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Policier/Noir/Thriller
Malo : Trois balles tournent dans ma tête
 Publié le 28/02/17  -  10 commentaires  -  10100 caractères  -  75 lectures    Autres textes du même auteur

Le sourire de ma mère… Sa disparition, là-bas… L'école militaire… Mes amours adolescents… Mon grand-père… Le colt qui crache. La tache rouge devant mes yeux, La tache noire qui poissait peu à peu le tapis… Son ombre… Peur !


Trois balles tournent dans ma tête


Trois balles sautent à l’intérieur de mon crâne, chaud. Trois balles tapent dans ma tête, blette. La cour, désert de pierre que le soleil polit. Des années que je marche dans ce désert de pierre où le soleil rebondit, ballon, sur mon front, moite. Devant mes yeux, trois balles qui fusent, le colt qui tombe. Cri, le colt noir sur le tapis.


Sonnerie. L’heure de rentrer. Couloirs. La porte claque. S’asseoir sur son lit en attendant la nuit. Mais ce n’est pas mon lit. On me l’a prêté quand on m’a enfermé ici. On m’a dit : « C’est ton lit », mais je sais bien que c’est faux. Rien de ce que j’utilise ici n’est à moi, pas même mes vêtements. Eux aussi on me les a prêtés.


C’était il y a longtemps, on dit dans une autre vie. J’étais enfant. Je vivais à côté du vrai monde ; dans un univers doux, câlin, avec ma mère, mes frères et mes sœurs. On habitait un tout petit appartement mais il y faisait bon, tapissé qu’il était de baisers et de caresses. Seuls les escaliers me faisaient peur. Ils étaient fréquentés par des monstres qui attendaient que la lumière s’éteigne pour me bondir dessus, m’emmener à la cave et me dévorer. Je le savais. Cela n’était jamais arrivé, car, quand je descendais la poubelle, par exemple, je m’arrangeais pour atteindre très vite un palier où luisait un commutateur. On habitait au troisième étage, mes grands-parents habitaient l’étage au-dessous. Tous les dimanches on déjeunait chez eux. À table, on parlait de mon père qui faisait la guerre, au loin.


S’asseoir sur le lit. Attendre. Entendre. Le glouglou de l’eau dans les tuyaux : bruit de fond qu’on oublie, puis qui revient, obsédant. Un cri, au loin, dans un autre endroit, tranchant comme une lame puis qui s’efface. Le glouglou de l’eau… Grincements de chaussures devant la porte, des pas qui s’arrêtent, l’éclair blanc de l’œilleton, puis les pas qui passent, qui s’effacent. Le glouglou… Torrent d’une chasse d’eau : l’image furtive de la cascade près du gué où nous allions… Mais qui s’efface.


C’était il y a longtemps, on dit dans une autre vie. J’étais enfant. Maman souriait tout le temps. Seulement je voyais de la tristesse dans ses yeux. Alors je m’asseyais sur ses genoux et je l’embrassais. On me disait : « Ne traîne pas toujours comme ça dans les jupes de ta mère. » Mais il y avait ce parfum qui la suivait partout où elle allait. Il était subtil et doux comme son sourire. J’aimais aussi sa démarche, gracieuse mais aussi érotique. Comment puis-je parler comme cela de maman ? J’étais un enfant alors, je ne pouvais pas le dire avec des mots, mais je savais que sa démarche était érotique. J’aimais trop me blottir contre sa poitrine, dans son odeur comme dans un bain chaud.


L’heure de manger. Porter la nourriture à la bouche. Mastiquer. Avaler. Répéter le geste jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien dans la gamelle. Combien de repas depuis la tache rouge dans mes yeux, depuis la tache noire qui poissait peu à peu le tapis ? Depuis, toujours le même goût métallique, bouchée après bouchée.


C’était il y a longtemps, on dit dans une autre vie. Maman a dû partir, traverser l’océan pour rejoindre papa et sa guerre. Son absence ne devait pas durer trop longtemps (toute une éternité). Un soir, des gendarmes sont venus chez mes grands-parents qui nous gardaient, mes frères, mes sœurs et moi pendant l’absence de maman. Ils nous ont dit d’aller au lit. Je me suis caché derrière la porte. J’ai tout entendu. Un attentat. Papa et maman qui ne reviendraient jamais plus. Je suis allé me coucher en demandant à ce que je meure pendant mon sommeil pour retrouver maman. Mais le matin, je me suis réveillé. Depuis, j’ai vécu, la tête en l’air, guettant les avions dans le ciel. Je pensais pouvoir reconnaître celui qu’elle avait pris pour traverser l’océan.


Extinction des feux. S’allonger sur la bannette. Fermer les yeux. J’entends encore des bruits : toux, vitupérations, encore des chasses d’eau. Peu à peu le silence s’installe. Derrière mes paupières, son ombre. Peur.


C’était il y a longtemps. Mes grands-parents ne savaient pas quoi faire de moi. Il vit dans ses rêves disaient-ils. Il a besoin d’un homme pour l’aider à grandir, d’un soldat comme son père. Alors, à la rentrée des classes, je suis parti à l’autre bout de la France dans une école militaire. Je ne comprenais pas ce que je faisais là. Je n’arrivais pas à faire comme les autres garçons : rire, courir, se faire des amis, jouer au foot. Je restais dans mon coin, la tête ailleurs. J’attendais. Comme personne n’est venu me chercher, je me suis mis à vivre dans les livres. J’étais au chaud dans les livres. Je parlais avec eux. J’y trouvais confort et oubli.


Martèlement de pas dans le couloir. Fracas de clés dans les serrures. Le réveil. Je suis toujours en vie. Je ne sais pas pourquoi mon corps insiste pour me garder en vie. Tant aimé qu’il disparaisse, qu’il me laisse tranquille. Dans ma tête je suis mort, depuis qu’il est tombé, sang, sur le tapis.


C’était il y a longtemps. Les adultes, autour de moi, ont commencé à s’inquiéter à mon sujet. Il ne semble pas s’adapter à la vie d’ici. L’éducateur, c’était un jeune homme qui faisait son service militaire, a été désigné pour me parler. Je ne l’écoutais pas. J’avais les yeux fuyants. Il me dérangeait. Il m’a laissé tranquille. Puis j’ai été convoqué auprès du capitaine de compagnie. Comme à l’armée, nous formions une compagnie divisée en sections avec à leur tête un adjudant et un éducateur qu’on appelait chef. Avant de parler, le capitaine m’a regardé longtemps. « On a téléphoné à ton grand-père. Il pense que tu as besoin de rester ici, au moins un moment, pour t’endurcir. Je sais que ce n’est pas facile. Regarde-moi. » Le capitaine portait un crochet à la main droite. À la main gauche il ne lui restait que trois doigts. Une grenade qu’il avait relancée, trop tard. C’était pendant une autre guerre. « J’ai mis du temps à reprendre goût à la vie, très longtemps. Toi aussi tu dois vivre, malgré la mort de tes parents et comme dit ton grand-père tu verras qu’ici tu trouveras ce qu’il faut pour te construire, pour devenir un homme. »


La porte s’ouvre. Le gobelet avec les médicaments. Puis le plateau en plastique avec le bol en plastique rempli d’un liquide noirâtre, ersatz de café, et deux tartines. La confiture est rouge. Je retourne les tartines. Je rejoins le bat-flanc, m’y étends.


J’avais compris. Je resterais ici. Pour qu’on me laisse tranquille, je devais singer les autres garçons. J’avais du mal. Et puis progressivement, sans m’en rendre compte, je me suis laissé séduire par le savoir qu’on nous prodiguait. (Les professeurs étaient habillés en civil. Ils apportaient un air frais de l’extérieur.) Si bien qu’au cours des années, j’ai fini par collectionner les premières places. J’avais droit au tableau d’honneur. Les adultes me considéraient comme un élève solitaire, mais comme j’avais de bonnes notes… Les études, pour moi, étaient comme les romans, une façon de me retrouver en liberté.


Tous les étés je rentrais chez mes grands-parents. C’étaient les vacances. Je revoyais mes frères et mes sœurs, mais on n’avait plus grand-chose à partager. Alors j’errais, seul, dans la ville. Je ne m’ennuyais pas. J’aimais beaucoup m’asseoir sur un banc, devant la plage et regarder les filles. Je les trouvais si belles, si délicates, si émouvantes, mais en même temps trop différentes pour que je puisse les aborder. Je les regardais, cela me suffisait.


Fin du petit déjeuner. Je tends mon plateau. On me demande pourquoi je n’ai rien mangé. Je réponds que les tartines sont couvertes de sang. On ne répond pas. La porte claque. Tours de clés. Je vais m’asseoir sur le lit. J’attends.


Un après-midi, alors que j’étais seul dans l’appartement, en ouvrant le tiroir d’une commode, j’ai trouvé un pistolet. Il était dissimulé par des chiffons, glissé dans un étui en tissu, avec un chargeur. C’était à mon père, c’est sûr. J’ai joué un peu avec, faisant rentrer le chargeur dans la poignée, puis le retirant. Enfin je l’ai caché dans ma chambre. Pourquoi ? Parce qu’il était à mon père sans doute… Le soir, j’aimais le manipuler, je l’appelais « le colt » : un mot dur et froid, comme lui, mon père.


J’attends le repas de midi. Je regarde le ciel par la fenêtre trop haute. Toujours le même ciel, bleu métallique, sans nuances, cru, percé par le soleil.


Je m’étais tout de même fait quelques camarades. Comme nous étions toujours entre garçons, les sorties à l’extérieur étant rares, nos premières expériences sexuelles ont eu lieu entre nous. Cela a été pour moi une révélation. Des caresses, de la tendresse enfin, un si lointain souvenir. Je tombais régulièrement amoureux. Je sentais tout de suite que le camarade de classe que j’avais choisi pourrait être réceptif à mes avances. Je ne me suis jamais trompé. Nous restions très prudents, l’hypocrisie étant de mise à l’école. Cette homosexualité adolescente était tolérée à condition toutefois qu’elle reste très discrète. Je pense que les adultes croyaient qu’elle pouvait résoudre les tensions et que cela nous passerait.


Je somnole les yeux clos. Un rayon de soleil s’insinue derrière mes paupières, pénètre mon cerveau, brûle la litanie des pensées qui se succèdent, se chevauchent, luttent entre elles, enfin disparaissent pour réapparaître avec encore plus d’insistance.


Un jour j’ai été pris sur le fait. J’ai dû tout raconter devant le capitaine, un autre capitaine. Très vite le conseil de discipline s’est réuni. Malgré mes bons résultats, j’ai été renvoyé, sur-le-champ. J’ai rassemblé mes affaires. J’ai quitté l’école.

Mon grand-père m’attendait à la porte de l’appartement. Pas un mot. Un signe du doigt pour me montrer ma chambre. Il a tourné la clé pour que je ne puisse pas sortir.


J’entends un avion. Je le vois, éclair argent à travers la fenêtre, gros insecte qui brille.


Le soir, il est revenu. Il tenait un fouet de charretier dans les mains.


Gros insecte qui m’appelle pour qu’enfin je m’embrase.


J’ai pris le colt sous mon oreiller.

Que je m’embrase dans le feu, pur, du soleil.


 
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   plumette   
6/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
j'ai bien aimé le procédé narratif qui consiste à alterner le présent avec la description sèche et directe, par des petites phrases très courtes, du quotidien de ce prisonnier et l'évocation du passé qui explique les raisons de l'emprisonnement.

la répétition de " c'était il y a longtemps, qui scande le texte aide à accepter ce récit en accéléreé de quasiment toute une vie.

l'histoire de ce gamin qui devient meurtrier est bien racontée quoique sans grande surprise.

un bonne écriture au service d'un bon moment de lecture.

Plumette

   Donaldo75   
11/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour,

Je suis mitigé. Ce texte m'a semblé artificiel, de par sa construction et le style, fait de phrases courtes et choc, au début, puis je suis rentré progressivement dans l'histoire, parce que la narration a pris de l'ampleur en abandonnant les effets de style.

Malheureusement, la fin est revenue aux errements stylistiques du début et à l'ellipse, le genre que seul l'auteur peut comprendre, laissant ainsi le lecteur à la porte.

Merci pour la lecture,

Donaldo

   Grange   
28/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je me suis immergé dans cette narration avec un peu de difficulté mais ensuite je n'ai plus levé le nez !
Ce qui me plaît énormément c'est le fait que l'écriture ne soit pas en "surplomb" du propos. En clair, je trouve que le narrateur est tout à fait dans le ton par rapport à ce qu'il décrit de lui-même et qu'il use pour le dire d'un lexique et d'une syntaxe parfaitement crédibles.
Bravo !
Une petite critique infinitésimale de l'exergue : les amours ne peuvent être qu'adolescentes et non adolescents. Amour, lorsqu'il est utilisé au pluriel passe au féminin !

   PierrickBatello   
28/2/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Tout cela m'a paru très artificiel. Je n'ai malheureusement pas cru un instant à ce personnage, et impossible d'entrer en empathie avec lui. Je ne le vois pas; physiquement, il n'existe pas dans ma tête lors de la lecture. Les phrases courtes, sèches, n'aident pas à rentrer dans le récit au début. Cela s'améliore un peu après. Puis, les choses se troublent. On reste dans le flou. Du noir pour du noir ai-je envie de dire. Désolé d'être resté extérieur à l'univers de cette nouvelle.

   Tadiou   
28/2/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Des mondes et des ambiances s'interpénètrent. C'est parfois hermétique, en particulier les deux premières phrases.

J'apprécie le leitmotiv "C'était il y a longtemps..." La description du monde chaleureux de l'enfance, avec ses peurs aussi. Et la révélation de la mort de ses parents, racontée avec pudeur et une émotion renfermée.

Va-et-vient entre le monde de "C'était il y a longtemps..." au monde de l'Ecole Militaire(et l'homosexualité) et le monde de la prison/(hôpital psychiatrique?)

La fin est en filigrane. Qu'a-t-il fait de son colt? Tentative de suicide? Assassinat du grand-père/bourreau? Sans doute les deux?

Le flou et le non-dit artistiques ont certes leurs qualités. Mais l'hermétisme de l'obscurité et de l'ellipse dans un récit où l'action est présente me semble dommageable. Les personnages ressemblant alors à des ombres chinoises.

Les phrases s'enchaînent agréablement, bien rythmées, avec un style léger, des phrases souvent courtes. Instants de poésie aussi avec les regards désespérés vers les avions.

   vendularge   
28/2/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonsoir Malo,

Je suis très impressionnée par ce texte, son écriture au couteau, son économie salutaire et sa force désespérée.

Je n'ai rein d'autre à dire.

Merci
vendularge

   hersen   
1/3/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
très bon texte par ce style minimaliste qui donne l'impression d'en dire peu mais qui sous-entend tout le reste.

Il y a presque du détachement dans la façon de raconter la vie en prison ou en HP, seule l'obsession du rouge qui hante toujours cet homme de ce qu'il a fait adolescent, d'une "faute" hypocritement tolérée tant qu'elle arrangeait les autorités mais dont il est le seul à payer la note quand ces autorités sont dans l'embarras du scandale.

Ce noir, ce rouge, jusque sur la tartine.

c'est une grande douleur qui s'en dégage, et la poésie présente, notamment à la fin, en accentue encore l'effet.

Du très bon travail.

Merci de cette lecture,

hersen

   Raoul   
1/3/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime beaucoup ce texte qui, écrit avec peu en dit beaucoup.
La constructions en strates est prenante avec ces temps parallèles qui se rencontrent pourtant. C'est assez psy. sans être une étude de cas, l'écriture est pudique, tenue et elle ne prend pas son lecteur par la main et pour un mal comprenant ce qui est fort agréable.
Tranchant, saignant, mais pas sanguinolent : ce qui ressort surtout, ce qui est marquant et fort, c'est la sensualité, la sensibilité des perceptions du narrateur, ses nuances et complexités. Lumières, odeurs, bruits, tout est exacerbé et juste.
Pour moi c'est un beau tour de force, ça m'a embarqué.

   widjet   
1/3/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Un texte court. Mais qui m’a paru interminable. Et bancal dans la forme.

Pourtant, les toutes premières lignes annoncent du sympa. Du sec. Du nerveux. Du rugueux. Donc joie. Et puis, très vite, trop vite, je déchante. Sévère. A force d’être surjoué, le style se drape de guirlandes. Et tout me semble factice et assez maladroit.
« Rien de ce que j’utilise ici n’est à moi, pas même mes vêtements. Eux aussi on me les a prêtés. » Seconde phrase inutile.
idem sur le « c’est sûr » du « C’était à mon père, c’est sûr. » Dispensable et contredit par la phrase suivante « Parce qu’il était à mon père sans doute… ».
Toujours dans le superflu (y’en a beaucoup dans ce texte et ça casse le rythme), : Répéter le geste jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien dans la gamelle. (s’arrêter à « geste », le reste on a compris)
« …avec ma mère, mes frères et mes sœurs »..ho ho, ce serait le bonheur ? Désolé, mais j’ai ri.
« un tout petit appartement mais il y faisait bon, tapissé qu’il était de baisers et de caresses. » bancal (je pige l’idée, mais un appart tapissé de baisers…euh non.)
« Fracas de clés dans les serrures ». Fracas ? N’exagérons rien.

L’emplacement des virgules à plusieurs endroits m’a perturbé. Je sais que c'est volontaire, mais à mes yeux, non seulement ça ne marche pas trop, mais surtout ça diminue l’impact de la phrase et va à l’encontre de l’intention souhaitée.

Exemple pris au hasard.

"Dans ma tête je suis mort, depuis qu’il est tombé, sang, sur le tapis". Ecrit comme ça, c’est trop neutre, l’effet passe au travers.

Mais écrit plutôt comme « Dans ma tête je suis mort, depuis qu’il est tombé. Sang, sur le tapis. » bah, c'est du déjà vu, certes, mais pour moi ça claque plus.
 Avis perso, naturellement. Je suis pas là pour te dire comment écrire.

Que vient faire un mot si peu usité et aussi précieux que « vitupérations » dans un texte au style globalement standard ? Idem pour certains participe présent (« l’hypocrisie étant de mise », « les sorties à l’extérieur étant rares"), ou des phrases trop construites (avec des adverbes, ce qui donne encore une fois un style trop travaillé et en décalage avec la psychologie que je me fais du jeune homme même si c'est pas non plus une racaille et qu'apparemment il aime la littérature) bref, ça colle pas toujours, je trouve (mais je me trompe peut-être). Je crois que j’ai surtout été gêné par ça, cette forme trop différente ; entre le rituel carcéral (économie de mots, et c’est ce qui fallait faire pour illustrer la froideur de cet autre monde, donc change rien sur ça) et le verbiage du détenu (avec des ajouts encore et toujours qui freinent le récit : « Très vite le conseil… ». Virer le « très vite ». … Pour « Malgré mes bons résultats… » je sais pas en définitive car je pense que tu cherches aussi à démontrer que le gars c'est pas un voyou, mais un type éduqué et instruit…) tout ça donne une impression de déséquilibre. Je comprends encore une fois que l'idée était de mettre en opposition la dureté du système avec un garçon assez propret (bon élève). Bref, là, je suis pas sûr de moi.

Les flash-back, ne m’ont pas convaincu. Trop répétitif dans le choix des termes, ils alourdissent le rythme au lieu de l’accélérer. Mais peut-être est-ce encore ce décalage dans la forme (très cutté d'un côté - la taule - , bavarde de l'autre - le récit -)

Mes y’a des images qui fonctionnent bien et c’est prometteur pour la suite : les tartines de sang.

Bon, y a de l’intention, de la sincérité. 
Mais ça manque de retravaille, je pense.

Allez courage !

W

idjet

PS : manifestement, je suis le seul à ne pas avoir été convaincu. Naturellement, c'est moi qui ai raison. Lol.

   Velias   
12/3/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Malo,
que retenir de ce texte ? des phrases courtes qui claquent comme les portes des geôles. cela leur confère de la brutalité. brutalité des mots nécessaire pour immerger le lecteur dans cet univers.
les anaphores utilisées "c'était il y a longtemps" pour décrire le parcours chaotique du narrateur sont intéressantes et bien amenées.
malgré tout, j'ai trouvé difficile de rentrer dans l'histoire. peut-être y manque-t-il un préambule..?
contrairement à ce qui a déjà été écrit dans certains commentaires, je n'ai pas de souci quant à la crédibilité de l'histoire ou pas. c'est une nouvelle et cela induit que l'auteur laisse courir son interprétation personnelle des faits et états d'âme d'un personnage imaginaire...


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