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Sentimental/Romanesque
Dupraievna : Méandres
 Publié le 05/01/15  -  10 commentaires  -  7664 caractères  -  90 lectures    Autres textes du même auteur

Quinze ans, et l'envie de bien faire les choses, de vivre.


Méandres


J’ai perdu ma virginité cette nuit dans les bras d’un homme que je n’aime pas. J’ai quinze ans. Et la douleur est la seule chose que j’ai retenue de cette nuit « d’amour ». J’ai toujours rêvé de passer cet instant avec le prince charmant, avec un homme qui aurait les mêmes rêves que moi, qui accepterait ma fragilité et m’emmènerait loin. Mais ce prince ne me regarde pas. Du moins pas comme je le voudrais. Je ne sais comment l’aimanter, le captiver. Je baisse les yeux lorsque je sens la chaleur de son regard en ma direction. Je me fais plus petite que je ne le suis, et souhaite disparaître. Je me sens rougir à chaque fois qu’il est proche de moi, que nos corps pourraient se toucher. En sa présence je me sens nue. Comme si lui arrivait à percevoir la faiblesse que j’essaie de cacher aux autres. Je me sens comme un oisillon qui a perdu son nid.

Balthazar. Des boucles blondes et un regard vert perçant. Il semble lire en vous si simplement qu’on se sent très vite désarçonné. Il ne s’attache pas au regard des autres. C’est les autres qui me font vivre. Qui construisent toute ma force, mon adrénaline, mes sentiments. Tout m’influence. Je suis moi, avec l’énergie des autres. Elle m’est vitale et je l’absorbe très vite. J’y suis très sensible. Et c’est pour cela que je cherche toujours chez les autres une énergie folle, qui me fera me mouvoir. Besoin de l’autre constant pour exister. J’ai un don d’empathie très fort qui fait que je suis très vite connectée aux émotions de l’autre et que je me les prends souvent en pleine face.

Nous n’avons échangé que quelques mots mais je l’observe à chaque minute passée près de lui en cours. La manière qu’il a de se mouvoir, frondeuse, le mordillement de ses lèvres quand il réfléchit, sa pensée si claire et marginale me bouleversent. Il remet sans cesse en question le système, défiant les profs, interrogeant leur manière d’enseigner, de défendre leur matière. Lorsqu’il quitte les cours, il reste souvent seul, ne va pas partager avec les autres. Il semble avoir besoin de cette solitude. Il est mon loup solitaire et courageux, bravant l’interdit dans le système scolaire très fermé, mais muet à la sortie.

Je ne supporte plus le silence, mon silence, je le noie dans des paroles insensées mais admire les gens qui sont capables de vivre avec. Lorsqu’il vient se mêler à nous, il emploie une forme d’ironie dont je me sens complice. Il regarde le monde avec beaucoup de justesse, affirmant que nous sommes dans « un monde pourri » mais qu’il y a toujours moyen de le changer, un moyen de vivre dans le monde que nous souhaitons. Moyen d’inventer un univers loin de toutes ces pensées individualistes. Je comprends que sa solitude le protège, car je perçois une fragilité dans tous ses discours. Sous ses airs revêches se cache un homme doux et généreux. Moi je n’ai pas de carapace, je m’expose telle que je suis, avec mes gaffes et mes questionnements. Je n’arrive pas à porter un masque, je n’arrive pas à me protéger. C’est pour cela que je suis si facilement déstabilisée, car je me laisse lire comme dans un livre. J’aimerais toucher au mystère mais il semble trop éloigné de moi.

Noé fête son anniversaire dans un hangar désaffecté et y a convié la moitié du lycée. J’y vois ici l’opportunité de m’ouvrir aux autres, faire sortir « le moi social. » Me découvrir en société. Choisir de me montrer, et non que les gens puissent piocher en moi ce qu’ils veulent savoir. Balthazar s’y rendra, j’ai surpris sa réponse dans les couloirs. Je réalise que les élèves du lycée Fénelon sont encore des étrangers pour moi et je convie Zoé et Lou afin de me sentir épaulée. Zoé a intégré le Conservatoire national de danse et parvient quelquefois à abandonner sa passion pour que l’on se retrouve. Lou se fait de plus en plus secrète sur sa vie, choisissant minutieusement les morceaux de vie qu’elle souhaite partager. Je sens qu’elle n’est pas heureuse. Quand elle n’est pas chez elle le nez dans les bouquins, elle se retrouve enfermée volontairement jusqu’au soir au lycée Henri IV, le plus prestigieux de Paris. Elle me parle sans cesse d’ambition quand je lui parle du bonheur. Elle a choisi de faire un bac S pour devenir cancérologue. C’est ce que son père désire plus que tout.

Ce soir-là, ma détresse est si grande qu’elles n’ont d’autre choix que de me venir en aide. Elles font de moi, rousse diaphane et sans forme, une beauté drapée dans une robe rouge. Par peur d’affronter l’homme qui me hante, je bois. Trop, jusqu’à être saoule avant d’arriver à la soirée. L’alcool n’a jamais été présent sur les tables aux repas de famille, et je ne me suis mise à vider les bouteilles que depuis quelques mois, lorsque je me sens mal à l’aise.

Arrivée là-bas, je ne sais où donner de la tête. Des centaines de corps ondulent en cadence. Des projections psychédéliques recouvrent les murs sales du hangar et Daft Punk retentit dans l’immense pièce. Un sentiment d’angoisse me saisit, je me sens tétanisée, incapable d’avancer au milieu de ces corps dont la plupart sont étrangers. Je voudrais m’enfuir tant qu’il en est encore temps. Je me retrouve propulsée malgré moi au milieu de ces inconnus. Nous bravons la foule et avançons, Zoé, Lou et moi, comme si rien ne pouvait nous arrêter. Zoé prend ma main et me fait tourner dans tous les sens. Elle semble possédée et danse à présent seule sur la piste, en fermant les yeux. Les vibrations m’envahissent, je me sens libre, terriblement libre. Je ris de tout et les lumières autour de moi se floutent, les projections ne sont plus que des taches mouvantes. Enivrée, mes membres partent dans tous les sens, même Lou danse sans s’arrêter, elle qui semble si souvent mal à l’aise dans son corps. Dans les couleurs changeantes se dessine son ombre, que je reconnais encore plus maigre. Sous cette lumière elle paraît blafarde. Je la vois disparaître sous mes yeux et cette vision me glace. Je m’avance vers elle, mais les boucles blondes détournent mon attention. Balthazar se tient à quelques mètres de moi. Je traverse la salle sans même y avoir réfléchi. Alors que j’arrive vers lui, le décor semble avoir changé et je ne le trouve plus. Quelques pas de plus et je trébuche.

Je suis littéralement tombée dans les bras d’un mec en terminale. Il ne me reste que le souvenir de ma perte dans ses bras. J’ai oublié les pas qui m’ont menée à son lit, j’ai oublié les baisers et les caresses. J’ai oublié la déclaration qu’il m’a peut-être faite. Je me suis réveillée à ses côtés, avec une envie irrépressible de vomir et j’ai compris. Je n’avais jamais été aussi ivre de toute ma vie, et je sortis du lit en titubant, me cachant pour me rhabiller le plus vite possible. J’avais mal entre les cuisses, j’avais mal à mon cœur. J’en voulais aux filles de m’avoir laissée filer. Je me maudissais de m’être laissé avoir par ce mec plus vieux qui ne m’avait jamais intéressée. Quelle conne ! Il a un paquet de touffes noires sur le torse ! C'est une chance que je ne sois pas morte étouffée dedans. Dans la salle de bains, je me faisais face dans le miroir. La mine déconfite, je ne voyais cependant pas trace de mon dépucelage. Je me sentais toujours aussi gamine et maladroite. Je n’aurais pas supporté la confrontation. Je ne trouvais pas les mots adéquats à une telle situation. J’ai préféré fuir, claquant la porte et courant dans les escaliers de peur qu’il ne me rattrape. Ma course effrénée ne s’est arrêtée qu’une fois dans ma chambre. Je suis restée sur mon lit toute la journée, les yeux dans le vague, n’osant pas répondre aux appels inquiets de mes amis. Je me sentais sale et terriblement honteuse de la manière dont la chose s’était produite.


 
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   socque   
17/12/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai trouvé que cette tranche de vie sonnait vrai, notamment l'analyse que fait la narratrice de son caractère, ce côté "vide" qu'elle cherche à nourrir de l'énergie de gens qui n'ont pas besoin de "justification" extérieure pour se sentir exister.

Pour moi, cette jeune fille est attachante, je dois dire que ce texte assez bref m'a donné envie d'en savoir davantage sur elle alors qu'a priori ce genre de sujet ne m'intéresse guère. De ce point de vue, le texte est réussi pour moi. L'écriture est claire, centrée sur la narratrice, bien adaptée au fond à mon avis.

   Asrya   
21/12/2014
 a aimé ce texte 
Un peu
"J’ai perdu ma virginité cette nuit dans les bras d’un homme que je n’aime pas. J’ai quinze ans."
--> Un commentaire direct sur cette seule et unique phrase, sans avoir lu la suite ; je me reprendrai peut-être à son sujet dans ce qui suite : quelle violence. Plusieurs impacts, la première, l'ambiance est dessinée, je vois mal comment cette dernière peut évoluer (en intensité). Deuxième chose, l'émotion est attrapée d’ambler ; impossible pour un lecteur de rester "indifférent". Un parti pris, un choix, qui vaut ce qu'il vaut, peut-être que cela restera cohérent avec le développement.
Je poursuis.

La description de la petite Lou, intérêt limité. A supprimer, peut-être. A diminuer, sûrement.

Et la fin arriva ; malheureusement, ce que je redoutais.
Votre première phrase impacte, choque, et vous l'expliquez au fur et à mesure du récit, jusqu'à la fin où tout est éclairci.
Un parti pris, qui n'est pas le mien, qui ne me séduit pas.
Pas de suspens. Pas d'évolution de la psychologie des personnages, les émotions sont trop "fortes" au début, puis s'amenuisent, sans vraiment reprendre de leur intensité au cours de l'avancée de la lecture.
Dommage.
Du moins c'est mon avis.

Ensuite, c'est un sujet difficile que vous choisissez d'aborder. J'espère que cette scène que vous racontez ne vous est pas arrivée, quoi qu'il en soit, il en faut pour s'attaquer à ce genre de situation : j'aurais du mal à m'y risquer.
Parce que je ne m'en sens pas l'étoffe, parce que je ne pense pas avoir la capacité d'actionner les leviers émotionnels sans plonger dans des banalités, du pathos, ou autre dérive du registre sentimental.
Pour le coup, ce n'est pas prenant. Ce n'est pas vivant.
C'est triste, mais la première ligne suffit à le souligner.
Pourtant il y a quelque chose qui me plaît dans votre texte.
De l'esprit, de l'âme, une passion.
L'écriture est là, présente. Elle n'explose pas mais elle montre son nez et jalonne amoureusement chacun des paragraphes sans se pavaner, sans trébucher ; pas mal.

Un texte qui n'est pas maladroit. Un poil trop classique, ordinaire, peut-être ; n'est ce pas là l'une des facéties de la Vie ? Peut-être.

Pour résumé, j'ai trouvé votre récit... intéressant. Ni mal écrit, ni merveilleux, plutôt ardent. Mais une frénésie retenue, qui se cache et qui ne demande qu'à se dévoiler.
Ne vous retenez pas, laissez-vous porter par vos personnages, leurs émotions, nous les recevrons.

Merci beaucoup pour cette lecture,
Au plaisir et à bientôt.

   Robot   
5/1/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
C'est un peu curieux mais j'aurais bien vu que la phrase d'introduction:
"J’ai perdu ma virginité cette nuit dans les bras d’un homme que je n’aime pas. J’ai quinze ans. Et la douleur est la seule chose que j’ai retenue de cette nuit « d’amour »." devienne celle de conclusion. Un texte qui me paraît écrit à l'envers, comme si le narrateur voulait délayer sa désillusion dans la suite de son récit. Mais je trouve qu'il y perd de la force.
Un texte qui logiquement doit parler aux femmes mais ne saurait laisser insensible les hommes. Car cette més-aventure interroge sur la fragilité des désirs et de l'attente qui leur est liée.
En tout cas, c'est étrangement rédigé de manière pudique et d'une bonne écriture.

   Alice   
6/1/2015
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai trouvé cette naïve jeune fille bien touchante. On sent la fragilité dans les mots, ce côté "petite fille" dont elle n'arrive pas à se débarrasser, la désillusion fascinée que nous avons toutes eue un jour ou l'autre devant un beau ténébreux. C'est très lucide, très frais.
L'écriture a du potentiel, je la crois capable de s'affiner un peu, de créer des choses plus fortes encore. Je sens une indéniable sincérité dans ce texte, votre sensibilité ne fait donc aucun doute, mais je détecte aussi une forme de retenue qui, bien qu'elle aille en partie avec le personnage, freine un peu l'élan d'empathie du lecteur. En arrivant à la fin du texte j'ai eu l'impression (très possiblement trompeuse) que vous auriez voulu le continuer mais que vous n'aviez pas osé, que vous ne vous étiez pas laissée porter. Que vous aviez apporté quelque chose à votre personnage pour qu'elle nous le restitue mais que vous n'aviez pas laissé le temps à votre personnage de vous apporter quelque chose. Je pense que ce texte part de plus loin et aurait pu aller plus loin. Ce que vous aviez à dire me paraît trop gros pour tenir dans un si petit texte.

Du reste, je trouve que vous avez compris beaucoup de choses sur votre entourage, et que vous avez le talent et la motivation de l'exprimer, de le mettre en lumière. Si j'ose m'exprimer ainsi, du haut (ou plutôt du bas!) de ma mince expérience, je dirais que ce texte devrait être un peu retravaillé en ce qui a trait à l'exposition peut-être un peu trop claire et nette. Je suis une adepte du non-dit, il ne faut donc prendre qu'à demi-mot ce que je vous dis, mais je pense que, notamment, le fait qu'une personne se qualifie elle-même d'empathique, se définisse aussi rigoureusement et presque, si j'ose dire, techniquement qu'elle le fait dans l'un des paragraphes, est peu crédible et fait moins vrai que le reste du texte. Ne forcez pas le trait, sinon on sent un peu trop l'auteure derrière, dans ces moments ce n'est plus autant le personnage qui parle.

Dans l'un de mes cours de littérature, l'un de mes enseignants préférés nous disait d'essayer de "montrer plutôt que dire". Elle est empathique? Faites-nous le sentir plutôt que de nommer la qualité comme elle apparaîtrait dans un horoscope. Sa fragilité, quant à elle, était déjà apparente sans que vous la mentionniez à d'aussi multiples reprises, surtout dans un texte aussi court. À mon avis, la simple mention des rougissements, de l'envie d'alcool, de la quête du soutien des filles, de l'admiration pour celui qui s'affirme, suffisaient amplement à démontrer l'innocence et l'insécurité de votre personnage. Ne vous inquiétez pas, nous suivrons. Nous sommes à l'écoute de vos personnages. Et si nous ne comprenons pas avec peu, il n'y a pas grand chance pour qu'avec beaucoup vous nous touchiez. Tandis que si le peu nous suffit, ce qui arrive bien plus souvent qu'on pourrait le croire, alors il n'y aura pas besoin de beaucoup pour que nous soyons émus. Ne vous sentez pas obligée de tout nous mettre entre les mains. Laissez-vous aller, amusez-vous.

Autrement dit: plus en longueur, moins en profil psychologique tout tracé, et on aura quelque chose d'une encore plus belle maturité.

Pardonnez ce commentaire dithyrambique, cela se produit chez moi lorsqu'il est très tard :P J'aime radoter.

Merci pour cette jolie lecture et une très belle continuation,

Alice

EDIT: Je note que quelques petites failles ont échappé à la correction, notamment ce "Ceest" plutôt que "C'est" vers la fin. :S

   Francis   
6/1/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Flashback sur un instant de vie que la candeur de l'adolescente avait idéalisé mais qui ne laisse qu'une "mine déconfite". La plume a su saisir le microcosme des lycéens qui cherche sa raison d'être en équilibre entre l'enfance qu'il a quittée et le monde des adultes qu'il fuit souvent. Difficile de se trouver une identité, une personnalité assumée ! On la cherche dans le regard des autres, dans les volutes d'une cigarette, dans l'alcool, dans une tenue vestimentaire (robe rouge)...Difficile de trouver un sens dans ces expériences vécues : les cours, les fêtes, la famille...Ce texte dont j'apprécie la sincérité me rappelle cette jeune fille qui désirait me parler à la fin du cours. Elle semblait désemparée. Je supposais qu'elle voulait me soumettre un problème scolaire mais en fait, elle m'avoua qu'elle avait perdu sa virginité la veille et se mit à pleurer. Qu'attendait-elle de moi ? Cette confidence avait désarçonné le professeur !

   Deorune   
6/1/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Je verrais plus (J’ai perdu ma virginité cette nuit dans les bras d’un homme que je n’aime pas. J’ai quinze ans. Et la douleur est la seule chose que j’ai retenue de cette nuit « d’amour ».) à la fin de la nouvelle comme conclusion. Le texte est souvent en manque de point d’arrêt « Nous n’avons échangé que quelques mots mais je l’observe à chaque minute passée près de lui en cours. », une virgule avant « mais » aurait marqué un instant en plus qui n’aurait pas été de trop.
La phrase « Je ne supporte plus le silence, mon silence, je le noie dans les paroles insensées mais admire les gens qui sont capables de vivre avec. » est à mon gout trop charger et on se perd vite dans le sens de la phrase.
J’ai aimé le dénouement de la situation, la narratrice nous parle tout le long de Balthazar et on comprend à la fin que la personne dont on parle au début n’est pas celui auquel on s’attendait. Jolie retournement de situation. Dans l’ensemble j’ai bien aimé.

   Neojamin   
8/1/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

J'avoue avoir commencé plusieurs fois le texte avant de me décider à le lire. Le début ne m'a pas emballé, un peu trop banal à mon goût. Pas de mystère, pas d'ambiance particulière, pas d'accroche stylistique qui me donne envie de continuer.
J'ai aussi buté plusieurs fois dans le premier paragraphe, des images qui se succèdent mais qui transmettent des idées presque contradictoires ou qui n'ont pas de liens entre elles:
"Je me sens nue" et "je me sens comme un oisillon qui a perdu son nid" par exemple.
Et quelques maladresses de style, des lourdeurs et des virgules qui empêchent une lecture fluide. Par exemple:
“me fais plus petite que je ne le suis, et souhaite disparaître.”
“Je me sens rougir à chaque fois qu’il est proche de moi, que nos corps pourraient se toucher. “

J’arrête là pour les commentaires sur le style. Très vite j’ai été pris par ce texte comme si j’écoutais la confession d’une jeune fille. C’est chaotique, pas toujours clair, les idées sont plutôt banales et balancées en vrac... comme le ferait une adolescente sur son journal....
Et c'est là que je me suis demandé si c’était du vécu ou de la fiction.

Dans tous les cas, ça sent le vécu et je me dis que le début de mon commentaire est hors-sujet (je le laisse quand même, pour dire)...je me dis que, peut-être, l’auteur m’a eue, qu'elle s'est mise dans la peau d'une adolescente et qu'elle a écrit comme si. Et je me dis que si l'auteur a bel et bien 15 ans, elle a très bien retranscrit ce qu'elle ressentait.
Car j’y ai cru.
J’hésite à donner une appréciation. Si c’est une fiction, c’est très bon, si c’est du vécu, c’est déjà plus...”normal”! Mais peu importe au final, le texte m’a touché et c’est le principal!

Merci!

   Anonyme   
9/1/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Balthazar... on peut pas être amoureuse d'un garçon avec un prénom pareil ! Je plaisante bien sûr, le fait est que c'est devenu peu commun.
Sinon j'ai bien aimé l'introspection de cette lycéenne, ses émois et ses contradictions caractéristiques de son âge. Je trouve que ça sonne plutôt juste. Et cette façon de s'alcooliser pour se désinhiber puis finir par faire des conneries, typique de l'adolescence également. On est tous passé par là.
Je qualifierais l'écriture de spontanée, presque impudique. Pas dans le sens où elle choque les bonnes mœurs mais dans sa propension à ne rien cacher. En tout cas elle est plutôt agréable à parcourir.

   molitec   
13/1/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Tout d’abord, la première phrase qui peut paraître abrupte et éclatante de vérité, ne gâche pas pourtant l’intérêt de lire la suite, car bien qu’on devine déjà très bien la fin, on pourra toujours se demander pourquoi ?comment ?..
Malgré ça, j’aurais aimé comprendre cette vérité, petit à petit, au fur et à mesure de la lecture, pas forcément à la fin.
Certaines phrases ont un peu perturbé ma lecture comme le changement de sujet suivant :
« Il ne s’attache pas au regard des autres. C’est les autres qui me font vivre. »
Je ne connais pas la cause exacte, c’est très subjectif, peut être la structure dense du paragraphe dans lequel il apparaissait le rendait saisissant.
Ou bien d’autres qui m’ont donné une impression de lenteur lors de la lecture, comme :
« Il reste souvent seul, ne va pas partager avec les autres. »
Par ailleurs, j’ai complètement adhéré à la narration, qui concordait avec le personnage sincère et sensible.
J’ai aussi particulièrement aimé l’écriture du passage de l’anniversaire, la description de l’atmosphère et ce que ressentait le personnage, tout avait l’air vrai dans ce texte en fait, je n’avais qu’à suivre le récit en toute sérénité à cause de la cohérence de l’histoire.
Merci pour cette lecture.

   carbona   
15/10/2015
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour,

Je n'ai pas accroché avec votre texte. J'ai pourtant aimé la phrase de départ mais la suite a modéré mon enthousiasme.

Les méandres d'adolescents écrits à la manière d'un adolescent me rebutent tant ils manquent de maturité et de subtilité.

L'histoire en elle-même fonctionne très bien, est tout à fait crédible et réaliste et pourrait vraiment me plaire mais le traitement qui en est fait ne me convient pas.

Les sentiments sont exprimés de manière trop brute, trop formelle, tout est trop expliqué. La manière dont l'adolescente parle d'elle-même est agaçante : ex "Je suis sensible, je suis quelqu'un de.., je suis comme ça.."

Et tout le côté lyrique, métaphorique et cliché, c'en est trop pour moi. ex : " Comme si lui arrivait à percevoir la faiblesse que j’essaie de cacher aux autres " "je noie le silence" " Les vibrations m’envahissent" "je perçois une fragilité dans tous ses discours" ...

Désolée.

Merci pour votre texte.


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