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Fantastique/Merveilleux
MartinHer : Alcide
 Publié le 16/11/22  -  16 commentaires  -  5266 caractères  -  82 lectures    Autres textes du même auteur

La fin en trois actes d’un jeune privilégié.


Alcide


LA FORTUNE NE LAISSE RIEN AU HASARD


Paris, rue de Sèvres, 25 mai 2006.


La vie est un long fleuve d’acide. L’écope est irritante mais quelques-uns jouissent d’une existence bien au sec. Alcide était de ceux-là. Un jour arriva pourtant où le jeune homme subit une avarie. Pendant des semaines, il ne quitta pour ainsi dire plus son lit ; ou pour s’animer de stéréotypies inquiétantes. Un animal dans une cage invisible. Ses attentes avaient été trop vite comblées. Alcide rencontrait l’ennui mortel des plus privilégiés. L’inconvénient d’être né, songeait-il, révolté par l’injustice biologique réclamant tant de courage pour quitter volontairement cette vie. L’entreprise suicidaire des laissés-pour-compte le fascinait ; cet élan vital vers la mort. Alcide oubliait qu’il est moins coûteux de conclure pour les pauvres, les poissards et les disgracieux.


Un matin de mai, enfin, le jeune homme fut pris d’une pulsion rédemptrice. Il alla se saisir du revolver hérité d’un glorieux ancêtre, conservé non comme une assurance-mort, mais pour le bel objet de collection qu’il était. Chargea les six balles trouvées dans le coffret. Contrairement à l’arme, patinée par le temps, elles semblaient tout droit sorties de l’armurerie. Puis il en retira une et la glissa dans sa poche, laissant ainsi une chambre vide au barillet ; une chance à l’alternative.


— La Roue de la Fortune, murmura-t-il, la gorge nouée, en faisant tourner les balles.


Une façon pour lui de convoquer l’ironie du sort qui avait présidé à sa conception vingt-huit ans plus tôt. Boucler la boucle. Canon sur la tempe, sans trembler, Alcide pressa la détente du vieux Smith & Wesson Schofield.


… UNE SECONDE CHANCE


Le vieux chien remplit son office mais la mort posa un lapin au jeune homme.


Alcide ne comprit pas aussitôt qu’il était tombé sur la chambre heureuse. La décharge d’adrénaline le priva un instant de ses jambes. Il s’écroula sur le parquet, incapable de tirer à nouveau et demeura un long moment allongé sur le sol, le regard pris dans les moulures entoilées du plafond. Une araignée ténébreuse avait été témoin de son échec. Alcide finit par se lever, rangea le revolver et sortit faire des courses au Bon Marché. Le temps était radieux.


Une bouteille de meursault, des noix exotiques, du fromage, du raisin – précoce – et du chocolat. De quoi célébrer la vie. Alerté par le regard amusé de deux jeunes touristes asiatiques derrière lui à la caisse, Alcide s’aperçut qu’il était sorti pieds nus. Il afficha un sourire tordu d’enfant distrait. Elles gloussèrent crescendo, charmées par le beau Parisien. Les jeunes filles s’échauffaient beaucoup à son contact. Alcide inspira à pleins poumons, tout en passant sa main dans ses cheveux pour plaquer en arrière les longues mèches lui barrant la vue. Il sentit la balle peser au fond de sa poche, contre sa cuisse. La balle qui aurait dû le tuer. Il prit alors la décision candide de ne jamais s’en séparer. Cela ne manquerait pas d’avoir une influence positive sur le reste de sa vie, pensa-t-il. Alcide était guéri…



ON NE PEUT QU’ESPÉRER…


Paris, rue de Sèvres, 29 mai 2006.


Alertée par l’odeur nauséabonde se répandant dans l’immeuble et trouvant son origine dans l’appartement désespérément clos et silencieux, la gardienne se résolut à composer le dix-huit. Le pire était à craindre. L’odeur des cadavres laisse peu de place au doute. Celui d’Alcide ne faisait pas exception. La balle avait traversé le crâne et s’était logée dans le mur, perforant une carte du vignoble de Bourgogne. En pleine Côte de Beaune, entre Auxey-Duresses et Puligny-Montrachet. Un spectacle macabre qu’allait découvrir le pompier occupé à déchiffrer le nom presque effacé sur la sonnette.


— Schrödinger ? C’est bien ça ? demanda-t-il à la vieille Portugaise.


Elle acquiesça terrifiée mais un peu excitée aussi, par le premier rôle qu’elle tenait dans cet intense moment de vie. Sa main trembla en remettant le double de la clé au jeune homme dont la voix trahissait une appréhension partagée. Il s’agissait de l’une de ses premières sorties. Plus tard il acquerrait l’assurance et le regard net de ses pairs. Ce jour-là, en pénétrant dans l’appartement, il ne put refouler un spasme de dégoût.


Méthane, sulfure d’hydrogène, esters, azote, soufre et ammoniac : fragrance sépulcrale.


Les yeux humides, la main portée à la bouche, il progressa dans le long couloir de l’entrée, précédé par son chef de groupe, le commandant Berthelot. Ils arrivèrent sur le corps. Le visage marbré était à demi ouvert par la balle sortante.

Alcide avait déserté les lieux quatre jours auparavant, rejoignant à jamais les annales akashiques. Ses yeux grands ouverts, restés dans leurs orbites, fixaient une lourde toile d’araignée au plafond où, peut-être, son dernier rêve avait échoué.


Un troisième pompier, quadragénaire athlétique et détaché, ne put s’empêcher d’examiner le magnifique revolver que la main glauque serrait encore. Le petit Blondin qu’il avait été, mimant un colt avec son pouce et son index sur la cour d’école, lui revint en mémoire. Le pompier s’autorisa alors un « pan, t’es mort ! », à destination du jeune bourgeois qui gisait là, vaincu et puant. Les enfants ne se tirent plus dessus, songea-t-il.


 
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   socque   
24/10/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J'ai plutôt aimé le clin d'œil au chat de Schrödinger, il s'insère bien dans le récit mais ne correspond pas à grand-chose à mon avis dans la mesure où la concierge a donné l'alerte à cause de l'odeur de décomposition émanant de l'appartement d'Alcide : celui-ci est donc bien mort, sans équivoque.
Sinon, pour ma part j'ai lu sans ennui mais sans grand intérêt non plus ; l'écriture m'a paru plaisante, faisant passer un argument mince (trouvé-je) et un personnage sans grand relief. À mon sens le dernier paragraphe est de trop.

   Anonyme   
26/10/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour,

Le jeune Alcide désire se suicider en jouant à la roulette russe. Mais ça foire et du coup il s’en va faire ses courses sans godasses avec, dans la poche, la balle qui aurait dû le tuer pour porte-bonheur. Dans un deuxième acte, il ne s’est, cette fois-ci, pas raté, comme le constate les pompiers. Et puis c’est la fin. D’Alcide et de la nouvelle. Qu’est-ce qu’on peut en dire ? Dans un premier temps que c’est un peu court pour pleinement apprécier l’histoire, que ça manque de développement sur la psychologie du jeune suicidaire pour que cela devienne vraiment une nouvelle intéressante sur le sujet. Dans un deuxième temps, j’ai trouvé l’écriture assez alerte, les détails travaillés et un petit humour sous-jacent qui me plait assez. Je suis donc un peu partagée entre la satisfaction de l’écrire et la frustration de n’avoir pas lue une œuvre façonnée de façon plus ample.

Merci pour la lecture gratuite et pour le temps que vous avez passé dessus !

Anna en EL

   Vilmon   
28/10/2022
 a aimé ce texte 
Un peu
Le chat de Schrödinger ? Ce chat est à la fois mort et vivant car il est hors de la vue dans sa boîte. Tant que l’on n’ouvre pas la boîte. Ici, l’homme sort de son appartement et rencontre des gens, on a ouvert la boîte. À moins qu’il s’agisse d’un moment charnière où une existence prend 2 voies, 2 mondes parallèles, dans l’un, vivant et l’autre, la mort. Par statistique, le nombre de balles dans le barillet, une voie est plus probable que l’autre et devrait devenir la réalité. C’est bien écrit, par contre faire une sorte d’éloge au suicide comme étant une solution pratique et économique n’a pas été humoristique de mon côté. Désolé, ça m’a un peu moins plu.

   Raoul   
22/12/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,
J'aime assez cette courte nouvelle qui distille ses retournements, ses réalités et la quantique, même, presque, de paragraphe en paragraphe.
Les portraits sont brossés en quelques traits caractéristiques, ils donnent liant et vie – montage saccadé – à l'ensemble. Sec et bien vivant.
Le montage en «gros titres» surlignés est un peu "trop" à mon goût.
Le côté "privilégié" – à charge – est un peu artificiel : un parisiens des beaux quartiers qui s'achalande ironiquement au Bon Marché ; bon, c'est d'une façon implicite, le recto et le verso, soit...
On s'attache au personnage aussi mort que vivant. Perso. j'aurais aimé qu'il le soit plus, vivant, car en fin de compte, il est un peu trop phagocyté par l'ampleur que prennent les pompiers biens humains – discret hommage en sous texte – à la fin.
Merci pour cette lecture de physique quantique appliquée (en E. L.)

post-scriptum : mention spéciale à la carte des vins (fins) !

   Donaldo75   
1/11/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J’ai trouvé ce texte court mais efficace dans la série nouvelle. La référence à Schrödinger explique quand même pas mal le choix narratif et je comprends que cela puisse être vu comme un prétexte mais moi je trouve ça bien dans ce contexte et vu justement comment ce récit est mené. Il y a des balises narratives comme l’araignée au plafond qui renforcent cette option et la rendent intéressante. Et le personnage n'est pas désincarné; il exprime vraiment un état d'esprit, celui du suicide, du lâcher prise, de l'envie de dire "pourquoi continuer finalement ?" avec en prime le côté gamin de la roulette russe et dans la seconde version de l'événement la laideur de la mort par balle.

   Tadiou   
16/11/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai lu ce texte avec intérêt. J'apprécie l'écriture et ses recherches d'originalité, de concision, avec des expression et des mots bien choisis : c'est primesautier, élégant et agréable à lire.

L'épisode des deux jeunes femmes gloussantes et asiatiques arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, car ça semble se terminer aussi vite que ça a commencé; une sorte d'incongruité, bien dans le style de tout le récit.

Comme un cheveu sur la soupe aussi "Le pan t'es mort" de la fin, totalement inattendu bien sûr, qui permet de terminer avec la pensée " Tout ça n'est pas sérieux" et accessoirement, autorise le lecteur à respirer.

Cela accroît mon impression d'absurdité dans le destin d'Alcide ("l'ennui mortel des plus privilégiés"!!!!) et m'ancre dans le souvenir du "théâtre de l'absurde", des années 50-60 et au-delà, de Ionesco, que j'avais beaucoup apprécié en son temps. Absurde comme la roulette russe.

Malgré la date en tête un récit hors du temps (l'absurde n'ayant pas d'âge).

Étrange et plein de charme.

À vous relire avec intérêt.

Tadiou
("La cantatrice chauve", écrite en 1950, continue à être jouée au Théatre de la Huchette à Paris : l'absurde se porte bien)

   jeanphi   
16/11/2022
J'aime ce genre de texte à fleure de peau et stoïque à la fois, le fait de décrire un drame social et émotionnel comme un fait divers, la pudeur et la passion qui se tirent la couverture.
Il me faut stopper ces appréciations par trop approximatives, et féliciter l'auteur.
Le concept du poisson soluble eu convenu également pour soutenir l'histoire : tant que l'on a pas identifié l'emplacement d'un corps, il occupe théorique l'entièreté de l'espace fouillé (poisson=lac).

"Schrödinger" sonne pourtant tellement mieux ...

   Anonyme   
17/11/2022
Vous excuserez mon amateurisme, j’essaye de me lancer dans le commentaire de nouvelles.



Ce que j’ai aimé :
_____________
L’histoire en elle-même. Les péripéties de ce jeune homme et de son rapport au suicide sont assez étonnantes. J’ai apprécié également l’écriture pétillante.


Ce que j’ai moins aimé :
__________________
Certainement le manque de travail sur le personnage central ainsi que le format trop court de la nouvelle qui ne prend pas le temps d’apprivoiser le lecteur, les péripéties s’enchaînent un peu trop vite.



Ma Conclusion :
_________
C’est une nouvelle intéressante, plutôt originale, mais qui demanderait un peu plus de travail de fond pour être parfaitement réussie.

   Anonyme   
17/11/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Dans le fleuve acide de la vie d'Alcide se joue ''l'inconvénient d'être né''. Véritable tragédie narrée sur le ton détaché de l'autodérision (qui commence avec le ''jeune privilégié'' de l'exergue) nimbée d'un savoureux surréalisme. Ce qui renforce d'autant plus le dramatique de la situation !

L'écriture est belle, soignée comme on l'aime !

L'histoire, sous un angle original s'est acoquinée avec un brin de mystère pour nous charmer complètement.

   plumette   
17/11/2022
 a aimé ce texte 
Bien
2 versions pour un même geste.
j'ai pensé au film de Resnais " Smoking, no smoking" parce que la référence "quantique" m'échappe totalement.

J'ai aimé l'écriture, le champ lexical et la sorte de légèreté du récit malgré son sujet dramatique ( le suicide), la notion de "jeu" et de hasard dans le choix de la roulette russe

peut-être un peu de facilité entre " la vie est un long fleuve acide" et le choix du prénom Alcide?

un texte que j'ai trouvé original

   dark_matters   
17/11/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bravo, quelle poésie... une pudeur et une brutalité qui, par effet de contraste, rendent votre texte très émouvant. Je l'ai lu à voix haute, quel joli travail, vraiment.

   Anonyme   
19/11/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour MarinHer,

déjà, un avertissement pour mon ton, je suis née avec, il parait qu'à la boulangerie enfant, je mettais des notes aux viennoiseries et que ça mettait maman Ananas dans un drôle d'embarras. Ceci étant posé...

J'ai apprécié le fil de ma lecture, globalement.

Le titre, simple, logique me plait. Je digresse mais je suis dyslexique et j'ai lu acide en première lecture, je me suis dit que le jeu sur les deux noms forts proche pouvait être sympa, je suis heureuse de les voir tous deux associés dans les premières lignes de la nouvelle.

J'apprécie le style. C'est poétique et prosaïque en même temps, ce qui est agréable en lecture. La charge pathos est ramenée à son niveau minimal et c'est pour moi une gageure de qualité avant de prendre quoi que ce soit d'autre en considération, ça change agréablement des atermoiements habituels sur le sujet.

J'aime que le flou reste autour des raisons profondes du geste désespéré d'Alcide. Savoir que son chat est mort, que sa mère l'a violé ou que toute la vie lui a craché à la figure n'aurait rien apporté à mon sens, au développement de l'idée abordée ici.

J'aime les deux visions de l'acte. J'aime l'idée du parallèle avec le chat de Schroedinger, l'odeur fait pencher vers la mort, la chambre vide à la vie... seulement en ouvrant la porte, on sait.

Petite chipote : j'aurais vu plutôt la nouvelle en 3 pans différents (sans jeu de mot malsain) : à savoir que j'aurais fait une version où il s'en sort, une version où il meurt, et pour finir la partie découverte. Mais à nouveau, c'est du détail, je pense que sur un format aussi court ça pourrait renforcer l'effet Schroedinger, mais ce n'est que MHA, et cela n'a aucunement nuit à mon plaisir de lecture, pour lequel je vous remercie, donc.

A une prochaine, au plaisir de vous relire !

   Corto   
27/11/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime bien ce texte qui fourmille de clins d'œil, de piques et surtout ne prend rien au sérieux. Une sorte de suicide pour se distraire, l'idée est bonne.
A partir de là on se plait à sauter d'une trouvaille iconoclaste à une autre, non, rien n'est vraiment sérieux !

Je relève quelques régalades: "La vie est un long fleuve d’acide". Dès le départ acide/Alcide.
"Un jour arriva pourtant où le jeune homme subit une avarie". Bref une "avarie" qui déshumanise un peu plus le personnage qui "rencontrait l’ennui mortel des plus privilégiés". Là on ne sait plus s'il faut botter le c.. du personnage ou tout simplement en rire...ou en pleurer.

La première balle ayant fait défaut il "sortit faire des courses au Bon Marché." Ben oui on est rue de Sèvres, on n'est pas des pouilleux à aller faire ses courses à Monoprix...
"Les jeunes filles s’échauffaient beaucoup à son contact" confirme qu'il y a des tartes qui se perdent. Alcide reste indifférent et préfère préparer sa sortie, de plus l'auteur nous nargue avec "Alcide était guéri…" tu parles !

Après l'instant fatal l'auteur joue encore avec les focales qui passent du plan large de l'ennui du pauvre garçon riche et de la scène nauséabonde de suicide à la vue macroscopique de la carte abimée par la balle en "pleine Côte de Beaune, entre Auxey-Duresses et Puligny-Montrachet." Non mais, on ne va pas se suicider devant un symbole de bas étage type gros rouge qui tache...

J'ai bien aimé le ton et l'ironie stylistique de ce texte.
Je l'aurais aimé encore plus long.

Bravo
Corto.

NB: l'allusion à "Schrödinger" me laisse impassible.

   papipoete   
22/12/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour MartinHer
Une cuiller en argent dans la bouche, ne dit-on pas ? et sans tracas, quelle vie ennuyeuse... et une avanie survient, met tout en l'air au point que l'heureux dandy veut en finir ! La roulette russe fera l'affaire, ben non pas de chance, le trou du barillet vide sera celui percuté par le chien du pistolet !
Mais quand une autre partie viendra à se jouer, une balle dans le barillet sera percutée...
NB illusions, gloire et beauté, vêtent ce récit de vie au goût si fade, qu'elle ne peut que donner envie, de l'arrêter ; non point de tête sur les rails ou choir d'une chaise une corde au cou, mais jouer avec elle... un jeu où tu perds ou tu gagnes... et tu gagnes un jour, empestant de ton cadavre tout l'immeuble, où d'autres gens contre vents et marées, vivent !
J'ai bien aimé le moment où Alcide sent quelque-chose peser dans sa poche... cette balle qui sauva la vie mais...

   Cyrill   
8/1/2023
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour MartinHer,

Je trouve à cette nouvelle un ton juste dans l’ironie sous-jacente, un peu pince-sans rire je dirais. La physique quantique expliquée aux nuls dont je fais partie… j’ai adhéré sans hésitation à la mise en pratique d’une théorie qui a pour moi tout de la magie.
Les personnages secondaires ne sont pas oubliés, chacun a droit à sa petite particularité et ils composent avec Alcide un tableau vivant et cohérent dans l’absurde : dans une courte nouvelle.
Je lis dans ce texte une mis en scène réjouissante, la mise en scène du narrateur par lui-même, aussi bien concernant la relativité de son existence que sa vanité. Le caractère, le prix qu’on accorde à sa propre vie peut changer du tout au tout selon que l’on est juste vivant ou qu’on vient d’échapper à la mort. Le « pan, t’es mort » du 3e pompier laisse entendre le peu d’importance que revêt l’évènement pour un œil extérieur. Des angles de vue différents, donc, qui font tout l’intérêt de ce récit.
Merci pour le partage.

   ferrandeix   
13/1/2023
Je ne perçois pas de sens global à cette nouvelle. Admettons cependant qu'elle se propose de traiter deux finales différentes à partir d'une situation initiale. De ce point de vue, elle est assez bien réussie. Le ton est détaché, vaguement humoristique, s'accordant bien à l'image de ce riche oisif. Le jeu gratuit qui engendre une émotion réelle est bien rendu. Le lecteur peut ressentir intensément la scène.

Quelques idiotistes et quelques formulations bizarres qu'il aurait été mieux d'éviter, même si ce type de récit admet un certain relâchement de l'écriture:

pour ainsi dire plus (son lit)
de la collection qu’il était
tout droit sorties

Au final, il manque tout de même un élément de l'intrigue, un subterfuge qui permette de justifier les deux versions. L'explication y est possiblement (?) En tous cas, je n'ai rien vu.


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