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Humour/Détente
Flupke : Compostelle
 Publié le 09/12/12  -  15 commentaires  -  5504 caractères  -  121 lectures    Autres textes du même auteur

Tout d'un coup, Minou décide de partir en pèlerinage à Compostelle.


Compostelle


Firmin venait juste de m’apporter ma tasse de café « Blue Mountain » quand Minou fit irruption dans le grand salon, équipée d’un long bâton, d’un sac à dos et d’une feuille cartonnée pliée en accordéon qu’elle agita devant mon nez. Quel était donc l’objet de sa nouvelle quête ? Poussière d’étoile, poudre d’Atlantide ?


— Santiago ! s’exclama-t-elle sur un ton tadaaaa-esque.

— Quoi ? Tu vas acheter des bottes pointues ? Mais cela ne t’ira pas du tout !

— Non ! Santiago de Compostela ! me corrigea-t-elle sur un ton de maîtresse d’école, comme si j’avais proféré une ineptie.


Elle s’exprimait souvent par énigmes pour se donner une contenance intellectuelle, style nouveau riche.


— Quoi ? Tu vas aller là-bas à pied ? éructai-je alarmé.

— Même le plus long voyage débute par un premier pas.


Mes pauvres mains risquaient de se retrouver orphelines de ses seins fermes, de son délicieux corps de déesse, de sa fougue, de sa jeunesse insolente. Plusieurs semaines sans elle… Mon futur proche s’assombrit, tel un horizon virant à l’outrenoir.


— Minou, si tu pars, tu réalises que tu laisses la part belle à toutes mes prétendantes ! bluffai-je.

— Mais ne dis pas ça, mon petit canard en sucre. Dans deux ou trois mois, à peine aurai-je franchi la porte que tu te jetteras sur moi tel un fauve affamé. Tu me prendras sans attendre, sur le carrelage du hall d’entrée. Tu morigéneras ton majordome : « Mais enfin, Firmin, ne restez pas planté là comme un idiot. Prenez donc votre après-midi ! »


Le problème avec Minou, c’est qu’elle se rit de mes menaces. Il me fallait reprendre la situation en main. Discuter, m’informer, évaluer, improviser. Ah ! Minou et ses lubies.


— Et combien de kilomètres par jour comptes-tu parcourir ?

— Vingt, trente, quarante. L’appétit vient en mangeant.


Oh ! Minou et ses proverbes qu’elle me ressasse à tout bout de champ.


— Et où vas-tu loger ?


Elle agita à nouveau son carton en accordéon devant moi. Sa Compostela, m’expliqua-t-elle. Une sorte de passeport où elle recevrait des coups de tampon lors de ses étapes dans chaque couvent ou monastère afin de prouver qu’elle est une authentique pèlerine.


— Tu m’accompagnes, mon canard ?

— Minou, ne pars pas ! la suppliai-je, le visage livide.


Elle colla son corps de rêve contre le mien. Le parfum exquis de ses longs cheveux noirs fraîchement lavés accentua le supplice de son départ. Elle me serra dans ses bras, me dévora la bouche d’un baiser langoureux. Elle mit un genou à terre pour déposer un bisou sur Popol qu’elle devinait fortement irrigué sous le velours côtelé de mon pantalon. Elle se releva ensuite pour nous dire au revoir.


— Hasta la vista, Baby ! Hasta luego, Popol !


Elle ouvrit la porte d’entrée et s’avança dans l’allée du parc. Je restai là, planté, interdit, hébété.


— Firmiiiiin !!!


Mon fidèle serviteur apparut en courant, dix secondes après mon brame de détresse.


— Monsieur m’a appelé ?


Je pointai une main vague et impuissante vers la silhouette qui diminuait à vue d’œil et se rapprochait des grilles.


— Mademoiselle Minou est de sortie, Monsieur ?

— Elle part en pèlerinage.

— Un pèlerinage ? Où ça, Monsieur ?

— À Saint-Jacques-de-Compostelle, en Espagne. À pied !

— À pied ? Monsieur, quelle horreur ! Et elle part toute seule ?


J’apercevais Minou qui atteignait la route. Elle se retourna une dernière fois, me fit un grand signe de la main et s’engagea sur la départementale, à droite, vers ce putain de sud.

« Eh merde ! » murmurai-je, quelque peu étonné de ma décision soudaine.


— Euh… non, Firmin ! En fait euh… Allez de suite me chercher un blue-jean, mes chaussures de marche, une bonne paire de chaussettes, ma veste en Gore-Tex et une gourde d’eau. Vite !


Je jetai un regard apitoyé à mes pauvres jambes qui allaient souffrir le martyre, à coup sûr. Du moins au début. Enfin, je me ferais une raison. Je finirais sûrement par voir le côté positif de l’aventure. Firmin revint au bout de trois minutes.

Pendant que je me changeais, je lui donnai quelques instructions.


— Firmin, les premiers jours, vous pourrez rentrer dormir au château, mais ensuite il faudra improviser. Vous allez nous accompagner et vous porterez mes bagages en voiture. Allez en ville et achetez un GPS de randonneur avec une carte couvrant les sentiers européens. Je vous téléphonerai en fin d’après-midi pour faire le point.

— Monsieur ! s’indigna Firmin, le regard outré, la bouche béante de désespoir.

— Je suis vraiment désolé, Firmin. Je n’ai pas le choix. Je dois faire comprendre à Minou que je suis un homme de caractère et que je suis capable de décider pour nous. Ça va lui clouer le bec une bonne fois pour toutes.


Je m’élançai au pas de gymnastique. Le gravier crissait gaiement sous mes chaussures. En moins de quinze minutes de marche rapide, ma déesse apparut dans mon champ de vision.

Je hurlai tel un loup à la lune :


— Minou-ou-ouhouhou !


Elle se retourna et patienta jusqu’à ce que je la rejoigne.


— Minou, attends, je vais faire un bout de chemin avec toi ! déclarai-je essoufflé, mais fier.

— Mon canard adoré, je te manque déjà ?


Derrière son sourire, je voyais qu’elle se contrôlait pour dissimuler son triomphe afin de ne pas froisser ma susceptibilité. Elle me donna la main et nous avançâmes ensemble vers le midi.

Ah Minou ! Elle m’irrite parfois avec son style « je sais tout, je peux tout me permettre ».

Le problème avec Minou, c’est qu’elle croit qu’elle a toujours raison.


 
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   socque   
16/11/2012
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
C'est mignon, je trouve, mais la chute me paraît plutôt faible ; le gars qui s'accroche à sa supériorité de mâle mais a déjà perdu, c'est mille fois vu... La vision du pèlerinage selon le grand bourgeois est assez marrante.

   LeopoldPartisan   
28/11/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
trop court !!
là je suis vraiment resté sur ma faim. C'est gai, amusant, vaudevillesque et on est immédiatement pris dans l'engrenage. Pour avoir vu dans une émission "tout cela ne nous rendra pas le congo"de la RTBF (télévision de service publique belge) un reportage intitulé "la belle, le milliardaire et la discrète" consacré à Arnaud Lagardère et à Jade Foret top modèle belge, j'avais visuellement les personnages.
ENCORE, ENCORE... je sais avec l'âge je deviens et voyeur et people...

un bien seulement du à la frustration.

   alvinabec   
28/11/2012
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonjour,
C'est plutôt bien écrit, même si le langage ici employé penche un peu trop du côté du "soutenu" et de la recherche de l'effet. Par exemple "contenance intellectuelle, style nouveau riche" ne me parle guère.
"Une bise à Popol", c'est mignon mais en rupture avec le champ lexical que l'auteur a choisi de mettre en exergue, morigéner, etc...
"Mes mains, orphelines de ses seins fermes..." joli et plus dans la tonalité générale.
La chute me semble trop plate, à revoir donc.

   costic   
1/12/2012
 a aimé ce texte 
Un peu
Si j’ai relativement apprécié le « départ » de l’histoire, l’ensemble ne m’a pas vraiment convaincue. La forme est assez plaisante mais je ne goûte pas trop au côté châtelain, Firmin fidèle serviteur…Dans un contexte plus réaliste j’aurais peut-être plus apprécié (question de goût).

   Palimpseste   
9/12/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Flupke.... ça fait longtemps qu'on n'avait eu le plaisir de vous lire.

L'idée est sympa et le récit bien enlevé avec un début qui sonne "bobos cools" pour bifurquer vers d'improbables aristos sans doute oisifs... Excellent de voir que Firmin existe, jusqu'à ce qu'il réponde, j'ai cru que c'était le chat (sauf que je viens de voir en rédigeant le commentaire la première phrase qui plante le décors avec Firmin en vrai domestique... Je alzheimerize de plus en plus court :-( ).

Par contre la chute n'est pas terrible... ça me gâche le plaisir. Et puis la dernière phrase "c’est qu’elle croit qu’elle a toujours raison." aurait été mieux en un plus simple "c'est qu'elle croit avoir toujours raison."

Et puis je n'aime pas trop la fille qui s'appelle "minou", z'aviez pas un autre (vrai) prénom ?

Sinon, ce fut un petit plaisir bien sympathique à lire, qui mériterait un peu plus d'huile de coude...

   Artexflow   
9/12/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonsoir à vous Flukpe !

J'ai lu avec un intérêt certain, et un petit sourire au coin des lèvres, ce "Compostelle".

La principale critique que j'aurais à faire c'est cette sensation que j'ai de "et alors ?" Il y a sûrement une suite, à ce texte, en tous cas, en l'état, il semble cruellement incomplet.

Incomplet mais pas forcément mauvais, d'ailleurs, pas du tout mauvais !
C'est assez bien fait, c'est léger, il y a du vocabulaire. Je n'approuve pas particulièrement le style très dialogué de la narration mais je chipote.
Si vous voulez vraiment présenter ce texte tel quel, il faudrait songer éventuellement à revoir la chute, qui est vraiment trop rien pour faire vraiment office de chute :)

En espérant vous relire !

   aldenor   
9/12/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Amusant, sympathique, mais pour moi le seul moment franchement drôle est celui où on réalise que le narrateur prévoit de se faire escorter par Firmin. Vous pouviez peut-être exploiter davantage cette piste.
« Elle s’exprimait souvent par énigmes pour se donner une contenance intellectuelle, style nouveau riche. » Ici j’utiliserais plutôt le temps présent.
« Mon futur proche s’assombrit. » Ici l’imparfait.

   brabant   
10/12/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Flupke !


Je vois que tu n'as rien perdu de ta verve ni de ton savoir-faire, savoir conter, c'est un plaisir que de retrouver ton humour désinvolte après la parenthèse industrieuse à laquelle tu as sacrifié. Je suis heureux de lire à nouveau l'un des piliers d'Oniris par le truchement de ce texte badin, enlevé et décalé dont les personnages primesautiers et surannés ne doivent évidemment pas être pris au sérieux et ceci pour notre plus grand plaisir, hormis bien entendu minou et popol que je déshabille ici de leurs majuscules.

Je me suis surpris à siffloter du Charles Trénet après cette lecture...
"Douce Belgique
Cher pays de mon enfance
Bercé de ..."

Et en route pour Compostelle !


:D :D :D

   wancyrs   
10/12/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Pour ceux qui connaissent Flupke, ils savent que c'est un "provocateur" qui aime bien laisser ses lecteurs dans le suspense et sur leur faim. Ici il ne déroge pas à la règle, Bravo ! n'empêche que j'aurais voulu avoir le fin mot de l'histoire...

   Anonyme   
10/12/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Salut Flupke... Ote moi d'un doute, c'est bien le premier épisode d'une longue marche avec maints rebondissements ? Si oui, je trouve que l'intro est excellente, sinon je vais rester sur ma faim...
Plaisanterie mise à part, j'ai bien aimé Minou et Firmin et le style d' un auteur qui se fait trop rare. La chute, que je veux croire provisoire, est à la hauteur si ce n'est qu'une première partie, sinon ça me semble un peu léger.
Bon, la balle est dans ton camp... C'est toi qui décides !

   Marite   
10/12/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Flukpe ! Alors là ... on en redemande ! ça se lit en un clin d'oeil et on attend le prochain épisode ! Impossible que cette histoire se termine ainsi. Les personnages sont déjà bien campés, en route pour cette très longue marche ! Que d'aventures et de sourires en perspective ! Firmin doit les rejoindre n'est-ce pas ? Va-t-il les retrouver facilement avec son GPS ? Les jambes de Monsieur vont-elles supporter les vingt, trente, quarante kilomètres quotidiens ? Très agréable lecture de fin de journée.

   AntoineJ   
11/12/2012
 a aimé ce texte 
Un peu
Sympathique et bien écrit
vif et plaisant
ceci étant, cela donne l'impression de l'expression d'un talent naturel sans trop de travail pour affiner ... de se faire plaisir sans trop chercher plus loin
On aimerait bien en savoir plus adhérer un peu plus à la contine et comprendre qui est qui ...

   jaimme   
24/12/2012
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
C'est mignon (sauf "Popol", j'aime pas, tu aurais pu trouver mieux, Flupke! Un truc plus dans le contexte: "son canari", "son arlequin" ou "son casanier", c'est selon...), fluide, bien construit, amusant et on lit ça d'une brève traite. Même pas une étape vers l'Espagne. Et c'est mon reproche principal: c'est n'est pas une nouvelle pour moi. Trop court dans le propos. Tu n'as pas le temps en ce moment ou quoi, tu écris quand tu fais une étape? Alors garde ce genre de texte sous le coude, trouve une fin plus construite, fais deux ou trois étapes de plus vers l'Espagne et régale-moi d'une nouvelle plus consistance.
En toute amitié.

Jaimme

PS: Minou a toujours raison!

   Laroche   
2/2/2013
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour. Oui, je suis assez en phase avec plusieurs des commentaires: il me semble que ce n'est pas vraiment une nouvelle, moins parce que ce serait trop court que parce que c'est trop dialogué pour cela.
J'ai l'impression que tous les commentateurs assimilent Firmin au Nestor de Moulinsard; il me ferait plutôt penser au serviteur stylé de Batman (je ne sais plus son nom dans le civil). En revanche , j'ai beaucoup de peine à me représenter Minou en jeune beauté torride...

   carbona   
13/9/2015
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,

Tout est excessif dans ce récit, j'aurais aimé plus de crédibilité pour m'installer dans l'histoire, même farfelue.

Je n'aime pas : "Elle mit un genou à terre pour déposer un bisou sur Popol" < pas beau

J'aime : "Mes pauvres mains risquaient de se retrouver orphelines de ses seins fermes" < joli

Merci pour la lecture.


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