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| Ornicar
2/1/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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Une date mémorable pour un texte à lire et à prendre au second degré.
Huis-clos dans une chambre d'hôpital avec un découpage très cinématographique, style plan puis contreplan. Le regard et le lecteur passent successivement d'un moribond en plein délire (Charles) à une infirmière (Marie-Albertine) en quatre séquences et donc quatre paragraphes. C'est drôle et caricatural. Drôle parce que caricatural justement, jusque dans le choix des prénoms. Voyez ça, un peu. Tout d'abord, "Charles", un prénom qui sonne "vieille France" et fleure les beaux arrondissements parisiens, clin d'oeil au Général bien sûr, mais à toute une lignée de rois de France aussi. Ensuite, "Marie-Albertine", archétype de la croyante dévôte et dévouée qui se réalise - ou croit se réaliser - dans le soin aux autres. Aujourd'hui, on aurait quelques chances de les croiser à la "manif pour tous"... Le fait que Charles délire autorise tous les débordements, toutes les audaces scénaristiques et c'est ça qui est bien. On se fout de l'invraissemblance de la situation. "Invraissemblance" toute relative d'ailleurs, puisque ce fantasme de voir le pays "dirigé par les soviets" était bien présent dans une partie de l'opinion publique. Ainsi, j'ai le souvenir d'une grand-mère qui avait, lors de cette fameuse élection, fait des stocks de sucre, de farine, d'huile. Faut dire aussi qu'elle avait connu les privations de l'Occupation... Ce texte nous replonge avec humour dans cette époque effervescente, mélange d'espoirs et de liesse pour les uns, de craintes et de consternation pour les autres. Rétrospectivement, on en rigole... Dans ce miroir qui nous est tendu, force est de constater que l'époque a bien changé, que d'autres périls, d'une toute autre nature, nous guettent. Pas mal de formules imagées, hautes en couleurs ("joueur de flûte charentais" ; "les hourras bleus blanc rouges" ; "l’image du Christ et de ses apôtres nationalisés sur l’autel d’un plan quinquennal" - réjouissant !) voisinent à côté d'autres, plus rares mais plus poétiques ("leur parade ressemblait à une nuée de papillons estivaux dans un champ de pavot"). Bref, j'ai passé un excellent moment à cette évocation. |
| Laurent-Paul
4/1/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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Bonjour,
un texte habilement écrit, qui relate fort bien les délires et l'hystérie de certains dès qu'un évènement semble sortir de l'ordinaire, mené avec ce qu'il faut de poésie voire de lyrisme quand il s'agit d'évoquer les phantasmes politiques et de formules moqueuses à l'emporte-pièce pour parler des autres phantasmes, les religieux. J'ai passé un excellent moment de lecture ! |
| Charivari
5/1/2026
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Bonjour. J'apprécie ce texte pour son écriture, et je trouve ça intéressant de souligner la grande peur qu'il y a eu avec l'élection de Mitterrand en 81. Par contre, je trovue ça beaucoup trop exagéré à mon goût, et plusieurs éléments historiques sont, selon moi franchement anachroniques. Par exemple:
les grands hommes blonds debout sur leurs beaux chars rutilants, invoquant un mouvement plein de fleurs, de soleil et de joie -> là j'ai l'impression qu'on parle de la gay pride. Il n'y avait pas de chars fleuris à l'époque, même si la premièr gay pride eut lieu en 1981 elle n'était pas pro-Miterrand, elle n'était pas festive, et surtout, il n'y a eu aucune mnifestation de ce type pour célebrer l'élection. C'est tout de même dommage pour un texte ancré dans une réalité historique. Ensuite le passage "les ouvriers et les aristocrates se parleraient enfin d’égal à égal" me parait aussi assez inaéquat,même si je comprends qu'on est dans le délire parano: la peur du communisme, certes, mais bon, il y a quand même une révolution qui et passé par là et toute une troisieme république beaucoup plus radicale: si la peur du communsme peut se comprendre dans ce contexte, la peur de la perte des privilèges d'ancien régime, là ça me parait too much. bonne continuation |
| Lariviere
5/1/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Salut Don,
J'ai beaucoup aimé ce texte. Il est court, mais il décrit de façon décalé un épisode marquant de l'histoire de France avec beaucoup d'humour et une férocité assez truculente. Les personnages sont archétypaux, mais le délire et la volonté de grossir les traits pour en montrer le coté absurde et comique en repoussent la critique. L'écriture est bien dosée. L'effet est réussi. Merci pour cette lecture et bonne continuation ! |
| Mikard
5/1/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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Une bien belle idée d’évoquer ce grand jour par le petit bout de la lorgnette. C’est loufoque bien sur … encore que, des Charles, il y a du en avoir ! les chars Russes étaient à la frontière qu’ils disaient au Figaro.
Les prénoms bien trouvés, l’opposition avec la bien-pensante religion, tout cela va bien avec le reste. J’ai bien aimé quelques formules déjà citées au-dessus, surtout ‘le joueur de flûte Charentais » Des étudiants portant des brassards noirs !!! ça sent la boite catho Pas mal en tout cas. Mik |
| Robot
5/1/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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La vision des chars russes sur les Champs Élysées certains en étaient convaincus. J'aime cette écriture moqueuse et le regard ironique porté sur les deux personnages.
Ce n'est pas aussi exagéré que ça. Cette frayeur du devenir au 10 mai 81 ne s'est pas concrétisée uniquement dans les villes. A l'époque j'habitais un petit village ou le propriétaire de la mercerie avait prévenu qu'il sortirait le fusil si on venait lui prendre son magasin pour le nationaliser. |




