Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Policier/Noir/Thriller
Luz : Mort accidentelle
 Publié le 17/02/19  -  16 commentaires  -  8654 caractères  -  92 lectures    Autres textes du même auteur

Dans le brouillard du matin.


Mort accidentelle


Le docteur Jean-Pierre Farges se dirigeait vers Le Méannet avec sa Clio grise ; aussi grise que le brouillard de fin de nuit. Il maugréait dans sa barbe : « Encore une chute dans un escalier, bon sang de bois, la troisième depuis le début de l’année, à croire que les gens ne tiennent plus sur leurs jambes dans le pays… » Enfin, là, c’était sans doute dû à un excès d’alcool de monsieur Astier, coutumier du fait. Sa femme, désemparée, l’avait appelé à l’aide, le tirant d’un sommeil profond.

Il conduisait péniblement à cause de la mauvaise visibilité, accentuée par le défaut d’éclairage de ses feux qu’il n’avait toujours pas pris le temps de faire régler. Et puis, surtout, il n’était pas encore très réveillé. Il lui fallut vingt bonnes minutes pour venir à bout des interminables lacets de la route. Il se gara enfin devant la maison de l’ancien garde-barrière, à cheval entre l’herbe et le goudron. C’était un petit logement : séjour et cuisine au rez-de-chaussée, deux chambres à l’étage ; l’ensemble complété par un bûcher et un abri pour les voitures. La ligne de chemin de fer était désaffectée depuis une dizaine d’années, mais le couple avait pu conserver la maisonnette, coincée entre les rails, la route et un bois de pins sylvestres.

Madame Astier l’avait entendu arriver et l’attendait au pas de la porte. Elle lui saisit les bras pour le remercier, puis le fit entrer et lui montra l’escalier où son mari gisait tout en bas, en travers des marches. Le médecin constata aussitôt son décès, ce que la pauvre femme en pleurs ne pouvait admettre.


– Mais madame Astier, le corps est déjà tout raide ; je vous dis qu’il est malheureusement mort, depuis minuit, au moins !

– Ah bien ça, mais c’est impossible… J’ai dû m’évanouir alors. Oh oui… Oui, vous savez docteur, à cause de mon diabète. Mon Dieu, mon Dieu… Je me souviens juste qu’il est tombé à la renverse au milieu de l’escalier. Il le dévalait en beuglant comme un taureau ; il en avait après moi parce qu’il devait réparer le robinet de la cuisine. L’arrière de sa tête a tapé très fort contre une marche, ça lui a sans doute fait le coup du lapin.

– Vous vous êtes peut-être évanouie, mais pas à cause de votre diabète, sinon vous seriez probablement aussi raide que votre mari à cette heure-ci. Il a également une grosse bosse et une blessure au front, je ne comprends pas comment il aurait pu se cogner, à la fois à la nuque et au-dessus de chaque œil.

– C’est qu’il a dû rebondir dans l’escalier, docteur. J’ai pas bien vu, j’avais peur, et des larmes gonflaient dans mes yeux. L’alcool le rendait nerveux et même souvent violent...

– Mais enfin madame Astier, vous me téléphonez un dimanche à six heures du matin pour me dire que votre mari est tombé et qu’il ne bouge plus ; vous avez bien dû vous rendre compte qu’il était mort ou que c’était très grave. Il aurait fallu que vous appeliez la gendarmerie ou les pompiers. Moi, voyez-vous, je ne soigne que les bobos et les maladies courantes.

– C’est que je suis habituée à vous, docteur ; vous arrangez toujours les choses, et puis vous êtes du village d’à côté. Quand je suis revenue à moi, ce matin, je me croyais encore à hier et je me suis pas approchée de l’escalier. Je craignais d’aller le voir, je savais pas qu’il était mort. Et puis des fois, après avoir bien bu, il dormait n’importe où...


Visiblement effondrée, frottant ses yeux avec la paume de ses mains, elle s’assit dans un fauteuil au tissu râpé imitant vaguement une tapisserie d’Aubusson.

Le médecin paraissait bien embarrassé. Il marchait de long en large dans la maisonnette, entre l’escalier et le séjour, puis dans la cuisine, en farfouillant de-ci de-là. Il revint vers l’entrée et refit le tour en sens inverse, sans prononcer une seule parole, à part quelques bougonnements. Il sortit ensuite respirer l’air des sapins pour réfléchir à la situation de cette pauvre femme. Lors des visites à son cabinet, il avait bien remarqué les bleus qu’elle portait souvent sur le corps, mais elle disait que cela provenait des chocs qu’elle ne pouvait éviter en travaillant dans l’usine d’emballage. Il s’en voulait terriblement de n’avoir rien deviné et aidé ainsi madame Astier. Un voile de tristesse se déposa devant ses yeux fatigués. Il alla chercher un paquet de chewing-gum dans la boîte à gants de sa voiture et rangea sa mallette médicale sur le siège passager.

Le silence profond était seulement troublé par le léger frémissement des arbres. Une aurore grisâtre s’installait progressivement derrière le manteau du brouillard. Lorsqu’un coq se mit à chanter, au loin dans la vallée, il retourna dans la maison.


Il fit part franchement de son point de vue à madame Astier, toujours assise dans son fauteuil :


– Bon, je vous propose que vous appeliez la gendarmerie. Ils vont venir ; je resterai alors quelques minutes puis je m’en irai. Vous leur direz que vous dormiez, hier au soir, et que vous n’avez rien entendu à cause des somnifères que vous prenez parfois pour soulager votre migraine. Ce matin, lorsque vous avez découvert le drame, vous m’avez téléphoné par réflexe et parce que je n’habite pas très loin ; d’accord ?

– D’accord docteur. D’ailleurs c’est exactement ça, à part que je me suis évanouie.

– Parfait ! Pourriez-vous également nettoyer le sol entre l’évier de la cuisine et l’escalier pour effacer les traînées noirâtres ? On ne sait jamais ce que les gendarmes peuvent inventer. Dans notre région, comme ils ne sont pas vraiment occupés, ils profitent de la moindre affaire pour se faire mousser auprès de leurs supérieurs. Et même s’ils ne paraissent pas très futés, ils trouvent toujours quelque chose. À défaut de perspicacité, ils ont beaucoup d’imagination…

– Vous avez raison, mon mari a tout sali avec ses chaussures terreuses. Je vais mettre tout propre et en même temps ça va m’empêcher de penser.

– Et s’ils vous posent des questions concernant ses blessures bizarres sur l’avant et l’arrière du crâne, n’allez pas leur dire qu’il a « rebondi ». En fait, à mon avis, il a dû se relever vers le milieu de l’escalier, puis a fait un malaise et rechuté en se cognant alors le front sur les montants en bois de la rambarde.

– Oui..., à la réflexion, je crois bien que c’est ça, docteur. Mais j’étais tellement apeurée que j’ai pas bien retenu la scène, vous savez…


Le capitaine Fournial, la quarantaine un peu rondouillarde, arriva sans trop tarder, accompagné par une jeune lieutenante. Le médecin expliqua les faits et annonça qu’il devait repartir chez lui.


– Juste une minute, docteur, vous avez remarqué que le visage du cadavre est violacé. Pourriez-vous me donner votre avis sur ce point ?

– C’est dû à l’alcool, évidemment. Monsieur Astier était un grand amateur de vin, et pas du bon, plutôt du gros rouge qui tache. La couleur s’est imprégnée dans sa peau au cours du temps. On dirait qu’il a voulu emporter sa boisson favorite jusque dans son trépas. Et puis, bien sûr, son teint a été accentué par son tempérament sanguin et l’air vif du pays.

– Oui, je pense comme vous docteur ; c’est exactement ça. Vous voyez, lieutenant Lagache, cela ressemble à du tanin incrusté dans ses joues. Madame Astier, reprit le capitaine Fournial, je suis désolé, mais la loi nous oblige à ouvrir une enquête dans les circonstances d’une mort accidentelle. Tout cela peut vous paraître certainement très brutal, cependant nous devons transférer votre défunt mari à la morgue en vue d’une inspection et peut-être une autopsie. À la suite, un médecin pourra établir un certificat de décès, puis le permis d’inhumer sera délivré par l’autorité judiciaire. C’est la procédure, très pénible, bien sûr, dans votre situation.

– Et bla-bla et bla-bla-bla, songea très fort le docteur.


Madame Astier le regarda comme si elle avait saisi sa pensée et se mit à pleurer contre son bras. Entre deux hoquets, elle dit au gendarme qu’elle comprenait et se tenait à sa disposition.


Jean-Pierre Farges repartit, empruntant une route différente de celle qu’il avait prise à l’aller. Deux minutes plus tard, il se gara devant le chemin d’accès au barrage hydro-électrique des Combettes et grimpa au-dessus de l’imposant ouvrage en béton. Bien qu’invisible, le soleil du milieu de la matinée rendait le brouillard plus lumineux, doré.

Pourquoi lança-t-il une grosse clef à molette au plus loin qu’il put dans cette retenue ? Il ne le savait pas lui-même.

Un jour, il demanderait à l’eau profonde.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette nouvelle sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Corto   
20/1/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
On croirait lire un texte destiné à une série policière de télévision. C'est correctement rédigé mais l'intrigue est vraiment légère.
Les deux premiers paragraphes introduisent bien la suite de la scène mais on trouve alors un dialogue sans aspérités.
Le dénouement de l'intrigue n'apporte guère de surprises.
Pour un thriller c'est vraiment le minimum vital.
Dommage.

   Neojamin   
21/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Alors... le commentaire est difficile à donner. C'est très bien écrit, très juste. Je n'ai tiqué qu'à deux moments :
Ici -> " au tissu râpé imitant vaguement une tapisserie d’Aubusson"
Et là ->"Une aurore grisâtre s’installait progressivement derrière le manteau du brouillard"
Ça m'a fait bizarre ces descriptions au milieu d'un texte plus sobre... une chtite incohérence de style à mon avis.

Mais rien d'autre à dire, les dialogues sont excellents, ils portent le texte... et assez drôles aussi... j'ai adoré la petite dame.

L'intrigue est entendue assez vite... mais c'est bien amené... peut-êtrre pourrait-on faire encore mieux, les pensées du docteur sur les bleus sont-elles nécessaires ? Les propos incohérents de la dame donnent assez d'indices.

La fin peut aussi s'améliorer je pense, le coup de la clé à molette... presque trop. Les traînées se suffisent à elles-mêmes (génial ce moment d'ailleurs, j'ai adoré). Je crois penser que vous maîtrisez le genre de toute façon... ;)
Pour l'eau profonde... j'ai pas compris... :( Du coup, bof la fin...
Un très bon moment dans tous les cas, gratitude !

   Lulu   
17/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Luz,

Quelle merveilleuse lecture !

Je ne suis pas fan, en général, du genre policier, mais j'ai adoré ce texte car l'intrigue ne se cantonne pas à dévoiler les différentes péripéties, mais tu accordes suffisamment de temps à tes personnages qu'on parvient très bien à se représenter. Ainsi, j'ai bien aimé, par exemple, la réflexion du docteur qui semble perplexe face à Madame Astier, quand il dit "Moi, voyez-vous, je ne soigne que les bobos et les maladies courantes."... J'ai trouvé ce passage, dans le contexte des phrases précédentes, vraiment très sympa… Le dialogue montre bien l'écart entre la gravité de ce qui s'est passé, et cette situation où le docteur est censé faire le point avec elle. En fait, ça m'a rappelé vaguement une histoire des contes des Mille et une nuits… Ce n'est pas la même histoire, mais juste une situation analogue.

J'ai aimé la clarté de la narration. On lit cette nouvelle facilement, et les images nous viennent tout aussi simplement.

J'ai aussi aimé certains passages qui montrent l'environnement dans lequel se situent les personnages. Ceci, notamment : Le silence profond était seulement troublé par le léger frémissement des arbres. Une aurore grisâtre s’installait progressivement derrière le manteau du brouillard. Lorsqu’un coq se mit à chanter, au loin dans la vallée, il retourna dans la maison." Cela donne une tonalité particulière au récit, et une belle profondeur que l'on retrouve à la fin avec une chute qui fonctionne bien et donne une belle perspective, comme des points de suspension.

C'est une excellente nouvelle, en ce qui me concerne !

Mon seul bémol, peut-être, ce serait le titre. Il reflète bien la nouvelle, mais ne me semble pas personnel. Je trouve qu'il fait un peu article de journal.

Mes encouragements ! Et merci de ce partage.

   STEPHANIE90   
17/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Luz,

merci pour cette nouvelle policière que j'ai lu avec plaisir. Je ne suis pas adepte à la base du style policier mais cela dépend de l'écriture. Étant ici romancé, je me suis baladé dans votre histoire et j'ai suivi le fil de votre intrigue.
Bon, l'intrigue est vite, trop vite peut-être dévoilé. Mais vos personnages sont sympathiques. Par contre, petite erreur de diagnostic du médecin qui dit "Vous vous êtes peut-être évanouie, mais pas à cause de votre diabète, sinon vous seriez probablement aussi raide que votre mari à cette heure-ci"
Et bien non, justement, un diabétique fait des malaises où comas légers qui peuvent durer plusieurs heures, et il peut se réveiller de lui-même ensuite grâce à la remontée de son taux de glycémie.

Pour la fin, je la trouve intéressante personnellement. Cette clé à molette subtilisée pendant la visite des pièces et balancée dans les eaux profondes, pour éviter à cette femme battue d'avoir des compte à rendre à la gendarmerie, mais par culpabilité de ne jamais avoir déceler son fardeau avant...

Merci pour la lecture,
StéphaNIe

   hersen   
17/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
ne nouvelle dans laquelle tu réussis fort bien à planter le décor, ce qui n'est pas évident sur du court.

C'est une histoire un peu rocambolesque car je me demande quell médecin se substituerait à la loi pour défendre une femme battue dans un village. le risque n'est-il pas très gros pour lui ? c'est cela qui me fait tiquer.

Il aurait fallu pour moi que tu développes un peu plus la réflexion du médecin, que je sache ce qui le fait agir ainsi. Je peux naturellement lire que c'est sans doute par compassion pour cette femme, mais je pense que c'est insuffisant au regard du risque encouru.

mais la narration est très bonne, et aussi chaque personnage campé, médecin et femme. ( je n'ose dire que le mort est bien campé :)

Donc, une petite réserve, mais une bonne nouvelle.

merci Luz !

   PIZZICATO   
17/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le but n'est pas tant de découvrir que cette mort accidentelle n'est pas un accident - on s'en rend compte très vite - mais le comportement du médecin, qui fait l'intérêt de cette histoire.

Bien sûr, en initiant Madame Astier à décrire un scénario mensonger, il peut s'exposer à des poursuites. Mais il sait aussi que l'absence de l'arme du crime peut occassionner un non lieu.

Peut-être - ou sûrement - sont-ce ses remords de ne pas être intervenu en temps voulu pour dénoncer les violences subies, qui l'ont incité à aider cette femme.
" Pourquoi lança-t-il une grosse clef à molette au plus loin qu’il put dans cette retenue ? ".

J'ai aimé cette nouvelle.

   senglar   
18/2/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Luz,


Je n'ose pas écrire : " La vie courante" et m'arrêter là. Un "passionnément +" doit se justifier. Justifie-t-on un cocktail qui nous ravit ? un whiskey qui se boit d'un trait sans racler le gosier ?

NON !

Alors je vous mets P+

Merci pour mon gosier :)

senglar

   chVlu   
18/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un fait divers, et peut être courant, que l'on vit au travers des yeux du médecin et de sa solitude face aux douleurs.
Un décor bien planté, c'est marrant tu dois être voisin(e) tu as l'air de bien connaitre cette maison en bord de voies à 800 m de chez moi ;).
Le texte ne garde pas de suspens, ce n'est pas son propos, et la chute ne lève pas les affres de la crise de conscience quand il faut faire des choix. L’ambiguïté de la position de ce carabin qui ne protège pas seulement la vie de sa patiente en conscience mais qui a besoin aussi de racheter la sienne est bien présente.
J'ai imaginé que cette histoire pourrait aussi être le récit d'une euthanasie à domicile sans beaucoup de modifications.
Une nouvelle qui dans on format court m'appelle à revenir sur ces questions de la justice face à la mort et à la vie.

Merci de ce bon moment passé à lire et commenter.

   plumette   
18/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
j'aime beaucoup le traitement de l'implicite dans cette nouvelle.

Le lecteur est entraîné dans le cheminement mental suivi par le docteur qui apportera son aide comme on dicte une ordonnance ou on prescrit un traitement.

Et puis, le contexte est très bien planté

voilà un texte fort vivant, oui, c'est aux vivants que l'on s'intéresse malgré le cadavre au pied de l'escalier.

Bravo!

Plumette

   izabouille   
19/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Luz,

J'ai bien aimé cette nouvelle. C'est court, net et précis. Le décor (fin de nuit, brouillard, grisaille, route en lacets, maison isolée) est bien mis en place, on baigne dedans du début à la fin. On sent bien l'excès d'alcool et la violence qui en découle même si tout cela n'est pas clairement expliqué.
Merci pour ce bon moment de lecture.

Iza

   Bidis   
21/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Le médecin, vraisemblablement, cache un crime. Pourquoi ?
Cette courte nouvelle est certes prenante et agréable à lire, mais pour moi, elle manque de vraisemblance.
Petite remarque :
- "Sa femme, désemparée, l’avait appelé à l’aide, le tirant d’un sommeil profond." : D'après le sens, c'est le docteur qui a été tiré d'un sommeil profond. Pourtant, d'après la grammaire, le pronom personnel "l" se rapporte au dernier sujet, c'est à dire "Monsieur Astier".

   in-flight   
21/2/2019
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Les récits "Jacqueline-Sauvagesque" sont à la mode. Je ne m'étendrais pas sur le fond... Pour ma part le texte vaut surtout pour sa chute (de clé): le vrai suspens réside dans cette ultime action du médecin.
"grimpa au-dessus de l’imposant ouvrage en béton" --> là on peut se dire qu'il culpabilise d'avoir couvert un meurtre et que, songeant au serment d’Hippocrate, il s'apprête à sauter ne pouvant supporter ce mensonge qui met à mal son intégrité. Mais non! c'est bien l'objet du crime qui finira dans les abysses.
Si la chute est bonne, la forme interrogative qui l'amène me semble inopportune. D'une façon générale le texte pêche par son manque de suspens puisque le lecteur voit bien que Madame maquille la scène d'une façon grossière. J'en ai même ri à certains passages ("mon mari a tout sali avec ses chaussures terreuses."/"La couleur s’est imprégnée dans sa peau au cours du temps") Dommage pour du thriller.

   Amelie   
27/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai aimé la manière d'installer l'atmosphère (c'est le cas de le dire). Le texte n'est pas alambiqué mais comme il est court, la clé de l'affaire doit l'être aussi. La seule chose qui m'a manquée est un approfondissement des deux protagonistes. La femme semble un peu limitée (elle a des réflexions qu'elle impute au choc mais elle est vraiment peu logique) et le médecin agit sans qu'on sache vraiment ce qui le meut et l'émeut dans la situation. La toute dernière phrase me semble superflue et ôte à la fin son intérêt. C'est une bonne histoire, simple, qui pourrait être efficace avec quelques corrections. Et merci pour le partage, Luz. :-)

   Donaldo75   
3/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Luz,

Je ne m'étendrai pas des années sur cette nouvelle bien écrite, sur un thème ô combien dramatique et de plus en plus courant dans la rubrique des faits divers.

C'est bien écrit, de manière très précise, avec de bons dialogues, et on se prend d'affection pour madame Astier. La chute est prévisible mais bien amenée et surtout pas trop pesante.

Merci pour la lecture.

Donaldo

   Iktomi   
7/3/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Je suis grand amateur et grand lecteur de polars.
Je me suis donc précipité sur votre nouvelle.
Le diable est dans les détails, dit-on souvent.
Et les détails peuvent nuire à la vraisemblance et à la cohérence du récit, surtout dans le genre Policier/Noir/Thriller.
Par exemple :
- vous envoyez sur le terrain un capitaine et un lieutenant de gendarmerie pour une affaire a priori peu complexe : des gradés de ce rang ne se dérangent pas comme ça, ils auraient plutôt envoyé des sous-officiers (adjudant ou maréchal des logis).
- j’aimerais bien savoir à quel genre de chocs on peut être exposé en travaillant dans une usine d’emballage, en particulier si l’on ne sait pas quel emploi y tient Mme ASTIER : ouvrière, comptable, standardiste ? Les risques ne sont pas les mêmes. Au surplus même si son poste de travail est sur la ligne de production elle n’aurait pas gardé son job longtemps si elle y prenait des gnons à tout bout de champ.
- le docteur n’habite pas très loin mais il met quand même vingt bonnes minutes pour rappliquer : dès lors l’argument de la proximité ne tient plus la route, si j’ose dire…
- ce sont des pins ou des sapins qu’il y a dans le bois près de la maison ?
Restons-en là. Ce n’est pas pour le plaisir du pinaillage que je vous ai infligé ça mais pour vous faire comprendre que dans le genre que vous avez choisi, toutes les pièces de la mécanique narrative doivent s’emboîter à la perfection, l’ensemble doit tourner rond sans le moindre grippage. Et chez vous malheureusement ça grippe par endroits.
Dommage car l’idée de base (dissimulation de crime et de l’arme y ayant servi) est bonne sans être follement originale et avait toutes les chances de donner un texte fonctionnant un peu mieux.

   Amelie   
14/3/2019
En quelques lignes, j'ai un contexte, une description suffisante pour imaginer le médecin, de même que l'atmosphère, le temps, etc.
C'est une écriture de celles que j'aime : simple mais fouillée.

Je suis gênée par une seule chose mais d'importance pour moi : le médecin sait que cette femme subissait son époux, ils se connaissent sans être intimes. Et c'est lui qui glisse ce qu'elle doit faire, dire aux gendarmes. Ce détail m'a un peu cassé le plaisir, parce qu'il n'est pas crédible (même si elle se tait, et lui aussi, ils auront tout de même falsifié une scène et lui, médecin, ne peut l'ignorer)/

(l'histoire de la clé à mollette est à mon sens inutile).

Je ne sais si cet avis sera partagé, mais quoi qu'il en soit, c'est un récit écrit avec une habileté telle que les mots font image. On y est.
Merci !

(je ne peux pas l'évaluer, j'ai juste la possibilité de laisser un commentaire, je ne sais pourquoi).


Oniris Copyright © 2007-2019