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Science-fiction
Donaldo75 : Éden [concours]
 Publié le 20/09/17  -  13 commentaires  -  12127 caractères  -  80 lectures    Autres textes du même auteur

Thème: l'enfer, c'est les autres.


Éden [concours]


Ce texte est une participation au concours n°22 : Inversons-nous !

(informations sur ce concours).




Journal de bord de la navigatrice Irina Oneguine.

Initialisation.

Date : un jour après l’exode.


Nous sommes douze colons à bord de l’ÉDEN. Triés sur le volet, nous formons six couples à l’objectif simple : donner une nouvelle chance à l’espèce humaine, dans le système Gliese370.


Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Je me le demande parfois. Nous avons réussi à envoyer des missions habitées au-delà de Neptune, à plonger au plus profond de la Terre, à vaincre les pandémies. Pourtant, malgré ces victoires technologiques, nous avons épuisé notre planète mère. Est-ce l’appât du gain, l’inconscience, un suicide collectif ? Ou juste de la bêtise ?


Notre voyage va durer une cinquantaine d’années, grâce à la méthode du transit temporel, une astucieuse manière de profiter des ondes gravitationnelles et de l’énergie noire. Gliese370 n’est qu’à trente-six années-lumière de nous. Dans environ quinze mois, nous pourrons entrer dans la seconde phase du voyage, le pilotage automatique du vaisseau et tout son équipage plongé dans un long sommeil artificiel. J’ai hâte de découvrir ce nouveau monde.


***


Journal de bord de la navigatrice Irina Oneguine.

Nouvelle entrée.

Date : deux jours après l’exode.


Enfin, je rencontre mon compagnon, ainsi que les autres couples. Je ne comprends pas pourquoi nous avons été tenus à l’écart si longtemps. Les psychologues disent que c’est pour notre bien, que nous avons été sélectionnés sur la base de critères incontestables, que nous allons bien nous entendre. Je ne doute pas un instant de leur probité, mais je les trouve un brin optimistes. Nous verrons bien.


Il s’appelle Brett Fitzgerald. C’est un sociologue. Sur le vaisseau ÉDEN, il n’a pas de réelle fonction spécifique. Il va passer son temps à compiler des données historiques, à les triturer dans tous les sens, afin de les utiliser, une fois la colonisation démarrée. Contrairement à moi, il n’a pas d’influence sur la bonne conduite du vol. Je ne le connais pas encore vraiment, mais mon petit doigt me dit que c’est mieux ainsi.


Les autres couples sont tout autant disparates que Brett et moi. Visiblement, ils ont associé des femmes et des hommes venus d’horizons et de cultures différents. Les seuls critères communs sont le niveau d’études, la classe sociale d’origine, et la race. Nous sommes tous de bons Occidentaux à dents blanches, issus des meilleures familles et des plus prestigieuses universités, des chrétiens patentés au pedigree génétique irréprochable. Ma mère n’aurait pas rêvé mieux comme rallye de fin d’année ou bal de promotion.


Brett est beau garçon, j’en conviens. C’est le Californien typique : grand, blond aux yeux bleus, taillé par le football universitaire et le surf. Toutes les premières communiantes de Berkeley ont dû baver devant lui, pendant ses dix années d’études. Il me rappelle Youri, le play-boy de la faculté de sciences de Saint-Pétersbourg, celui qui m’a couru derrière pendant des mois avant d’obtenir son premier baiser. Un gars orienté objectif.


***


Journal de bord de la navigatrice Irina Oneguine.

Nouvelle entrée.

Date : trois jours après l’exode.


L’équipage se retrouve lors des trois repas quotidiens, planifiés selon un rythme propre à la journée terrestre, pour conserver les repères de notre ancien monde. Encore une trouvaille des psychologues. Nous ne sommes que quatre personnes chargées de mener à bien le vol. Pietro, un Italien de Modène, est le pilote principal. Il s’appuie sur son copilote, Meredith, une Néo-Zélandaise d’Auckland, pour valider les choix de notre Intelligence Artificielle embarquée, prénommée SISTER, la seule entité à rester active durant les cinquante années de notre périple intersidéral. SISTER est notre mère. Elle veille à notre survie, pendant la phase de veille et après, quand nous serons en stase profonde, à rêver de colchiques dans les prés. La quatrième personne est Bastien, un Français de Cherbourg, médecin de son état. Il est censé guérir nos petits bobos corporels, nos états d’âme passagers, toutes les scories du voyage spatial quand de fragiles êtres humains se retrouvent entassés dans une boite de conserve géante. Pour ma part, je m’assure des décisions de SISTER en matière de navigation, du bon usage des ondes gravitationnelles et autres singularités cosmiques qui, tel le vent dans les voiles des caravelles d’antan, permettent à ÉDEN de parcourir à pleine vitesse des distances astronomiques. Gliese370 n’est pas la porte à côté.


***


Journal des événements de SISTER

Salle des repas

Enregistrement 512/7

Date : soixante-deux jours après l’exode


Brett : je ne vois pas pourquoi nous ne pouvons pas avoir de rapports sexuels avec nos compagnes, Bastien. Nous sommes supposés ensemencer Gliese370, non ? Alors, pourquoi attendre cinquante ans ?

Bastien : tu es lourd, Brett. Je te l’ai déjà expliqué cent fois. On ne peut se permettre une grossesse impromptue. Elle serait incompatible avec la phase de stase.

Brett : et la contraception, à quoi ça sert, d’après toi ? Nos ancêtres mettaient des bouts de plastique au bout de leur engin, et ça fonctionnait.

Meredith : visiblement, tes parents ont oublié d’en mettre un.

Irina : c’est sûr qu’ils ne l’ont pas adopté ; ce serait de la négligence.

Brett : je sens que notre couple va fonctionner, Irina.

Irina : j’ai déjà mal à la tête.

Meredith : moi aussi.

Dieter : dis donc, Meredith, ne me mets pas dans le même sac que cet abruti de Brett !

Brett : est-ce que les bonnes femmes vont prendre le pouvoir sur ce vaisseau ? On va où, là ? Chez les Amazones ?

Irina : tu as choisi la sociologie parce qu’ils t’avaient recalé en histoire, Brett ?

Bastien : je vais te prescrire des petites pilules grises, Brett. Elles vont calmer tes ardeurs.


***


Journal de bord de la navigatrice Irina Oneguine.

Nouvelle entrée.

Date : cent quatre-vingt-six jours après l’exode.


Brett n’est pas le seul à s’impatienter. Lui, son dada c’est le sexe. Il devait se croire dans un de ces clubs pour riches Américains où l’orgie est de mise et la morale de côté. Je ne sais pas comment il a été sélectionné, même si Pietro m’a fait comprendre que certains avaient bénéficié de passe-droits durant le programme, et que j’étais l’heureuse élue du décadent de l’année. Dieter montre également des signes de faiblesse. Je suppose que Meredith respecte le programme, pas forcément à la lettre, car il ne raisonne pas avec son bas-ventre. Le hic, c’est qu’il s’ennuie, tournant en rond comme un tigre en cage. Je pensais qu’en bon économiste, aligner les chiffres en colonnes et les rapprocher des montants en lignes suffirait à son bonheur. Visiblement, il aspire à plus de divertissements, le genre décliné en chopes de bières dans une taverne bondée de sa Munich natale. Gliese370 va lui sembler bien spartiate.


Pietro n’a pas ce problème. Je me suis occupée de lui, sans que sa légitime, l’ennuyeuse Canadienne, répondant au doux prénom de Jacqueline, ne se doute de rien. De toutes manières, je crois que la Jacqueline n’est pas branchée sur la chose, du moins pas avec les hommes. Elle passe un peu trop de temps avec l’Espagnole Isabella, à feuilleter des ouvrages anciens aux allures d’estampes japonaises. Meredith me dit que je suis mauvaise langue, que je vois le mal partout, que nous sommes la crème de l’espèce humaine, le futur des bipèdes, une élite sans défaut. Elle me fait bien rire. Encore une autruche, la tête bien plantée dans le sable. On dirait ma mère.


***


Journal des événements de SISTER

Salle des machines

Enregistrement 10523/8

Date : deux cent trente jours après l’exode


Irina : Brett commence à se douter, Pietro. Il va falloir ralentir la cadence.

Pietro : Brett est un abruti de cocu. Bastien va lui refiler une de ses pilules magiques. Il rejoindra Alice au pays des Merveilles. Comme Dieter.

Irina : on est en train de fabriquer une colonie de junkies.

Pietro : parle pour eux.

Irina : nous, on est drogués au sexe, à l’interdit. Jacqueline et Isabella aussi. Meredith couche avec Bastien, tu le savais ?

Pietro : oui.

Irina : qu’allons-nous devenir ?

Pietro : ce que nous sommes déjà. Des êtres humains, submergés par leurs émotions.

Irina : je ne parle pas de ça, Pietro. Que va-t-il se passer, une fois la colonie installée sur une planète habitable de Gliese370 ? Moi, avec ce débile de Brett, toi avec ta Jacqueline ?

Pietro : je parlerai à Brett. Il comprendra.

Irina : je ne crois pas. Je suis sa propriété, la grande Russe achetée à prix d’or pour parader sur une nouvelle planète, devant les colons descendus des étages inférieurs du Mayflower.


***


Journal de bord de la navigatrice Irina Oneguine.

Nouvelle entrée.

Date : trois cent soixante-six jours après l’exode.


Il fallait s’en douter. Brett nous a percés à jour, Pietro et moi. Dans son délire, il a usé du mélodrame, en plein anniversaire de l’envol d’ÉDEN. Il en a profité pour mouiller Dieter et lui révéler les infidélités de Meredith avec son médecin français. Nous avons dû séparer les deux protagonistes de ce vaudeville spatial, dans une stupide bataille pour l’honneur, une ode à la testostérone. Je suis allée vomir à l’infirmerie, en remerciant le Seigneur, le Premier secrétaire et les psychologues du programme d’avoir banni la chambre commune pour les couples désignés d’office, avant l’arrivée sur Gliese370. Brett me dégoute, et ce depuis la première semaine, avec ses regards insistants, ses allusions à la vie maritale et ses devoirs, son allure de cow-boy déguisé en surfeur.


Je n’ai plus le cœur à naviguer. Parfois, je me retiens de lancer ÉDEN contre une étoile à neutrons, histoire de provoquer le destin, de laisser Dieu finalement jouer aux dés et refondre les couples de survivants. Seulement, je sais que SISTER ne me laissera pas faire, trop sage, trop inhumaine, loin des émotions et des montées de larmes. Elle me rappelle ma mère, une logique Moscovite pour qui le Parti avait toujours raison. Je dois faire avec.


***


Journal de bord de la navigatrice Irina Oneguine.

Nouvelle entrée.

Date : trois cent quatre-vingt-dix-neuf jours après l’exode.


Bastien vient de l’annoncer. Brett et Dieter sont officiellement décédés. Personne ne semble les regretter, comme si une sorte de sélection naturelle, un processus darwinien, s’était déroulée dans notre vaisseau spatial. À deux mois de notre mise en sommeil prolongé, l’ordre a repris le dessus. Les couples vont se reformer. Jacqueline et Isabella. Meredith et Bastien. Irina et Pietro. Les leaders en premier. Les autres ont compris que sans nous, ils n’arriveraient pas à destination, malgré l’Intelligence Artificielle SISTER et le plan bien huilé des psychologues du programme. La promise de Bastien commence déjà à fricoter avec l’ex d’Isabella. On avance. L’humanité est en route pour recommencer, sur les mêmes bases, shakespeariennes et pathétiques, où l’amour se transforme en nuage de mort, sous des orages de jalousie et de traitrises en tous genres.


Je ne suis pas innocente, même si j’ai refusé de jouer un rôle actif dans le tout premier crime de la future colonie. Bastien et Pietro ont orchestré la pièce de ce théâtre gothique, devant un public aveugle, une assistance sourde au drame qui se jouait. Je sais que mes enfants, et ceux de Meredith, naitront avec un héritage criminel, fruits d’une union sanctifiée sur un autel sombre. J’en éprouve de la honte mais ne veux pas mourir passive comme ma mère, une Russe authentique qui croyait à la justice socialiste et à la morale collective. Nous étions douze apôtres de la nouvelle Terre. Nous sommes désormais dix âmes mortes, condamnées à expier leur humanité, à des années-lumière de la planète bleue, dans une boite de conserve répondant, c’est comique, au doux nom d’ÉDEN.


 
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   Bidis   
23/8/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Bien entendu, le thème est « L’enfer c’est les autres » mais le début de la nouvelle m’ayant plutôt accrochée alors que la science-fiction n’est habituellement pas ma tasse de thé, j’avais perdu un peu de vue cette contrainte. A partir de l'"enregistrement 512/7", j'ai compris qu'il s’agissait bien plus d’un huis clos que d’une épopée spatiale. Cela m'a déçue parce que l'aventure était vraiment bien amenée au départ, intrigante à souhait et que donc on n'en saura pas plus à cet égard. D'autre part, je n'ai pas trouvé les conflits en présence particulièrement originaux, le fait qu'ils se terminent par un crime ne changeant pas grand chose à mon impression.
L’écriture, par contre, est agréable à suivre.

   placebo   
25/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une chose que j'apprécie dans le texte, c'est le huis-clos. L'enfer s'appelle ici Eden.
J'aime bien le thème : les humains, après avoir bousillé la planète, vont saboter le programme de survie et laisser cours à leurs instincts.

La narratrice est une femme, l'auteur est un homme. Je n'ai pas de "dissonance" à la lecture. Pas mal d'humour et de recul, d'ironie de la part de narratrice aussi.

Pas grand chose à rajouter...
Bonne continuation,
placebo

   Asrya   
25/8/2017
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Un voyage dans l'espace pour coloniser une nouvelle planète à cause d'un épuisement des ressources sur Terre...
Je ne vais pas crier au cliché ou au manque d'originalité mais... il aurait probablement été possible de cogiter un peu plus et d'étoffer cela.
Passons.
Les journaux de bord ne sont pas souvent captivants ; en l'occurrence, ça va, mais c'est limite. L'écriture est convenable, on lit sans problème, du début jusqu'à la fin.

J'ai trouvé que l'histoire manquait de profondeur, c'est un peu banal ; manque de folie aussi.
Ces histoires de couples qui se mêlent, se démêlent... mouais... bon... ok.

Je n'ai pas réellement accroché.
Idem pour la fin ; le parallèle avec les apôtres... mouais... ça fait très américain votre texte en fait !

De plus, je ne suis pas non plus convaincu que le thème 'l'enfer, c'est les autres" soit réellement respecté. Je ne vois pas en quoi les autres ont un côté plus "enfer" que votre personnage... Cela n'engage que moi évidemment.

Si je comprends bien, vous êtes un homme ? Puisque votre personnage principal est une femme. J'aurais relativement tendance à dire qu'on peut facilement s'en douter (ce qui est dommage) ; si vous êtes une femme, vous avez adopté un style d'écriture très masculin (et dans ce cas c'est réussi !)

Merci pour cette lecture,
Au plaisir de vous lire à nouveau,
Asrya.

   Acratopege   
26/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce récit écrit dans le style aseptisé d'un journal de bord ne m'a pas accroché tout de suite. Sa richesse se dévoile peu à peu pour atteindre une dimension presque mythique. Ainsi, les couples choisis pour l'exode ne valent pas mieux que le commun des mortels. Tout est en place pour que recommence ailleurs la même gabegie! De l'enfer terrestre à l'enfer sidéral!
J'ai bien aimé la perfidie naïve de la narratrice, complice du crime sans y toucher, mais qui est prête à en consommer les fruits. D'ailleurs, même esquissés, tous les protagonistes de cette tragédie futuriste sont crédibles.
La narration plate met en évidence l'exacerbation des sentiments. Unité d'action, unité de lieu, unité de temps dans la mesure où tout se passe dans les quelques mois qui précèdent le grand sommeil. Quinze mois comme une longue journée. J'ai pensé à Racine.
Les quinze mois d'éveil avant le basculement dans le noir m'ont évoqué aussi la destinée humaine: quelques décennies à s'agiter avant le sommeil éternel.
Merci pour cette lecture.

   Jano   
28/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
On se demande pourquoi l'équipage n'a pas été mis en stase dès le début du voyage, avec SISTER aux commandes. C'est vrai que vous n'auriez pu créer d'intrigue sinon ! À part ça l'histoire est bien menée, très bonne idée de jouer sur la lutte des sexes à l'intérieur d'un vaisseau spatial. Aussi évolués que soient les êtres humains, ils resteront toujours esclaves de leurs pulsions. Le concours me semble donc parfaitement abordé sur ce point, jouant intelligemment de la nature de chacun.

   hersen   
20/9/2017
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai eu un peu de mal pour la mise en route. Cela s'est confirmé quand on comprend que nous sommes finalement dans un vaudeville. Spatial, mais un vaudeville quand même.

Mais je reprends de l'ardeur dans le dernier tiers, car oui, j'ai aimé le côté "nouveau monde" encore basé sur de la tragédie. Il semblerait que nous ne sachions faire que ça, et que nous ne saurons jamais faire que ça.

Je suis aussi toujours un peu mitigée sur la fiction qui nous offre de (re)peupler une planète avec les moyens du bord (un papa une maman) alors qu'on pourrait croire que la technologie pourrait offrir beaucoup d'alternatives.

   plumette   
20/9/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Encore de la SF me suis-je dit en abordant la lecture de ce texte.
Et puis j'ai vite oublié le genre grâce à la forme de ce récit qui m'a permis de maintenir mon attention jusqu'au bout.

je me serais passée des notations telle que " initialisation" et " nouvelle entrée" et "date".
je trouve habile de n'avoir pas daté le journal et d'avoir situé toute l'action par rapport à l'exode sans donner la date de l'exode.

j'ai été un peu perdue avec tous ces personnages.j'ai essentiellement retenu Irina, Brett et Pietro, et je retiens aussi le côté vaudevillesque de leurs relations.

L'auteur est un homme, j'ai bien aimé la manière dont il incarne Irina ( son regard sur les hommes, ses apartés, ses références à sa mère) et le "inversons-nous" m'a convaincue.

je suis bien plus réservé sur "l'enfer c'est les autres".Apparemment l'enfer, c'est certains autres, mais pas tous?

Bon! Il n'y a rien de nouveau sous le soleil! Ou plutôt dans la galaxie.

Malgré la haute importance de leur mission et une sélection soignée, les humains confinés dans cette boite de conserve géante restent soumis à leurs pulsions et le nouveau monde ressemblera à l'ancien.
voilà la leçon que je tire de cette lecture plaisante.

Plumette

   Jean-Claude   
20/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Nouvelle sympathique, bon rythme, bon procédé, bonne chute... Bref, j'ai aimé.

J'ai eu toutefois un peu de mal au démarrage, à la fois trop impersonnel et trop sempiternel (les questionnements ne me paraissent pas appropriés, ou pas assez développés).

Et la fin est un peu trop rapide. En outre, entre l'envie de jeter le vaisseau contre le mur et le voyage qui continue après le double meurtre final, il y a un problème de cohérence psychologique. Et je ne suis pas emballé par les commentaires finaux qui enfoncent le clou.

J'ai peut-être mal lu, mais je n'ai pas vu les douze voyageurs.

   vb   
21/9/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour,
Je n'ai pas aimé ce texte. Ces personnages sans morale ni sentiment me laissent vraiment froid. Comment une femme peut-elle accepter qu'on lui désigne un partenaire d'office sans même émettre un doute? Quelques personnages meurent sans qu'on s'en émeuve le moins du monde.
L'écriture m'a aussi frigrorifié. Ces dialogues présentés par les noms des participants, c'est pour dégoûter de lire. Surtout quand il y a tellement de personnages! Ces personnages sont d'ailleurs des clichés sans vie. Pourquoi faut-il savoir de quelles villes ils proviennent. Je préfèrerais savoir comment ils pensent, s'ils passent leurs mains dans leurs cheveux, s'ils ont des tics, s'ils sentent bon ou mauvais. J'aurais aimé qu'ils prennent un peu de chair!
Pour ce qui est du concours, j'avais cru qu'on nous parlait du renouvellement de l'humanité. "L'enfer c'est les autres" ne me semble pas être le thème de cette histoire.

   Thimul   
25/9/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bien aimé cette histoire sf.
J'aime assez cette idée de faire redémarrer l'humanité par un crime. Comme si l'être humain ne pouvait finalement jamais échapper à sa violence intrinsèque envers sa propre espèce.
Par contre il est vrai qu'hormis l'héroïne les autre personnages sont un peu faibles

   LaurenceSolouar   
28/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une histoire intergalactique astucieusement narrée via les journaux de bord d'un vaisseau. Une arche de Noé peuplée de bêtes de sexe. Des meurtres passés sous silence dans les étoiles. Voilà des éléments juteux pour ourdir une intrigue impossible. Mais comment diable sauver l'humanité? Ici point d'Alien, ni de Sigourney, juste de pauvres âmes blanches de peau devenues les bourreaux des uns et des autres et qui s'entretueront sans le moindre remord. L'humanité qui se reflète dans l'humanité. L'enfer c'est les autres oui! Un bel exercice très agréable à lire. Merci pour ce moment.

   jfmoods   
30/9/2017
Le passage de la focalisation interne ("Journal de bord") à la retranscription des conversations ("Journal des évènements") assure l'efficacité du récit.

Quelque soient les âges de l'Humanité, les conditions de vie, l'ironie du sort veut que l'Histoire resserve toujours les mêmes plats. La tragédie antique rejoint ainsi la tragédie futuriste ("Irina : qu’allons-nous devenir ? Pietro : ce que nous sommes déjà. Des êtres humains, submergés par leurs émotions.").

L'aspect fatal du récit est judicieusement préparé par les interventions d'Irina ("mais je les trouve un brin optimistes", "Je ne le connais pas encore vraiment, mais mon petit doigt me dit que c’est mieux ainsi.") et par le clin d'oeil, régulier, ironique, à l'hérédité ("Ma mère n’aurait pas rêvé mieux comme rallye de fin d’année ou bal de promotion.", "On dirait ma mère.", "Elle me rappelle ma mère, une logique Moscovite pour qui le Parti avait toujours raison. Je dois faire avec.", "J'en éprouve de la honte mais ne veux pas mourir passive comme ma mère, une Russe authentique qui croyait à la justice socialiste et à la morale collective.").

Merci pour ce partage !

   Loki   
5/10/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Le thème de l'exode de la Terre n'est pas vraiment nouveau.
On se croirait dans une pièce de Feydau, mais sans l'humour correspondant.
On a tout dans cette nouvelle, le crime cosmique, les 12 apôtres et les victimes expiatoires. On se croirait dans la collection Harlequin.


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