes - ou quelques heures - de plus.

J'etais assez decur que l'histoire se finisse si "brusquement" mais au fond, qu'importe: pour autant que chaque Marlene trouve son Gallou un jour...

   Anonyme   
18/3/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ouch.

Premier mot qui me vient à la fin de la lecture. Le rythme des phrases tient en haleine mais n'essouffle pas. Ideal.
Très dur aussi. J'ai le cœur à l'envers et les larmes aux yeux.
Cette histoire est tellement commune à tant de personnes mais, petit plus de cette nouvelle, la fin est une belle fin (bien que Marlène doit sûrement vivre avec ses démons). Peut-être plus d'informations sur ce qu'a du vivre Marlène, plus d'infos sur le passé et les motivations du flic. Mais le temps ne devait pas être illimité pour toi.

Bref, j'ai savouré cette histoire.

   Meleagre   
20/2/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Merci à Philippe de m'avoir fait découvrir ce texte, retrouvé dans les limbes oniriennes. Je ne connais pas encore les contraintes de ce concours, j'irai les voir bientôt. Je dois dire, en voyant la carte postale, que je ne m'attendais pas à ce genre d'histoire, et que, maintenant encore, le lien me paraît assez ténu : il doit s'agir d'un lieu et d'une certaine époque, mais le saxophoniste entraîne mon imagination vers de toutes autres sphères.

Je trouve ce texte particulièrement bien construit, avec plusieurs parties qui amènent des bribes d'information, des fragments d'histoire, qui arrivent peu à peu à faire un tout cohérent, avec des ellipses et des flash back.
Les personnages pourraient tomber dans le stéréotype, la caricature : la prostituée, le mac, le flic alcoolique, le benêt. Mais ils s'éloignent heureusement des codes, et ils sont traités (enfin, sauf le mac, et c'est bien fait pour lui) avec beaucoup de tendresse, de poésie, d'humanité.

Première partie : le flash back qui retrace assez brièvement la vie de Marlène fonctionne, avec ces allers-retours entre le passé et le présent, entre les rêves passés et la réalité actuelle. La répétition de "garder ses mains au chaud" intrigue le lecteur (au début, ça fait un peu penser à la "Petite fille aux allumettes"), jusqu'à ce qu'on comprenne avec effroi les raisons de cette prescription. J'aime beaucoup cette phrase : "Il faut dire qu’elle ne choisit pas, on l’a un peu forcée au début, et maintenant elle ne connaît que ça comme vie, c’est comme si rien n’avait existé avant et qu’après soit impensable, comme si le monde se limitait à un instantané du pire moment de sa vie" (même si j'aurais plutôt écrit : "que l'après soit impensable"). J'aime bien cette revendication à être regardée comme un être humain, et ce dialogue avec le flic qui commence par la nécessité de trouver un jardin.

Deuxième partie : le personnage du flic pourrait être plus développé. On ne sait pas pourquoi il est alcoolique : est-ce à cause de l'affaire Marlène / Neils Haagis ? Peut-être, comme le montre son sentiment de culpabilité dans cette affaire. Mais alors combien de temps s'est-il écoulé depuis leur rencontre, depuis le jugement de Neils ? Quand il écrit dans son journal, on s'aperçoit qu'il y a eu ellipse, et que cette ellipse a occulté des horreurs. Heureusement qu'il n'ose pas écrire comment le mac a fait hurler Marlène : ça aurait fait tomber le récit dans le pathos, l'horreur, et je pense préférable d'éviter ce mélange des genres.
En passant, je comprends le jeu de mots et le constat désabusé : "Il parait aussi que Dieu a fait le monde à son image... Le mec devait avoir une sacrée opinion de lui-même." Mais c'est faux : dans la Genèse, il est dit que Dieu a créé le monde, et que Dieu a créé l'homme à son image, lui laissant la liberté de "gérer" ce monde.

Troisième partie : Huit mois se sont écoulés. J'aime beaucoup ce dialogue entre Gallou et Crépin, et le traitement du personnage de Gallou ("Les gens confondent gentil et débile, ils aiment se moquer des « débiles », ça leur donne l’impression d’être meilleurs que d’autres, sûrement. Certains appellent les Gallous de ce monde des « demeurés ». Crépin aime bien ce mot, il rappelle au reste du monde que si beaucoup ont troqué leur âme d’enfant contre une cravate et un semblant de dignité, d’autres sont « demeurés », restés là où le monde est encore vierge de toutes les pourritures dont l’animal humain est capable.") La comparaison des femmes à un bijou ou à une étoile est très poétique, comme cette manière d'expliquer les choses avec des images poétiques très savoureuses.

Quatrième partie : l'action d'arracher les pages de son journal est très forte : Marlène veut arracher ses malheurs passés, recommencer sa vie à zéro sur une page blanche. Tout ce qu'elle écrit fonctionne très bien, avec des mots très simples, une succession d'actions sans effort de style, qui donnent beaucoup de force à ces quelques phrases : "Il m’a dit que j’étais belle. Et je l’ai cru. J’ai pleuré, il s’est approché. J’ai reculé à cause de ses grandes mains. Il est si fort. J’ai eu peur. Il a continué à s’approcher. Peur. J’ai fait tomber les jolies fleurs. Mais j’ai besoin. J’ai besoin d’avoir quelqu’un de gentil avec moi." Une scène simple mais forte ; on se dit qu'enfin, Marlène a eu quelqu'un qui la regardait avec humanité, qu'elle a trouvé son prince.

Dernière partie : là encore, beaucoup de force dans ces quelques mots : "J'ai trouvé mon jardin, Merci" (qui rappelle, en passant, la fin de Candide : "Il faut cultiver son jardin"). Tout est dit. Qu'est-ce que ça doit faire plaisir, de recevoir ces mots !

Bref: cette écriture, très simple, sans efforts apparents de style, ce traitement des personnages avec simplicité et tendresse, cette construction de l'histoire par petites touches, donnent au texte beaucoup d'humanité et d'émotion.

   Anonyme   
2/6/2013
 a aimé ce texte 
Passionnément
J'ai adoré la forme, c'est-à-dire, l'idée des trois points de vues.
Bravo pour les petits passages sublimes, que bien d'autres ont aussi soulignés.
...comme l'horizon entre le ciel et la mer.
...les contes, ils ne sont beaux que parce que c'est si laid dehors.
C'est une histoire qui fait du bien, malgré qu'elle soit très simple.
Merci.


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