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Science-fiction
fergas : Sur ma planète
 Publié le 10/04/14  -  11 commentaires  -  14023 caractères  -  137 lectures    Autres textes du même auteur

Une planète, trois soleils, une sentinelle, et des questions…


Sur ma planète


Sur ma planète, trois fois par jour, je regarde le soleil se coucher.


Il y a d’abord Eloë, que l’on appelle aussi le Magnifique, un astre chauffé à blanc qui vous brûle tout vivant si vous ne vous protégez pas avec une feuille de Outang. Quelquefois je le suis des yeux pendant tout son voyage dans le ciel. J’aime le regarder bien en face. Au bout d’un moment j’ai l’impression qu’il me parle et qu’il me cède avec bienveillance des morceaux de son énergie. Les animaux que je connais ne peuvent pas le regarder car ils n’ont pas les yeux opacifiants comme moi. D’ailleurs mon ami Emuleng non plus, mais lui il a toujours été un peu bizarre. Je ne suis même pas sûr qu’il soit mon ami, car aussi loin que je me souvienne, je ne l’ai jamais entendu parler. Peut-être qu’il est muet ? En tout cas il est debout là-bas, pas très loin, appuyé contre le tronc d’un Outang. Il est debout et il me regarde, alors que moi je suis assis sur mon tapis de repos et je regarde Eloë.


Il y a aussi Minaya avec sa lumière rouge. Elle se lève presque aussitôt après que Eloë se soit couché. Si on ne fait pas attention, on n’a même pas le temps de voir la nuit entre les deux. Je n’aime pas Minaya, elle a le regard mauvais. J’ai l’impression qu’elle lit dans mes pensées et qu’elle va directement fouiller dans ma tête pour trouver tout ce que je voudrais lui cacher. Sa lumière n’est pas très forte, mais elle s’insinue partout. Quelquefois elle semble coller sur les objets, et j’essaie de l’effacer avec mes mains, mais je n’y arrive pas. Tout ce qui m’est arrivé de mal dans ma vie, c’était pendant le passage de Minaya. Oh, comme je voudrais qu’elle disparaisse ! La nuit qui suit Minaya semble très longue, comme si elle voulait étendre son influence le plus longtemps possible. J’ai toujours hâte que cette nuit finisse.


Puis vient le Miteux. Enfin, le Miteux ce n’est pas son vrai nom, mais les gens d’ici l’ont appelé ainsi, et ils disent qu’il éclaire tellement peu qu’il pourrait tout aussi bien aller directement se coucher. C’est vrai que sa lumière est grise et sombre. On dirait qu’il envoie plutôt des rayons de poussière que des rayons de lumière. Eh bien tant pis, je l’aime bien moi, le Miteux. Il m’apporte la paix après le passage de Minaya, et même s’il n’est pas très lumineux, il éclaire encore assez pour que je voie jusqu’au sommet de la falaise au fond de la vallée.


J’ai compté hier : cela fait 721 427 fois que je vois Eloë se coucher. Je pensais que cela voulait dire que je suis âgé de 721 427 jours, mais le Vieux de la Montagne m’a dit que je ne pouvais pas compter ainsi. Que le système solaire triple de notre planète est très instable, et que l’orbite de la planète en est rendue incertaine, et que certaines années sont plus longues ou plus courtes que d’autres, et que c’est pour cela que notre peuple vit selon les époques à diverses altitudes du flanc de la vallée, et que… On dit que le Vieux est plus intelligent et connaît plus de choses que nous tous réunis. Moi je crois qu’il en sait encore plus que cela. Quelquefois, quand il me parle, je ne comprends rien du tout, mais j’acquiesce à tout ce qu’il dit, parce qu’il est quand même le Vieux de la Montagne. On a tous oublié de quelle montagne il s’agissait, moi je crois que c’est la falaise au fond de la vallée. Il doit venir d’une caverne là-haut.


Sur ma planète je suis heureux car je ne dors jamais. Certains dorment, mais pas moi, et ainsi je peux voir tous les jours le cycle des soleils sans en rater un seul. Le Vieux a dit un jour devant tous les autres que à force de les regarder j’étais celui qui connaissait le mieux les astres, et ça m’a rendu très fier. Je pense qu’il exagérait, et que lui les connaît beaucoup mieux que moi, mais ça m’a fait quand même plaisir de l’entendre parler ainsi. En fait, je sais que si je regarde si attentivement les soleils, ce n’est pas seulement parce que je les aime (sauf Minaya), mais aussi parce que j’ai peur. Si le système est instable, peut-être qu’un jour Eloë ne se lèvera plus, ou pire : peut-être que Minaya prendra sa place. Le Miteux ne pourra pas lutter contre Minaya, je le sais déjà. Si Eloë disparaît, ce sera la fin du monde, ou même de l’Univers. Dans ce cas il faudra que je mette fin à ma vie. Je ne sais pas comment on meurt, je n’ai jamais vu personne mourir. Le Vieux m’a dit que la mort existait autrefois, mais que lui-même ne se souvenait pas de l’avoir jamais rencontrée. Ça ne fait rien, je trouverai comment il faut faire pour mourir, et après je pourrai m’occuper d’autre chose que des soleils. Je pourrai par exemple creuser un grand trou vers le centre de ma planète. On dit qu’il y fait très chaud, mais c’est un mensonge, la chaleur vient de Eloë, et un peu de Minaya et, oui, même un tout petit peu du Miteux. Elle ne peut quand même pas venir de sous nos pieds ! Je ne suis pas très bon pour creuser, mais je pourrai demander de l’aide à Woudaï. Celui-là, quand il se met à tourner sur lui-même à toute vitesse, tout ce qu’il touche est projeté au loin. Il vaut mieux ne pas s’approcher de lui quand il tourne ! Et puis il est bête Woudaï, il fait tout ce qu’on lui dit de faire. Je n’aurai qu’à lui dire de se mettre à l’endroit où je veux faire le trou, et à lui commander de tourner. Il s’enfoncera aussitôt dans le sol en éjectant les déblais.


Mais ça n’arrivera pas, et je suis sûr que Eloë ne disparaîtra pas. C’est lui qui finira par manger Minaya, et je serai enfin débarrassé d’elle.


Emuleng s’approche de moi, avec un petit récipient plein de terre-à-manger. Il sait que je préfère rester à regarder les soleils plutôt que d’aller chercher ma nourriture, alors c’est souvent lui qui me l’apporte. Lui, il mange une autre variété de terre-à-manger, alors ça ne le prive pas de me donner la mienne. Je le remercie d’un signe, et je commence à broyer ma terre avec un petit pilon de pierre. C’est beaucoup plus digeste ainsi. Lui il mange debout, comme il l’a toujours fait. Bien qu’il soit debout et moi assis, nous sommes tous les deux à la même hauteur. C’est peut-être parce qu’il est petit qu’il ne s’assoit jamais, ou bien parce qu’il ne sait pas s’asseoir. Même si nous ne parlons pas, j’aime bien l’avoir près de moi, et pas seulement parce qu’il m’apporte à manger. J’ai l’impression qu’il me comprend quand je regarde les soleils, qu’il comprend l’importance de ma quête et qu’il m’approuve.


Les autres sont plus loin. Ils viennent quelquefois me voir. Parfois le Vieux vient avec eux pour discuter. Moi je ne me déplace pas souvent. Je ne peux pas aller bien loin avec ces trois soleils à surveiller. Une fois je suis monté jusqu’au sommet de la vallée, enfin presque. La vue était inhabituelle. J’avais laissé mon tapis de repos à sa place usuelle, et malgré sa couleur voyante je ne pouvais même plus le distinguer tellement j’étais loin. Et puis Eloë a commencé à descendre, et il a fallu que je rentre en courant pour ne pas rater son coucher.


Parmi les autres, il y en a un qui vient régulièrement me voir, mais seulement quand Eloë est au zénith. Il arrive toujours à toute vitesse dans un vrombissement assourdissant. Même quand il est arrêté il vibre encore, et on a du mal à le comprendre quand il parle. Je crois que ce sont les grands élytres qu’il porte dressés dans son dos qui ne s’arrêtent jamais de bruisser. Il s’appelle Wrzhwr et il aime Eloë comme moi, mais il ne le regarde jamais se coucher parce qu’il tombe en léthargie avant. Alors je ne peux pas vraiment avoir de conversations avec lui car souvent il repart en trombe en plein milieu d’une phrase. Il y a aussi Benilboulbli, qui fabrique à peu près tous les objets qui nous sont utiles, qu’ils soient en métal, en pierre ou en tissu. C’est le seul d’entre nous, à part peut-être le Vieux, qui soit si habile de ses mains et qui sache transformer les matériaux. Il m’a dit une fois qu’il dérivait une partie de l’énergie de Eloë pour effectuer son travail. Il ne tardera pas à venir me voir car je lui ai commandé un nouveau tapis de repos. Le mien est très usé. Il m’a aussi dit qu’il m’apporterait un nouveau récipient pour terre-à-manger, mais ça c’est seulement par amitié, car le mien pourrait encore servir longtemps.


Eloë est très haut maintenant. Emuleng est retourné s’abriter sous le Outang, et moi je reste en pleine lumière. Je résiste beaucoup mieux que les autres à la chaleur, je n’ai pas encore utilisé ma feuille de Outang pour faire de l’ombre sur ma tête. Mes plaques radiatives dorsales sont développées, et elles suffisent amplement à refroidir mon corps. Tout en fixant l’étoile brillante, je pense à ma planète. Je ne la connais pas en entier, car je ne suis jamais sorti de la vallée. Je sais que d’autres groupes existent dans d’autres vallées, mais je ne les ai jamais rencontrés. Il est même possible que nous soyons extrêmement nombreux et qu’il ait beaucoup de vallées comme la nôtre, mais personne ne sait au juste combien. Un jour, un des nôtres a voulu rejoindre la vallée suivante en passant par la falaise et on ne l’a plus jamais revu. C’était il y a longtemps, et pourtant son absence nous semble encore étrange, c’est comme si elle avait introduit un déséquilibre dans notre monde. Moi je me contente de rester dans ma vallée, et de connaître tous ceux qui y habitent.


Je me demande si dans chaque vallée il y a quelqu’un comme moi qui se soucie de nos trois soleils et qui les surveille tout le temps. Ici je suis le seul, et même si chacun bien sûr a ses soucis, aucun autre ne semble s’en préoccuper. C’est pourtant une occupation importante, essentielle même. Tous ne se rendent pas compte que sans nos soleils nous n’existerions pas. Je le leur dis chaque fois que j’ai l’occasion d’en parler, mais souvent ils ne m’écoutent pas, ou ils ne me comprennent pas. Pour eux la vie n’a pas de fin, et la vallée est éternelle.


Je fixe Eloë du regard. Il va bientôt passer en haut de sa courbe dans le ciel, puis redescendre lentement. Il me communique son bonheur de vivre. Il comprend mes inquiétudes et essaie de les soulager en me parlant gentiment. Je lui suis reconnaissant de prendre sur son temps pour penser à moi, alors qu’il a sans doute tant à faire pour éclairer et chauffer notre planète. Avec lui le temps passe trop vite. Quelquefois je souhaite qu’il cesse sa course quand il atteint le zénith, et qu’il s’arrête ainsi pour toujours. Mais ce n’est pas possible, et il continue imperturbablement sur son erre. Quand il redescend je trouve qu’il va toujours trop vite, et plus il est près du coucher, plus mon désarroi est grand, car je perds ainsi mon meilleur compagnon, et je suis inquiet à la pensée qu’il va être remplacé par Minaya.


Je sais ce que je vais faire cette fois : dès que Eloë sera couché, je vais faire grandir la fureur qui est en moi, et je vais la concentrer sur Minaya qui ne tardera pas à se lever, toujours pressée qu’elle est de remplacer Eloë. Je la fixerai avec un regard de haine durant toute sa course, et elle comprendra qu’elle n’est pas la bienvenue ici. Je ne regarderai rien d’autre pendant tout son passage, je ne cillerai même pas des yeux et je l’empêcherai de lire dans mon esprit. Et je réussirai à empêcher ses maudits rayons rouges de souiller notre monde. Je le ferai, et je le referai chaque jour, jusqu’à ce qu’elle se lasse de se lever sur notre planète et qu’elle la quitte pour toujours. Alors la nuit sera longue et reposante en attendant le lever du Miteux, qui sera le bienvenu avec sa lumière calme qui apaise les tempêtes dans nos esprits.


Avec le Miteux je m’entends bien, on parle calmement de tout et de rien, ou bien on ne dit rien et on se regarde. Je ne bouge pas de mon tapis de repos, et pendant qu’il est dans le ciel personne ne vient me voir car je pense que tous les autres dorment ou cessent toute activité. Pourtant le Miteux fait tous ses efforts pour nous apporter une lumière suffisante, et on y voit assez pour se déplacer dans la vallée. Avec lui je ne me gêne pas, et quelquefois je cesse de le regarder pour me livrer à diverses occupations, comme finir de manger ce qui reste au fond de mon récipient. Il ne m’en veut pas, il sait que nous pouvons reprendre notre conversation dès que l’envie nous en prend.


Quand il va enfin se coucher c’est la nuit la plus profonde, et on ne distingue absolument plus rien dans la vallée. C’est la fin du triple jour sur ma planète. Je reste immobile dans le noir, toujours assis sur mon tapis de repos. J’entends quelques bruits ténus, comme le pas de Emuleng, qui ne cesse de marcher lentement dans les parages toute la nuit, ou bien le frottement d’un arachno-lézard qui traîne son ventre sur le sol. Je repense à tout ce que j’ai vu dans la journée, à la richesse de mes conversations avec Eloë, et aux sinistres rayons de la hideuse Minaya, et aussi aux plaisanteries échangées avec le Miteux. Quand j’ai fini de revoir ma journée, j’essaie d’imaginer ce qui se passera demain : comment je saluerai Eloë, et combien parmi les autres viendront me rendre visite. Je ne compte pas Emuleng car lui il est toujours là près de moi. Si j’ai de la chance le Vieux de la Montagne pourra venir et il me reparlera de l’instabilité de la planète et de son parcours difficile entre ses trois soleils. Et moi je me remettrai à penser aux dangers qui nous guettent, et à l’indifférence des autres qui ne voient guère plus que des aveugles quand il s’agit de veiller sur leur propre monde.


Sur ma planète je suis la sentinelle, et c’est à moi qu’incombe de surveiller ce qui se passe dans le ciel. C’est une écrasante responsabilité, mais c’est moi qui serai le premier à savoir quand les astres deviendront fous et qu’ils nous mettront en danger. Quand cela arrivera, je devrai prévenir tous les autres, les convaincre, trouver une solution pour les sauver malgré eux. Je ne sais pas encore comment. Je ne sais pas quand cela arrivera.


Alors, je pense comme chaque nuit, d’innombrables nuits, que peut-être demain Eloë ne se lèvera pas, et j’ai peur.



 
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   Robot   
3/4/2014
 a aimé ce texte 
Passionnément
Voilà comme j'aime entrer dans une histoire de SF. Pas besoin de longues explications. En une phrase l'auteur nous plonge dans une autre réalité:
"Sur ma planète, trois fois par jour, je regarde le soleil se coucher."
Ensuite, je me suis laissé prendre par le récit mais surtout par la simplicité du style.
Pas de monstre, pas de pseudo démonstrations scientifiques oiseuses. L'auteur a respecté une des bases de la SF, ne pas multiplier les étrangetés afin de ne pas décrédibiliser. Chaque élément nouveau amené sans trop en rajouter
"Emuleng s’approche de moi, avec un petit récipient plein de terre-à-manger"
Pas besoin d'en dire plus, je sais que dans ce monde à trois soleil on mange de la terre et cela suffit à me maintenir dans l'étrangeté de la nouvelle.
Un récit développé comme un conte où je ne me suis pas lassé un seul instant.

   socque   
10/4/2014
 a aimé ce texte 
Bien
Une belle imagination, pour moi c'est le point fort de ce récit avec les descriptions très visuelles et le style clair qui va bien à ce narrateur. Celui-ci, malgré son âge avancé, n'a presque rien vu du monde et tâche de le comprendre avec ses pauvres moyens... Je l'ai trouvé touchant.

Ce qui m'a gênée en revanche, c'est que je n'ai pas ressenti de cohésion dans l'univers présenté : chacun des individus y paraît unique (du moins dans cette vallée), il n'y a pas d'espèce. C'est pourquoi j'ai pensé à des êtres artificiels, des robots installés là pour une raison mystérieuse (des appareils de mesure, peut-être, conçus pour transmettre des données à des voyageurs interstellaires et qui, avec les années, auraient perdu de vue leur but ?) ; j'aurais bien aimé quelque indice me permettant d'entrevoir la logique sous-jacente à ce monde. Là, non. Je n'ai que les perceptions du narrateur, et c'est ce qu'il faut, mais en l'état j'ai l'impression de notations certes bien vues, mais sans possibilité de percevoir un tableau plus global.

Peut-être d'ailleurs les indices sont-ils là sans que j'aie su les déchiffrer, peut-être la nouvelle est-elle trop subtile pour moi ; auquel cas le dosage conviendra sûrement à d'autres lecteurs !

   Shepard   
10/4/2014
 a aimé ce texte 
Bien
D'habitude je ne suis pas trop fan des récits purement descriptifs, mais ce problèmes à N corps a attiré mon attention !

Une petite historie intéressante qui me fait penser à la mythologie d’Amérique centrale (les noms entre autre et cette obsession du soleil) avec une pointe de SF.
J'ai n'ai pas pu m'empêcher d'imaginer (enfin d'essayer) l'orbite de cette planète autour de 3 soleils et ça m'a donné mal au crâne, je me demande si l'auteur s'est posé la question également ? Car certains systèmes à plusieurs soleils sont connus, dont un à 3 soleils justement, mais souvent les planètes orbites autour d'une étoile massive et les autres soleils plus distant orbitent alors autour de cette étoile également, donc les 3 astres sont visibles en même temps et non tour à tour (cela demanderait un trajet complexe!). On imagine mal la vie sur une orbite aussi chaotique. Enfin je vais laisser mon esprit cartésien de côté...

... Pour venir sur les différents personnages, qui sont pour le moins étranges. A vrai dire je n'ai pas réussi à me représenter mentalement leur physique avec exactitude, chacun paraissant somme toute extrêmement différents. Si cela ajoute du "mystère" au récit je trouve que ça perd un peu en cohérence, je me serais plutôt imaginé une civilisation unique avec sa culture du soleil, mais peut-être suis-je un peu trop anthropomorphique.

Pour résumer ce que je pense, c'est une histoire qui pose rapidement et habilement un univers mais qui se fragmente ensuite lors du développement, empêchant une immersion parfaite.

Rien à dire sur le style qui est simple et efficace, personnellement ça me va très bien lorsque le fond passe sur la forme (pas de lyrisme forcé...).

Bon maintenant on attends la suite qui raconte ce qui se passe lorsque la petite planète est éjectée de son orbite et qu'un soleil, ou plus, disparaît =)

   Anonyme   
10/4/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Fergas,

On croirait entendre le narrateur du Petit Prince. J’ai sans doute perdu mon âme d’enfant, car je suis bien incapable de comprendre la parabole, s’il y en a une. Alors franchement, cette histoire ne m’a pas du tout intéressé, mais je ne vous ferai pas l’affront de venir juste vous dire ça.

J’ai accroché à votre style impeccable, et par respect pour lui, j’ai lu jusqu’au bout. Ma note, d’ailleurs, ne se rapporte qu’à lui. Je voulais savoir si un style pouvait à lui seul susciter chez moi, qui déteste la science-fiction, un sursaut d’intérêt. Je me rends compte que non. Je me rends compte que je ne comprends jamais à quoi servent les pouvoirs ni les tares des personnages de science-fiction, puisqu’étant distribués à tous, ils ont exactement les mêmes soucis que nous, avec juste quelques boulons de plus à visser. Leur confrontation n’apporte rien de plus qu’une banale vie de terrien.

Je me rends compte que cette sentinelle écolo, ce gardien de la vie, dégage bien peu d’empathie. Cette planète est tellement triste que je suppose qu’il s’agit de la nôtre. Alors, est-ce Prométhée qui se balade à nouveau sur son char du soleil pour donner le feu sacré aux hommes ? La Mythologie, ça c’était de la science fiction !

Je ne lirai pas la suite si vous la diffusez, mais je me précipiterai si vous changez de registre.

Ludi,
toujours aussi froid, malgré la chaleur des trois soleils

   Bidis   
10/4/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Texte plein d’imagination et de poésie, mais un peu confus à cause surtout d’un trop grand nombre de noms étranges, lesquels désignent des entités mystérieuses, ce qui n'aide pas à la mémorisation. Ou alors, ce n'est pas une lecture pour de vieux neurones fatigués comme les miens... Il faut dire aussi que la science-fiction n'est pas trop ma tasse de thé.
- Dans le premier paragraphe (« Il y a d’abord […] je regarde Eloe »), j’ai trouvé non pas de la confusion mais un peu d’imprécision dans le texte. Les premiers « il » concerne Eloe, les seconds Emuleng. Grammaticalement, c’est parfait, il ne peut y avoir aucune confusion. Et pourtant, pour moi, il y a déjà quelque chose d’un peu fatigant. On comprend qu’il va falloir apporter beaucoup d’attention au texte si l’on ne veut pas perdre le fil.
Le même « défaut » se retrouve, mais amplifié, dans le second paragraphe.
Pour revenir à ce premier paragraphe, il est employé par trois fois le verbe « regarder » à trop peu de distance donc l’un de l’autre, c'est dommage et il est très facile d'y remédier.
- « La nuit qui suit Minaya semble très longue » : Je comprendrai plus loin que Minaya concerne le soleil qui se couche, mais à ce moment-ci de ma lecture, je pense qu’il s’agit du crépuscule (lumière qui suit le soleil couchant), ce qui fera d’ailleurs que lorsque je rencontrerai le Miteux, tout de suite après, complètement déroutée, j’arrêterai là mes conjectures. Plus de précision donc serait peut-être souhaitable.
- « un jour devant tous les autres » : comme il n’est pas spécifié quels sont tous ces autres, dans l’élan de ma lecture, je suis renvoyée au dernier sujet, à savoir « jour » et je lis « tous les autres jours ». Je m’aperçois aussitôt que c’est absurde. Je relis donc. Il s’agit bien sûr des autres habitants de la planète, mais cet arrêt est préjudiciable au bon déroulement de la lecture.
- « …, et que lui les connaît beaucoup mieux que moi... » : cette réflexion ne me paraît pas pertinente. Le Vieux comparait le héros avec les autres habitants et non avec lui-même.
- « Si le système est instable […] ou même de l’Univers. »
Quatre des personnages se retrouvent dans trois phrases. Or, leurs noms ne sont pas courants du tout et je ne sais plus qui est qui. Quand arrivera « Woudaï », je devrai m’accrocher, d’autant que là, je ne comprendrai jamais de qui ou de quoi il s’agit.
- « Emuleng s’approche de moi » : Je dois remonter tout au début du texte où ce personnage apparaît, car j’ai oublié qui ce qu’il vient faire dans l’histoire puisqu'il n'a plus réapparu jusqu'ici.
- « … et qu’il ait beaucoup de vallées » : il manque l’adverbe « y »

   Pepito   
10/4/2014
Bonjour Fergas,

Très belle première phrase d'accroche.
Le style est enfantin, je suppose que c'est pour coller au personnage du narrateur.
Très bonne pose du décor, même si le coté unique des personnages fait un poil Pokémon. Le coté erratique de la position d'une planète est intéressant (Dragons de Pern).

J'attendais que débute l'histoire, mais vous faites juste une reprise en boucle du début.
Début : "Minaya, elle a le regard mauvais", fin de texte : "aux sinistres rayons de la hideuse Minaya" etc ...

Une lecture agréable, merci.

Pepito

   caillouq   
19/4/2014
Je n'avais pas très envie de rentrer dans ce texte, l'accumulation de noms me semblait indiquer le genre "fantasy" (qui m'ennuie très vite), mais finalement, le contexte est davantage celui d'une SF classique.
Outre le côté clin d'oeil au Petit Prince (vi, celui de Syntex), ces histoires de planètes/soleils m'ont rappelé l'argument central de "Le retour des ténèbres", d'Asimov.
J'ai eu du mal à me sentir concerné par ce monde étrange, et je préfère en général le cynisme et le second degré au dépouillement affectif du narrateur, qui sur Terre serait peut-être qualifié de fraîcheur naïve, mais l'auteur via une écriture fluide a réussi à instaurer une atmosphère poétique et ça a été, finalement, assez agréable d'aller jusqu'au bout de cette nouvelle.
Les moins :
- le rythme global : l'accumulation de phrases courtes et de paragraphes quasiment tous de la même taille est trop répétitive, voire lassante.
- le côté contenu (c'est toujours dur à entendre, mais : lâchez-vous !)
- et, surtout, l'absence de progression dramatique ne permet pas à la nouvelle de décoller (la décision de regarder méchamment Mianaya ne me suffit pas), de donner le petit plus qui fait qu'on s'en souviendra longtemps après. Ou qu'on se sentirait concerné.
En fait, ce texte ressemble à l'exposition avant le démarrage d'une histoire plus longue.

(ah oui, et je ne comprends pas bien l'utilité du "d'ailleurs" de la 6e phrase)

   Marguerite   
24/4/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Fergas,

« Sur ma planète » est un conte d’un autre monde divertissant et dépaysant.
L’écriture voulut naïve apporte au personnage un côté très attachant et une atmosphère paisible se dégage du texte, malgré l’inquiétude compulsive du narrateur.

   David   
1/5/2014
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour Fergas,

À la fin, quand le héros dit : "Quand cela arrivera, je devrai prévenir tous les autres, les convaincre, trouver une solution pour les sauver malgré eux.", le "malgré eux" a fini de me dessiner ce personnage comme inquiétant, comme s'il vivait une petite folie qui pouvait se transformer en menace contre sa communauté. C'est le fait qu'il tienne la narration tout le long du texte, il parle de discussions mais il ne discute jamais, jamais n'interviennent les interlocuteurs.

C'est difficile de savoir si c'est une intention, mais par exemple avec le titre "sur ma planète", on peut aussi lire, comme dans le monologue du texte, une évocation imagée de la solitude : J'ai entendu parfois qu'untel est "sur sa planète" ou bien "dans son monde" pour qualifier un rêveur ou même un handicapé. Le fait que le héros humanise les astres participe aussi de cela.

Le récit est imaginatif mais ressemble à un huis-clos par certains côtés, et en lisant j'avais quelque chose de la claustrophobie. je n'ai pas eu de sentiment de longueur mais après la curiosité du début, je restai en dehors des descriptions, je guettais une intrigue ou une relation qui intervienne dans le récit pour briser l'enfermement que j'y ressentais.

   Donaldo75   
8/6/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une histoire bien racontée sous des faux airs de sauvage comme un conte oriental; le rythme est une vraie bonne idée sur la base de ces trois soleils et de l'observateur planétaire. La critique est fine en ce qui concerne les autres qui n'en ont rien à faire et l'humilité du narrateur fait passer les idées en douceur.
De la science-fiction intelligente, sortant du genre et évitant de ce fait les étiquettes.
Bravo !

   RB   
9/6/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Beaucoup de commentaires ont déjà dit l'essentiel (en positif en tout cas) sur ce conte.

Je voudrais y ajouter une réflexion que ce texte distille "jour après jour" si l'on peut dire : l'ennui de l'éternité, cette monotonie qui n'empêche pas la peur de perdre ce qui fait la vie même si, ici, le héros ne sait pas comment on fait pour mourir.
Très poétique non-histoire.

(un peu trop de "et", à mon goût...)


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