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Réalisme/Historique
doremifasol : Peaulitiquement incorrect
 Publié le 19/01/11  -  13 commentaires  -  9629 caractères  -  131 lectures    Autres textes du même auteur

Du poids des apparences...


Peaulitiquement incorrect


11 h 00. Les yeux rivés sur sa montre, le docteur Touret esquissa une grimace d’agacement puis se mit à tapoter avec impatience le sous-main de son bureau, du bout de ses ongles vermillon. Les rendez-vous s’étaient enchaînés toute la matinée mais contre toute attente, un patient venait d’annuler leur entrevue. Elle n’aimait pas les impondérables, les grains de sable qui venaient troubler une mécanique bien huilée. Une jolie nappe devait être sans faux plis, un cachemire sans peluches, une journée sans temps mort.


Elle se figura alors une liste de choses à faire. Avec un peu de volonté, elle aurait sans doute pu compléter ses dossiers ou se plonger dans une revue médicale achetée la veille. C’était aussi l’occasion de consulter ses mails, pour vérifier la confirmation d’une commande passée sur Internet.

Mais décidément, elle n’avait pas envie d’être productive. Et puis la prochaine patiente n’allait de toute façon pas tarder à arriver.


Elle choisit de laisser son attention vagabonder. Elle passa en revue la série de reproductions de Degas, chinées aux puces quelques mois plus tôt, et qui ornaient depuis les murs blancs de la salle de soins. Elles étaient venues remplacer des affiches de prévention solaire jugées obsolètes. Installée depuis 15 ans dans ce cabinet, Anne Touret avait maintes fois redécoré son espace de travail, n’épargnant jusqu’à présent que les moulures et le parquet chevron. Elle scruta le ciel à travers les lamelles des stores (le ciel était bas, il allait pleuvoir) et son regard finit sa course sur la cheminée Régence en marbre rouge, surplombée d’un imposant miroir ancien.

Elle avait juxtaposé toutes ces touches avec minutie, çà et là, à la manière d’un peintre pointilliste. L’ensemble ne manquait pas de cachet. Elle estima d’ailleurs l’effet obtenu à son goût. Conforme. Son diplôme de dermatologue, pièce maîtresse de l’exhibition, trônait en bonne place sur le mur qui faisait face aux patients. Sur son bureau : un iMac flambant neuf ; un agenda en cuir, clos ; une photo de famille.

Elle se souvenait parfaitement de cette séance photo. C’était en décembre dernier, peu avant Noël. Anne avait eu envie de faire réaliser un portrait de famille pour illustrer les cartes de vœux qu’elle réservait à ses clients. Après les poésies, les énigmes et les dessins, l’idée de la photo de famille lui avait été soufflée par l’amie d’une amie pendant un autre de ces déjeuners insipides entre copines. Le projet l’avait tout de suite séduite, mais n’avait pas rencontré l’adhésion attendue. Il lui avait donc fallu traîner Antoine, Raphael et Lubin, jusqu’au studio du photographe, puis négocier des mines souriantes et coopératrices, au prix d’un effort considérable (et d’une console de jeu).


Au cabinet, les choses étaient tout autres, sans compromis. Son métier lui plaisait et elle en maîtrisait toutes les ficelles. On l’entendait souvent affirmer qu’il y avait un parallèle entre la dermatologie et la cartographie. Ces deux disciplines permettaient selon elle, après un relevé d’informations scrupuleux, de renseigner sur l’identité et l’histoire du sujet. Elle aimait les reliefs de sa profession.

Anne Touret n’avait pas son pareil pour scruter le derme contrarié et exhumer les secrets sous la pathologie de façade. Elle avait construit sa réputation sur sa façon singulière d’associer gestes techniques et soins psychiques. Son approche psychosomatique des dermatoses lui avait ainsi permis de fidéliser une patientèle à fleur de peau.

Elle se partageait depuis quelques années entre la dermatologie médicale et esthétique. Cela dit, les actes esthétiques avaient pris une place prépondérante dans son activité. Il fallait corriger les signes de l’âge, les stries de la maternité, la peau cabossée. Cohabiter avec ses disgrâces : jamais ! On reprochait en effet à la peau d’être trop bavarde, de trop en dire sur les fragilités ou les excès. C’est là que la mission du Docteur Touret commençait : elle réduisait ce témoin gênant au silence et l’empêchait de divulguer les arcanes féminins par le biais des techniques les plus modernes. Elle ne comprenait guère les polémiques autour de la médecine esthétique, qu’elle jugeait utile. Elle soignait les apparences, voilà tout.


Anne Touret fut bientôt interrompue dans ses pensées par l’arrivée d'une habituée des lieux : Mme Légéri, wedding planner de son état. Quarantenaire fraîchement divorcée, la belle avait pour priorités existentielles de maintenir à flot son niveau de vie et son tonus épidermique. Et sa meilleure alliée dans cette quête était devenue la toxine botulique, à raison d’une injection tous les trois mois.

Avant de la faire entrer, Anne Touret passa par le petit cabinet de toilette situé à l’arrière de la salle de soins. Elle se lava les mains selon un rituel bien établi, et se passa un peu d’eau fraîche sur la nuque. Puis elle rabaissa les manches de sa blouse lentement, méthodiquement. Une mèche de cheveux égarée eut tôt fait d’être remise en ordre. Rien ne devait dépasser, et là encore, la fatalité n’existait pas. Toute à ses pensées, elle se dirigea dans la salle d’attente où Mme Légeri l’attendait, le dernier Douellebecq à la main, ce qui ne manqua d’échapper à Anne Touret.


- Bonjour Docteur !

- Bonjour madame Légeri, comment allez-vous ? Vous êtes en train de lire le déjà mythique « Le Planisphère et la Contrée » ?


Poignée de main convenue.

D’un signe, Anne Touret indiqua à sa patiente d’aller s’installer à son bureau.


- Oui, effectivement. Vous l’avez lu ?

- En fait, je l’ai acheté mais pas encore ouvert. Vous en pensez quoi ? Tout le monde a déjà un avis sur la question !

- Eh bien, à chacun de se faire une opinion comme on dit... Mais je dois avouer que pour le moment, j’aime beaucoup. Je trouve que Douellebecq fait preuve d’un sens de l'observation de la société assez poussé. Je ne suis pas déçue par ce nouvel opus.

- Bon, je garderai votre commentaire en tête quand j’en commencerai la lecture. Vous m’avez l’air reposée en tout cas. Je vous trouve resplendissante.

- Je rentre tout juste d’un petit week-end à l’île de Ré. Ça m’a fait beaucoup de bien cette petite virée au vert !

- Oui j’imagine. C’est un coin charmant par ailleurs... Alors, que voulez-vous faire ? Une injection ? Humm... Laissez-moi voir... Bien... Ah oui, en effet, on dirait que le muscle frontal a retrouvé de son tonus. On va pouvoir traiter la zone à nouveau, qu’en pensez-vous ? Votre dernière injection remonte à deux mois et demi ?

- Oui c’est bien ça. Je suis passée vous voir en octobre dernier. Pour la piqûre de jouvence, je suis preneuse ! Mais aujourd’hui je suis venue entre deux rendez-vous : dans une bonne heure, je dois être dans le 7e pour rencontrer un traiteur. C’est pour le prochain mariage que j’organise. La cliente me donne du fil à retordre... Y a pas plus exigeante !


Anne Touret répondit par un sourire emprunté. Elle ne savait plus à qui.


La séance dura en tout une quinzaine de minutes, pendant lesquelles les deux femmes demeurèrent parfaitement silencieuses. L’une imaginait le sourire de contentement de sa cliente quand elle allait lui annoncer qu’elle avait décroché un contrat avec le traiteur bio le plus bobo de Paris (ou l’inverse), tandis que l’autre repensait à la note d’hôtel qu’elle avait récemment trouvée dans l’une des poches de son mari. Bien sûr, ce n’était pas la première fois. Antoine ne se donnait même plus la peine de dissimuler les preuves de ses petites escapades extraconjugales. Anne n’était pas la seule et elle s’en était accommodée avec le temps. Au départ, elle avait pourtant été indignée par cette découverte : elle avait cassé trois assiettes, deux tasses, ébréché un bol, fait puis défait sa valise, appelé sa mère, pleuré (beaucoup et longtemps). Puis elle avait réfléchi, racheté les pièces manquantes de son service en porcelaine et rappelé sa mère avant de décider que tout remettre en cause n’était pas la meilleure solution. Quelle importance, après tout, tant qu’Elles restaient à l’écart des portraits de famille ? Les choses fonctionnaient depuis comme cela et aimer se conjuguait au pluriel.


- Voilà, c’est terminé. Vous pouvez vous rasseoir. Alors, comment vous sentez-vous ?

- Comblée assurément !


Anne Touret nettoya la zone traitée avec une compresse et proposa à sa cliente son reflet dans le miroir. Cette dernière afficha alors un sourire satisfait et reconnaissant.

De retour au bureau, elles échangèrent encore quelques banalités. Les enfants ? Ils vont bien, ils grandissent si vite. Et le lycée, c’est sûr, c’est autre chose.

Mme Légéri avait sorti son chéquier, et s’apprêtait à le remplir.


- Puis-je vous emprunter un stylo, je ne sais pas ce que j’ai fait du mien !

- Oui naturellement. Tenez.


Anne tendit à sa patiente un stylo feutre noir. Mais Mme Légéri ne le saisit pas tout de suite. Elle s’était tue et sa mine réjouie était retombée. Elle semblait maintenant fixer quelque chose avec intérêt. Elle demeurait figée, comme troublée par ce qu’elle voyait. Dans son esprit, les idées d’Anne se bousculèrent. Elle suivit alors la direction de son regard, sans bouger. La manche de sa blouse était légèrement relevée et laissait entrevoir son secret. Sur sa peau pâle, plusieurs lésions violacées s’affichaient au grand jour.

Le docteur esquissa un demi-sourire et détourna les yeux. Elle se sentait tout à coup si fatiguée... Mais la consultation arrivait enfin à son terme. Mme Légéri termina de rédiger son chèque, en silence.


Soigner les apparences. C’est assurément ce qu’Anne Touret avait toujours su faire de mieux.


 
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   Selenim   
19/1/2011
 a aimé ce texte 
Pas
Malgré la bonne volonté de l'auteur à vouloir raconter une histoire, il y a trop d'écueils pour arriver à adhérer au récit.

A mon sens, le plus gros défaut du texte tient dans la banalité des situations et propos tenus. A de rares exceptions, ce qui est décrit est assez lisse, s'enferme dans une monotonie du quotidien, de l'habitude.

La personnalité du Dr Touret est présentée trop sommairement, sans véritables aspérités. J'ai par contre beaucoup aimé la phrase :
Elle aimait les reliefs de sa profession.

C'est dommage que l'auteur n'ait pas poursuivit sur la ligne qui comparait ce métier à la cartographie. Il y avait pourtant de belles choses à dire.

Je trouve dommage de s'attarder sur des banalités qui enlisent l'histoire et n'élèvent en rien le style. Un fait qui ne sert pas l'intrigue ou l'atmosphère doit au moins titiller la rétine.

Il y a vraiment un cruel manque d'imagination pour extirper ces personnages de ce récit ordinaire. L'auteur est (trop) concentré sur son écriture et c'est l'histoire, l'intrigue et les personnages qui en pâtissent.

Sur la forme justement. On devine les efforts consentis pour soigner l'habillage. J'ai regretté quelques phrases à rallonge et des choix de mots parfois étrange.


Les yeux rivés sur sa montre, le docteur Touret esquissa une grimace d’agacement puis se mit à tapoter avec impatience le sous-main de son bureau, du bout de ses ongles vermillon.

trop long et mal foutue avec ces ongles vermillons en queue de peloton

Elle se figura alors une liste de choses à faire.
figura ??? Bizarre.

Et puis la prochaine patiente n’allait de toute façon pas tarder à arriver.

petit truc qui alourdit la fluidité.

Anne avait eu envie de faire réaliser un portrait de famille pour illustrer les cartes de vœux quelle réservait à ses clients.

Au secours !!! C'est kitchissime.


Le Planisphère et la Contrée »

écrit par Michel Quandilpicore ?
Désolé...


Je me trouve au final devant un exercice poli mais fade qui me parait plus un devoir destiné à canaliser et organiser une écriture.

Bon courage pour la suite.

Selenim

   alvinabec   
19/1/2011
De jolies trouvailles sémantiques, patientèle à fleur de peau, patiente comblée,etc., des pieds de nez à une écriture convenue. Varier les débuts de paragraphes serait un plus en première partie de texte (elle, Anne, elle...) et la chute pourrait s'envisager repulpée. A vous lire...

   clotilde   
19/1/2011
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai plutôt bien aimé votre nouvelle que j'ai lue sans m'ennuyer jusqu'au bout. La vie de tous les jours semble en effet banale, routinière, lisse, mais la suggestion d'une douleur cachée ( le mari volage ) puis le dévoilement du secret de la dermatologue m'a semblé particulièrement bien amenée.
L'écriture, sobre, me semble tout à fait convenir à la situation.

   Margone_Muse   
20/1/2011
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,

Je ne suis pas fan du jeu de mot dans le titre, mais pourquoi pas...

Il y a quelques phrases que j'ai relevé ici ou là et qui m'ont bien plu, jolies ou drôles.

Anne Touret répondit par un sourire emprunté. Elle ne savait plus à qui.

Une jolie nappe devait être sans faux plis, un cachemire sans peluches, une journée sans temps mort.


- Comblée assurément ! (lol, bien joué)

J'ai bien aimé aussi comment est amené l'info sur la tromperie : "l'une pensait à tandis que l'autre pensait à" durant l'injection de botox.

Sinon, les échanges de banalités entre le médecin et la patiente m'a paru trop long. Il aurait peut être fallu "ellipser" quelques dialogues.

Je pense qu'elle n'aime pas les temps morts parce que dès qu'il y en a un, son esprit ressasse des choses déplaisantes, mais ici on n'a que l'adultère qui est explicité. Je trouve dommage de ne pas avoir approfondie plus que ça la psychologie du personnage et son passé. Du coup, la fin et la découverte des pratiques de scarification (je me trompe ? ou c'est "simplement" une tentative récente de suicide ?) sont un peu "fades" je dirais... C'est une chute, c'est sûr, mais en la ramenant au texte entier, j'ai du mal à voir la justification de cet acte, et ça tombe un peu à plat pour moi.

Tous les effort à concentrer le texte sur la description des lieux, qu'elle se tourne plus sur l'estétique lors des interventions, que la peau est un témoin bavard, etc. font un peu too much. J'aurais aimé un peu plus de subtilités pour nous dire l'importance des apparences pour cette femme et pour les autres.

Voilà, de bonnes idées et tournures parfois mais j'ai pas trop aimé la construction du texte...

   doremifasol   
20/1/2011
Commentaire modéré

   costic   
20/1/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J’ai bien aimé cette nouvelle qui traite avec beaucoup de subtilité de l’affichage "nécessaire" d’une façade irréprochable. Le masque se lézarde doucement, dans la finesse et la précision d’un décor que le médecin tente à tout prix de maîtriser. C’est doux, sensible et désespéré à la fois. Je pense que l’évocation du SIDA devrait être plus claire. Je regrette juste un peu l’allusion déguisée à Houellebecq, pourquoi ne pas le nommer directement ?
L’écriture me semble limpide et légère et sait faire ressentir une émotion profonde.

   clotilde   
20/1/2011
Je n'avais pas pensé au sida, mais plutôt à la drogue. Pouvez-vous m'éclairer, Doremifasol, ou préférez-vous laisser la question ouverte ?

   victhis0   
22/1/2011
 a aimé ce texte 
Pas
C'est je crois Selenim qui est le plus juste dans ces commentaires ; je ne saurais pour ma part mieux dire.
le style est sobre mais élégant, quelques jolies trouvailles viennent heureusement sauver ce texte sans grand intérêt (les dialogues sont particulièrement ininteressants !) et l'intrigue beaucoup beaucoup trop mince pour mériter une éloge sincère.
j'éviterai - pur formalisme - les Mme pour madame, moins épistolaire.
en pensant avant de prendre la plume, vous gagneriez sûrement en qualité

   widjet   
22/1/2011
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
Je précise que mon but n'est pas d'offenser l'auteur dont la sincérité n'est nullement remis en cause, mais je ne peux pas faire celui qui a passé un bon moment. Je vais être direct : j’ai rarement lu plus ennuyeux. C’est simple, j’ai failli stopper à plusieurs reprises. Et pour moi, il n’y a rien de plus rédhibitoire qu’un texte où on s’emmerde.

La forme est sans relief, le rythme monocorde, l’écriture plate. Tout ça rend la lecture soporifique. Si par instant, je me suis réveillé c’est pour noter des tournures maladroites ou lourdes (la première phrase avec son double « ace » avec « grimace » et agacement » qui se suivent (certes c’est du chipotage celui-là) et le positionnement étrange de certains mots à différents endroits, le choix discutable de verbe comme « se figurer une liste ? », « choisir de laisser son attention vagabonder » ? « Des lésions qui s’affichent au grand jour » et j’en passe).

D’ailleurs, pour revenir à la première phrase, je pense qu’il faut préciser d’entrée que le Dr est une femme (en donnant son prénom, donc) car lorsque dans la phrase suivante vous dites « Elle n’aimait pas les impondérables », le lecteur n’est pas sensé savoir qu’il s’agit du Docteur.

Alors, je ne doute pas que raconter le (son) quotidien, les choses anodines ne sont pas des choses faciles à faire, mais lorsqu’on se lance dans un tel exercice, il faut mettre – avec modération, d’accord – un peu de poésie, embellir certaines tournures ou les rendre plus percutantes, leur donner un « cachet », une allure ou encore travailler sur un tempo pour que cela reste à minima « intéressant » pour celui qui lit ; bref oser un peu, sortir des sentiers (ra)battus et simplistes.

Alors, certes, au vu de la catégorie choisie, peut-être que l’auteur s’est dit qu’il fallait rester au plus près de (sa ?) la réalité, du (de son ?) vécu. Je dis cela, car certaines pistes me laissent à penser qu’il y a une part d’autobiographie dans ces lignes.

Il n’empêche que je cherche encore l’intérêt d’un texte comme celui-ci. J’ai repéré bon nombre de phrases où je me suis dit « ça me sert à quoi de savoir ça ? » Une phrase qui résume bien ce qui précède c’est celle-ci : « Au départ, elle avait pourtant été indignée par cette découverte : elle avait cassé trois assiettes, deux tasses, ébréché un bol ». Pourquoi énumérer ce qu’elle a cassé ? Cela apporte quoi puisque cela ne donne véritablement aucune indication (si ce n’est qu’elle possède au moins 3 assiettes, deux tasses et 1 bol) ?

Les dialogues, eux, sont d’une niaiserie abyssale. Enfin, le seul trait d’esprit (mineur, n’exagérons rien) vient du titre, mais là aussi c’est raté, car il semble incongru, presque déplacé puisque le reste du récit est dépourvu de toute ingéniosité.

Déjà que je n’étais pas de bonne humeur…

A retravailler encore (et encore...).

W
PS : pour quel motif avoir transformé « Houellebecq » en « Douellebecq » ?

   Anonyme   
22/1/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J'ai bien aimé ce texte bref et rafraichissant, où, sur un ton jovial, sobre, mais soigné, l'auteur dresse le portrait d'une femme à priori normale. Normalité ébréchée par la chute qui nous dévoile en partie le secret de cette femme et vient fissurer le tableau que l'on s'en faisait jusque là.

L'atout principal de ce texte : le style. Il y en a un, pas franchement éclatant, pas franchement marginal, mais on remarque de ci de là quelques finesses, quelques traits d'esprit, une certaine fluidité : bref, c'est une nouvelle qui se lit avec plaisir, parce que manifestement bien écrite.

Bien sûr, il y a des défauts, quelques maladresses, quelques lourdeurs ("vérifier la confirmation d’une commande passée sur Internet." ; "l’idée de la photo de famille lui avait été soufflée par l’amie d’une amie pendant un autre de ces déjeuners insipides entre copines." ), des phrases un poil trop longues, mais rien de rédhibitoire à mes yeux.

J'ai apprécié la référence à Houellebecq et le court dialogue à propos de son livre (de sa "parodie"), très représentatif des courants de pensée actuels "Tout le monde a déjà un avis sur la question !", etc.

L'intrigue se tient, le déroulement aussi. J'ai apprécié.

Question : cette histoire de dermato-psychologie, m'a fait penser à un livre, peut-être l'avez vous lu ? Il s'agit du roman "Un territoire fragile", d'Eric Fottorino. Si ce n'est pas le cas, je le conseille.

Merci !

   Anonyme   
23/1/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bof, pas plus accroché que ça. C'est pas trop mal écrit, mais plutôt ennuyeux. J'ai carrément décroché sur le dialogue...
Et un détail gênant, elle se lave les mains. Mesure d'hygiène classique. Par contre se passer de l'eau sur la nuque dans la foulée, ça casse tout le protocole prophylactique... pas cohérent...
Donc bon, sujet qui m'a ennuyé. D'où ma note : moyen. C'est plus le sujet que la façon d'écrire qui ne m'a pas accrochée.

   Anonyme   
17/5/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai aimé le style de cette nouvelle. Frais, avec "l'air de ne pas y toucher". Toute l'ambiguïté de cette femme est bien démontrée, cette éternelle lutte avec les apparences - d'autant plus qu'elle est dermatologue!- est bien présente. Son cabinet est parfaitement agencé, la photo de la famille heureuse sur le bureau. Tout semble annoncer une petite vie bien rangée et lisse,sans accrocs, comme les peaux qu'elle s'acharne à soigner. Et pourtant. Sous les couches de vernis, une peau, même "botoxée" a l'âge qu'elle a. Les rides sont là, juste estompées, cachées. Comme dans sa vie. Elle paraît "juste comme il faut", et pourtant!

J'ai trouvé que cela sonnait juste. Un seul regret. Non, en fait deux! Dommage cette digression sur Houellebecq qui n'apporte rien au récit (je me suis demandé "mais qu'est-ce que ça fait là?"). Et dommage pour le titre! Le jeu de mot manque de subtilité. Subtilité par contre dans ce "patientèle à fleur de peau", joli!

Merci pour cette histoire touchante!

   Anonyme   
1/6/2011
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,

C'est bien la première fois que je vois un médecin "acheter" ( avec des sous qu'on dépense ! ) une revue médicale.
Cela m'a intrigué. Qu'est-ce que c'est que ce drôle de praticien qui "connait les ficelles" de son métier ?
Mais j'aime beaucoup : "Anne Touret répondit par un sourire emprunté. Elle ne savait plus à qui". C'est joliment observé et plaisamment ambiguë.
Au final, la chute n'est pourtant guère brillante.
On sent l'investissement, l'immersion de l'auteur dans sa nouvelle, le soin apporté à l'écriture, un goût maniaque pour la précision qui doit correspondre au comportement de son personnage principal. Il y a quelque chose de Simenon dans ce texte, oui, Simenon, beaucoup de temps passé à ne presque rien dire.
Ce n'est pas sans charme. Simenon est un auteur extrêmement vendu et apprécié.
Je suis très curieux de lire d'autres choses de vous.
S'il y a parti pris d'écrire ainsi, alors je vous félicite parce que c'est l'élaboration d'un style et que s'affirmer est toujours laborieux.
Ma "note" n'est peut-être pas terrible mais je ne peux guère en donner d'autre, dubitatif comme je suis, là.
On verra bien l'avenir quand il sera présent.

   toc-art   
2/6/2011
bonjour,

bon, déjà, je trouve pas ça mal écrit du tout. je pense que beaucoup de ce qu'on reproche à votre texte est en fait ce qu'on reproche à la vie que le personnage s'est construite et en ce sens, c'est parfaitement réussi. C'est une vie faite de banalités, de kitch, de contraintes bourgeoises (culturelles, esthétiques...) que le personnage s'impose pour "rester" dans le cadre justement et peut-être aussi pour éviter de trop s'interroger. L'inintérêt de la conversation avec la cliente est à ce titre particulièrement révélateur de ce conformisme étriqué.

mais ce qui me gêne, c'est qu'à rester sur cette description naturaliste, vous courez le risque que le personnage ne soit plus réduit qu'à cette image trop léchée et, même si je comprends l'intention, je pense que la chute ne suffit pas à nous faire ressentir que non, la vie de cette femme est bien plus complexe qu'il n'y parait et que tout cela n'est qu'un masque. On le comprend bien sûr, mais on ne le ressent pas, on n'a aucune empathie pour ce personnage qui reste trop en retrait. Je pense qu'il aurait fallu plus d'indices au cours du texte pour permettre au lecteur de saisir les failles du personnage. Là, j'ai l'impression que vous avez voulu sauvegarder la chute, c'est un choix. Mais du coup, le lecteur passe à côté de votre personnage. C'est dommage (pour moi bien sûr).

Bonne continuation.


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