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Réalisme/Historique
JPDESGRANGE : Au service de la France
 Publié le 06/03/12  -  11 commentaires  -  11427 caractères  -  64 lectures    Autres textes du même auteur

Dans un avion revenant du Biafra, un militaire doute.


Au service de la France


Janvier 1970, un avion DC-4 sans immatriculation et tous feux éteints se rapproche de la côte du Biafra. Depuis deux heures, il est parti de Libreville pour un voyage incertain. Dans la cabine de pilotage, l’équipage est silencieux, tendu. Pas de grésillements habituels, la radio est coupée, on n’entend que le bruit des moteurs. Le commandant et son copilote scrutent la nuit africaine. Derrière eux, un homme fait des triangulations sur une carte avec un compas en s’aidant d’une mystérieuse balise et se penche à l’oreille du pilote pour donner des corrections de cap successives. Le territoire des rebelles s’est tellement réduit que les aviateurs craignent de le contourner dans l’obscurité.


Le commandant de bord s’interroge sur les risques pris, sur l’utilité de ce dernier vol. Au Gabon, les organisateurs français lui ont assuré que ce n’était qu’une évacuation humanitaire, sans cargaison ni temps perdu en manutention. Ils affirmaient que les troupes fédérales n’avaient pas progressé dans la journée, que le balisage d’atterrissage était assuré et que les enveloppes de dollars données en bout de piste avant le départ seraient doublées.


Derrière, la cabine est équipée pour du fret, sans garnissage, ni sièges. Des courroies destinées aux arrimages pendent des flancs du fuselage. Des matelas sales et tachés de sang sont empilés à l’avant et à l’arrière.


Dans la carlingue de l’avion, l’atmosphère est encore plus lourde. Les quatre convoyeurs habituels qui accompagnent les vols ont vu apparaître un cinquième homme qui leur était inconnu. Loin de l’allure des rares journalistes qui faisaient quelquefois le voyage, l’individu sent le militaire. La conversation avant le décollage a tourné court :


— On se connaît ? avait demandé l’un des trois.

— Non, je viens en renfort, avait simplement répondu l’autre.

— C’est bizarre, on ne fait que de l’embarquement ?

— Ce sont les directives, avait conclu le nouveau venu en tournant les talons.


Son interlocuteur avait eu le temps de voir que l’homme portait sous sa veste, accroché à une sangle, un mini pistolet mitrailleur israélien.


Après cet échange, le nouveau venu s’est allongé sur un matelas fétide, au fond de l’avion. Il se remémore les ordres reçus le matin dans une villa occupée par des agents des services spéciaux français. Autour d’une table, cinq personnes, dont un colonel et un commandant de son service en uniforme et trois autres en civil qu’il ne connaissait pas. Le chef d’agence lui avait dit d’un ton qui se voulait solennel :


— Adjudant Fournier, vous partez ce soir pour le Biafra, dans le dernier vol qui atterrira chez les Ibos. Toutes les personnes présentes sur le tarmac peuvent monter dans l’avion, les malades, les bonnes sœurs, les mercenaires occidentaux et les officiers biafrais s’ils restent discrets. Un seul individu ne doit pas prendre l’avion, c’est ce type-là.

L’officier lui avait tendu une photo sur laquelle on voyait un jeune Occidental, presque un adolescent, au visage maigre et fatigué. Le cliché était pris en plongée depuis la porte d’un avion. Le sujet souriait, faisant un signe de la main, vêtu d’une chemise kaki sale et trempée de sueur.


— C’est un mercenaire ? avait demandé l’adjudant.

— Pas exactement, c’est plutôt un illuminé, mais il peut être armé. Il s’occupe de la piste et du balisage. Le bonhomme s’appelle François Mathey, c’est un Français qui peut nous amener des ennuis. Il a pris trop à cœur la cause des sécessionnistes. Il clame partout qu’il montrera à la face du monde que la France n’a pas tenu ses engagements, qu’il dispose de preuves de l’implication de Paris. Il a déjà l’oreille des journalistes qu’il fournit en photos lors des navettes des avions. Il ne doit pas quitter le réduit.


— C’est la mort assurée, s’exclame le militaire.


Un petit homme en civil d’une soixantaine d’années prend la parole. Il fixe l’adjudant d’un regard perçant et lui confirme d’un ton sans réplique :


— Je représente l’État et je vous répète l’ordre de vos supérieurs. En aucun cas, l’homme ne doit arriver vivant à Libreville.


La réunion s’était terminée sur cette injonction. Le regard dans le vague, le militaire pense à sa mission qui n’a rien de glorieuse. Une fois de plus, la France abandonne un idéaliste qui avait cru en la parole du « pays des droits de l’homme ». Lui sait que l’Hexagone a soutenu les sécessionnistes uniquement à cause du pétrole qui suintait des marécages du Delta du Niger et pour contrer l’influence anglo-saxonne.


Il repense à l’histoire récente, aux retraites déshonorantes, aux mains qui s’agrippent dans un dernier espoir d’échapper à la mort. Son rôle sera de frapper les mains et leur faire lâcher prise.


Un coup de klaxon, signalant le début de la descente, le ramène à la réalité. À l’intérieur de la cabine avant, après vérification de la localisation, le pilote fait plonger son avion vide jusqu’à quatre cents pieds en espérant être sur la bonne trajectoire donnée par la balise. Au sol, le jeune Français ne doit allumer l’éclairage de la piste sommaire qu’après un court message radio, à l’approche de l’appareil.


Les trois hommes scrutent le sol et aperçoivent au loin les lignes de lumière dans le nez du DC-4.


Le commandant de bord sort son train et commence son approche. Il dit à ses coéquipiers :


— On atterrit, on se retourne en fond de piste en gardant du régime, on ouvre la porte, quinze minutes de chargement, cinquante personnes pas plus et redécollage dans la foulée. Mathey ne doit pas éteindre son groupe et ses loupiotes. Fais passer la consigne à l’arrière.


À l’intérieur de la carlingue, la venue du navigateur signifie qu’il est temps de se cramponner. L’aéronef touche le sol, les roues rebondissant sur les irrégularités de la bande d’atterrissage rudimentaire. En fond de piste, le pilote retourne son avion dans le vacarme des hélices. Par les hublots, à la lueur de deux projecteurs, les quatre hommes devinent des ombres qui s’agitent dans la poussière en évitant de se faire déchiqueter par les pales.


La porte de chargement à peine ouverte, une passerelle de fortune en bois est plaquée à l’entrée au milieu des cris et des hurlements. Environnés d’un bruit assourdissant, les premiers fuyards pénètrent à l’intérieur de l’appareil. Ce sont des religieuses européennes, le visage émacié, leur robe rougie par la poussière soulevée par les hélices. Elles tiennent, serrés dans les bras, des gosses d’une maigreur effrayante, la bouche ouverte, les yeux fixes. Le chef des convoyeurs les dirige à l’avant vers les matelas et se munit pour lui et ses collègues de longs tubes servant aux manutentions. Il sait que tous les gens qui se pressent et se battent au bas de l’échelle ne pourront pas monter et qu’il faudra les repousser pour refermer le panneau.


Le militaire s’est mis un peu en retrait de la porte et scrute les arrivants. Après les bonnes sœurs, des officiers biafrais et deux mercenaires européens se sont frayé un chemin à coup de crosse. Sous l’injonction des convoyeurs, ils jettent leur arme derrière eux en arrivant dans la carlingue. Il n’aperçoit pas François Mathey à la porte ou au pied de l’accès. Seuls restent des Africains, hommes et femmes, essayant de monter par l’échelle qui tangue de plus en plus sous la poussée des fugitifs paniqués. Il aborde un Européen assis contre les flancs du DC-4 :


— Où est le Français qui s’occupe de la piste ?

— En bas, répond l’autre d’un air las avec un accent flamand.


À ce moment, des détonations retentissent. L’armée fédérale a repéré l’atterrissage et commence à envoyer des obus de mortiers lourds. Au décollage, ce sera la défense antiaérienne qui essayera d’atteindre l’avion en vol.

Une cinquantaine de personnes sont déjà montées à bord. Le klaxon retentit, signe d’un décollage imminent. Les quatre convoyeurs, s’aidant de leurs longs tubes, font basculer la passerelle surchargée de fugitifs ; l’échelle s’effondre sur le sol de latérite dans les hurlements. Ils ont à peine le temps de verrouiller la porte que l’appareil s’ébranle.


L’avion quitte la piste et vole maintenant vers le golfe du Bénin au milieu des détonations. À l’intérieur de l’appareil, tous les occupants sont silencieux et retiennent leur souffle. Aux cris ont succédé les rugissements des quatre moteurs au régime maximum. Par les hublots, on aperçoit par intervalles les balles traçantes de l’armée fédérale qui frôlent le DC-4.


Les tirs ralentissent puis cessent. La tension est retombée, mais les survivants restent prostrés, les yeux clos, étendus ou assis sur les paillasses puantes. Seules, les religieuses s’affairent sur les gosses allongés, deux yeux au milieu d’un crâne et un ventre gonflé sur un petit tas d’os. Ceux qui ont vomi leur bouillie aux protéines sont vivants, les autres sont morts.


L’adjudant Fournier regarde ce triste spectacle quand il aperçoit vers la cloison qui les sépare du poste de pilotage une forme allongée sous une veste de treillis portant l’insigne du Biafra. Furtivement, il soulève doucement le tissu bariolé et reconnaît François Mathey. Il a le visage encore plus creusé que sur la photo et semble inerte. Le militaire comprend que l’équipage, par reconnaissance, a permis à l’homme qui les avait guidés au cours de leurs vols périlleux d’avoir la vie sauve. En le laissant s’introduire par la petite porte derrière le siège du copilote, il a pu pénétrer dans l’appareil en évitant la cohue.


Le militaire s’assoit à proximité de la forme étendue. Ses doutes et ses remords reviennent à la charge. Pourquoi exécuter un homme qui a trop cru à un idéal, à la parole humanitaire de la France et qui a mis sa vie en jeu pour une cause qu’il croyait juste ?


Il retrouve dans cette action généreuse l’exaltation de ses jeunes années, quand ses idéaux avaient motivé son engagement militaire. Si l’action était pour beaucoup dans son choix de vie, il était inséparable d’une certaine idée de l’honneur et de la parole donnée.


Aucune de ses missions passées ne l’avait troublé comme celle-ci. Les cibles étaient toujours des terroristes internationaux, des assassins, des gens cyniques et sans morale. Là, il s’agissait d’exécuter un jeune Français endormi. Il découvre que le cynisme et la vilenie sont partagés, que la raison d’État permet et excuse tous les crimes.


Il sait qu’il ne peut pas reculer et atterrir à Libreville avec François Mathey vivant. Il aurait failli à sa mission et aux ordres donnés.


Il doit le tuer discrètement, sans attirer l’attention des autres passagers effondrés le long des flancs de l’appareil. Il s’approche insidieusement de l’homme qui semble somnoler. Il rampe en évitant les enfants allongés qui le regardent de leurs yeux sans vie. Il est maintenant derrière le Français qui ne réagit pas. Il pense l’étrangler avec une cordelette en s’appuyant sur lui afin d’éviter qu’il se débatte. Il soulève doucement la veste pour enserrer le cou de sa victime. Soudain, une voix l’arrête dans son geste :


— Laissez-le, il est mort, mort d’épuisement.


L’adjudant se retourne et voit une religieuse assise avec des corps d’enfants contre elle qui le regarde d’un air où se mêlent la sévérité et la commisération. Elle ajoute :


— C’était un juste, Dieu l’abrite dans son royaume.


Allongé, la tête sur le matelas puant à hauteur des petits crânes qui le fixent, l’adjudant Fournier est pris de nausée.


 
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   socque   
14/2/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Ce passage-ci : "Le militaire s’assoit (...) la raison d’État permet et excuse tous les crimes." me paraît beaucoup trop long et appuyé. Le dilemme du militaire est très clair à mon avis, insister dessus ne fait qu'affaiblir le texte dont le côté "constat" est pour moi un atout important. Et puis, pour moi, cet imparfait "s'agissait" alors que le cas de conscience est exposé au présent est dommageable.

Sinon, l'écriture nette, sans pathos mais sans ménagements m'a bien plu et sert le sujet à mon avis. Le mouvement du texte est clair.

   placebo   
20/2/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bon, j'ai relevé deux-trois trucs durant ma lecture mais celle-ci m'a emporté donc j'ai pas noté :) c'est un bon point.

Une scène d'action, les hésitations de l'adjudant et une dénonciation des abus du pouvoir… C'est un texte efficace. Les descriptions sont visuelles, j'ai eu un peu plus de mal à percevoir l'état de santé manifestement dégradé des personnes ou bien la saleté de l'endroit , par contre.
Le style se laisse lire sans peine, j'ai bien aimé quelques expressions comme "son rôle sera de frapper (les -> ces ?) mains et de leur faire lacher prise".

Seule la chute m'a un peu déçu (trop courte ? ou un peu facile de le faire mourir pour éviter les atermoiements de l'adjudant chef ?).
Au final, c'est surtout ça, le cœur du texte, cet adjudant et son opération. J'aurais voulu que ça se prolonge un peu, je l'avoue.

Bonne continuation,
placebo

   macaron   
21/2/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Une bonne histoire, agréable à lire, bien écrite et construite. Le sujet est intéressant et inédit. Je me souviens des images du Biafra et des collectes pour les enfants affamés, pas des raisons politiques et stratégiques de ce conflit. La fin est un peu faible, la pirouette trop facile. Vous avez préféré ne pas agir, ne pas prendre position. Je pense qu'il le fallait!

   Anonyme   
27/2/2012
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Je n'ai pas trop aimé ce texte que je trouve trop rapide, sans relief.

Le souci quand je lis ce texte n'est pas d'ordre stylistique, l'écriture est plutôt agréable, simple, fluide.
Mais par contre le fond me pose beaucoup de soucis, de questionnements : si le lecteur ne connait pas le Biafra (ce n'est pas la partie la plus évidente de notre histoire) il risque de passer à côté du texte, à côté de l'histoire.
Si comme moi il connait cette facette de la Francafrique (parce que l'intervention au Biafra, au Tchad ou ailleurs sur le continent africain ne sont que des avatars de cette Francafrique) il reste quand même le souci du parti-pris: est-ce que le soldat fait bien de s'interroger sur sa mission, surement oui, mais est-ce qu'il développe et connait tous les aboutissements de celle-ci et plus largement de l'intervention française dans cette région ?

Je ne crois pas.

Et c'est là où le texte me gêne en cela qu'il est quand même bien manichéen. Trop ? Peut-être, peut-être pas, je ne peux pas juger l'Histoire.

Je reste donc réservé mais sur le fond du texte, pas sur la forme.

   alvinabec   
6/3/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,
Le texte se lit de façon très plaisante, c'est rythmé, ça défile, les images sont parfois saccadées et cela sert le récit.
Vous prenez comme coeur de sujet les doutes d'un soldat quant à la mission qui lui est confiée et l'on aimerait plus voir (ou entendre) ce que cela remet en cause chez ce sous-officier. Là, on sait seulement qu'il est pris de nausées, ce qui, à mes yeux, paraît assez court. Pt-être pourriez-vous lui donner plus de chair à ce doute. Et revoir une chute un peu trop facile.
Votre plume est alerte, le style va de pair avec l'action.
A vous lire...

   Anonyme   
6/3/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour JPDESGRANGE ! En tant qu'ex "aviateur militaire" ayant servi quelques années en Afrique, j'ai lu ce texte avec beaucoup d'intérêt et une certaine émotion... Je pense que l'auteur connait non seulement le DC4, où j'ai retrouvé l'ambiance cockpit de nuit, mais aussi le Biafra et les arcanes de ce qu'on appelle pudiquement la Françafrique... J'ai apprécié cette histoire, par ailleurs fort bien contée, et du domaine du possible ; j'ai aussi dans mes cartons quelques "évènements" du même genre qui se situent à peu près à la même époque mais en d'autres lieux. J'ai bien aimé les états d'âme de l'adjudant Fournier coincé entre le sacro-saint "devoir" et sa conscience... La chute est peut-être un peu vite "expédiée" mais globalement j'adhère au texte... Merci

   jeanmarcel   
6/3/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J’ai trouvé le récit captivant de bout en bout, rédigé sans fioritures mais avec beaucoup de soin, parfois avec une précision quasi-documentaire.
La tension ne se relâche jamais, c’est la marque d’une nouvelle réussie.
Il est évident que dans un texte plus dense, l’auteur pourrait développer davantage sur les idéaux des uns et des autres : L’intérêt des grandes nations, l’espoir révolutionnaire chez l’opprimé, le sens du devoir chez le militaire, la main tendue en direction des plus démunis chez l’humanitaire ou l’appât du gain chez le mercenaire.
Mais l’auteur a fait un choix qui se respecte, il ne souhaite pas en dire plus même si on sent bien qu’il a de la matière pour le faire.
Je prends acte de son engagement et je salue la brièveté dont il fait preuve.
Très bon moment de lecture et de réflexion.

   zenobi   
6/3/2012
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai lu ce texte sans déplaisir et d'une traite, toutefois j'ai trouvé que le narrateur(dont la connaissance des lieux et de l'aviation semble patente) en disait soit trop soit pas assez.
Le style, en lui-même, m'a semblé parfois si ce n'est maladroit, tout du moins un peu pesant.

   brabant   
6/3/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour JPDESGRANGE,


Ce récit intrigue et demande à être lu. L'auteur semble connaître son affaire et convainc sans peine le béotien que je suis. Il écrit bien.


Un auteur des basses oeuvres, bien sûr c'est romanesque à partir du moment où on lui donne des états d'âme.
Une religieuse pour sauver de la mort un héros déjà mort, paumé, en mal d'idéal, bien que classique, ça l'est encore plus.

Quel était cependant le but de cette mission ? Je veux dire comment a-t-on pu tromper les principaux protagonistes quant au but de cette mission, mal définie. Sauver des civils et quelques ecclésiastiques dont on sait qu'on ne sauvera pas tout le monde. Pourquoi un seul avion non soutenu par des avions et des hélicoptères de combat ? Comment, me répété-je, a-t-on pu tromper les pilotes, les organisateurs, etc..., comment a-t-on pu tromper ceux de bonne foi ?
Cette mission n'a pas été organisée pour sauver mais pour assassiner.
Effrayant est faible, révoltant, cynique, abominable sont plus adéquats mais encore insuffisants. Il y a de la négation de la dignité humaine là-dedans.

La raison d'Etat a des raisons que... (que chacun poursuive selon...)...


Ben oui ! Et nous là-dedans ?

Vaste et terrible débat...

Faut-il que je me lave les mains ou que je prenne un couteau pour en entailler les paumes ?...

   Iktomi   
16/3/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Beaucoup de précision, beaucoup de vraisemblance, un texte que - pour une fois ! - j'ai eu envie de lire jusqu'à la fin malgré sa longueur.

Tout n'est pas au-dessus de tout reproche pour autant, il y a au moins un passage d'une cocasserie involontaire : "En bas, répond l’autre d’un air las avec un accent flamand."... ça me fait penser au perroquet qui fait "Ah ah !" avec un fort accent portugais..

Le passage subit du présent au futur à un moment donné du récit était évitable à mon avis, surtout si c'était pour nous infliger cet insupportable futur de pacotille très à la mode depuis quelques années et qui sert à narrer des actions passées. Le passé simple, ce n'est pas pour les caniches.

J'ai beaucoup apprécié la rigueur avec laquelle l'auteur a tendu son filet narratif : très serré, ce qui l'empêche, lui, de partir dans des digressions inopportunes, et ce qui oblige le lecteur à rester attentif jusqu'à la fin. C'est très fort.

L'auteur me démentira s'il pense que je me suis trompé, mais j'ai senti l'ombre de Vladimir Volkoff planer sur ce récit... ce qui est un compliment.

   Selenim   
19/3/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Un texte plaisant et efficace.

Ici, pas de place pour les fioritures, les faits sont claqués, les images dévoilées comme une carte d'état major. C'est sec et direct.

Le rythme est parfaitement maitrisé et pouvoir développer un semblant d'intrigue en si peu de caractères est plutôt rare.

Pour les regrets, il m'a manqué un développement plus poussé sur la situation politique et sur les agissements de Mathey. La grande Muette mérite bien son nom.

J'ai trouvé la fin un peu confuse. Fournier soulève le tissu pour découvrir Mathey. Puis il doit ramper et se cacher pour venir le tuer. Bizarre s'il se trouve à côté ?

Selenim


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