Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Humour/Détente
i-zimbra : Le larcin
 Publié le 21/02/11  -  18 commentaires  -  18901 caractères  -  164 lectures    Autres textes du même auteur

Hommage à Richard Matheson (Pattern for survival, 1955).


Le larcin


« Bon Dieu, j'y suis encore arrivé. Il n'y a que moi qui puisse écrire comme ça... »

i-zimbra est vidé, mais heureux. Il n'y a plus qu'à envoyer ça à bellettris.fr. Un dernier détail à régler : i-zimbra n'écrit qu'à la plume d'oie. Il ne s'en vante pas, considérant que c'est quasiment un secret de fabrication. Ça ne l'empêche pas d'être à la pointe du progrès, et il s'empare du scanner manuel pour lui faire parcourir son texte ; il doit cependant taper la fin, que son épuisement a rendue illisible pour le logiciel. Puis il se connecte au site et fait un copié-collé.

Pas de précipitation ! Il va d'abord s'asperger le visage à l'eau tiède. Ensuite, il passe quelques minutes à la porte-fenêtre du balcon, à contempler le soleil qui émerge de l'horizon dans la gloire d'un ciel cuisse de nymphe, et à attendre l'appel du sifflet de la cafetière. En mai, mets ton cache-nez, pense-t-il. Et les travailleurs de nuit vont devoir mettre les bouchées doubles.

Il s'autorise un bâillement, et sa tasse remplie, effectue une relecture ultime dans la fenêtre de prévisualisation. Les derniers scrupules évacués, il clique sur "envoyer". Ah je sens qu'ils vont l'adorer, celle-là.


Mais il est encore bien tôt. Ce n'est qu'une demi-heure plus tard qu'un correcteur du site, Vrekner, prend connaissance de l'envoi sur son ordinateur portable. Il se trouve alors dans une rame du RER qui vient de quitter Val-Fleury, sur la ligne C.

Vrekner est un ami des lettres. Il a même écrit un jour un livre sur la poésie du quotidien. C'était une époque de vaches maigres ; un travail prosaïque, fait pour échapper au quotidien. Travail qui lui a rapporté un fric qui lui fit oublier un temps le quotidien. Il n'en a jamais été fier. Délayer des paradoxes à deux balles à partir de simples oppositions de mots... Si ça s'est vendu mieux que de la poésie, c'est bien que ça n'en parlait pas !

Aujourd'hui qu'il est à l'abri du besoin, Vrekner est revenu à la littérature, pas seulement pour échapper à la poésie des transports en commun ; il y voit un îlot de désintéressement dans ce monde sans pitié où personne n'est tout blanc, lui le premier. C'est ainsi qu'il s'est retrouvé comme bénévole sur bellettris.fr, où il consacre ses moments perdus à découvrir et faire découvrir des talents.

Il lance le navigateur, et commence à sucer une pastille, ne sachant trop s'il faut craindre d'avoir reçu encore quelque pensum d'un plumitif sur le retour, ou espérer qu'une muse a guidé jusqu'à lui un jeune écrivaillon mal dégrossi mais au style neuf. Au lieu de ça, c'est un choc : encore un texte d'i-zimbra à publier ? Mais quelle verve ! Vrekner aurait taxé de graphomane tout autre auteur, mais la qualité de cette écriture-là semble inaltérable. Une plume reconnaissable entre toutes. Il se dit même que s'il n'avait vu que le titre, il aurait deviné que c'était de lui : Le Larcin... Simplicité, sonorité... Voyons vite de quel nouveau bijou il vient parer Bellettris, et ce que cache ce titre...

Toujours cette orthographe impeccable... Il aura laissé trois ou quatre fautes, mais c'est pour nous faire plaisir ; il sait que les correcteurs sont frustrés quand ils ne trouvent rien. Je suis comme un orpailleur ; qui ne trouve jamais assez d'or pour vivre, mais ce court instant où son tamis a ce reflet brillant est le plus gras des salaires.

Et ce petit mot qu'il a joint à l'attention des petites mains qui portent sa parole au public : « J'espère ne pas vous causer trop de désagréments si ce texte a été mal relu, et je ne sais toujours pas utiliser les balises. » Je me souviens quand on a reçu son premier texte – celui-là, je peux le réciter par cœur. Au troisième, quelqu'un proposa de lui demander de faire partie de l'équipe. J'avais dit : « i-zimbra est un génie, je refuse qu'on l'engage comme correcteur, ça lui prendrait du temps d'écriture. » Alors les balises html, c'est un plaisir de les lui ajouter. Si ça se trouve, il voudrait des enluminures et n'ose pas demander.

Ce texte est vraiment une merveille. Ne pouvant s'empêcher de le relire une fois de plus, Vrekner a encore le temps de le mettre en ligne, mais il en oublie sa correspondance. Dans celle qu'il prend à Saint-Michel, il rédige le commentaire qui sera le premier à s'afficher sous le mot "Fin". Exercice périlleux s'il en est. Une telle œuvre se suffit bien à elle-même. Comment honorer sans souiller ? Être pertinent sans paraphraser ? Enthousiaste sans être servile ? Il termine par la note d'évaluation : c'est le plus facile, il n'y a qu'à choisir la plus haute.


Il y a aux Éts Matheson un sous-directeur, consciencieux et dynamique, et presque trop poli, ayant un gros penchant pour la fiction littéraire. Dès 10 h, il s'arroge une pause pour lire une nouvelle pas trop longue sur bellettris.fr, où il est connu sous le pseudo suMac. Il a parfois l'impression bizarre que c'est un prête-nom ; mais il n'y a aucune embrouille, il n'a pas besoin d'homme de paille sur un site gratuit ; suMac c'est juste lui-même.

Ce matin est un matin bénit, i-zimbra a envoyé quelque chose. Tiens, Vrekner a déjà mis un commentaire. Clairement enthousiaste, malgré les habituels faux-fuyants qui lui tiennent lieu de sens critique. Lui aussi est fan d'i-zimbra, mais suMac est inconditionnel. Il ferme les yeux, inspire, puis expire une longue colonne d'air (conditionné – c'est lui qui l'a fait installer), avant de commencer à goûter ce moment rare et fort qu'est la première lecture d'une nouvelle d'un auteur de cette trempe. Et il fait bien, car cette lecture lui coupe le souffle. À la fin, il reste figé quelques secondes, et comme un plongeur qui refait surface, s'exclame : « Gé-nial ! » Les employés de l'étage lèvent le nez un instant, concluant rapidement qu'il est en train, une fois de plus, de péter ses objectifs de résultats. Car s'il y a bien quelque chose de non fictionnel, c'est le fric qu'il fait chez Matheson.

Pour se consoler de n'avoir pas été le premier à complimenter le maître, il rédige un long commentaire du texte, exposant sans en avoir l'air, et sans éventer l'intrigue, qu'il en a compris chaque finesse. Il pense même avoir trouvé les mots pour indiquer à l'auteur qu'il l'a – seul – suivi dans les méandres fluides et denses de son esprit flamboyant. Quant à l'évaluation, bien obligé de copier ce vieux Vrekner : exceptionnel. Enfin il valide sa contribution, se réjouissant du réconfort qu'il est en train d'apporter à i-zimbra, sachant que les génies sont perpétuellement angoissés. Il a une telle foi en son idole qu'il n'imagine pas un instant qu'elle puisse se reposer sur les lauriers qu'il vient de lui tresser.


Il n'y a pas de danger ! i-zimbra carbure à l'éloge, ces deux premières doses vont booster sa créativité. Et le coller illico à une nouvelle œuvre, avec la même frénésie que si on avait posé une nouvelle cafetière pleine près de son écritoire. En attendant, Le Larcin semble bien constituer la meilleure d'i-zimbra à ce jour. Lui-même a pu en douter, n'ayant pas le recul nécessaire, mais aussi parce qu'il a déjà mis la barre de son génie plus haut. Génie dont l'éclat actuel est encore appréhendable par tout amateur éminent.


Vers midi, Whacker, l'un des plus anciens membres de Bellettris, entre dans un cyber-café ; où il s'installe à son ordinateur habituel. Il commence à en tapoter le clavier à travers la fine housse anti-doigts gras, et manque s'étrangler avec la première bouchée de son croque-madame quand il voit de qui est la dernière nouvelle publiée. Sacrebleu ! Encore lui ? Mais comment fait-il pour être aussi productif... Whacker dévore en première lecture, boit en seconde. Ses yeux se mouillent. Que ne donnerait-il pas pour écrire comme i-zimbra... sa situation ? Oui, tout abandonner, et rester chez lui pour s'y mettre. Pour s'y mettre réellement, pas pour tergiverser et perdre encore des années à attendre que l'inspiration lui tombe dessus. C'est trop bête... ! alors qu'il sent, là, qu'il aurait été capable de l'écrire, ce Larcin. Tiens, c'est comme si i-zimbra le lui avait volé.

D'ailleurs il est cent pour cent d'accord avec Vrekner et suMac : exceptionnel !


C'est alors qu'il remarque une jeune femme à la table voisine, qui a fait tomber son mouchoir. Il le lui ramasse ; il est tout sale, et elle n'en a plus : il lui offre un des siens. Elle daigne sourire tendrement à son air hagard. C'est évident : il vient de trouver l'âme sœur. Ce n'est pas ce qu'il imaginait être l'amour fou. Non, d'ailleurs s'il bat la breloque en ce moment, ce n'est pas vraiment par un déchaînement de passion. Mais qu'est-ce que c'est donc, Whacker, si ça n'est pas de la passion ? En tout cas... en général, lorsqu'on croise son double, on change de trottoir (ce n'est jamais le double qui change de trottoir), mais on n'imagine pas croiser son double de l'autre sexe. Et en l'occurence Whacker ne songe pas du tout à fuir dans un autre espace-temps. Elle non plus. Bien au contraire.

Il lui propose de s'inscrire à bellettris.fr. Il faut lui choisir un pseudo, elle propose Thot. Tiens, pourquoi Thot ? Déjà qu'il vient de rencontrer son double... et elle veut s'appeler Mort en allemand. « Ben, c'est la divinité qui a inventé l'écriture... » Oui bon. Euh, qu'en ont fait les Grecs ? « C'est pas Hermès ? » fait l'adorable voix. C'est ça ! et c'est le patron des voleurs... « Oh bah je suis pas une voleuse ! » Non, bien sûr. Tu sais quoi, on va garder Marguerite, ça me plaît beaucoup.

Comment il sait son nom, mystère. Toujours est-il que Marguerite, nom réel ou pas, valide les champs obligatoires du formulaire d'inscription. Aussitôt après, elle est en train de lire Le Larcin, et en sort tout émoustillée. Sur ce, elle laisse son cœur s'épancher dans un commentaire enlevé ; mais ressent la note plafond comme un butoir mesquin barrant son élan passionné. Cependant l'heure tourne ; Whacker paye les deux consommations, avec un billet qu'il ne se souvient plus avoir mis en poche, et ils sortent. Ensemble. Il faut pourtant retourner à l'ennui des affaires. En se jurant une fois de plus que cette fois, il va changer de vie et cesser de se mentir.


On a rarement vu ça sur bellettris.fr. Mais ce n'est sans doute pas fini, on n'est qu'au début de l'après-midi. Il est 15 h à la montre d'EdAlPo. L'homme ainsi pseudo-nommé se trouve dans un taxi coincé dans les embouteillages pas très loin de la Madeleine. Il vient de faire entendre raison au chauffeur qui prétend qu'on étouffe : un vrai malade ! Autant brancher le pot d'échappement sur l'habitacle... EdAlPo est un peu las, mais ce n'est pas l'heure de dormir ; il a encore un client à voir avant de repasser au bureau. Ah il en a vendu des trucs pourris ! Depuis les cours de récréation, autant qu'il se souvienne. Et avec quel aplomb ! Même quand ils étaient poursuivis pour recel, ses clients ne songeaient pas à l'incriminer. Convaincus par sa bonne mine. Et maintenant qu'il est dans les assurances, que tout est parfaitement légal, maintenant il a presque honte. Qui est assuré contre le risque, à part sa compagnie ? C'est lui qui a tout pensé, mais bon, il ne va pas virer le patron. Toujours garder une bonne poire pour la soif.

EdAlPo se dit que c'est le moment d'essayer la nouvelle fonctionnalité de bellettris.fr : l'accès au site depuis un mobile. Il entreprend de configurer son nouveau joujou et de se connecter. Quitte à rester là une heure, de toute façon il refuse de finir à pied, même dix minutes dans cette pollution non merci... Fonctionnalité : il aurait aimé être une petite souris à l'Académie le jour où le mot a été soumis aux habits verts. Même aujourd'hui, lequel des quarante sait ce qu'est un stylo numérique ?... Mais je suis une bille aussi ou quoi ? Si ça pouvait marcher, ce truc, je participerais plus souvent à la vie du site.

Paf ! ça y est, ça roule... bravo au webmestre. Sur la page d'accueil, EdAlPo n'a pas le temps de s'extasier sur la prouesse technique, qu'il est saisi par un assemblage de lettres qui fonctionne depuis longtemps sur lui comme un idéogramme : i-zimbra égale émotion égale lire immédiatement. Égale même quarante et unième fauteuil. Accessoirement, il est interpellé par le titre, mais il a trop de respect pour l'écrivain pour penser qu'il n'aura rien à lui apprendre à lui, EdAlPo, de sa propre spécialité. Alors il lit. Au mot "Fin", il a l'impression que ses fesses viennent de reprendre contact avec la banquette du taxi. Alors il relit. Et tout doucement il se sent à nouveau monter, très haut au-dessus du trafic parisien.

Est-ce un effet hypnotique ? En tout cas, il n'a plus du tout envie de dormir. C'est comme si de lire la poièsis en prose d'un esprit supérieur avait métabolisé les substances hypnogènes qui s'accumulaient dans sa pauvre caboche. En langage non scientifique, il a retrouvé sa pêche d’enfer.

Gloire à toi, i-zimbra, psalmodie-t-il, et bien que détestant ce bel unanimisme à son sujet – qu'on ne me dise pas que tous ces gugusses sont capables de le comprendre comme je le comprends –, c'est sans aucun remords qu'il aligne son "Exceptionnel" sous les autres.

Le taxi a redémarré. Il reste quelques minutes, il en profite pour visiter quelques-uns des forums consacrés à cet auteur de notre temps. Et tombe sur ce post de 10-SI, qu'il avait oublié : « Pour apprendre le français à un petit Chinois, c'est simple : faites-lui lire la moitié d'une histoire d'i-zimbra dans sa langue natale, et il se débrouillera pour traduire le reste. » Comme c'est vrai...


De tous les pseudos inscrits à bellettris.fr, c'est sans doute 10-SI qui cache le plus grand fondu de la bagatelle. Pas spécialement réactionnaire, il regrette quand même l'avancée sociale qui a créé la semaine de cinq jours, car il aurait volontiers placé six cinq à sept dans la semaine. Les passer avec la femme de son patron, c'est ça l'avancée sociale ! « Et encore ça qu'il n'aura pas... » lui grogne-t-il en lui attrapant les chairs de partout.

À 18 h 30, il est comblé, elle aussi, mais elle allume quand même une cigarette – « La cigarette après l'amour ! c'est la seule qui me fait envie... » Il se dit qu'il faudrait écrire sur les boîtes de capotes que baiser provoque le cancer de la gorge. Il lui emprunte son portable et va s'installer au bout de leur nid d'amour. Tiens, si je lisais la nouvelle du jour... Le Larcin ? Titre prometteur. Moins toutefois que le nom de l'auteur. En l'apercevant, 10-SI se précipite sur le clic. Souvent, il aime aller à la rencontre d'un style, quitte à être déçu ; le style d'i-zimbra, il le connaît par cœur, mais c'est un peu comme Jeanne, il ne s'en lasse pas. Mais Jeanne, elle, pourrait se lasser. J'en ai assez de jouer des personnages, je divorce, dit-elle, et que les choses soient claires pour tout le monde !

Si ça pouvait être si simple, mon amour...

Pas comme l'histoire dans laquelle il est plongé. Après la seconde lecture, il consulte les évaluations bellettristes. Exceptionnel ? Non, la seule chose qui mériterait le qualificatif serait une transcription, même approximative, du temps délicieux que Jeanne et lui viennent de partager. Mais ça, ce n'est pas dans les cordes d'un i-zimbra. Certes il porte son idéal bien haut et avec beaucoup d'art, mais pas jusqu'au septième ciel. Ça non.

Sans ambages, il se fend d'une analyse critique d'une dizaine de lignes, et d'une appréciation. De toute façon, l'auteur connaît assez les humeurs de 10-SI pour apprécier la valeur de ce « Bien ».


Ce n'est qu'à 20 h 45 que Robbe-Rick prend connaissance du Larcin alors qu'il se trouve chez ses parents. Financièrement, Robbe-Rick est indépendant – il gagne même plus qu'eux depuis longtemps et il a son appartement –, mais il est resté papa-maman. Quoiqu'il manque rarement de venir dîner, il prend soin de toujours s'annoncer, et avant l'heure où il sait que sa mère commence à calculer ses ingrédients.

Robbe-Rick a pris une douche chez lui et s'est changé, puis il a sorti l'auto et est venu directement. Maman l'accueille toujours comme s'il revenait du camp d'ados (il relit parfois les fausses lettres d'amour qu'il s'était envoyées par la suite pour faire plaisir à son indiscrète mère) ; et Papa, comme s'il venait en permission (il avait aussi réussi à leur cacher qu'il avait été réformé à cause de ses bronches).

Il leur a raconté sa journée – comme d'habitude – et à l'issue du repas, ses parents se sont installés devant la télé car on rediffuse Ne nous fâchons pas ! Robbe-Rick leur a acheté un ordinateur, leur a appris à s'en servir... mais c'est l'heure du film. Il les laisserait bien maintenant, mais ça les rassure de savoir leur bon fils à côté, à un des meilleurs moments de leur journée.

Il a réveillé l'ordi et tapé son mot de passe sur le site où il publie ses petites histoires. Qu'est-ce qu'on va faire... accueillir un nouvel inscrit, moucher un troll, conseiller un débutant ? Quand soudain :

Du i-zimbra ! Si j'avais su, je me serais connecté plus tôt ! Ouaah ! (cette phrase paraît courte, mais elle est à considérer à l'échelle du texte en regard). C'est quinze fois qu'il le relirait si la télé passait Autant en emporte le vent. Mais son émotion a déjà épuisé la capacité de ses glandes lacrymales.

Bon, tous ces crétins, avec leurs commentaires minables, ne se sont du moins pas trompés dans leur évaluation : exceptionnel. Oui, c'est bien ce que ça mérite...


Oh ! mais ce truc m'inspire ! Foin du plagiat, j'entr'aperçois matière à créer quelque chose d'original. Et surtout de mon cru.


C'est sa mère qui le réveille (mais elle ne lui tend pas sa cuiller de sirop...) Des années que ce n'était arrivé. Il se revoit, encore collégien, dans son pyjama qui était devenu trop petit. Avant qu'il ne contracte cette agrypnie sévère. J'ai pas sommeil. Dors quand même poussin. Eh bien macache, si on n'a pas sommeil on n'a pas de sommeil. À partir de là, c'est lui qui réveillait ses parents le matin. Ça n'avait plus été pareil. C'était comme si on lui avait volé un petit peu de sa maman. En tout cas, on lui avait enlevé le droit de rêver.

Quand il avait été guéri, il était déjà un homme. Et un homme, ce n'est plus un enfant.

« Oh je ne dormais pas, Maman. Je réfléchissais. »


Il a pris un peu de retard. Rentré chez lui au mépris du code de la route, il passe une nuit terrible. Une véritable torture mentale infligée à soi-même.

Épargnons-nous-en les affres. Déjà, les premières lueurs d'une aurore beurre frais adoucissent l'éclat électrique de sa feuille de papier. La plume d'oie lui tombe de la main pour imprimer le point final. Il se sent cotonneux ; mais le résultat est là.

L'a-t-il vraiment fait ? Est-ce que ça fonctionne toujours ?

Il relit du début une millième fois, et se met à parler tout haut : « Bon Dieu, j'y suis encore arrivé. Il n'y a que moi qui puisse écrire comme ça... »


Fin


 
Inscrivez-vous pour commenter cette nouvelle sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Anonyme   
1/2/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Un texte très agréable. Le rythme est bon, l'histoire bien menée, enlevée et vive.
Mais à partir de Robbe-Rick il y a une sorte de délitement de la narration, assez désagréable, qui rend la fin un peu légère, bancale, sans conviction. C'est dommage parce qu'il y a une grosse baisse et l'histoire patie de celle-ci.
Et je trouve que la chute en contrepoint du début est un peu trop facile. C'est un grand classique, cependant ne connaissant pas la nouvelle dont est inspirée ce texte.

Bref, convaincu par cette histoire et la narration, mais pas par la fin.

Dommage.

   Anonyme   
4/2/2011
 a aimé ce texte 
Un peu
J’aime bien le début, je me dis cela va être croustillant, je vais sourire, voire rire, mais en fait pas vraiment.
Il y a une réelle maitrise de l’écriture, mais beaucoup d’abus de « ça » dans les premiers paragraphes surtout mais après aussi. Utilisation importante du verbe être également.
Exemple : « On a rarement vu ça sur bellettris.fr. Mais ce n'est sans doute pas fini, on n'est qu'au début de l'après-midi. Il est 15h à la montre d'EdAlPo »

J’apprécie les phrases très visuelles comme :« Whacker dévore en première lecture, boit en seconde. Ses yeux se mouillent.. ». Et comme celle-ci aussi : « Déjà, les premières lueurs d'une aurore beurre frais adoucissent l'éclat électrique de sa feuille de papier. »
Il y a beaucoup de personnages dans une nouvelle somme toute assez courte, et ces personnages se suivent et sont assez peu différenciés, ce qui entraine une réelle lassitude. C’est répétitif et cela manque de piquant. Sauf, peut être le dernier qui se démarque par sa relation particulière avec ses parents.
La chute est sans trop de surprise mais fait un clin d’œil au début.
Bonne continuation à l'auteur

   costic   
16/2/2011
 a aimé ce texte 
Bien
En tant que membre d’un site d’écriture frère jumeau de bellettris j’ai goûté avec plaisir cette description satirique qui sait parfaitement accentuer certains traits comiques des affiliés.
On découvre avec plaisir la variété incroyable des personnes qui gravitent dans la sphère de ce club très ouvert. Je ne peux mettre de véritables pseudos sur les pseudos authentiques (qui gardent encore une part de mystère pour moi). Mais les penchants et les travers me semblent bien caricaturés. Un moment agréable et drôle, écriture impeccable. On envie quand même un peu cette admirable plume magique qui sait mettre presque tout le monde d’accord.

   Perle-Hingaud   
17/2/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Je suis restée totalement en dehors de ce texte, par ailleurs bien écrit. Les nouvelles se référant au site sont finalement nombreuses, et sortir du déjà lu devient un réel pari…
Pour moi, ce pari n’est pas relevé. Je vais essayer d’expliquer pourquoi.

Je connais Matheson comme l’auteur de « Je suis une légende », c’est tout. Effectivement, je ne suis pas habituée au monde de la SF, donc je ne doute pas manquer de références. A présent, si trop de choses m’échappent, il y a peut être tout de même une question à se poser sur le propos de l’auteur : que veut-il dire dans ce texte ? comment s’y prend-t-il ?

Au fil de ma lecture :

- « En mai, mets ton cache-nez, pense-t-il. Et les travailleurs de nuit vont devoir mettre les bouchées doubles » : J’aimerais bien comprendre, je me sens bête sur ce coup là.

- « Ah je sens qu'ils vont l'adorer, celle-là. »

Celle-là ? je suppose qu’il parle d’une nouvelle, bien que ce terme ne soit jamais mentionné auparavant (l’auteur parle de son texte).

- « personne n'est tout blanc, lui le premier » : cette expression est certainement correcte, mais pour moi elle passe bizarrement à la lecture.

- quelques répétitions : « Et ce petit mot qu'il a joint à l'attention des petites mains / C'est le plus facile, il n'y a qu'à choisir la plus haute / Quoiqu'il manque rarement de venir dîner, il prend soin de toujours s'annoncer, et avant l'heure où il sait que sa mère commence à calculer ses ingrédients. Robbe-Rick a pris une douche chez lui et s'est changé, puis il a sorti l'auto et est venu directement. Maman l'accueille toujours comme s'il revenait du camp d'ados (il relit parfois les fausses lettres d'amour qu'il s'était envoyées par la suite pour faire plaisir à son indiscrète mère) ; et Papa, comme s'il venait en permission… « verbe venir.

- Ce paragraphe là :

« C'est évident : il vient de trouver l'âme sœur. Ce n'est pas ce qu'il imaginait être l'amour fou. Non, d'ailleurs s'il bat la breloque en ce moment, ce n'est pas vraiment par un déchaînement de passion. (…) Bien au contraire. »
Je ne le comprends pas. Je suppose qu’il se réfère à une nouvelle de Matheson ?

Sur le fond, j’ai vraiment eu du mal à lire jusqu’au bout. Quel est le propos de l’auteur ? Je suppose qu’Oniris n’est qu’un prétexte ? La lecture successive, la réception par des lecteurs clonés et pourtant ayant des sentiments différents (l’envie, l’admiration…) ? Une sorte de mise en abyme du texte ? (à ce sens, j’ai bien aimé la pirouette finale).

Pour moi, désolée, mais c’est plutôt plat. On a une succession de personnages falots (est-ce intentionnel ?), je ne vois aucune réelle intrigue, les actions sont trop identiques, les personnages ne sont pas suffisamment identifiés (sauf l’avant dernier, macho-man, qui sort un peu du lot).
Trop subtil pour moi ?
Par contre, je le répète, j’aime bien la pirouette finale.


En conclusion, une lecture très mitigée : une nouvelle bien écrite, mais je m’y suis ennuyée : ni l’intrigue, ni la structure du texte, ni le traitement du thème retenu n’ont su me séduire.

Mais je suis peut être passée à côté d’un truc génial, en ne relevant pas le second degré. J’avoue que je m’interroge… c’est déjà ça !

   Pascal31   
21/2/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Voici une nouvelle fort bien écrite (je n'ai tiqué que sur le "copié-collé", peu habitué à le voir ainsi orthographié). Cependant, j'ai eu beaucoup de mal à m'intéresser à l'histoire qui est truffée de références qui me parlent peu. Du coup, je suis resté simple spectateur sans m'investir dans le récit. Je vais tout de même évaluer favorablement pour la qualité de l'écriture.

   Pat   
21/2/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Citation :
Oh ! mais ce truc m'inspire ! Foin du plagiat, j'entr'aperçois matière à créer quelque chose d'original. Et surtout de mon cru.


Plusieurs interprétations, pour moi, sont possibles à partir de là. Le point de vue narratif est, en effet, indécidable : le saut de ligne laisse penser qu'il s'agit d'un narrateur extérieur (et non celui qui vient de s'exprimer (Robbe-Rick... Robbe grillet ?), de l'auteur du début (i-zimbra) ou d'un autre lecteur.
Et qu'est-ce qui l'inspire ? Le texte d'i-zimbra ou la manière dont il est reçu ? (la deuxième solution semble la plus probable à cause de la fin qui va induire l'idée de mise en abyme).

Le saut de ligne suivant vient encore brouiller les pistes : le même qui vient de s'exprimer ? Celui qui suit ?

De plus les deux derniers paragraphes sont-ils liés (pas sûr, même si on a tendance à le penser, malgré le saut de ligne).

Si on ajoute à cela le titre qui est d'une part, le même que celui dont on parle, d'autre part, renvoie à l'idée de plagiat...

On pourrait ainsi imaginer plusieurs choses :

- le narrateur extérieur qui s'exprime depuis le début s'implique là directement dans le récit et toute cette histoire qu'il relate lui donne l'idée d'écrire un texte qui commence par l'avant-dernier paragraphe en le développant (l'enfance d'i-zimbra, les raisons qui l'ont conduit à écrire). C'est la solution la plus simple qui reprend l'explicite du récit.

- c'est l'auteur (i-zimbra) qui, voyant comment son récit est reçu en refait un autre en position « méta » en quelque sorte. Là, on garde la temporalité du récit. Mais le terme « plagiat » est troublant dans cette interprétation d'où l'idée qu'il pourrait s'agir d'un autre lecteur/auteur (Mais contrairement aux autres paragraphes, il n'est pas nommé, il reste anonyme (ce qui rajoute à la difficulté de savoir de qui il s'agit).

- Le narrateur est celui de la fin et tout le début n'est que le résultat de ses insomnies, avec la boucle qui est bouclée (la fin qui reprend le début)... ce qui donne l'impression d'une histoire sans fin qui pourrait éventuellement acquérir de ce fait une valeur généraliste (ce qui rejoint le concept d'intertextualité et donne au « larcin » une place de choix).

Il y a sans doute plusieurs autres interprétations possibles (j'ai la flemme de me creuser le citron). Peut-être que ma logique tourne à vide. Je n'élimine pas la possibilité d'avoir squizzé des indices qui m'auraient donné la solution. À moins que l'auteur ait cherché à brouiller les pistes afin de laisser le lecteur faire ses choix.

Bref, je sèche... Ceci dit, ça ne me gêne pas plus que ça (Les récits des deux paragraphes en question se suffisent à eux-mêmes). J'aime assez les constructions narratives complexes qui embrouillent notre sens de la chronologie et ouvrent des perspectives, du coup (la mise en abyme qui est proposée là me plaît beaucoup). À condition que ce soit volontaire, bien sûr. C'est un postulat que j'ai posé d'emblée. J'espère que celui-là est juste (sinon, mes élucubrations ne relèveraient que d'une construction délirante paranoïaque...). Je m'appuie, bien sûr, sur ce que je sais (ou crois savoir) de l'auteur et de ses autres récits, jamais abordables d'emblée avec une lecture superficielle.

Ce qui est quelque peu troublant, mais agréable, c'est la simplicité du début, surtout si on a quelques clefs comme moi. Ça fourmille de sous-entendus simples à appréhender qui ne sont pas indispensables pour les non-initiés et donc accessibles. Même si moi j'ai rigolé en lisant certains passages qui m'ont rappelé beaucoup de choses. C'est à la fois un récit qui reprend des éléments auto et biographiques du passage de l'auteur sur Oniris, notamment en centrale, sans compter certaines idées sur ce qui passe régulièrement sur le site, avec des exagérations réjouissantes.

L'humour est très présent, même si j'imagine qu'il peut ne pas être la tasse de thé de tout le monde (ça peut en égratigner quelques-uns). Pour moi, c'est très fin, malgré (et sans doute à cause de) l'apparence d'exagération qui me paraît décalée avec l'expression habituelle de l'auteur (ce qu'on peut percevoir de sa personnalité sur le site... et qui est biaisée, bien sûr...). Les allusions aux auteurs de SF ne me sont pas toutes familières (j'ai pas tout lu), mais j'imagine aisément qu'ils n'ont pas été mis là par hasard.

L'écriture est beaucoup moins soutenue que d'habitude, même si i-zimbra n'a pu s'empêcher de coller çà et là quelques comparaisons inhabituelles (dans les couleurs, par exemple) mais elle reste pour moi tout à fait maîtrisée et adaptée au récit. La manière dont il a construit cette histoire m'a rappelé Amélie Poulain (tout le début). J'aime beaucoup ces tranches de vie qu'on découvre à l'occasion de la mise en scène de chaque personnage. C'est un peu comme si on découvrait des éléments de l'irl de chaque Onirien (même si ça reste fictif et tracé à grands traits). Du coup, j'aurais aimé plus de personnages...

Le fait de mettre son pseudo au centre de la narration est à la fois courageux et protecteur : on peut percevoir ça comme une mise en avant égotique, comme une autodérision exagérée ou comme un moyen à valeur d'exemplarité (ce qui n'est pas forcément incompatible, d'ailleurs). Ça reste un pseudo, de toute façon. Le risque est limité.

En tout cas, j'ai passé un bon moment sur ce texte, même si mon addiction à la correctine n'y a pas trouvé son compte et que je n'ai pas pu mettre ce com en premier... tel ce Vrekner assez bien croqué. Des titres calligraphiés la prochaine fois ? Faute d'enluminures...

   Lunar-K   
21/2/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J'ai trouvé les différents protagonistes de bellettris.fr trop peu détaillés pour pouvoir en apprécier la succession. Trop peu de changement, les mêmes éléments se retrouvant presque invariablement dans chacun des points de vue.
Heureusement, c'est bien écrit. Quelques phrases et expressions originales, d'autres drôles ("un ciel en cuisse de nymphe", "Whacker dévore en première lecture, boit en seconde", "Il se dit qu'il faudrait écrire sur les boîtes de capotes que baiser provoque le cancer de la gorge",...).
Le dernier paragraphe est assez ambigu. Ce qui, à vrai dire, n'est pas particulièrement dérangeant, au contraire ! Reviens-t-on à i-zimbra ou sommes-nous encore à Robbe-Rick ? C'est loin d'être clair. Personnellement je préfère la seconde lecture, il me semble qu'elle rehausse un peu l'intérêt de cette nouvelle en illustrant l'influence mutuelle (non le plagiat) des auteurs entre eux. Et puis, en la lisant de la sorte, la fin de la nouvelle parait moins déplacée, plus dans la continuité de ce qui a été dis auparavant.
Une bonne nouvelle... sans plus.

   widjet   
21/2/2011
Une brève introduction s’avère nécessaire avant de parler du Larcin .

Les textes de « i-Zimbra » se méritent. Ce n’est rien de le dire. Avant de s’y lancer, il faut être en triple bonne condition (physique, intellectuelle et culturelle). Pour ma part, j’en ai pris mon parti : je ne suis pas apte car même s’il m’arrive de remplir les deux premières conditions, la troisième m’est – pour faire un clin d’œil à l’auteur – « hors de portée ». C’est pour cela qu’attristé et même un peu amer (ce n’est jamais agréable de se retrouver face à ses lacunes), j’ai volontairement cessé de lire des textes de i-zimbra.

Donc, quand j’ai vu que le bougre avait posté un nouvel opus, forcément je me suis dit déçu (car déjà (con)vaincu par mon incapacité personnelle à répondre favorablement à ce challenge) « Fais chier, je vais encore rien piger et être humilié ». Et puis, poussé par un désir masochiste, je me suis lancé car quoiqu’on en dise, des auteurs qui vous secouent les neurones, vous filent des complexes et parfois vous exaspèrent, bah c’est hyper rares sur notre site adoré et ça change du pré-mâché. Oui, je préfère de loin qu’on me surestime que le contraire. Même si ça fait bobo à l'égo à l'arrivée.

Bref, j’ai lu. Avec mes armes. Donc, j'ai mal lu.

Certes, il demeure évident qu’il me manque beaucoup de paramètres pour appréhender ce texte aux allures de « private-joke ». Il faut sinon connaitre l’auteur l’avoir côtoyé un peu pour comprendre son mode de fonctionnement voire même connaitre quelques épisodes de son existence (je ne sais pas, j’ai eu l’impression aussi de « vécu » sur certains passages) et sans doute son humour caustique même si j’ai apprécié quelques traits d’esprit (« il a l'impression que ses fesses viennent de reprendre contact avec la banquette du taxi »), moins d’autres (« Il se dit qu'il faudrait écrire sur les boîtes de capotes que baiser provoque le cancer de la gorge ») et salué quelques inventivités (couleur ciel de nymphe, aurore beurre frais). Néanmoins, même si je ne peux appréhender les plusieurs niveaux de lectures (on pourrait remplacer bellelettris.fr par oniris.be et les pseudos par certains d’entre nous !) et si je suis sans doute passé à côté de pleins de choses, je demeure soulagé sur un point : le texte demeure dans sa forme beaucoup plus accessible au regard des autres œuvres de l’auteur (même s’il ne peut s’empêcher quelques rechutes élitistes : « substances hypnogènes », « agrypnie »…). C’est déjà ça.

Je n’ai pas été particulièrement séduit par les digressions sur la vie quotidienne des personnages, pas toujours follement stimulantes, mais là aussi, je plaide coupable, peut-être me manque t-il là aussi des pièces dans le puzzle. Il y a tout de même une autodérision évidente avec cette vénération collégiale (et le clin d’œil à l’auteur de « Je suis une légende » et de « l’homme qui rétrécit », amusant ce contraste par ailleurs n’est pas anodin, je crois) et l’art de se mettre en scène et de rire de soi. C’est un procédé que j’affectionne.

Pour la réflexion sur les affres de la Création littéraire (et ses imposteurs), je laisse à d'autres le soin de creuser cette plongée en abyme (il est tard).

Je pourrais ajouter deux trois trucs, mais qui resterait platoniques et d’un intérêt relatif, un texte écrit de la plume (d’oie ou pas) d’auteur comme i-zimbra exige, il me semble, des commentaires moins « passe-partout » (je précise ne pas faire preuve d’ironie en disant cela). Désolé de ne pouvoir offrir plus.

Pour résumer : je n’ai ni adoré ni détesté. Un poil ennuyé, peut-être. Mais je ne regrette pas ma lecture. Et je me garderai bien d’évaluer.

Mais la vraie bonne nouvelle pour ma part est celle-ci : j’ai de nouveau envie – avec une appréhension certaine, cependant – de me frotter à nouveau aux textes de l’auteur.

Merci, donc.

W

   victhis0   
22/2/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
que de fausse modestie devant ce machin nombriliste ; j'y lis, moi, plus de dépit que d'humour, plus d'auto flatterie qu'il n'y parait malgré le sourire "obligatoire" qu'il diffuse. C'est qu'il en voudrait tellement des "exceptionnel+" finalement...
Rien à redire en revanche sur la forme, un très beau style, une belle maîtrise de la langue qui m'a fait tenir jusqu'au bout. J'aurais, je crois, décroché assez rapidement sans celà, peu gourmand des auteurs qui parlent d'eux même.

   Anonyme   
22/2/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai bien aimé ce texte dans lequel on trouve une plume comme celle des très bons journalistes. Avec de la précision, de la distance, un regard particulier, une sorte de patte. Beaucoup d'humour et un regard amusant sur le cyber monde qui fait mine d'appuyer sur un point précis et appuie en vérité sur le virtuel.

Un texte très sympathique et qui sort de l'ordinaire.

   alpy   
22/2/2011
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour i-zimbra,

Je n'ai lu Matheson donc j'ai peut-être raté les clins d'oeil qui auraient fait la différence.

Sans cette référence en tête, je n'ai pas accroché sur ce texte très bien écrit mais auquel je n'ai trouvé d'intérêt. J'ai eu du mal à ébaucher un sourire et je suis désolé de ne pas pouvoir donner la qualification à laquelle l'auteur semble si habitué et que sans doute mérite.

Bonne continuation,

Alpy

   Coline-Dé   
23/2/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Plus qu'à Matheson, ce texte m'a fait penser à P. K Dick. Et à Houellebecq, un peu... Et à ... mais qu'est-ce que c'est que ce texte !?
Bon, je n'avais pas lu i-Zimbra, jusqu'ici, c'est bien fait pour moi si je manque de culture !
J'ai essayé de le secouer, il en est tombé quelques perles, j'ai rigolé, mais j'ai pas pu l'essorer...
Finalement j'ai aimé, trouvé ça réjouissant, insolent, p'têt même provocateur, je me dis que j'ai pas compris le quart mais comme j'aime assez ce qui titille...
Ah, et merci d'avoir enrichi mon vocabulaire : agrypnie me plaît beaucoup.
Je vais de ce pas me cultiver !

   Anonyme   
25/2/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Côté forme.
Style très agréable à lire, fluide, ça glisse tout seul malgré quelques formulations un peu moins heureuse. Bref la forme est très bien, j'aime beaucoup.

Côté fond.
Je ne suis pas fan du self-insert. Pourquoi devenir le propre personnage de son histoire?... à par pour flatter son égo... (ça me fait penser au dernier Houellebecq, où l'auteur devient personnage et commence par se qualifier d'écrivain génial... ça m'a fait immédiatement lâcher le livre) Je reste un peu à la recherche du second degrés car le texte (en dehors de la plume d'oie) reste très sérieux. J'ai eu l'impression de lire le fantasme de l'auteur, d'assister à une sorte d'onanisme intellectuel.
En ce qui est des lecteurs que l'on croise. Ils sont tous un peu pareil, déjà tous masculin, tous dans la vie active, tous citadin, tous avec le même type de psychologie, on a un peu l'impression de lire plusieurs fois la même chose et donc arrivée au dernier, bha, je me suis un peu ennuyé.
Par contre j'ai aimé la dernière phrase qui renvoie au début (même si c'est un procédé classique)
:)

   toc-art   
1/3/2011
Bonjour,

ce texte est bien écrit, la succession des personnages qui se bousculent pour savourer l'oeuvre du maître et apporter leur petite pierre à l'édifice dédié à son adoration en méprisant au passage le caillou des autres m'a fait penser à un dessin de Dubout. Et cette image-là me plait assez, qui croque la mesquinerie nichée en chacun de nous.

Pour le reste, en dépit d'une fin énigmatique à souhait (pour moi) que j'aime assez, j'ai trouvé le texte répétitif dans sa structure avec sa galerie de portraits finalement tous très ressemblants dans leur adoration commune.

j'ai tiré comme conclusion de ce récit que l'originalité si prisée par certains n'était jamais qu'une réminiscence d'un concept déjà imaginé par un autre et que toute oeuvre affichant son originalité n'était qu'une imposture, l'art en général et la littérature en particulier n'étant jamais que recommencement. Ma conclusion est sans doute ridicule et je m'en vais consulter le forum de l'auteur pour voir ce qu'il en est.

bonne continuation

   Togna   
3/3/2011
Étendu lascivement sur le sable fin de la plage de La Baule, je contemple l’océan. Mais la mer d’un calme bleu, désespérante de platitude, me lasse. Pris soudain d’un désir frénétique de connaître l’actualité d’Oniris, je sors mon mobile. Saleté d’engin ! Son ergonomie n’est pas appropriée pour les vieillards égrotants et cacochymes ! Ah ! Voilà… qu’elles sont les nouvelles ? Oh ! La vache ! Une nouvelle d’I-zimbra ! Je ne peux pas la lire sur cet écran lilliputien. Il doit bien y avoir un an que, pour diverses raisons, je n’ai pas lu une nouvelle… mais pour le maître, le grand I-zimbra, je ne peux m’y soustraire. Je rentre chez moi, je me précipite sur mon écran géant. Depuis « Le roi des zones » et « Patsy », je suis en manque… je lis « Le larcin » avidement et… comme pour tes nouvelles précédentes je relis, mais celle-ci une seule fois seulement.

Bon, d’autres commentateurs ont fait le boulot, et j’en suis bien content parce que si te commenter oblige à se creuser agréablement le citron, c’est assez harassant pour « un plumitif sur le retour » ! Je te dirais simplement que j’ai tout de même apprécié ton maniement de l’humour dans l’ironie et le second degré, mais que je te préfère dans les genres policier et historique. Et dieu que cela doit-être épuisant pour un auteur d’être confronté à la fatalité de bien écrire…

   i-zimbra   
5/3/2011

   David   
6/3/2011
 a aimé ce texte 
Passionnément
Enfoiré,

J'ai attendu pour relire mais je crois que c'est là.

Lever du soleil : Vrekner se connecte sous son compte "i-zimbra" pour poster "Le larcin" sur Belletris.fr

LDS + 1/2 heures : Vreckner, sans que le pseudo soit cité, se connecte sur un compte de correcteur sur Belletris.fr, pour corriger aussitôt "Le larcin" et se coller un bel "Exceptionnel".

10 h : Vreckner se reconnecte sous son compte "suMac" pour se coller un "Exceptionnel"

"Vers midi" : Whacker, sans doute le premier pseudo de Vreckner, se connecte sur ce nouveau compte pour se coller un "Exceptionnel" à nouveau.

15 h : Vreckner se connecte sous un autre pseudo "EdAlPo" pour coller un autre "Exceptionnel" à son "Larcin"

18h30 : Vreckner se connecte sous le pseudo "10-SI" sur Belletris.fr pour mettre un "Bien" à "sa" nouvelle "Le larcin".

20h45 : Robbe-Rick Vreckner se connecte sur Belletris.fr, le pseudo n'est pas cité, lit "Le larcin" mais ne commente ni n'évalue, il part pour écrire sa nouvelle du lendemain... gonflé à bloc !


C'est la mise en scène de la folie qui me semble le plus intéressant à lire. le sens de la science fiction aussi, ou du fantastique, imaginé je crois, entre autres, à partir de la vie des forum littéraire où les histoires de double-pseudo et d'auto-congratulation courrent assez souvent, et là c'est démultiplié, il y a aussi beaucoup d'humanité pour décrire avec autant de brio des personnalités multiples mais pourtant issu d'un même personnage, si je ne me trompe...

Puisqu'il n'y a que ce moyen pour en avoir une autre, d'histoire d'i-zimbra, et aussi parce que ça m'a fait lire et relire, quelques temps après, ça fait gouter cet effet d'infusion propre au récit qui font plaisir, je le sélectionne dans le menu déroulant, le mot magique, bravo.

   socque   
15/3/2011
Outre le côté private joke qui a tendance à m'agacer, je trouve dommage qu'il n'y ait pas de mouvement dans le texte, pas de progression : un texte de i-zimbra déboule et chacun s'extasie. Point. Le second degré et la mise en abyme me paraissent ici des excuses faciles pour permettre à l'auteur i-zimbra de chanter les louanges de l'auteur i-zimbra... Je n'ai pas ri, pas souri.
Sinon, le texte coule naturellement, mais le désintérêt est vite né pour moi à cause, je le répète, du côté répétitif des anecdotes.

Une remarque :
"mets ton cache-nez, pense-t-il. Et les travailleurs de nuit vont devoir mettre" ; je trouve que la répétition se voit.


Oniris Copyright © 2007-2019