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Sentimental/Romanesque
Mikard : Vingt-sept jours
 Publié le 26/09/26  -  7 commentaires  -  9546 caractères  -  48 lectures    Autres textes du même auteur

Quand un simple regard peut parfois tout changer.


Vingt-sept jours


Ça avait été vraiment très rapide, deux, trois secondes peut-être, mais elle en était certaine, cet homme l’avait regardée.

Je vais prendre à droite, pensa-t-elle, la rue Didier, et encore à droite, il doit aller au bureau du port, je vais le recroiser évidemment, mais elle ne rencontra que trois ados attardés portables à la main.

Après le tour du pâté de maisons, elle retrouva le boulevard, déçue, ne sachant que faire. Cette rencontre changeait tous ses plans, ce n’était pas un regard de courtoisie, ni de pitié, non, un vrai regard d’homme, brûlant, sexuel, elle avait complètement oublié son visage, seuls restaient deux yeux qui la fixaient, elle, Cathy Munier.


Cette sortie, elle y pensait depuis des semaines. Elle descendrait le boulevard, rapidement, sans s’arrêter devant les boutiques, et irait jusqu’à la mer pour s’asseoir sur un banc et regarder au loin, mais ces trois secondes avaient tout changé.

Désemparée, elle décida de rentrer chez elle.


– Tu es sortie ?


Pierre, son mari, semblait affolé, il tripotait son portable, tentait de sourire, il essayait d’être content, mais trop de questions se bousculaient dans sa tête.

Cathy trouva une excuse bancale pour ne pas le tourmenter encore plus.


– Oui, je voulais voir la mer, mais j’ai fait demi-tour, j’ai eu peur du vent !

– Tu as bien fait d’être prudente, mais… ça va ?


Pauvre Pierre, il disait n’importe quoi, Cathy coupa court et monta dans sa chambre.


Elle avait quarante ans. Elle, une fille de la mer, prudente par peur du vent, c’était nul comme prétexte, comme toujours son mari était à côté, trop bienveillant, trop généreux. J’aurais vraiment dû lui dire qu’un mec m’avait matée, pensa-t-elle.

Dans Google, elle tapa « regards d’homme », après on pouvait choisir, yeux bleus, virils, amoureux…, elle les essaya tous, sans retrouver son frisson du matin. Ce regard l’obsédait, elle avait oublié que les hommes regardent les femmes, en plus, ce n’était pas quelqu'un du coin, sûrement un marin.

Elle qui était en ruines depuis des années avait attiré l'attention d’un inconnu, peut-être pas beau, pas sexy, peut-être un con, d’ailleurs il avait peut-être oublié, mais bon, c’était arrivé.


– Sois pas difficile, ma belle, c’est déjà ça, se dit-elle en souriant.


En bas, ça s’agitait. Pierre, qui s’était mis à la cuisine remuait les casseroles en chantonnant. Depuis longtemps Cathy ne partageait plus les repas de la famille, ses rares apparitions tuaient l’ambiance. Elle préférait rester seule dans sa chambre, manger la nuit un peu n’importe quoi avec parfois des crises de boulimie, après le café et les cigarettes faisaient le reste. Elle regarda l’heure, bientôt midi, son fils allait rentrer du collège, son père allait lui raconter l’histoire de sa sortie, pauvre Ben, douze ans, en plein début d’adolescence, être mêlé à cette histoire, ça ne devrait pas l’arranger.


Vingt-sept jours !


Assise devant sa fenêtre ouverte, Cathy regarde au loin en fumant sa première cigarette de la journée. Maintenant, elle regrette de n’être pas descendue au port. Voir la mer, elle y pensait depuis des jours, elle s’était préparée à cette sortie seule, retrouver la vie d’avant, revoir sa ville, peut-être croiser des connaissances. Ça serait pénible bien sûr, mais rien à côté de ce qu’elle venait de vivre depuis un mois.

Je vais ressortir demain matin, à la même heure, si je le recroise, je ne ferai pas demi-tour et puis je vais m’habiller autrement, on verra s’il me reconnaît. À fond dans ses rêveries d’ados, Cathy parlait toute seule, se rejouait le film du matin, imaginait celui du lendemain, les yeux de l’inconnu étaient la caméra, elle, elle était sur scène dans le boulevard de la mer, le show durait trois secondes, fallait rien rater, ça faisait si longtemps.

À fond dans son truc de se faire belle pour le lendemain, Cathy cherchait dans ses armoires une tenue adaptée.


– Mince affaire, pensa-t-elle.


Des fringues pas nettes, des cadeaux pas ouverts, généralement des sous-vêtements de marque offerts par son mari, un tas sous son bureau, tout ça sentait la clope, le renfermé ou plus rarement le neuf.

Depuis longtemps, elle ne s’habillait plus vraiment, traînait des semaines entières en jogging dépareillé, les sorties discrètes au supermarché avec une doudoune de sa fille ou de son mari la faisaient ressembler à une va-nu-pieds. Parfois, dans ses bons jours, elle tentait une machine, choisissait un tas de vêtements dans un coin, mauvaise pioche, les fringues mélangées ressortaient nazes, décolorées et allaient faire un nouveau tas. Cathy était écœurée puis dans un accès de courage, elle décida de ranger sa chambre.


– Mon dressing à moi, soupira-t-elle.


Dans une autre vie, tous les trois mois, Cathy inventoriait ses armoires. C’était un moment de joie familiale qu’elle partageait avec sa fille, puis Marion avait grandi, Cathy était partie en couille et les tas avaient remplacé les belles piles bien ordonnées. Toute à son affaire de rangement, Cathy chantonnait en faisant des piles sur son lit sans voir qu’on la regardait avec étonnement : ses deux nigauds de fils et mari étaient là sur le pas de sa porte, la bouche ouverte, complètement ahuris comme devant une Martienne égarée en Normandie.


– Et là, tu fais quoi, lui demanda Pierre, doucement, comme on parlerait à une déprimée.

– Ben… je range ! Je vais sortir demain matin, peut-être aller au marché, je ne sais comment m’habiller avec ce temps merdique.


La joie avait remplacé la stupéfaction, Pierre était radieux, regardait sa femme comme jamais depuis des années. Il voulait poser la question mais n’osait pas. Benjamin aussi était content, sans savoir pourquoi, il sentait que quelque chose se passait dans cette maison. Par peur de briser l’instant, Pierre redescendit dans sa cuisine en bafouillant un truc sur la météo.

Son mari la déroutait, il subissait sans réagir, sa patience l’agaçait, ses pensées revinrent naturellement à son marin au regard furtif.


Le temps filait vite cet après-midi-là, Cathy, heureuse, retrouvait des habitudes. Elle avait attaqué le rangement de son bureau, elle arrivait à sourire en voyant des tristes preuves des années passées, trois mois avant, elle aurait encore cédé à la tentation. Tout doucement pourtant, le doute s’installait.

Sa fille allait rentrer du lycée et son père allait lui raconter les évènements de la journée.

Marion avait maintenant dix-sept ans, faisait une terminale scientifique et depuis le naufrage de sa mère régentait la maison. Pierre, complètement paumé, laissait faire. Avec sa psychologie d’ados à deux balles, Marion surveillait sa mère pour la prendre en défaut, la dominer puis lui faire la leçon.

Cathy redoutait ces discussions, mais toujours en faute se réfugiait dans le mensonge, le déni. Marion libérait à ces occasions un désir de vengeance sur des années d’enfance pourtant heureuses, voulait affirmer un besoin d’exister devant ses parents, mais ça n’apportait rien de bon.

Ses interrogatoires insensés finissaient en crise de larmes, Cathy jurait, promettait tout, parfois hurlait, menaçait de se jeter par la fenêtre, pour mentir encore le lendemain.


– Alors, il paraît que t’es sortie ?


Marion arrivait en fouille-merde, prête à lui mettre la honte, Cathy sentait monter les larmes, il faudrait être forte.


– Oui, je voulais descendre au port, mais sur le boulevard, un mec m’a regardée bizarrement, j’ai eu un frisson désagréable et j’ai préféré rentrer.

– Mais, maman, tu t’es vue, dit Marion en ricanant.

– Attends, tu n’as rien compris, il me regardait autrement… je me sentais à poil.

– Qu’est-ce que t’avais mis ?


C’était bien sa fille ça.


– Rien de provoquant, tu me connais, je m’habille pas comme une pute, une robe un peu courte peut-être, mais bon, on est en été, je sais pas si c’étaient mes seins ou mes jambes mais il m’a vraiment matée.


Marion était déstabilisée, la violence, l’impudeur des mots de sa mère, étaient inhabituelles, provocantes et pleines de rébellion et puis surtout elle parlait fort, sans bafouiller, sans rougir, avec une passion manifeste, quelque chose avait changé.


– Et là, tu fais quoi ?

– Je cherche des fringues pour demain, je vais aller au marché, et ça, t’en penses quoi, dit Cathy en lui montrant un haut jaune fluo plus que mini. Marion préféra se sauver à la cuisine avant que sa mère ne commence à choisir un string.


Vingt-sept jours !


Cathy exultait, pour peu, elle en aurait pleuré de joie. Elle descendit en conquérante.

En bas, c’était le conseil de guerre, Marion racontait à sa façon, le pauvre Ben participait, Pierre, sur son nuage disait des conneries – je le savais – tout a une fin – c’est de ma faute.

Avec assurance, elle apostropha son mari.


– Dis donc, Pierre, on pourrait inviter du monde dimanche, tes parents ou mon frère, ou les deux, je vais aller au marché demain, les enfants… OK ?


Son mari rayonnait de bonheur. Marion regardait sa mère comme avant, Cathy avait peur de craquer, il fallait tenir encore un peu. Pour souffler cinq minutes et être seule, elle décida de s'isoler dans le jardin.

Pierre au téléphone lançait les invitations.


– Ça fait presque un mois ! Aujourd’hui, elle est sortie voir la mer – il mentait en plus – venez dimanche, on pourrait tenter un barbecue !


Vingt-sept jours de martyre pour trois secondes de bonheur, vingt-sept jours sans alcool, elle avait gagné.


Jamais plus elle ne boirait une goutte.


 
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   Cyrill   
27/9/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Bjr Mikard.
La famille est bien caractérisée, en quelques touches. Pierre est émouvant avec sa bonne volonté maladroite. Marion apporte la violence adolescente, rien de plus normal. La famille n’est pas toujours le cocon compréhensif qu’on aimerait. Les contradictions de la protagoniste sont assez marquées. Honte, désir, colère, humour, mauvaise foi, besoin d’être regardée, envie de renaître… On ne peut pas dire cependant que vous cherchiez attirer la sympathie sur elle. Le langage est débridé, volontiers grossier et provocateur. Cathy parle sans filtre, avec une désinvolture qui me la rend vraiment déplaisante. Je me dis qu’elle ne se respecte pas, qu’elle se déprécie, et que c’est la rechute assurée. J’aurais aimé plus de subtilité, un regard plus clément, réfléchi, avec un narrateur plus omniscient qui la valorise en s’éloignant de son langage, en la prenant par la main. Votre choix se défend, bien sûr.
Je trouve aussi que les longues phrases constituées de propositions indépendantes juxtaposées sont trop systématiques. Si elle confèrent parfois un rythme intéressant à la pensée, je ne trouve pas ce choix toujours judicieux.
Merci pour la lecture.

   Erydan   
27/9/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
aime un peu
J’ai trouvé l’idée de fond vraiment intéressante, surtout la façon dont trois secondes de regard suffisent à réveiller quelque chose chez Cathy après vingt-sept jours sans alcool. En revanche, j’ai eu du mal à rentrer dans le texte : le début manque un peu d’accroche et certains passages s’étirent alors que l’enjeu réel de la nouvelle est beaucoup plus fort. La fin donne néanmoins une autre dimension à tout ce qui précède, et j’aurais presque aimé sentir cette fragilité de Cathy plus tôt dans le récit.

   baldr   
29/9/2026
Je ne savais pas que les femmes pouvaient être perturbées par un regard... Pourquoi cela ne m'arrive-t-il jamais ? J'ai beau regarder, il n'arrive rien. Toujours est-il que c'est arrivé à Cathy. Est-ce que j'y crois ? Un peu, parce que vous donnez beaucoup de détails psychologiquement pertinents. Le trouble familial est bien rendu, chacun perturbé dans son rôle. La conclusion sur les jours sans alcool est nécessaire pour fermer le texte sur lui-même, cela dit la narration est un peu téléphonée. Je reste également un peu perplexe sur la signification du message. "Apprenez la sobriété et vous serez plus sexy" ??

   Malo   
30/9/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
aime bien
J'ai été surpris par la chute. Je pensais que Cathy avait subi une agression sexuelle, étant donné sa réaction devant le regard insistant du passant qu'elle croise. Mais c'est très bien ainsi. On se pose des questions tout le long du texte en imaginant ce que la jeune femme avait pu vivre pour se retrouver dans cet état. Elle renait, commence à élaborer des projets, elle est sortie de son marasme, son alcoolisme ne subsistera plus que comme un mauvais souvenir.
Par contre, la réaction de sa fille me surprend. J'aurais vu plutôt quelqu'un de compréhensif, qui aurait aidé sa mère à s'en sortir. Un peu maternelle probablement, mais sans plus. Enfin c'est un parti pris et je l'accepte ainsi.
Je trouve que Cathy a beaucoup de mérite de s'en sortir dans un tel environnement : un mari sans consistance, une fille en concurrence qui profite de la faiblesse de sa mère pour l'abaisser, la solitude.
En résumé, j'ai apprécié ce texte bien que le style soit à travailler ainsi que je l'ai noté.

   Pussicat   
30/9/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Je ne suis pas convaincue par l’idée de départ qu’un regard peut tout changer, c’est un peu léger, mais comme c’est votre pont de départ, je le prends, surtout lorsqu’il est ressenti comme une impression, une lecture de, cela reste subjectif : le regard est rapide et l’impression est « certaine », Cathy a besoin de se rassurer, de se dire qu’un homme l’a regardée, de se sentir femme désirée à nouveau. C’est le point de départ de son renouveau.

Je n’ai pas compris : la prudence est évoquée par le mari, et la peur par Cathy, or les deux se mêlent : « Elle, une fille de la mer, prudente par peur du vent, c’était nul comme prétexte, […] . J’aurais vraiment dû lui dire qu’un mec m’avait matée, pensa-t-elle. »

Pierre fait la cuisine, la vaisselle, le ménage aussi, sans aucun doute, sa fille Marion fait la police, un alcoolique lâche tout au profit de son addiction.

Le laisser-aller, les fringues en boule qui sentent la clope, le bazar, l’intérieur défait, négligé, comme une projection d’un état physique et mental en souffrance, tous ces signes de l’alcoolisme sont bien rendus, un passage peu trop rapide peut-être.

Je comprends Marion qui n’en peut plus de voir sa mère dans cet état, l’amour pour sa mère s’est dilué dans les verres avalés toutes ces années, son attitude est une réponse à ce que sa mère a détruit, cette relation privilégiée qui n’est plus, le statut même de mère, le respect disparaît, c’est une patience à bout, une honte qui ne se masque plus, en revanche le langage de Cathy quand elle échange avec sa fille me trouble, comme une régression.

Quand le regard d’un inconnu interprété déclenche le désir, déclenche une féminité retrouvée, le mari Pierre a disparu du désir amoureux, il n’est plus vu comme un amant, il est devenu un compagnon de route, un soutien.

« Vingt-sept jours de martyre pour trois secondes de bonheur, vingt-sept jours sans alcool, elle avait gagné. Jamais plus elle ne boirait une goutte. » La fin est optimiste, mais je n’y adhère pas une seule seconde. Vingt-sept jours ne signifiait rien et encore moins le gage d’une victoire sur l’alcool. Un alcoolique reste un alcoolique, même après 27 jours de sevrage.

A bientôt de vous lire,

   moschen   
2/10/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Mince affaire, pensa-t-elle. J'ai des doutes. Cathy pense, alors cela ne relève pas d'un dialogue. Faut-il dans ce cas toujours mettre un tiret et indenter la réflexion ?

“Cathy était partie en couille”. Je ne suis pas certain de l'effet produit par ce genre d'expression à la vulgarité assumée. La même expression présente dans un dialogue pourrait faire sens, puisque révélatrice d'une personnalité ou d'un caractère. Par contre, la même expression, affichée dans une section narrative, peut être plutôt révélatrice des intentions de l'auteur et la coloration qu'il souhaite donner à son récit. Ici, il me semble que l'expression perd de son effet coup de poing, puisqu'elle est toute seule, dans son genre.

“Elle ne rencontra que trois ados attardés portable à la main”. Ça fait caricatural. À quoi puis-je reconnaître le côté attardés de trois adolescents ? Au simple fait qu'ils ont un portable à la main ?

“Les tristes preuves des années passées” … Là, pour le coup, on a le sentiment que des choses sont cachées au lecteur. De quels genres de preuves s'agit-il ? Est-ce uniquement un joyeux bazar dans son vestiaire?

“Son mari la déroutait … sa patience l'agaçait”. Le lecteur que je suis, ne comprend pas comment interpréter cette patience que Cathy reprocherait à son mari. Elle aurait aimé qu'il prenne une décision plus rapidement ?

“Elle aurait cédé à la tentation’. Est-ce la tentation de saisir une bouteille ? À ce moment du texte, rien ne permet de penser que Cathy lutte pour rester sobre.

“Depuis le naufrage de sa mère”… Là encore le lecteur reste sur sa faim. Qu'est-ce qui a pu provoquer ce naufrage ? On n’en saura rien. Je ne comprends pas les sous entendus portés par ce mot de naufrage. Sauf à patienter jusqu'au bout de l'histoire.

"Marion arrivait en fouille merde"… autre expression à la vulgarité assumée et qui me choque dans une section narrative. On dirait un avis d'un adulte sur une adolescente qu'il connait trop bien pour la côtoyer au quotidien.

"Cathy sentait monter les larmes, il faudrait être forte". Ne faudrait-il pas séparer ces deux phrases par un point ?

Le fond

Je pense qu'avec le regard d'autrui (sur le corps féminin) il eut été possible de faire un bon sujet de nouvelle. Il y a à la fois, ce leitmotiv des dernières années, sur le respect envers le corps des femmes mais aussi la question de comprendre pour quelles raisons une gêne est ressentie. Les intentions de celui qui regarde, sa façon de regarder, sont autant d'éléments qui pèsent dans le débat.

Comme suggéré dans le texte, si l'on cherche “regard masculin” sur internet, on tombe sur un ensemble de théories dans la mouvance “male gaze”, essentiellement centrées sur le cinéma ?

Finalement, je suis partagé. L'homme aurait pu la reconnaître et simplement attendre un salut de sa part, s'il la connaissait ? Dans la tête de Cathy, selon l'humeur du moment, elle peut voir des psychopathes là où il y a quelque chose en elle qui attire le regard, sans tous les autres sous-entendus. Mais je ne puis être objectif, puisque issu de la vieille école.

Dans le texte, il n'y a pas de proximité entre l'homme et Cathy, pas de description d'un regard insistant ou dirigé vers une partie de son corps. Alors on ne sait si une limite a été dépassée, limite très vague, en l'occurrence. Pourtant, quelle que soit la façon de regarder, si une gêne est ressentie, l'affaire semble pliée.

Dans l'histoire telle que racontée, il n'y a pas de peur, pas d'angoisse puisque Cathy choisit d'y retourner, par curiosité. Elle évoque même un changement pour une tenue plus sage. On nous dit que les yeux de l'inconnu seront une caméra et elle, une (figurante) dans une scène de prises de vues. Elle va se faire belle pour cela. Est-ce de la provocation ? Elle veut parler à cet inconnu, pour comprendre ?

J'ai regretté l'emploi de quelques tournures à la limite de la vulgarité sans que ces mots ne puissent être attribués à un personnage dans un dialogue.

J’ai trouvé le personnage de Cathy attachant. Elle ressent une gêne mais elle n’accuse pas. On sent qu'elle est perdue, à la recherche de repères. Elle ne trouve aucun secours dans sa propre famille. On sent qu'elle lutte, en rangeant ses affaires.

Sa fille "fouille merde" puis flic accusatrice ne semble pas trop dans la nuance. Elle ne semble pas vouloir aider sa mère. Que veut-elle donc ? Uniquement des excuses ou une forme de repentance de sa mère ?

Par contre, les effets du sevrage ne nous sont pas expliqués. Par exemple, on aurait pu la voir dans un café à un comptoir commander un alcool puis le verser dans un évier ? Ou refuser une invitation à boire d'un autre alcoolique… je m’égare.

Comme d'autres, je suis persuadé que vingt sept jours ne suffiront pas pour pouvoir clamer une victoire.

   ka-lee   
2/10/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
aime un peu
bonjour,

Je n'acroche pas avec les mots : ma belle- naze-couilles-fouille merde -pute - con- merdique-à poil .....
ça en fait beaucoup dans un si petit texte.

l'histoire est amenée, même si les 3 secondes et le " bonheur " sont un peu disproportionnés ...
mais cette nouvelle reflette bien, malheureusement, la vie de certain.S'accrocher à un rien.

merci à toi


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