Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Humour/Détente
in-flight : Le censeur sangsue
 Publié le 25/01/18  -  16 commentaires  -  2919 caractères  -  154 lectures    Autres textes du même auteur

Aujourd'hui, chaque mot doit être pesé.


Le censeur sangsue


Ce dimanche-là, un homme de solide stature s'apprêtait à quitter son domicile...


– Halte-là !

– Quoi donc ?

– Je suis le censeur sangsue et je censure sans sommation. Je déclare ce texte discriminant.

– Comment ça ?

– « Homme » ? Et pourquoi pas une femme. Il n'y a quasiment aucune femme dans vos écrits. Du moins, leur rôle est toujours secondaire.

– M’enfin !

– Vous osez contester ? Cela ferait 3500 € selon le code pénal.

– Juste à cause de...

– Vous ne voulez pas vous soumettre à la loi ? J'ajoute 2000 € pour outrage à magistrat.

– Vous n'êtes pas magistrat.

– Je pourrais le devenir si vous continuez ! Bien, cet homme est blanc je suppose ?

– Je ne sais pas, je ne me suis pas posé la question.

– Blanc donc. Et la diversité ethnique de notre pays ? Ça vous passe au-dessus ?

– La diversité ethnique ? Mais je vous dis que...

– Chut ! On se tait et on corrige son texte.

– Bon...


Ce dimanche-là, une métissée de père chinois et de mère noire – une Chinoire par le fait – de solide stature s'apprêtait à quitter son domicile...


– C'est mieux. Il y a quand même ce « solide stature » qui me gêne. Vous ne pensez jamais aux gens frêles ? Aux plus faibles ? Ça vous passe au-dessus également ? Vous êtes un darwinien zélé, ardent défenseur de la sélection naturelle ? Favorable à l'eugénisme peut-être ?

– Non, je veux bien faire ce personnage gringalet.

– Eh bien faites donc !


Ce dimanche-là, une métissée de père chinois et de mère noire – une Chinoire par le fait – à la maigreur prononcée s'apprêtait à quitter son domicile...


– Opopop !

– Oui ?

– Dimanche ?

– Oui...

– Qu'avez-vous avec dimanche ? Cette Chinoire va aller travailler dans un magasin de bricolage ou un supermarché et la suite du texte ne sera que revendications salariales ? Ou bien est-ce une tentative prosélyte qui vante une célébration religieuse dominicale ?

– Comme vous voudrez...


Un jour comme un autre, une femme métissée de père chinois et de mère noire – une Chinoire par le fait – à la maigreur prononcée s'apprêtait à quitter son domicile...


– Je ne sais pas, je trouve que mon texte a perdu en style.

– Oui, mais il rentre dans les cases.

– Je pense que je vais reprendre ce récit un peu plus tard, je préfère commencer une autre histoire.

– Quel en sera le thème, s'il vous plaît ?

– Oh... Des lapins et des écureuils qui jouent aux cartes au milieu d'une forêt.

– Très bien, c'est plus sobre : nous avons là des représentants de l'espèce des léporidés et des rongeurs grimpeurs. Veillez toutefois à ajouter des oiseaux pour satisfaire les ornithologues et mettez donc quelques reptiles pour ne pas faire désordre. N'oubliez pas que le lobby des fabricants de cartes à jouer... Mais où allez-vous ?

– Dehors, j'ai besoin de prendre l'air.

– En forêt ? Pour l'inspiration ?

– Oui c'est ça... En forêt.

– Ah, ces auteurs, libres comme l'air !



 
Inscrivez-vous pour commenter cette nouvelle sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Tadiou   
1/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien
(Lu et commenté en EL)

Petit jeu formel de style et de manipulation des mots.

Avec un petit arrière–fond d’analyse sociale, un peu politique.

Beaucoup d’humour discret.

C’est primesautier avec un brin d’élégance, c’est délicat ; cela me semble sans prétention et cela me fait sourire doucement.

L’écriture est bien ciselée ; et évidemment, chaque mot est bien choisi comme l’indique l’incipit.

Ce fut court et ce fut un moment agréable. Merci donc et à vous relire.

Tadiou

   GillesP   
5/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Plaisant, ce petit texte sur le politiquement correct. La forme est plutôt réussie et le fond me parle, par les temps qui courent.
Un bon moment de détente pour moi.
Voilà, je n'ai pas grand-chose de plus à dire de cette nouvelle. Je pense que l'auteur l'a écrite sans prétention, comme une récréation. Et ça a fonctionné pour moi.
GillesP

   Asrya   
5/1/2018
 a aimé ce texte 
Pas ↑
J'aime bien l'idée, mais à mon sens le texte n'est pas suffisamment développé pour que le germe prenne complètement. Il manque une solide attache, des racines, de quoi prélever la sève d'un ou deux lecteurs et de les emmener sur une longue voie pleine d'humour et de censure.
Je n'en ai pas eu assez.

Au final, c'est une ébauche de travail qui pourrait être davantage poussée, plus aboutie et qui emmènerai réellement le lecteur dans une réflexion mêlée à un humour mordant.

C'est bien écrit dans l'ensemble, un peu trop téléphone parfois ; ce genre de texte n'est pas évident car il repose sur un exercice de style. Si l'exercice n'est pas suffisamment amené avec subtilité, le lecteur risque de s'ennuyer ou de trouver l'ensemble trop "exercice".

Il y a matière à produire un excellent texte.
Mais tel quel, cela reste un projet pour moi.

Merci pour la lecture,
Au plaisir de vous lire à nouveau,
Asrya.

   Louison   
6/1/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
J'ai trouvé ce texte amusant, mais il me manque quelque chose, le contexte peut-être...

J'ai le sentiment d'arriver trop vite dans l'histoire sans savoir qui est ce censeur, où sommes nous? Est-ce un rêve? Je suis un peu perdue, même si je comprends (me semble t-il) l'intention de montrer que tout doit rentrer dans des cases.

Une autre fois le plaisir de vous lire.

   Eccar   
8/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
Sympathique, cette petite fantaisie ! Je me suis amusé à la lire, et d'autant qu'elle est courte. Plus aurait peut-être été un peu lourd. Donc parfait pour la longueur.
Le titre est très approprié.
L'idée est bien dans l'air du temps, de notre époque du "fait pas ci, fait pas ça", infernale pour moi qui vient d'une vieille décennie où les mœurs semblaient déjà bien peu permissives.
On sent bien l'exaspération de l'auteur, et cette perte de son style, après le passage de la censure.
La chute est juste ce qu'il faut.
Et de plus c'est très bien écrit. Remarquable.
Bravo donc pour cette petite histoire qui donne un sourire un peu jaune, quand on sait qu'elle reflète un chouia la réalité.
A vous relire avec plaisir.

Eccar

   Bidis   
25/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Voilà un texte bien dans l'air du temps et qui m'a fait beaucoup rire. Tant l'on a besoin de se libérer de tous ces nouveaux carcans...
Moi je dis "Bravo In-flight !"

   Jmeri   
26/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'adore.
C'est court, incisif, original et plein d'humour.
un comprimé de bonne humeur.
Merci.

   jfmoods   
27/1/2018
In-flight poursuit l'exploration de son thème de prédilection : la domination.

Ce texte, au titre particulièrement évocateur ("Le censeur sangsue"), propose une réflexion intéressante sur un phénomène inquiétant. La censure, qui enkyste la société contemporaine au nom de la bien-pensance, du sacro-saint égalitarisme, se généralise, conduisant à l'auto-censure. Le sexe, la couleur de peau, l'aspect physique, le monde du travail, la religion ne constituent que les points d'appui saillants de cette idéologie mortifère.

Il était évidemment tentant de pousser cette logique jusqu'à l'absurde avec l'exemple des animaux.

"à la maigreur prononcée"

Vous rigolez ? Rayez-moi ça tout de suite ! Quelle honte ! Pousser à l'anorexie notre belle jeunesse !

Merci pour ce partage !

   Mokhtar   
27/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Comme je vous envie de pouvoir traiter ici, de façon légère et humoristique, cette gangrène du « politiquement correct » qui nous ronge les ailes.
Sous prétexte de causes justes, on voit s’ériger des grands prêtres autoproclamés de la bienpensance qui dictent la morale. Et qui stérilisent débats et développements de la pensée jusqu’à tellement irriter qu’ils deviennent contre-productifs. Le tout véhiculé par des médias prolifiques, en mal de grain à moudre, qui s’accrochent comme des… « sangsues»à tout ce qui peut créer le buzz. Et qui parviennent à contraindre sous la pression les instances politiques à réglementer et légiférer dans l’urgence dans le sens du vent.
Votre déclinaison de cette phrase « sulfureuse » est habile, humoristique, et à peine caricaturale. Et votre composition est très réussie.
Et encore : vous avez limité votre champ d’investigation.
Vous auriez pu évoquer les ardeurs récentes des pourfendeurs de la séduction. Oui, Oniris est en danger. Car il n’est pas loin le temps où le poète devra présenter des excuses publiques pour avoir osé…taquiné la muse.

   plumette   
28/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour In-flight

Le titre est accrocheur, particulièrement illustratif de ce petit texte divertissant.
Ce n'est pas si facile de faire sourire ou rire tout en traitant un sujet sérieux, auquel les oniriens,amoureux des mots, ne peuvent qu'être particulièrement sensibles.
Le texte est très efficace, quoique un peu court !

Merci pour la lecture

Plumette

   Cat   
29/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour In-flight,

Un texte court, trop court mais qui fait tellement de bien ! Déjà le titre, c'est un régal.

Cette dénonciation de la folie qui gagne notre société a le mérite de me dire que je ne suis pas la seule sur Terre à penser que trop, c'est trop ! A trop vouloir se protéger de n'importe quoi, on va perdre la tête et y laisser nos plus belles plumes.

Fais pas ci, fais pas ça...

Qu'on se le dise, la dictature guette à tous les coins de rue.
Et vive l'humour !

Merci de l'avoir si bien dit.

Cat

   in-flight   
29/1/2018

   aldenor   
30/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Un texte amusant qui stigmatise le souci d’uniformiser, de ne pas froisser, qui se développe dans la société.
L’autre jour je parlais à quelqu’un d’un « asile de vieillards ». Il m’a regardé de travers ; il n’avait plus entendu cette expression depuis des lustres : « Attention, ca ne se dit plus... ».
Alors en effet, viendra le jour où il faudra avoir autant de personnages féminins que masculins dans une nouvelle. Sans spécificité ethnique : « chinoires » quelle trouvaille !
Et que le souci d’égalité s’étende aux jours de la semaine, voici une autre délectable trouvaille.
Bref, j’adhère à l’intention.
Mais il me semble qu’on pourrait exploiter davantage le thème.

« Il n'y a quasiment aucune femme dans vos écrits. Du moins, leur rôle est toujours secondaire. » : Il vaudrait mieux se cantonner au texte lui-même.
« Bien, cet homme est blanc je suppose ?
– Je ne sais pas, je ne me suis pas posé la question.
– Blanc donc. » : Supposition un peu cavalière qui introduit assez gauchement le thème ethnique.
Ensuite, le censeur devrait aussi bien objecter au fait que le personnage soit femme qu’homme. Sur la lancée de la « chinoire », vous pourriez combiner les genres pour atteindre l’équilibre voulu : un/une hermaphrodite, blancochinoir/e, de moyenne stature....
La conclusion animalière est réjouissante.

   issanka   
2/2/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Nous vivons dans une communauté où il ne faut vexer personne sous peine de plaintes ou même de manifestation, ce texte bref, mais concret met en avant le politiquement correct. J'ai bien aimé la petite pointe d'humour qui souligne le tout avec légèreté. Merci pour cet agréable petit moment

   DenisFC   
5/3/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un texte sympa avec une bonne ligne directrice. Assez simple en écriture mais ça fait le travail et ça se lit bien.

   Donaldo75   
9/3/2018
Bonjour in-flight,

J'avoue avoir lu ce texte il y a quelques temps en espace lecture et avoir préféré ne pas le commenter à l'époque parce que mon avis était mitigé. Je me suis quand même remis à le lire pour voir si la situation, mon ressenti de lecture, avait évolué.

Eh bien, non.

J'aime bien le début, assez caustique, pas mal vu même si je ne partage pas le fond. Ensuite, et c'est le propre de l'humour qui ne plait pas de la même façon à tout le monde, je trouve le ressort du dialogue détendu, déjà fatigué, poussif sur la fin.

Quant à la dernière phrase du dialogue, chacun sa préférence en humour. Je l'ai trouvée un peu jaunie, du genre les jeux de mots de mon oncle, un instituteur élevé dans la tradition de l'humour flaubertien.

Merci pour la lecture.

Don


Oniris Copyright © 2007-2018