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Policier/Noir/Thriller
dague : L'ennui tue
 Publié le 14/06/19  -  13 commentaires  -  6406 caractères  -  119 lectures    Autres textes du même auteur

L'ennui est une chose puissante. Il envahit certains aspects de notre vie. Son immobilité nous donne la nausée. Seule la pensée peut lutter contre lui.
Alors, faire appel aux souvenirs heureux pour rompre l'ennui.
Mais, attention à ne pas mourir d'ennui.


L'ennui tue


Je m’emmerde totalement d’un ennui profond. Je traîne mes godasses dans les flaques de boue, j’ai froid jusqu’au milieu des os.

Qu’est-ce que je vais bien pouvoir foutre ? Je m’emmerde et ce n’est pas une activité plaisante. Sauter dans les flaques d’eau croupie ce n’est pas vraiment de mon âge. Les pieds plantés dans l’humidité glacée, immobile j’entends le bruit de mes dents qui claquent douloureusement dans le silence. Une idée, une seule, détruirait mon emmerdement. Encore faudrait-il que j’aie cette idée.

Avec ma cousine il y a toujours un truc pour tuer le temps. Si elle était là, je saurais quoi faire. Je lui pincerais une de ses grosses fesses. Bien sûr, elle ne serait pas vraiment d’accord avec ce genre de manière. Elle glousserait comme une poule. J’aime quand elle glousse, c’est comme une convention entre nous. De l’extérieur, elle montre son opposition mais si elle se met à imiter une stupide volaille, alors là, on démarre tous les deux pour une franche rigolade. Plus je la tripote plus le jeu devient excitant. Ma cousine, ce n’est pas vraiment une beauté. Mais ça, je l’oublie vite au contact de ses formes généreuses. C’est une vraie aguicheuse, je suis complètement retourné pas ses baisers et parfois troublé en caressant les doux reliefs de son corps à moitié cachés par sa grande robe à boutons.


Mais comme je l’ai dit tout à l’heure, elle n’est pas là et dans ce putain de décor, je serais très surpris qu’elle débarque.


C’est du domaine des illusions bien douloureuses quand tu comprends qu’elles ne sont que des rêves. Elles ressemblent à un rayon de soleil qui se faufile dans une trouée à travers les nuages. Ici, même le soleil ne te réchauffe pas. Le ciel est aussi épais que mon ennui, je n’en verrai jamais la fin souvent tragique dans le coin.

Comme les autres, je m’occupe à ne rien faire pendant des heures et des jours. Enfoncé dans un ennui désagréable qui me coule sur le corps semblable à de la sueur poisseuse et puante. Au moins je vis. Personne pour me tenir compagnie, je suis un solitaire, surtout dans ma tête. La compagnie, c’est aussi l’ensemble de mes camarades de misère enterrés dans cette foutue glaise. Terrés comme les rats qui se faufilent partout et nous grimpent dessus sans vergogne. Je ne dors pas, je piétine ce marécage dégoûtant où il se passe rarement quelque chose de bon. Je m’emmerde. C’est devenu une seconde nature. Ma raison me signale que c’est devenu maintenant ma vraie nature. Me fondre dans la terre, m’y confondre en espérant rompre la monotonie du coin responsable d’un ennui si puissant.

Heureusement il ne se passe pas grand-chose. Le moindre petit détail qui opère une impression de mouvement, c’est la panique. La trouille, cette grande dame, complice de la faucheuse, vous saisit les tripes et les tord pour essorer toute votre dignité d’homme. À force d’habitude, plus personne ne remarque la souillure. Vous êtes seul à sentir votre merde. Tout le groupe empeste la peur. Le monde entier pue ! Je divague, rester vigilant, se concentrer sur l’ennui.


Ma pensée s’évade vers Pauline. Une jolie fille aux cheveux couleur du foin où nous passions de longues heures à faire l’amour tendrement, passionnément, violemment. Elle avait l’odeur de l’été. Le soleil brunissait sa peau douce en multiples nuances dorées, parsemées de taches de rousseur. Toutes ces minuscules touches de couleur m’évoquaient les tableaux très colorés de mon vieil ami André. Pour la taquiner je l’appelais « mon fauve doré ». Elle riait et la vie était belle de mille couleurs. Maintenant, triste instant, Pauline est loin.


Peut-être pense-t-elle à moi du fond de sa ferme ?


Rien à faire, je m’emmerde dans ce paysage lunaire. J’ai l’impression de voir en noir et blanc. Je suis trempé par cette saloperie de pluie qui me dégouline dans le dos. Elle s’infiltre par le col de ma pèlerine. Parlons-en de celle-là, elle pèse une tonne, c’est lourd à porter une tonne de crasse. Toujours la présence de la gadoue qui se colle partout, elle forme une croûte épaisse sur ce qui fut jadis mon manteau. Rien à voir avec mes vêtements qui faisaient de moi un homme élégant.

Il fallait que je le sois élégant pour sortir avec Raphaëlle. Une dame de style, aux manières de reine. Nous promener ensemble et l’avoir à mon bras me rendait fier. Je bombais le torse, ralentissais mes gestes, je jouais au mondain. Théâtres, revues, restaurants chics, c’était le programme de nos soirées. Dans les regards croisés et la multitude des courbettes effectuées en notre honneur je connaissais le bonheur. Pour la nuit, une autre ambiance, nous allions chez Raphaëlle. Sa maison, je l’adorais. Pas la maison mais les nombreuses filles qui s’y trouvaient. J’étais à mon aise, je me pavanais parmi ces beautés. Raphaëlle ne m’en voulait pas. Une dame de sa classe ne connaissait pas la jalousie.


Peut-être pense-t-elle à moi du fond de sa maison close ?


Les souvenirs si bons, si efficaces pour s’évader de cet emmerdement, je n’arrive pas à les prolonger. Toujours une contrariété qui écourte mes pensées. Le tourment du moment est terrible, je fais référence à ma ménagerie portative, constituée par la grande famille des vermines affamées qui vous déjeune le corps en permanence. Je m’emmerde d’un ennui poisseux comme cette nuit d’encre. Je fixe désespérément les alentours, paupières ouvertes, paupières baissées aucune différence. Rien que du noir, rien que du sombre comme mon humeur. Je ne distingue pas mes mains, encore moins mes pieds.


Une étincelle brille dans les ténèbres. Ni luciole, ni étoile, je connais ce phénomène.


Voilà l’événement qui me manquait pour rompre cet ennui merdique. Suivre du regard cette lueur tremblotante aux mouvements caractéristiques de va-et-vient verticaux et réguliers. Je l’ai repérée, ne pas la perdre, être vigilant. Elle est maintenant bien nette et se détache dans l’opacité de la nuit. De la précision, surtout ne pas la rater, elle ne durera pas longtemps. Un seul essai, à ce jeu j’excelle. Je vise en m’appliquant, je bloque ma respiration et je tire. Le recul du Lebel me broie l’épaule. Petite lueur du mégot s’est envolée.

Aucun bruit, dans le silence un homme est mort quelque part sur le front. Derrière la cigarette, la dernière du condamné, un ennemi et certainement un soldat qui s’emmerdait.


« La cigarette tue » devrait être écrit sur les paquets de tabac.


 
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   Corto   
29/5/2019
 a aimé ce texte 
Pas
La merde et l'ennui sont les deux mamelles de cette nouvelle.

Un soldat à l’affût s'emmerde.
Il sort de son emmerdement au moment béni où il réussit à tuer un soldat ennemi qui avait eu l'imprudence d'allumer une cigarette. D'où le final.

Certains aimeront peut-être, qui sait ?

Pour moi je m'y suis ennuyé. Les phrases ont généralement leur sujet, leur verbe, leur complément.

Mais quel ennui...

   plumette   
4/6/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
un texte qui ne m'est pas sympathique ! mais dont je reconnais l'efficacité.
l'homme qui s'emmerde a surtout des pensées sexuelles, c'est un peu univoque, c'est un parti pris de l'auteur et cela m'a agacé, et encore plus rétrospectivement lorsque j'ai enfin compris la situation.
le niveau de langage est bien en rapport avec le ressenti de cet homme,
je me suis demandée , tout au long de ma lecture, où il se trouvait et ce qu'il était censé faire. En ce sens, il y a quelque chose qui fonctionne car la curiosité, malgré mon peu d'empathie pour ce personnage , m'a tenue en haleine.
Les quatre dernières lignes apportent une réponse et un regard inédit sur la guerre des tranchées et me confirme que décidément cet homme ne mérite pas mieux que cet emmerdement!

Plumette

   hersen   
7/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai aimé cette nouvelle. L'histoire est cruelle, glaçante et l'auteur la déroule selon un plan très malin.

je suis au début un peu embêtée de toutes ces répétitions de "emmerder" car répété, cela n'ajoute rien à l'ennui. Je comprends à la fin de l'histoire qu'il ajoute à la situation et à qui viendrait l'idée de reprocher son vocabulaire à un soldat dans une tranchée ?

le narrateur a tout son temps pour se remémorer des souvenirs d'amours passées, les ponctuant de détails sordides de son présent.

Qui est terrible. C'est la guerre et il va faire son boulot.

Donc, pour moi un très bon plan et une narration qui interpelle mais qui prend tout son sens ensuite.

la dernière phrase, humour noir post-événements, est...mortelle.

   Sylvaine   
8/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Le texte est prenant, l'atmosphère d'humidité glaciale et de désespérance est bien rendue. La relative trivialité de la langue convient au sujet. Je crois néanmoins que l'image de la vermine qui "déjeune le corps" n'est pas très bien venue.
On ne peut pas dire que la chute surprenne beaucoup, mais ce n'est pas une critique : le lecteur est amené progressivement et assez habilement à comprendre dans quelle situation se trouve le narrateur. Sans être très originale, la nouvelle illustre ainsi le vécu des tranchées de façon vraisemblable et sans faute de ton .

   Malitorne   
16/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien
C'est sûr qu'ils devaient sacrément s'emmerder les Poilus dans leurs trous à rats. L'ennui et la peur, deux constantes bien exprimées, que seuls les souvenirs pouvaient atténuer. Souvenirs de femmes, bien sûr, les plus enveloppants. Pas grand chose à dire de plus pour ce court récit au style de qualité.
(N'oubliez pas de commenter vos camarades d'écriture, vous êtes sur un site de partage. Rien de tel pour tromper l'ennui !)

   poldutor   
14/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour dague,

Personnellement, j'ai aimé cette nouvelle malgré le vocabulaire un peu trivial, à quoi un un jeune soldat peut-il penser dans des moments d'accalmie, si ce n'est au sexe...
Évidemment le mot m... est pesant par moment, mais il est manifeste que l'auteur l'a volontairement répété, pour marqué à quel point l'ennui dans ces tranchées devait être pénible.
J'avoue m'être demandé où on voulait en venir dans cette histoire, la chute, bien que cruelle, est une bonne surprise.
Cordialement.
poldutor

   Donaldo75   
14/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Dague,

Le style n’est pas désagréable du tout. L’écriture est soignée, avec usage de grossièretés quand il le faut, sans en abuser. Du coup, la tonalité de cette nouvelle s’installe. L’ennui, d’abord. Le sale ensuite. Les flashbacks sont bien amenés. La phrase de fin sonne comme un refrain.

« Les souvenirs si bons, si efficaces pour s’évader de cet emmerdement, je n’arrive pas à les prolonger. »

C’est un peu la manière dont la nouvelle est construite ; du coup, on comprend mieux cette construction et le fait qu’aucun souvenir ne donne lieu à un récit dans le récit. Bien vu !

« Aucun bruit, dans le silence un homme est mort quelque part sur le front. Derrière la cigarette, la dernière du condamné, un ennemi et certainement un soldat qui s’emmerdait. »

Une fin réussie ; en tant que lecteur je comprends mieux tout ce que j’ai lu avant, la tonalité grise, le sale, l’ennui.

Bravo !

Donaldo

   stony   
15/6/2019
Je me suis fait avoir.

Durant presque toute la lecture, je me suis plutôt, moi aussi, ennuyé.
Sur le fond, bien sûr. Sur la forme, j'ai trouvé que parfois certaines phrases au style plus direct se démarquaient, tandis que d'autres insistaient assez lourdement sur un état de déprime, de manière redondante, tant sur le fond que sur la forme.
Mais alors que je ne suis pas un adepte des nouvelles à chute, la chute donne ici, bien évidemment, toute sa valeur au texte.

Globalement, j'ai donc bien aimé, mais il me semble qu'il faudrait, pour que cette nouvelle intéressante devienne vraiment une bonne nouvelle, qu'elle ne base pas tout sur sa chute et que la qualité littéraire soit plus constante avant qu'on y parvienne.

EDIT: après lecture du commentaire de Toc-Art, en effet, la dernière phrase était tout à fait dispensable.

   toc-art   
15/6/2019
Bonjour,

En première lecture, je n'ai pas aimé ce texte. Les différents avis plus positifs m'ont conduit à le relire en essayant de le faire avec un angle de vue différent mais je n'y suis pas parvenu. La première impression est restée. Je ne dis pas que c'est de votre faute, le texte est bien écrit, d'une manière un peu trop affectée parfois ("faire l'amour tendrement, passionnément, violemment" : c'est un détail, hein, mais je tique dessus parce qu'on m'a fait la remarque récemment et c'est vrai que c'est une coquetterie dont je ne me suis pas totalement débarrassé moi non plus, mais avec les adjectifs ; le trio d'adverbes me rappelle trop la déclaration d'Annie Girardot "mais à moi le cinéma a manqué follement, éperdument, douloureusement").
Donc, non, ce n'est pas l'écriture qui m'a posé problème, c'est la construction parce qu'en fait, dès la première lecture, j'en ai vu les ficelles. Je sais bien que ça peut paraître un reproche étrange, puisque tout auteur construit son texte (enfin, il devrait en tout cas) mais là, j'ai trouvé que c'était fait de façon trop mécanique, trop évidente et ça m'a sorti du texte très vite. C'est comme si les mots et les phrases qui devraient lui donner de la chair n'arrivaient pas à recouvrir totalement le squelette du récit. Et puis la fin, non quoi, franchement, c'est d'une facilité, comme un clin d'œil au lecteur "eh regardez comme je suis drôle, z'avez vu ça ?" qui enlève toute authenticité au récit : alors ça n'était donc que pour en arriver à ce jeu de mots usé jusqu'à la corde ?

Après, c'est peut-être moi, c'est bien possible, j'aime sentir que l'auteur avait à cœur de nous dire quelque chose, de faire passer une émotion, même de façon trop appuyée ou maladroite. Là, non, je ne sens d'autre envie que de réussir l'exercice, le cadre du récit n'est qu'un prétexte à mettre en place la petite chute finale et à la rendre plus saisissante. Je ne ressens en fait que l'envie d'appliquer une technique, un savoir-faire, mais sans affect. Je ne dis pas que c'est la réalité, et quand bien même, c'est tout à fait votre droit mais l'exercice me parait toujours un peu vain, sans intérêt, de ceux qui fleurissent dans tous les ateliers d'écriture. Ce n'est bien sûr que ma perception, je ne dis pas qu'elle est plus valide qu'une autre, mais elle rend négatif mon jugement sur ce texte.

Bonne continuation et je changerai peut-être d'avis au prochain texte.

   vis9vies   
16/6/2019
J'ai eu un peu de mal avec le style, même en me disant que le narrateur n'était qu'un "gamin". Les approximations syntaxiques ont le chic pour me sortir d'une lecture.

J'ai pensé assez rapidement à un gars dans les tranchées. L'ennui est que je n'avais aucune indication qui aurait permis de m'orienter sur autre chose, et ce genre d'idée qui s'impose sans qu'on sache si elle est bonne est énervante, car on garde dans un coin la possibilité de se tromper. Il y a pourtant des descriptions, mais les descriptions m'ont manqué, bien que suffisantes puisque j'ai été mis sur la bonne piste.

J'ai beaucoup apprécié la fin. J'en avais presque oublié ce vieux tabou qui veut qu'on n'allume jamais trois cigarettes avec la même flamme. La chute est belle, dans le sens qu'elle est un prolongement jusqu'à nous d'une époque révolue.

   Ynterr   
16/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Ce texte ne m'a ni plu ni déplut. A vrai dire, la fin arrive très vite, et permet de comprendre un peu le texte. Je dis bien comprendre le texte, car je l'ai relu trois fois pour assimiler son sens (après, les liens avec la boue et les amours passés deviennent évident) . Mais peut être que cette difficulté vient de mes habitudes de lecture? En tout cas, j'ai beaucoup apprécié l'implantation du décor, mais le texte m'est resté tout de même plutôt obscur (haha). Et les mots tels que "foutre" et "emmerde" m'ont aussi rebuté dès le début du texte, mais bon, chacun ses gouts.

Je mets tout de même une bonne appréciation, car je pense que d'autres lecteurs apprécieront ce récit bien mieux que moi, rien que pour la richesse de l'histoire

   Anje   
22/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien
L'ennui tue, tue par ennui, fumer tue... Un style trivial qui dépeint, par ces répétitions, l'ennui et qui s'achève sur une blague de comptoir. On comprend bien que ce tireur embusqué n'avait que l'attente à tuer et, sans sentiment, éteint une incandescence dans son champ de vision nocturne. Il n'y a pas de moralité dans la guerre et il n'a pas d'état d'âme.
Le récit me semble bien mené, l'auteur éclaire suffisamment la scène pour que le lecteur n'aie pas de doute et l'amène où il voulait. On aime ou pas le thème mais l'écriture est simple et claire.

   Pierrick   
22/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un tour de force ! Une lecture jouissive dans l'océan souillé de fadeurs pseudo littéraires. On est d'emblée happé, saisi par cette écriture hypnotique et minutieusement construite. On voudrait lutter pour, je ne sais pas, aller chercher son paquet de clopes oublié sur la table de la cuisine, que l'on y arriverait pas. C'est ça la force des textes rares. Ils vous enveloppent, vous tétanisent, vous pétrifient dans une hébétude qui vous ravit. On a plus envie de rien, sauf de voir les mots défiler sous nos yeux, sauf de voir ce type qui s'emmerde pour une raison bien précise. j'ai, avec bonheur, retrouvé les ambiances de Buzzati ("Le désert des tartares"), de Beckett ("Molloy") et de Céline ("Voyage au bout de la nuit"). C'est vous dire si j'ai mis les pieds dans la littérature. La vraie. Celle qui vous donne envie de foutre au feu toutes ces merdes qui encombrent les présentoirs des librairies.

Merci pour ce diamant.


Oniris Copyright © 2007-2019