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Sentimental/Romanesque
laurence : États d'âme
 Publié le 15/09/11  -  12 commentaires  -  6240 caractères  -  147 lectures    Autres textes du même auteur

Une descente dans la folie nocturne…


États d'âme


Elle et moi. Une histoire. L'histoire de la vie, de la mort.

Tout le monde le disait bien : nous étions faits pour nous rencontrer comme on naît pour mourir.

Le coup de foudre existe et je peux le prouver. Nous l'avons vécu. Notre histoire est magique, simple, sans jeu de séduction. Notre amour est beau, aussi beau que celui qui vit dans les livres et dans les plus beaux romans.

Et Elle, Elle que j'adore tel un esclave devant son maître, un fan devant son idole. Elle repose.

Nue sur notre lit, Elle s'est assoupie. Il faisait chaud cette après-midi. Elle s'est très tôt enfuie dans le pays des songes. Et moi, misérable, démuni de tout regard, de toute caresse, je me contentais de la regarder.

L'oreiller est sec et pourtant un ruisseau charmant se déverse dessus. Ce cours d'eau séduisant glisse avec toute la grâce possible sur notre lit. J'aime lorsque cette couleuvre d'eau ensorcelante, captivante et fascinante, m'enroule. J'aime la sentir maître de mon corps.

Sa perfection est à couper le souffle. Mes yeux ne se fatiguent pas de la dévorer.


J'allume une cigarette. Mon briquet était sous son chemisier. Par terre.


Je me souviens, au début de notre histoire, de la réaction jugée déplacée et dépassée par tous. Je la croyais vierge de tout péché, privilégiée dans ce monde de vices. Apprenant la vérité, la colère m'avait alors possédé. Je la voyais si parfaite, je la voulais idéale. Elle aurait dû naître de mes bras, vivre par mes bras et mourir dans mes bras. Je ne le supporte toujours pas. Savoir qu'un jour, qu'un mois, Elle a appartenu à un autre, j'en suis fou.


J'ai soif, où est cette maudite bouteille ? Ma récompense à l'effort.

Exquis, délicieux, ce whisky.


Mais là, en ce moment, que voit-Elle ? Où est-Elle ? J'ai besoin de savoir. Je ne suis plus sa lumière. Me voilà aux portes de la nuit et je n'entrevois que les ténèbres. Qu'y a-t-il derrière ses yeux ? Un autre monde ? Les enfants que je lui refuse ? Un autre homme ? Non, non et non. Pas ça.


Le verre se brise par terre.


Pas d'autre homme. Juste moi. Elle n'a pas le droit. Mais je suis stupide ! Elle m'aime, c'est certain. Tenez une preuve de son amour, Elle la nationaliste, apprend le russe. J'aime tant cette langue.

Elle me fascine. Mais ne m'a-t-Elle pas également avoué vouloir apprendre l'italien ? Je ne la reconnais plus. Qui est cet autre homme ? Je veux savoir. Je suis certain qu'Elle rêve de lui. Que font-ils en ce moment ? L'amour…

Non, non, assez ! Je vois trop bien leurs corps enchaînés. Il faut que je les empêche de commettre ce crime. C'est moi qu'Elle aime. Elle me l'a dit. Mais comme je suis naïf ! Elle veut éloigner mes craintes pour aller le rejoindre plus vite.

Comment est cet autre ? Comment est-il arrivé à me ravir ma parfaite ?

C'est un Italien… On s'entendait si bien. Je ne comprends pas.

Nos promesses, nos caresses. On s'était juré fidélité. Elle n'a pas respecté nos promesses, ni notre contrat. Je la hais.

Il faudra la punir. Mais comment ? Comment empêcher une femme de voir son amant ? Oui, oui bien sûr, l'emmener, loin, mais où ?

Je peux l'emmener là où il ne pourra jamais la retrouver. Quelle merveilleuse idée !

Quel traître ! Un homme doit savoir et sentir que la femme qu'il aime et désire porte le sceau d'un autre ! Mon sceau. A-t-il fait semblant de ne rien voir et de ne pas sentir cette odeur ?


J'étouffe, il fait trop chaud, plus de verre et j'ai soif.

Tant pis, je prends la bouteille, une cigarette… vite.


Maudites portes que je ne peux franchir ! Maudit verre cassé ! Maudite Ève ! Elle n'a pas pu se contenter d'un seul homme. Il a fallu qu’Elle cherche à savoir autre chose et à découvrir un autre monde. Elle est trop naïve, je le savais à notre rencontre. Non ce n'est pas Elle qui a pu choisir. L'autre l'a prise de force. Que vais-je faire quand Elle va rentrer ?

Feindre l'indifférence. Lui demander de choisir ? Il ne faut plus qu’Elle parte comme ça si facilement. Nue sous les draps et à côté de moi. Il ne le faut plus.

Je vais la séquestrer. Pas la frapper. On ne frappe pas une rose. Je vais seulement ôter les épines. Elle sera moins belle mais elle sera à moi. Elle m'attendra chaque instant dans son pot. Épanouie et embaumante Elle ne sera qu'à moi.


Trahison, je ne connaissais pas ce mot jusqu'à présent. Qui aurait cru qu'une fleur me l'aurait fait découvrir ?

J'ai la gorge sèche, où est ma bouteille ?

Mais comment peut-Elle trahir son esclave ? Elle si belle et si souriante. Elle est là, étendue, les cheveux épars. Elle sourit. Mais à qui ? Pas à moi c'est certain. J'aimerais la prendre, frôler son cou et le sentir frémir sous une douce pression. Sentir son cœur battre entre mes mains.

Voilà, Elle bouge, Elle parle. Tente de s'expliquer.

Je déteste son air candide, j'exècre ses mains et son corps sources de tous mes plaisirs.

J'abomine ses lèvres ourlées de désir, je maudis ce regard, mère de tous mes maux.


Détestable chaleur elle assèche ma bouche mais même l'alcool ne tarit pas mes pensées.

Quelle heure est-il ? Elle prend plaisir à rester avec l'autre et à ne plus vouloir rentrer. Elle aime tant me faire du mal. Dernière fois, je le jure.

L'autre homme comprendra. Oubliera. Me remerciera un jour de lui avoir évité de souffrir lui aussi.

Mes représailles seront empoissonnées. Je serai serpent.


Il fait si chaud, l'air est étouffant… Soif… Je veux m'échapper… Sortir d'ici. Il fait trop noir. Trop chaud.

Elle a vraiment tout fait pour que je devienne fou.

Que je parte avant Elle. Je le savais. Elle m'a jeté un sort. Je vais donc la bannir. L'excommunier de mon église de vertus.

La rose va se faner. L'autre approuvera.

Plus de chaleur. Plus d'épines. Pas même un soupir. Rien… Plus rien…


Ma bouteille est vide, je vais la châtier.

Courage, courage, coupons la rose pendant qu'il est encore temps… Vite, très vite… Elle s'agite et se rebelle.

Ses pétales explosent sur le lit. Non, Non, Démon, tes larmes ne m'émeuvent pas, même ces perles si rouges sur les draps si blancs.

Réduire à néant ce cauchemar. Finis, détruits, tes appas.

Tu n'iras plus le rejoindre, tu ne pourras plus le séduire. Plus aucun autre que moi n'osera te regarder.


Quel repos et quel silence !


 
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   socque   
15/9/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
C'est bien vu, je trouve, ce passage de l'obsession amoureuse, de l'idolâtrie au meurtre. Je suis d'accord avec ce que me paraît dire ce texte : nier à l'autre sa qualité d'être humain, que ce soit par le bas (mépris) ou par le haut (adoration) est aussi néfaste. J'approuve donc entièrement le fond. Pour la forme, la confusion des sentiments me paraît bien rendue ; un peu longue peut-être, avec ses retours, ses méandres, mais c'est le sujet.

"Que vais je faire quand Elle va rentrer ?" : je trouve le verbe mal choisi dans la mesure où "Elle" est toujours là, endormie ; je pense qu'il serait préférable d'utiliser un autre verbe pour évoquer la fin de l'absence.

   doianM   
3/9/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Quel réveil délicieux et qui mène, nonobstant, au drame.
Pourtant elle est belle et innocente dans son sommeil.

Mais, il y a le passé.
Cette jalousie envers l'homme ou les hommes qui l'avaient connue avant...
Et qui, au fur et à mesure de ce réveil "rajusté" à l'alcool, deviennent présents, semblent habiter les rêves de la femme.
Jusqu'à la folie qui mène au meurtre.

Bonne gradation, cependant il faudrait la travailler davantage pour qu'elle envahisse le lecteur.

Puis ce whisky, incontournable accessoire de beaucoup de nouvelles...
Ici il joue un rôle d'alibi.

J'ai apprécié, il aurait fallu davantage pour que j'aime.
Si l'auteur le jugera nécessaire, il le trouvera.

Bonne continuation.

   Pascal31   
9/9/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Cela manque singulièrement de finition... On a droit à un texte brut, pas dénué de qualités, mais qui semble livré dans l'urgence, alors qu'une relecture plus poussée aurait permis de gommer les quelques coquilles et fautes qui traînent çà et là.
La psychologie de cet homme bafoué est assez sommaire, le traitement de l'histoire un peu trop rapide pour être parfaitement crédible.
En l'état, cette nouvelle ressemble à un premier jet qu'il faudrait travailler bien davantage. C'est essentiellement pour cela que mon avis est très mitigé.

   brabant   
15/9/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonne après-midi Laurence,


Désolé de ne pas être positif...

Ce texte maladroit, trop court à mon avis pour exprimer une glissade progressive dans la folie, une descente aux enfers, m'apparaît à la fois naïf et immature.

C'est aux héros du texte que je fais allusion et pas à l'auteur :
- 2è P : réflexion : Alors vous n'étiez pas faits pour pour rencontrer ! :)
- "...misérable" (?) Vous êtes quand même un témoin privilégié (il est vrai que vous en êtes déjà au début du questionnement...)
- rép. de "eau".
- "russe/italien" : éléments naïfs.
- "amour/haine" : trop rapide.
- femme-pot ? Potiche... ; femme-fleur ? avec des épines... Confus.

Et le héros/antihéros bascule par le truchement de quelques verres de whisky et de quelques cigarettes ? Casse-t-il la bouteille à la fin et comment ?

Vous jouez de la folie pour faire passer tout ça, c'est trop facile, ça n'est pas crédible. Les personnages ne sont pas posés ni les situations. Comment se sont-ils connus ? Qui sont-ils ? Elle, uniquement une belle plante ?
Un texte de ce genre ne se satisfait pas d'un flash qui n'est qu'une succession de micro-flashs.

Il m'apparaît trop superficiel et est donc à creuser. On reste ici à la surface des colères et des sentiments/ressentiments.

A travailler donc, à fouiller...

   toc-art   
15/9/2011
bonjour,

aie ! j'ai trouvé ça terriblement en deçà de ce que je souhaite lire ici. L'écriture est sans relief et sans imagination. Le "Elle" pour désigner l'héroïne, c'est une chose lue et relue, tout comme la situation. On sait pratiquement dès la première ligne où l'on va arriver. A la limite ce ne serait pas si embêtant si l'écriture relevait le tout, mais là, non, vraiment. c'est... théâtral, surjoué et très artificiel tout ça. Votre narrateur n'a aucune épaisseur, l'intrigue est inexistante. Je crois vraiment que le romantisme exacerbé mérite mieux que ça.

J'ai l'impression de lire le texte d'un adolescent. Si c'est le cas, ma foi, le mal n'est pas bien grand, la maturité viendra sans doute. Si ce n'est pas le cas, ne m'en veuillez pas mais je vous conseillerai de travailler encore et encore, en essayant peut-être de sortir des sentiers battus, de ne pas croire que l'évocation de sentiments extrêmes suffit à les rendre palpables et crédibles pour le lecteur.

Bonne continuation.

   wancyrs   
15/9/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Ce texte m'a rappelé une chanson d'Aznavour : À te regarder.
j'aime la forme du texte, il est assez puissant pour passer le message ; ce serait dû au temps de narration, le présent, qui rend le tout très vivant, et aussi la syntaxe qui procède par un phrasé très court, provocant l'effet suspense.

Quant au fond, je pense aussi qu'il n'est pas assez nuancé pour qu'on ne puisse deviner la fin, mais je pense que ce sont les choses qui viennent avec la pratique

Je vous dis donc : bonne continuation

Wan

   Anonyme   
16/9/2011
Personnellement je n'aime pas du tout et ce n'est pas juste dû au contenu. Avant d'aller plus loin dans mon commentaire je tiens à dire à Laurence que son écriture est de bonne facture et que cette écriture laisse entrevoir de bonnes capacités.

Ce que je n'aime pas c'est cette façon expéditive et sans appel et sans nuance d'amener les propos. La concision est une chose difficile parce qu'elle fait prendre le risque de l'inabouti. Et c'est ce qui arrive ici. Cela me donne l'impression d'un texte bâclé, il se passe beaucoup de choses dont cette folie sans qu'on entre vraiment au cœur du dérèglement. Tout est esquissé, mais à peine.

Dommage. Les premières lignes étaient engageantes.

   Gerwal   
16/9/2011
 a aimé ce texte 
Pas
J'avoue ne pas avoir tout compris...
S'il s'agit d'une simple histoire "sentimentale-romanesque", l'ensemble me semble manquer de profondeur, de psychologie du personnage (pourquoi cette jalousie extrême ? à moins qu'il ne s'agisse d'une pathologie qui ne ressort pas dans le texte), d'éléments concrets ou subjectifs expliquant la situation et l'intrigue...
S'il s'agit (comme j'aimerais bien le penser) d'une allégorie (le "E" majuscule à "Elle", la référence à "Ève", les allusions répétées à la rose...), je n'en trouve pas la clé...

PS.: en ce qui concerne "ce qui attire ou séduit chez une femme" on écrit "appas" et non "appâts" (à moins qu'il ne s'agisse d'un jeu de mots dont le sens aurait une signification qui m'échappe aussi !)

   Anonyme   
19/9/2011
Bon ! bah ! bof ! concis mon commentaire, tout comme ce texte trop court et inabouti. Pas très crédible non plus. La religion de l'Autre est toujours périlleuse à décrire. Néanmoins, l'écriture est bonne. Il ne reste qu'à progresser dans la description des personnages et non nous livrer une esquisse.

Quoi qu'il en soit, vous ne serez pas excommuniée.

   widjet   
23/9/2011
Commentaire modéré

   widjet   
23/9/2011
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
C’est simple, ce texte manque de tout.

D’une écriture acceptable, déjà. Ensuite, d'une relecture de qualité. S'il y a du travail, il me parait clairement insuffisant.

Il y a des phrases qui me laissent pantois de scepticisme.

- "J'adore tel un esclave devant son maître », ah bon ????

- « Mes représailles seront empoissonnées » ?...ca serait pas « empoisonnées » plutôt ?

- Quelques douceurs "Cartlandienne" dispensables (« On ne frappe pas une rose », « Qui aurait cru qu'une fleur me l'aurait fait découvrir ? »),

- Des formulations convenues, peu claires (une réaction (...) dépassée par tous" qu'est ce que ca veut dire ???) voire risibles (« Ma bouteille est vide, je vais la châtier », « Épanouie et embaumante Elle ne sera qu'à moi »),

- des informations dont l'utilité m'échappe (« Mon briquet était sous son chemisier ». Pourquoi cette précision, c’est important ?)

Et autres avalanches de questions horripilantes.

Et j'en passe...

Texte-remplissage ou comment meubler son récit avec ses incessants rappels sur la soif, la chaleur, preuve selon moi d'un manque évident d'inspiration.

Pour aborder sa thématique réligieuse voire biblique (trahison, Adam et Eve, le péché originel, vengeance et chatiment et tutti quanti…) l’auteur ne fait pas dans la subtilité et chausse ses gros sabots à l'image de ce texte sans nuance et visuellement confus.

Pour revenir encore sur le texte, je dirais que le changement de comportement est terriblement maladroit, la progression bancale, la tension inexistante (encore ce bavardage), la psychologie névrotique du type est taillé à la serpe et fait plutôt penser à un ado capricieux (pas étonnant avec des "Non, non et non. Pas ça", des "comme je suis naif" "Mais je suis stupide" etc...).
une tête à gifles.

Qu'aurait-il fallu ? Moins de bavardages explicatifs qui ne font que dissiper le mystère, plus de silence pour laisser le lecteur s'imprégner de l'ambiance et de la transformation "maléfique" du héros, moins de précipitation et d'interrogation qui là encore balise trop le terrain et assiste le lecteur plutôt que l'accompagner, un vocabulaire adapté (ici son emploi est trop "vert", ça manque de force). Bref, en un mot comme en cent, il manque de l'experience et un minimum de savoir faire.

W.

   monlokiana   
25/9/2011
 a aimé ce texte 
Vraiment pas ↓
Hum… Quelle histoire alors !

Le début. La première phrase du texte ne me plait pas. Où sont les verbes ? Ici, c’est très maladroit. J’ai l’impression que l’auteur présente son texte ou l’idée de son texte :

« Elle et moi. Une histoire. L'histoire de la vie, de la mort. »

J’aurai accepté cette phrase en présentation, c’est là bas sa place. Pas dans le début du texte. Parce qu’on peut arrêter sa lecture après avoir lu cette phrase. On sait déjà le noyau du texte et dit comme ça, ce n’est pas très attrayant, ça donne même envie de fuir à toute jambes.

Mais par respect, continuons…

« Le coup de foudre existe et je peux le prouver. Nous l'avons vécu. Notre histoire est magique, simple, sans jeu de séduction. Notre amour est beau, aussi beau que celui qui vit dans les livres et dans les plus beaux romans. »
Le cliché de « l’amour parfait ».
Dans les livres et dans les plus beaux romans ? Ce n’est pas la même chose ?
Dis comme ça, on le lit avec un ton de déjà-vu-déjà-lu. La répétition du mot « beau », moi ça m’a dérangé. Beaucoup.


« Et Elle, Elle que j'adore tel un esclave devant son maître », Je sais que Widjet en a parlé, mais moi, cette phrase m’a bien fait rire. Pourquoi a t- on aboli la traite négrière si maître et esclaves s’adoraient ? C’est totalement maladroit et ridicule, excusez-moi. Cette phrase n’a rien à faire ici, ou du moins la comparaison est juste hors du commun. On sent que l’auteur ne maitrise pas ce qu’il veut vraiment dire.

« Nos promesses, nos caresses. On s'était juré fidélité. Elle n'a pas respecté nos promesses, ni notre contrat. Je la hais. »
(Promesses qui revient, de quel contrat on parle ? D’ailleurs je trouve ce mot lourd ici, un contrat, une affaire qu’on signe, je la hais, ce n’est pas trop vite ?)

L’auteur m’excusera (ou pas) mais pour moi, les questions dans cette nouvelle, c’était vraiment chiant. L’auteur nous écrit des questions qu’on se pose déjà. Il nous traine dans un terrain qu’on connaît déjà. Pourquoi ne pas nous laisser y aller comme des grands et lire l’histoire sans que ces interrogations inutiles qui viennent interrompre le lecteur qui est captivé (un peu seulement, l’écriture n’est pas si bien que ça) dans la lecture.

Le verre, la soif, la bouteille… Sont-ils vraiment utiles dans cette nouvelle ? Qu’elle est leur rôle ? Leur sens ? Leur objectif ? Leur message ? Je ne vois pas du tout.

Quel repos et quel silence !
Oui, je suis d’accord. Quel repos d’avoir fini de la lire cette nouvelle. Et quel silence de ne plus entendre les mots de cette nouvelle.

Bref, je trouve que c’est une nouvelle vraiment raté. Il y a de l’idée certes, mais du moment que c’est mal fait, mal dit, mal écrit, je ne vois plus l’idée car les maladresses la masque complètement. On se penche sur elle et on en oublie l’idée de l’auteur.

Je n’ai pas du tout aimé. Je suis désolée et je m’excuse s’il y a des mots…durs ou déplacés.

Bon courage à vous !

Monlo

   Meleagre   
27/9/2011
 a aimé ce texte 
Pas ↓
J'ai lu, je suis revenu, j'ai relu... et je n'ai pas apprécié.
Le sujet en lui-même est très difficile. Il fait malheureusement penser à certains faits divers réels, des crimes passionnels. L'amour parfait qui se termine en meurtre. Mais ce sujet demande une réelle maîtrise, de la profondeur, il faut que les personnages aient une épaisseur, une consistance psychologiques. Tout cela fait cruellement défaut dans cette nouvelle. Ici, on passe, sans vraiment savoir pourquoi, d'un amour parfait, à un doute (sans aucune justification) sur la fidélité de l'être aimé, au sentiment de la trahison, puis au meurtre. Le tout en une petite centaine de lignes...
Comme le dit Monlo, la 1e phrase serait une bonne présentation. Là, elle révèle déjà, en partie, le dénouement. Et puis assimiler une histoire d'amour à "l'histoire de la vie, de la mort", c'est très réducteur pour la vie et la mort.

La première partie (jusqu'à "Exquis, délicieux, ce whisky.") est bourrée de clichés. Si encore ils étaient retravaillés, exprimés avec des mots un peu neufs ! Mais non, ils nous sont resservis avec des expressions toutes faites, passe-partout, déjà lues mille fois "le coup de foudre", "notre histoire est magique", "notre amour est beau" (avec 3x beau dans la même phrase !). Et puis, qu'a-t-il de beau, cet amour ? Comment se sont-ils rencontrés, qu'est-ce qui attire le narrateur dans cette femme ? Décrire plus précisément, plus en détails, permettrait de donner de la consistance aux personnages et à leur histoire, de sortir des lieux communs, et de mieux mettre en valeur, par contraste, le dénouement : si le lecteur comprend pourquoi leur amour était beau, il sera plus choqué par le meurtre final.
Tout au plus apprend-on que le narrateur croyait son amie vierge, et qu'il a appris avec colère qu'elle ne l'était pas. Bon. Mais cela frôle encore le cliché et la caricature : "Elle aurait dû naître de mes bras, vivre par mes bras et mourir dans mes bras." Même si cela annonce, plus ou moins subtilement, la fin (elle mourra de ses mains), on voit mal comment elle aurait pu "naître" de ses bras...
En passant, je relève une incorrection de style. "Apprenant la vérité, la colère m'avait alors possédé" : le participe "apprenant" devrait être apposé au sujet ; mais ici, le sujet c'est "la colère", et pas "je".
De même, une phrase n'est pas claire : "Je me souviens, au début de notre histoire, de la réaction jugée déplacée et dépassée par tous." Peut-être faudrait-il écrire : je me souviens de ma réaction, au début de notre histoire, que tous (qui est tous ?) avaient jugé déplacée. Une réaction dépassée ? Ce terme me semble impropre ; une réaction excessive, soit, mais pas dépassée.

Ici intervient la 1e mention de la cigarette, du whisky. Elle passe encore. Mais cette manière de scander le récit par ces leitmotiv m'a vite énervé. Ces allusions ne semblent jouer qu'un rôle fonctionnel, pour essayer d'introduire un rythme. Sans doute faudrait-il en tirer plus parti pour mieux caractériser le personnage. Quels sont les effets de l'alcool, de la cigarette, sur le comportement du personnage, sur sa manière de parler, de penser, de regarder ? Quel rôle jouent-ils dans le meurtre à venir ? Là, on sait juste qu'il boit une bouteille de whisky (entière ?), qu'il fume, qu'il a soif, mais on sait pas si ça a une influence sur lui ou pas.

La 2e partie ("Mais là, en ce moment, que voit-Elle ?" à "Je serai serpent.") ne relève pas le niveau. Le personnage croit son amie infidèle. Mais, là encore, on n'a rien pour donner de la consistance à la relation, on ne sait pas ce qui motive cette crainte, à part le fait qu'elle dort et qu'elle rêve peut-être. Et puis c'est encore exprimé avec des clichés et des expressions toutes faites : "Pas d'autre homme. Juste moi. Elle n'a pas le droit. Mais je suis stupide ! Elle m'aime, c'est certain." "C'est moi qu'Elle aime. Elle me l'a dit. Mais comme je suis naïf !", "On s'entendait si bien. Je ne comprends pas." C'est lourd, c'est froid, c'est impersonnel, ça manque beaucoup d'intériorité et de sentiment. Comment lui a-t-elle dit qu'elle l'aime ? Qu'est-ce qui montrait leur entente si parfaite ? Dépeignez-moi les affres de cette incompréhension, les tentatives désespérées pour trouver quelques indices, des détails dans leur histoire passée qui pourraient expliquer ou révéler une infidélité possible.
"Mes représailles seront empoissonnées. Je serai serpent." Même en comprenant "empoisonnées", je trouve l'expression "des représailles empoisonnées" un peu bizarre, et la résolution d'être serpent arrive comme un cheveu sur la soupe.

En passant, une phrase à la ponctuation défaillante : "Tenez une preuve de son amour, Elle la nationaliste, apprend le russe." Des virgules la rendraient plus correcte : "Tenez, une preuve de son amour : Elle, la nationaliste, apprend le russe."
Pareil pour : "j'exècre ses mains et son corps sources de tous mes plaisirs." => "j'exècre ses mains et son corps, sources de tous mes plaisirs."
Pareil pour : "Détestable chaleur elle assèche ma bouche mais même l'alcool ne tarit pas mes pensées" : des virgules ne feraient pas de mal.

La dernière partie finit en queue de poison (pardon, de poisson). Si le récit avait réussi à introduire une tension, celle-ci serait à son paroxysme, et expliquerait le meurtre commis. Mais non, je n'ai pas ressenti de tension, je suis resté à l'extérieur des personnages, sans ressentir les sentiments du narrateur qui étaient juste brossés à traits grossiers. Donc non, ce dénouement surprend sans troubler, sans choquer.
L'image de la rose pour qualifier la femme est un lieu commun à la limite du supportable ; là, pour une fois, l'auteur tente de rendre original ce lieu commun, en l'invoquant à propos de la mort d'une femme, comparée à une rose que l'on coupe pour qu'elle perde ses épines. Soit, mais cela aurait mérité d'être davantage mis en valeur.
Encore des lieux communs : "Elle a vraiment tout fait pour que je devienne fou. / Que je parte avant Elle. Je le savais. Elle m'a jeté un sort. Je vais donc la bannir." Alors, oui, qu'a-t-elle fait, à part dormir et rêver, pour qu'il devienne fou ? Est-ce que cette phrase s'explique par leur passé, leur histoire, ou est-ce juste une idée qui lui traverse la tête comme ça ?
Une expression qui me fait bondir : "L'excommunier de mon église de vertus." Ah oui, c'est aussi la vertu qui le pousse à la tuer ?
"Plus aucun autre que moi n'osera te regarder." : parce qu'il va oser longtemps regarder ce cadavre ?

La conclusion me surprend un peu : "Quel repos et quel silence !" Déjà, ce "repos" intervient alors que je n'ai pas compris quelle agitation habitait ce personnage ; et puis ce "silence" s'oppose à un long bavardage intérieur du personnage, qui semblait totalement déconnecté de la femme qu'il regardait. Donc je ne vois pas, en lisant le reste de la nouvelle, comment ce meurtre peut lui apporter repos et silence. Comme le disait un autre commentateur, ce repos et ce silence sont plutôt ceux dont peut profiter le lecteur en finissant la nouvelle...

Pour être bref (et en m'excusant d'avoir été si long), ce texte présente quelques défauts récurrents qui m'empêchent d'accrocher à l'histoire :
- un recours excessif aux clichés et aux expressions toutes faites
- peu d'évolution dans le style et la manière d'écrire, alors que l'on passe de l'amour, à l'agitation et au meurtre, et que cela aurait pu se traduire par des phrases plus saccadées, plus heurtées
- peu de profondeur psychologique. L'auteur nomme des sentiments que le narrateur est censé éprouver (l'amour parfait, le sentiment de la trahison), mais sans aller plus loin, sans creuser ; le lecteur ne ressent pas ces sentiments.
- très peu de détails sur les personnages, sur le lien entre eux, leur histoire, leur passé. On sait que leur amour était parfait, qu'ils ont eu un coup de foudre ; mais qu'avait-il de parfait ? Ces détails auraient permis de rendre l'histoire plus crédible, plus personnelle, plus intense.
- très peu de tension (du moins, à ce que j'ai ressenti), alors que la nouvelle raconte quand même un meurtre...


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