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Réalisme/Historique
maguju : Maldonne
 Publié le 26/03/19  -  9 commentaires  -  9306 caractères  -  73 lectures    Autres textes du même auteur

"Le mariage n'est pas une loterie. À la loterie, il y a des gagnants..."
(George Bernard Shaw)


Maldonne


Bob Harris était mort la semaine précédente, terrassé par une crise cardiaque alors qu’il dînait chez lui. Quand sa femme Helen appela Alicia pour la prévenir, celle-ci ne put s’empêcher de penser « bon débarras, une ordure de moins sur cette terre ». Mais, pour des raisons évidentes, elle n’en dit rien à son amie, l’assurant au contraire de toute sa sympathie. Elle aurait aimé trouver une excuse pour ne pas avoir à assister aux funérailles, prétextant que les chutes de neige de ces derniers jours compliquaient les déplacements en voiture, ou encore que sa grossesse se passait mal et qu’elle devait éviter toute émotion inconsidérée, mais Helen sanglotait tant au téléphone qu’elle n’eut pas le cœur de lui mentir.


– OK Helen, calme-toi tu veux. Promis, Peter et moi serons présents. J’amènerai une pumpkin pie*. Quand a lieu la cérémonie ?

– Lundi à 14 h, à l’église évangélique de Hailey. Tu te rends compte que sa salope de sœur a osé me dire qu’elle s’en fichait éperdument et qu’elle ne viendrait pas ! « Cet ivrogne n’a jamais levé le petit doigt pour moi », qu’elle m’a dit… « Il peut bien rôtir en enfer, ça m’est égal ! » Non mais tu te rends compte, disait Helen en pleurant de plus belle.

– Incroyable ! répondit Alicia, tout en réprimant un sourire et jetant un œil à la pendule. Je raccroche maintenant, ajouta-t-elle avec précipitation, il faut que je prépare son repas à Peter.

– Oui je comprends. Quelle chance tu as d’avoir encore ton mari auprès de toi !


Alicia ne répondit pas, soupira et replaça le téléphone sur son support dans la cuisine-salon du mobil-home. Elle ouvrit la fenêtre au-dessus de l’évier, appuya son ventre rebondi contre celui-ci, tendit la main pour saisir la glacière posée sur le rebord et referma la fenêtre. Le réfrigérateur était tombé en rade quelques jours plus tôt et, en attendant que les températures ne remontent et l’obligent à réagir, Peter avait trouvé cette solution pour conserver la nourriture et ainsi éviter de dépenser l’argent nécessaire à l’achat d’un nouvel appareil. Cela obligeait la jeune femme à se pencher en avant et à faire des gesticulations des plus inconfortables vu son état, mais elle préférait encore ça plutôt que de ressortir dans ce froid polaire. Elle attrapa une poêle dans le placard au-dessus de sa tête et la posa sur la gazinière. Elle y versa un filet d’huile, alluma le feu, retira deux côtes de porc de leur emballage et les jeta dans la poêle. Elle mit également du café à réchauffer. Alors qu’elle regardait la viande se rétracter en provoquant un grésillement caractéristique, Alicia ne put s’empêcher d’imaginer Bob Harris, le nez dans son assiette et le visage crispé de douleur après sa crise cardiaque. Elle se demanda si des côtes de porc étaient au menu ce soir-là…

Un peu plus tard, Peter était assis devant une tasse de café fumante, les bras le long du corps et les yeux perdus dans le vide. Il était silencieux depuis son arrivée et Alicia hésitait à parler. Lorsqu’il était entré, elle avait aussitôt constaté, à son visage fermé et à la manière dont il avait tapé ses bottes crottées sur le tapis, qu’il était de fort mauvaise humeur. Par expérience, elle savait que, dans ces cas-là, il valait mieux se taire ; de cette façon, elle avait peut-être une chance d’éviter de l’énerver davantage. Soudain il se retourna vers elle et, le regard noir, lui lança :


– Tu as encore fumé nom d’un chien. Tu veux que mon gosse soit taré c’est ça ? Ben réponds, qu’est-ce que t’attends ?

– Pardon Peter, mais j’ai eu une journée difficile. J’ai eu tour à tour ma sœur et Helen au téléphone. Bob Harris est mort mercredi dernier. Il avait à peine quarante ans…

– P… ce vieux Bob. Qu’est-ce qui s’est passé ?

– Crise cardiaque alors qu’ils étaient en train de dîner. L’enterrement est lundi à 14 h à Hailey. Tu pourrais demander un jour de congé à Baldwin non ? J’ai dit à Helen que nous irions. Tu es d’accord, n’est-ce pas ?

– C’est Helen qui l’a tué avec sa cuisine, s’esclaffa Peter sans répondre. En parlant de manger, sers-moi tu veux, j’ai une faim de loup. Nom d’un chien, ça fiche un coup tout de même. Quarante ans tu t’imagines. J’en ai à peine sept de moins…


Alicia mit l’une des côtes de porc dans une assiette avec quelques haricots, coupa une tranche de pain, prit des couverts dans le tiroir et déposa le tout devant Peter. Elle alla ensuite se servir un verre d’eau et s’installa sur le siège en face de lui. Elle avait l’estomac noué et savait qu’elle ne pourrait rien avaler.


– Tu me diras, reprit Peter la bouche pleine, vu la manière dont ce salaud de Frank Baldwin me traite, je risque de ne pas faire de vieux os moi non plus… Et ta cuisine m’achèvera, ajouta-t-il.


« Il faut croire que ce n’est pas si mauvais, pensa Alicia, vu la manière dont tu t’empiffres. »


– Je plaisante baby, qu’est-ce que tu fiches à me regarder comme ça ? Tu ne manges pas avec moi ?

– Je n’ai pas faim pour le moment. Je me sens fatiguée. Je dînerai peut-être plus tard si tu veux bien Peter.

– Tu sais ce que Frank m’a demandé aujourd’hui ? reprit le jeune homme sans tenir compte de la réponse de sa femme. Il veut que mon équipe travaille dimanche matin pour rattraper le retard… Bien sûr en étant payé à peine plus que d’habitude… Qu’est-ce que j’y peux moi s’il est incapable d’honorer les commandes ? Il a qu’à embaucher et c’est réglé. Y a largement assez de boulot à la scierie en ce moment pour qu’il prenne un autre gars. Je vais pas me tuer au travail, qu’il compte pas sur moi. Et pour lundi ça m’étonnerait qu’il me donne ma journée…


Alicia se sentait soudain très lasse et peinait à garder les yeux ouverts. Elle avait une envie irrépressible de fumer mais elle savait qu’avec Peter dans les parages c’était impossible. Elle se leva pour débarrasser la table et au moment où elle se tenait debout près de son mari, celui-ci l’attrapa par la taille et l’obligea à s’asseoir sur ses genoux.


– Dis donc, tu pèses ton poids maintenant…


Alors qu’elle reposait assiette et couverts sur la table, Peter se mit à lui caresser le ventre et la poitrine et à frotter son visage contre ses épaules. Elle sentait sa barbe lui piquer la peau à travers le tissu de sa robe et son souffle chaud dans son cou. La bosse de son pantalon était plus que parlante.


– Tu es si belle et tu sens si bon, viens t’allonger avec moi dans la chambre…

– OK Peter, répondit Alicia tout en se dégageant doucement de l’emprise de Peter et en saisissant à nouveau ce qui se trouvait sur la table. Laisse-moi débarrasser avant tu veux. Et j’ai fait une tarte aux pommes. Je t’en sers un morceau avec une autre tasse de café ?

– Tu m’ennuies avec ta tarte… J’te dis que j’ai envie d’aller dans notre chambre. Tu es ma femme nom d’un chien.


Alicia se dirigea vers l’évier et y déposa assiette et couverts. Elle resta quelques instants immobile, regardant droit devant elle à travers la fenêtre. Martin Johnson était sorti déposer la poubelle devant sa porte et il lui adressa un signe de la main. Elle lui répondit avec un sourire. Alicia se souvint alors du jour où il était venu l’aider à porter ses sacs de courses à son retour du supermarché. Elle l’avait raconté à Peter mais l’avait aussitôt regretté car son mari avait piqué une colère monumentale. Il lui reprochait d’avoir accepté l’aide du voisin alors que lui-même se trouvait à la maison et que, d’après lui, elle aurait dû le solliciter plutôt que de le faire passer pour un goujat, incapable de prendre soin de sa femme, ou, pire encore, pour un fainéant. Ce jour-là, Alicia avait compris que Peter n’allait peut-être pas être le mari idéal qu’elle avait imaginé. Depuis dix-huit mois qu’ils étaient mariés et qu’il travaillait à la scierie Baldwin, le jeune homme s’était transformé. Il se plaignait sans arrêt. Un jour c’était de ses conditions de travail, un autre de ses collègues, du froid ou bien encore des voisins, qu’il jugeait antipathiques et trop bruyants. « Il ne boit pas avec excès, c’est déjà ça. Et il a un job », pensa Alicia en attrapant une assiette dans le buffet. Elle s’apprêtait à découper une part de tarte à Peter lorsqu’elle sentit sa présence derrière elle. Il posa ses mains sur ses hanches et la retourna face à lui.


– Laisse ça j’te dis. Viens avec moi. J’en ai envie. J’y peux rien, ta grossesse te fait un cul du tonnerre, dit-il la voix rauque.


Alicia hésita quelques secondes puis tendit la main vers le plan de travail à côté de l’évier. Elle y déposa lentement le couteau qu’elle serrait encore dans sa main droite. Peter l’entraîna à l’autre bout de la pièce où se trouvait leur chambre à coucher. Il s’assit sur le bord du lit et retira ses bottes qu’il jeta à travers la pièce. Ensuite il déboucla sa ceinture et retira son pantalon. Alicia se tenait debout contre le mur et ne bougeait pas. Alors que Peter se débarrassait de son pull, de sa chemise et son slip, la jeune femme repensa à la phrase qu’avait prononcée Helen un peu plus tôt au téléphone. « Tu as de la chance d’avoir encore ton mari auprès de toi. » C’est alors qu’Alicia ferma les yeux et eut une vision. Elle imagina Peter, la tête dans son assiette, le visage maculé de sauce et crispé par la douleur. Puis elle rouvrit les yeux et entreprit de retirer sa robe.


* Tarte à la citrouille.


 
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   Corto   
11/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Avec une telle nouvelle, le romantisme est définitivement mort !!

Cet texte est bien écrit car on visualise sans problème toutes les scènes qui se succèdent.

Dès le début on perçoit le double langage ou plutôt les doubles sensations que chaque événement provoque. Penser
« bon débarras, une ordure de moins sur cette terre » en pleine discussion avec une veuve éplorée qui annonce la mort de son mari, est une belle démonstration de l'ambivalence qui règne dans toute cette nouvelle.

Les sentiments et les pensées d'Alicia vis-à-vis de son rustre de mari Peter sont aussi très bien formulées et évocatrices.

Le dernier paragraphe ajoute au suspens lorsque "Alicia hésita quelques secondes puis tendit la main vers le plan de travail à côté de l’évier." On imagine volontiers qu'elle va se saisir d'un couteau pour mettre fin à la sollicitation sexuelle qui l'ennuie à ce moment-là.

Le retournement de situation vient tout à la fin avec "Elle imagina Peter, la tête dans son assiette, le visage maculé de sauce et crispé par la douleur. Puis elle rouvrit les yeux et entreprit de retirer sa robe."

Une belle maîtrise de l'écriture et du suspens, une belle exploration des sentiments intérieurs et vis-à-vis des autres caractérisent ce texte.

Après cette lecture on ne peut être que d'accord avec le titre mais rester à distance de l'exergue qui relève plus du bon mot qu'autre chose. Non le romantisme ne mourra pas !!

Bravo.

   plumette   
12/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
décidément, j'aime bien les petites tranches de vie, celles qui nous viennent des US ont un petit goût d'exotisme pour moi.

Je fais partie des lectrices à qui les détails parlent, j'aime vraiment cette façon de nous entraîner dans un décor et dans la tête de la narratrice.

Un bon moment de lecture,

A la fin ,j'aurais bien vu une pulsion meurtrière avec le couteau embarqué dans la chambre ( elle aurait pu le planquer sous sa robe) Et puis un renoncement ...

   hersen   
26/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une nouvelle qui oppose deux points de vue : une femme perd son mari (perçu comme un gros connard par son beau-frère) et il lui manque cruellement, et une autre femme, épouse de ce fameux connard, voudrait bien que le sien soit mort.

mais elle renonce.

Il n'est pas si facile de devenir assassin. Par conte, l'auteur ne fait pas dans la demi-mesure : Alicia n'a-t-elle vraiment que cette solution ?

Quitter est peut-être mieux que tuer ?

mais il est vrai que son mari ne nous est pas montré sous un jour si compréhensif...

Une nouvelle qui se termine sur la résignation d'Alicia. Et rien ne nous est donné pour espérer qu'il en soit autrement un jour. ça donne froid dans le dos, mais bon.

c'est une nouvelle bien noire, voire démoralisante. mais qu'est-ce qu'on y peut si les beaufs sont beaufs et les soumises soumises ? pas grand-chose, je le crains.

la nouvelle est fort bien racontée, elle suit un schéma clair. de ce point de vue, je l'ai bien aimée.

   senglar   
26/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour maguju,


Comme quoi la notion de chance est toute relative et un tiens vaut mieux que deux mauvais tu l'auras ; le suspense est habilement ménagé dans cette nouvelle qui laisse le champ ouvert à des dérapages possibles que le lecteur sait improbables mais qu'il se complait à imaginer, ce qui fait de lui un assassin en herbe et surtout à peu de frais. Ce texte aurait pu fournir matière au grand maître des frissons, à ces "Histoires extraordinaires", séries de mini-films que l'ultra génial Alfred s'était plu à tourner pour la télé dans les années... 65/70 ?... m'en vais vérifier. En tout cas vous pouvez d'ores et déjà vous installer scénariste, il y a des suggestions de gros plans dans votre nouvelle et des bruitages aussi, les commandes afflueront...

N'empêche j'aurais aimé voir un peu de sang ici... voire du boudin là... un peu de couleur rouge quoi, or la côtelette qui grésille et la citrouille verte... Bon tant pis ! Ah l'assiette de l'autre c'était des spaghetti bolognaise ? :D


senglar

   Eva-Naissante   
27/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Une tranche de vie c'est cela, une de ces vies qui ne sont pas si rares malheureusement.

A vous lire, on n'entre pas seulement dans cette scène, on entre dans cet univers de femmes qui n'osent pas dire, qui reposent leur couteau à contrecœur et, entre rêve et réalité, se laissent prendre leur dignité.

Une bonne histoire, bien rythmée, ni trop longue ni pas assez, sans fioritures et bien écrite.

Un peu de sang aurait en effet peut-être été salvateur pour cette femme mais aurait à mon sens fait perdre à votre texte toute son intensité qui réside précisément pour moi, dans le fait qu'elle ne peut que se contenir...

Merci pour cette lecture,

Eva.

   Iktomi   
27/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une immersion-éclair dans une certaine Amérique profonde qui n’a rien à envier en beaufitude à ce qu’on peut trouver çà et là dans nos belles provinces françaises.
Les personnages sont bien campés et la mise en situation, efficace, éclaire très vite le propos sous-jacent de la nouvelle.
Je crois vous avoir déjà dit par ailleurs que je n’étais pas fervent de récits « délocalisés » dans une Amérique qui se dérobe souvent à nos visions parfois stéréotypées.
Mais ce texte emporte l’adhésion par son style sans fioritures et parce qu’il recèle un vrai contenu narratif ayant vraiment du sens.
En lisant, j’ai pensé (surtout vers la fin) à cette phrase de Maupassant : « Le mariage est un échange de mauvaise humeur pendant le jour et de mauvaises odeurs pendant la nuit. »

   jfmoods   
28/3/2019
Personnages centraux de cette nouvelle, Helen et Alice sont deux amies aux personnalités bien différentes.

Helen, passive, un peu nunuche, ne mesure pas sa chance : la mort accidentelle de Bob la libère d'un mari bien peu aimant.

Après quelques mois de mariage, Alice, enceinte, a vu émerger la véritable personnalité de Peter. Le compagnon aux petits soins a très vite laissé place au mâle méprisant et arrogant. La vie conjugale d'Alice part en lambeaux mais elle n'est pas du genre à se laisser faire. La mort accidentelle de Bob alimente chez elle une fantasmatique du meurtre.

Le couteau est une option intéressante, mais risquée. Peter pourrait avoir du répondant et faire payer très cher à sa femme une tentative avortée. En imaginant même qu'elle arrive à ses fins de cette manière, comment Alice pourrait-elle échapper à la justice ?

Non, décidément, le plus sûr, c'est de trouver le poison adéquat : discret, propre, d'une efficacité... mortelle.

Merci pour ce partage !

   Malitorne   
31/3/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Une épouse pas heureuse avec son mari. Le désir d'assassinat semble un peu excessif au regard de ce que nous lisons. Un gars pas romantique, plutôt rustre, mais ni violent ni alcoolique. Faut-il le poignarder pour ça ? A se demander si ce n'est pas la femme qui a un grain... Je trouve qu'il y a un décalage entre les pensées de l'épouse et les faits ce qui décridibilise l'histoire, au demeurant correctement écrite.

   toc-art   
12/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

j'ai beaucoup aimé ce texte parce que j'ai eu l'impression d'être dans le mobile-home et de vivre la scène de l'intérieur. Je suis content que l'auteur n'ait pas penché pour la version dramatique mais qu'elle ait juste joué avec l'idée, comme le fait l'héroïne. ça donne d'ailleurs une autre dimension à celle-ci, la rend moins lisse et parfaite qu'on aurait pu le croire au départ. Et puis j'aime aussi cette idée de la résignation, il y a quelque chose de plus poignant sans doute (à mes yeux en tout cas) que la "libération" qu'un meurtre aurait pu engendrer, du moins sur le moment.

Question écriture, rien à dire, je trouve que ça coule tout seul. Juste deux ou trois détails :

- je pense qu'il n'est pas logique que la femme annonce l'âge de Bob à son mari puisqu'il le connaît. la phrase fait artificielle. Et comme ce dernier l'évoque ensuite, ce serait largement suffisant et ça coulerait mieux à mon avis.
- je trouve aussi étonnant que la femme n'ait pas perçu plus tôt les défauts de son mari. Vous essayez de le justifier par un changement d'attitude depuis l'emploi à la scierie mais on a un peu de mal à y croire et ça n'apporte pas grand-chose à l'histoire, elle aurait aussi pu l'épouser en connaissance de cause pour une raison ou une autre, facile à trouver.
- enfin, la toute fin, avec cette vision de la mort souhaitée de son mari me semble un peu trop explicite et à vrai dire, inutile (même si je comprends l'envie de boucler la boucle avec le début du texte). C'est plus un plaisir d'auteur. Le lecteur a bien compris ce qu'elle éprouvait.

Mais ce sont des détails dont vous ferez bien ce que vous voulez, j'ai vraiment beaucoup aimé ce texte.


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