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Sentimental/Romanesque
moschen : Le costume sombre
 Publié le 11/07/17  -  18 commentaires  -  4404 caractères  -  159 lectures    Autres textes du même auteur

L'histoire d'une hésitation qui aurait pu changer le cours des choses.


Le costume sombre


Depuis trois jours, la température flirtait avec les trente degrés. Le soir, elle ne semblait pas vouloir fléchir. Sans une once de vent, l’air était devenu irrespirable. La météo n’annonçait aucune amélioration avant le début de la semaine suivante. J’avais laissé un message sur le répondeur de maman pour qu’elle pense à s’hydrater. Dans l’appartement, les fenêtres étaient ouvertes et les volets montés.

J’ai pris une douche et je me suis allongé. Les rideaux ondulaient faiblement. J’ai fini par trouver le sommeil. Un peu avant minuit, j’ai senti les lèvres qui me brûlaient. Je me suis levé pour boire un verre d’eau. Des voix remontaient du parking en contre-bas. Je suis sorti sur le balcon pour fumer une cigarette. Dans les bacs, la terre que j’avais arrosée la veille était déjà desséchée. Des jeunes gens discutaient une bière à la main. J’ai pensé qu’un peu de compagnie éviterait de s’apitoyer sur son sort. Le ciel était noir, bien plus noir que les nuits précédentes. De temps en temps, une lune blafarde perçait au milieu des nuages. Un peu de pluie nous ferait beaucoup de bien.

En songe, une lande m’est apparue. Le vent couchait les herbes hautes. Au loin, je discernais une forme humaine, une femme qui errait le cheveu défait dans une large robe blanche. Ses bras brassaient l’air en formant de larges moulinets. J’ai pensé à ma mère. À la première heure, j’appellerai pour prendre de ses nouvelles. Ces images ont tourné en boucle dans ma tête. Une nuit précédente, j’avais vu cette même femme allongée au milieu d’un lit de pétales rouges.

Je n’ai pas retrouvé immédiatement le sommeil. Vers une heure du matin, il y eut ce coup de tonnerre. Le son rebondissait sur les façades des immeubles en s’amplifiant. Les vitres vibraient. Un éclair a strié le ciel et la pluie s’est mise à tomber. Les gouttes de plus en plus grosses frappaient le toit de zinc. À partir de cet instant, j’ai su que la nuit était perdue. Le vent rabattait la pluie sur les fenêtres. Je me suis calfeutré malgré la chaleur qui régnait. J’ai saisi le dernier Vargas Llosa qui traînait sur le chevet et j’ai repris la lecture à l’endroit où je l’avais abandonnée la veille. À chaque page que je tournais, je voyais l’image de cette femme perdue dans la lande.

Un peu après cinq heures du matin, le téléphone a sonné. Au début j’ai pensé que la sonnerie faisait partie de mon rêve. J’ai eu juste le temps de décrocher pour entendre sa voix. C’était maman. D’une voix nasillarde, elle me demandait de venir le plus rapidement possible. Je n’ai pas eu le temps de répondre, elle avait déjà raccroché. J’ai pensé à cette réunion à laquelle j’avais été convié. J’avais décliné la précédente. J’ai imaginé une autre excuse. Je me suis préparé un café. Je faisais des allers-retours pour choisir quels vêtements j’emporterais. Au fur et à mesure que la valise se remplissait, je comptais les jours où je resterais loin de chez moi.

Il y avait ce costume sombre que j’avais porté à la mort de mon père. J’ai hésité, je ne l’ai pas pris comme si je voulais en le laissant conjurer un sort. J’ai commandé un taxi. En sortant de l’appartement, j’ai sonné chez mon voisin de palier. Je crois que je l’ai réveillé. Il a accepté de prendre soin de mes plantes. Je m’absenterais quelques jours. À peine assis dans le taxi, la pluie est tombée à nouveau. J’ai dit « Gare de l’Est » et le taxi a démarré. À la gare, j’ai avalé un autre café. Il était sept heures quand le train a quitté la ville. J’ai dormi une bonne partie du voyage.

Ma cousine est venue me prendre. Les nouvelles n’étaient pas bonnes. Maman était aux urgences, en réanimation. Dans le courant de la matinée, son état a empiré. Maman s’est éteinte un peu avant midi. Je me suis fait des reproches. Sans ces atermoiements, je serais arrivé à temps. J’aurais changé le cours des choses.

En retournant à l’hôtel, j’ai défait ma valise. Le costume sombre était là au milieu des autres effets. J’étais persuadé de l’avoir laissé. J’ai rejoué dans ma tête les derniers instants juste avant de quitter le domicile. Je me suis vu à deux ou trois reprises sortir le costume du placard, le plier soigneusement et le poser dans la valise. J’avalais une gorgée de café et je changeais d’avis pour le remettre à sa place. Je me suis dit que la vie tenait à pas grand-chose : un manque de concentration et la mort vous happerait le temps d’une hésitation.


 
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   Donaldo75   
17/6/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
(Lu et commenté en EL)

Bonjour,

J'ai littéralement adoré ce texte.

Voici pourquoi:
* Sa sobriété (pourquoi en faire des tonnes quand quelques mots suffisent ?)
* Son réalisme; j'ai eu chaud en le lisant, comme si la canicule envahissait mon salon à son tour
* Sa lenteur; non seulement il fait chaud, mais en plus on se traine pour le moindre geste anodin
* Son onirisme, commencé avec la femme sur son lit de pétales jusqu'à la malédiction du costume sombre
* Sa fin, justement, le costume sombre dans la valise, un symbole fort et simple à la fois, presque populaire, comme dans une chanson de Charles Aznavour

Je n'aurai qu'un mot: Bravo !

Merci pour la lecture,

Donaldo

   PierrickBatello   
22/6/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
J'aime l'idée de l'hésitation qui appelle la mort. Le style est très direct, simple, sans embarras. Je n'ai pas accroché à l'histoire du rêve, de la chaleur. Je n'ai pas suffoqué sous cette chaleur (sans doute parce que la canicule actuelle est déjà tellement présente dans tous les esprits.

   Ananas   
25/6/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour,

Le texte comporte quelques maladresses, comme les "bras qui brassent" ou "les jours que je resterais loin de chez moi.", qui sont assez dérangeants et coupent un peu le rythme de cette oeuvre joliment poétique, pourtant. Dans tous les sens du terme.

Au niveau du déroulement narratif, c'est encore trop téléphoné, et le narrateur insistant fortement sur l'analogie femme-en-blanc/maman renforce encore cette sensation de manque de surprise. En même temps le choix est certainement ici de mettre en avant le côté prémonitoire du caractère principal. Renforcer l'effet : je l'avais senti. Mais pour moi c'est l'effet inverse qui se produit. On sait dès les premières lignes (au titre d'abord, et aux déroulement narratif ensuite) où part la nouvelle, où elle va nous emmener. La construction n'est donc pas optimale à mon goût. C'est encore trop dit.

Sur un format aussi court, je pense que l'espace et le temps auraient pu être mis à profit différemment. De manière peut-être plus allégorique. Métaphorique ?

Mais dans l'ensemble, l'idée est bonne, et il se dégage une poésie fort agréable de cette prose, c'est globalement joliment récité malgré les maladresses que j'évoque ci-dessus et qui n'engagent que moi.

Bonne continuation et merci pour la poésie :)

   plumette   
29/6/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
j'ai lu deux une première fois ce texte et j'ai laissé reposer. puis je l'ai relu ce jour et me décide à le commenter.

ce texte diffuse lentement l'angoisse du narrateur qui est relié à sa mère, malgré ( ou à cause de ) la distance géographique, par des pensées morbides.

prémonition? anticipation pour conjurer le réel? dans cette nuit chaude, le narrateur pense à sa vieille mère, des images étranges viennent le tarabuster.

j'aime ce genre d'écriture ( blanche) qui ne livre pas l'émotion mais laisse le lecteur se l'approprier au fil des détails très concrets qui sont livrés peu à peu.

je trouve très subtile cette histoire de costume sombre qui permet d'exprimer la pensée magique de ce fils qui croit en son pouvoir de vie et de mort sur sa mère.

Un texte qui ne peut pas laisser indifférent!


Plumette

   Thimul   
11/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un texte court particulièrement bien écrit.
Evidemment on voit dès le début ou l'auteur veut en venir mais comme c'est une angoisse du personnage qui monte, ça aussi c'est au service de l'histoire.
On sait, tout comme lui au fond, ce qui est en train de se passer.
J'avais envie de lui dire de se grouiller en lisant le texte, je ressentais une sorte d'urgence mais je projette peut-être.
En tout cas merci pour ce très bon moment de lecture.

   Eccar   
11/7/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour,
En quoi cette hésitation peut changer le cours des choses ? Que le personnage emmène ou non avec lui ce costume peut-il empêcher le décès de sa mère. Il hésite combien de temps ? Quelques minutes ? Apparemment, la distance qui le sépare du domicile de sa mère est grande et il serait étonnant qu'il y des trains grandes lignes le matin tous les quarts d'heure. Cette nouvelle est articulée autour de cette hésitation qui ainsi aimerait créer une réflexion sur le destin. Mais si, par manque de réalisme, l'articulation est un chouia grinçante, la réflexion est quelque peu ternie et la nouvelle fait flop.
Pour conclure, je pense que cette histoire au départ s'est beaucoup trop concentrée sur ce temps caniculaire qui tourne à l'orage. Et aucune réelle émotion ne s'élève de ces lignes.
Quant au style, trop épuré, trop simple, comportant quelques maladresses, il ne joue aucunement ce rôle amplificateur de sentiments qui pourrait pallier à la faiblesse de l'intrigue.
Même la femme du rêve, que je trouve un rien cliché, n'apporte rien à l'histoire.
Désolé.

   vb   
11/7/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Moschen,
J'ai bien aimé votre texte, mais j'aurais pu aussi écrire beaucoup. C'est la raison pour laquelle j'ai écrit "bien" avec une petite flèche vers le haut.
J'ai beaucoup aimé le sujet, la tristesse qui émane du récit sans que cela ne soit trop appuyé, trop lourd. Je me souviendrai de ce texte tout en nuance.
Par contre, je n'ai pas aimé les références au rêve. Ça m'a fait penser à un mélange entre la dame du lac et American beauty, et j'ai trouvé ça kitsch. Un jour, j'avais moi aussi décrit un rêve dans un texte. Un lecteur m'a fait la même remarque que je vous fais ici. Je n'ai pas supprimé le passage mais remplacé par quelques mots diffus mais évocateurs, qui donnaient plus l'impression d'un cauchemar. Le lecteur a préféré cette nouvelle version. D'autre part, j'ai eu difficile à concilier l'image que je m'étais faite de la mère après la phrase "J’avais laissé un message sur le répondeur de maman pour qu’elle pense à s’hydrater." (j'imaginais une vieille toute ratatinée et fort sénile) avec l'image de la dame du lac que j'imagine en déesse celtique dans le brouillard de Brocéliande un peu à la manière de Galadriel.
Je n'ai pas non plus aimé cette insistance sur cette hésitation qui aurait pu changer le cours de l'histoire. Bien sûr on se fait toujours des reproches dans un cas pareil, mais je ne pense pas que prendre le train précédent aurait pu changer quelque chose et surtout je ne pense pas que le narrateur soit une personne du genre à le croire. Je l'imagine plutôt fataliste sinon il se serait vraiment dépêché pour prendre le train et votre texte aurait été tout autre.

   Anonyme   
11/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
C’est court, rapide, précis. Efficace.
Sans surprise, vous nous emportez au point exact que vous avez choisi.

Il y a des pressentiments qui ont le goût de l’inéluctable.
Des ambiances étouffantes d’avant l’orage.

Les images oniriques ‘’d’une lande ou errait une femme cheveu défait’’, ‘’cette même femme allongée sur un lit au milieu de pétales rouges » dessinent et pointent le à venir.

Le costume sombre, instrument d’un pouvoir qui n’appartient pas aux mortels malgré tout leur bon vouloir, n’a rien conjuré d’un sort écrit depuis longtemps sur les tables des lois de la vie.
Le narrateur le sait.
Il a voulu y croire.
Moi aussi.

   widjet   
11/7/2017
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
Un commentaire ci-dessus dit : « pourquoi en faire des tonnes quand quelques mots suffisent ? ». Je suis 100, non, 1000 fois d’accord avec ça. Oui, la sobriété est aussi un style d’écriture dès lors où derrière cette sobriété volontaire (et travaillé voire ciselé), on ressent que l’auteur en a sous le pied (ou la plume), que l’auteur est en contrôle, que le choix des mots utilisés est pleinement et savamment réfléchi, que parmi cette palette de mots, de formulations mis à sa disposition, l’auteur à méticuleusement pioché ceux qui avaient la résonance requise.



Pardon, mais ici, je n’ai pas et même à aucun moment ressenti ça.



Cette sobriété est à mon sens un faux nez, le faux nez d’un manque manifeste de style (sur ce texte du moins), d’une absence de répertoire et (encore pardon) d’imagination, d’inspiration. Décrire la banalité (du quotidien, d’une vie entière) nécessite une précision chirurgicale pour faire ressentir toute cette insignifiance. Ici, je n’ai vu qu’une enfilade de phrases plates, creuses, sans relief. Encore désolé, mais je ne marche pas. Ce n'est pas (toujours pour moi) une sobriété évocatrice, une épure fignolé, mais juste des mots fade, sans force, les premiers qui tombaient pour exprimer une situation, une émotion, bref rien qui puisse témoigner d'une véritable profondeur. La sobriété (ou cette fausse simplicité) a cette magie d'ouvrir des champs d'interprétations diverses, donne des perspectives multiples (d'où l'importance du choix des mots, des tournures). Je n’ai pas vu de style, mais au contraire une cruelle absence de style, du pur remplissage vain.



Le texte est court, d’une banalité extrême et parfois de maladroit.
« je comptais les jours que je resterais loin de chez moi » (laid).
« toit de zinc » (en zinc non ?)

J'insiste, mais je tiens à bien expliquer ce que j'attends moi de la sobriété (moi qui justement peine à la trouver et à être sobre, c'est pourquoi le sujet me tient à coeur).
Pour illustrer mon propos, je prends une phrase (mais c’est valable pour beaucoup d’entre elles) : « Je faisais des allers-retours pour choisir quels vêtements j’emporterais ». Quelle signification, quel message, l’auteur souhaite t-il nous faire comprendre (sur l’intériorité du personnage notamment) devant cette hésitation à choisir ses fringues ? Quel indice se cache derrière ça ? Quel est le sens ou les sens cachés derrière ces aller-retours, que cherche t -on à évoquer ? A mon avis rien de très profond ou intéressant (hormis le fait qu’il va se reprocher ce retard pris à la fin, c’est maigre). Comme le dit justement Eccar, cette écriture ne joue pas "ce rôle amplificateur de sentiments".

Et puis, la dernière phrase, essentielle, celle qui est censé « claquer », et nous rester en tête à la fin de la lecture, n’a pas de portée (car elle est platement écrite)

Enfin, je ne comprends pas cette phrase :
« À partir de cet instant, j’ai su que la nuit était perdue ».
Et suis friand d’une explication.

« j’avais vu cette même femme allongée au milieu d’un lit de pétales rouges. »
J’ai pensé à American Beauty, je sais pas pourquoi.

En outre, j’ai pas compris le rapport avec cette femme.
Mais c’est peut-être de ma faute pour le coup.

L'appel de la mère (autre scène clé pourtant) est traité de manière lapidaire, il n'évoque rien, ne suscite rien (chez moi lecteur) : "elle me demandait de venir le plus rapidement possible...", waow, quelle tension, sans déconner ! La femme a probablement eu une attaque ou est en proie à la panique, mais l'auteur traite ça tranquille, "à la cool" (elle demande, même pas elle implore, ou hurle, non, elle demande d'une voix nasillarde en plus !).

Bref, j’ai pas aimé, quoi.


W

EDIT : après relecture des commentaires, je vois pas trop où se trouve l'angoisse. Le mec, il a bouquiné des heures. Quand t'es angoissé, y a pas moyen de lire, je pense.

   Jano   
11/7/2017
 a aimé ce texte 
Bien
C'est assurément bien écrit, il n'y a pas de doute là-dessus. Un style particulier fait de phrases courtes, expressives. Personnellement j'aurais apprécié que vous les étoffiez car ça fait un peu télégraphique.
L'ambiance est bien rendue, on ressent la chaleur, le déclenchement de l'orage. J'ai toujours pensé que le contexte était important pour donner du corps à l'histoire.
Moins aimé le rêve, on n'y croit pas. Une image forcée qui n'est pas nécessaire. Les rêves sont en général brouillons, flous, cette netteté détonne dans le cheminement de la pensée du narrateur.
Le thème ne m'a pas emballé plus que ça, plutôt ennuyeux, en réalité j'ai été davantage sensible à votre façon de rédiger.

   MissNeko   
12/7/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour

J aime l'idée de la superstition autour du costume comme si cela pouvait influencer la vie ou la mort.
J aime moins le style : trop télégraphique à mon goût. Cela aurait pu induite une sorte d angoisse mais je ne l ai pas ressentie.
Je pense également que le texte est un poil trop court. Il aurait mérité de Ganer en détail et de travailler davantage autour de la superstition pour, pourquoi pas, en faire un texte de genre fantastique.
A vous relire

   SQUEEN   
12/7/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
J'ai beaucoup aimé le premier paragraphe, l'ambiance est bien installée, le décor est planté, les personnages sont présentés avec une économie de moyen drastique, intéressante. Après l'économie reste, mais l'histoire ne décolle pas: reste l'ambiance lourde et chaude.

La transition entre le deuxième et le troisième paragraphe est étrange, le narrateur est sur le balcon (description du ciel, lune) et puis tout à coup il est en train de rêver: je n'ai pas compris s'il était encore sur le balcon ou ailleurs.

Le principe de l'économie est plaisant mais demande une grande virtuosité et une grande précision. Le parti-pris de cette écriture est ambitieux mais à mon avis pas totalement maîtrisé. Il y a du flou.
Merci pour cette lecture.

   Tadiou   
15/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'arrive un peu tard pour mon commentaire. Sans avoir lu les

autres.

Je suis très ému par ce texte. Cette écriture élégante et belle qui

emporte. Tous ces détails qui donnent du corps et du poids au récit.

Cette pudeur qui laisse imaginer en filigrane une grande douleur

tant la tendresse suggérée du fils pour sa mère est profonde.

Très belle maîtrise et grande délicatesse.

L'image du costume noir est très bien mise en scène.

Tadiou

   Tahar_Tampion   
19/7/2017
Pas franchement emballé même si l’histoire est plutôt sympa. Le ton est distancié, monotone, monocorde, je pense que c’est voulu. J’ai été gêné par le trop de « je » enfilés comme des perles les uns à la suite des autres. Ce rythme en « je » mériterait d’être brisé parfois.
Cette distance donne presque un ton presque geignard. En tout cas elle s’accorde bien avec la touffeur de cette nuit.

Quelques remarques :
En contre-bas - > en contrebas sans trait d’union (mais je suis pas sûr de moi, à vérifier)

Je n’ai pas compris ce que cette phrase voulait dire :
« J’ai pensé qu’un peu de compagnie éviterait de s’apitoyer sur son sort »
De la compagnie pour qui ? Pour les buveurs en contre-bas ? Pour lui ? Pourquoi « son sort » et pas « mon sort » ? Pourquoi le narrateur nous fait-il par de cette réflexion s’il ne descend pas ?

Ici, un passé simple perdu tout seul dans une lande à l’imparfait au passé composé et PQP (étrange) :
« il y eut ce coup de tonnerre »

Le coup de tonnerre vient avant l’éclair -> c’est pas illogique ça ?

Ici, c’est pas clair :
« en retournant à l’hôtel, j’ai défait ma valise »
« en retournant » signifie « pendant le trajet de retour ».
Je pense que vous vouliez dire : De retour à l’hôtel, j’ai défait ma valise

Et ici enfin, c’est pour moi le final raté du gymnaste qui se réceptionne de travers au moment de saluer le public :
« Je me suis dis que la vie tenait à pas grand-chose : un manque de concentration et la mort vous happerait le temps d’une hésitation »
Déjà, il y a l’empilage de « manque de concentration » avec « le temps d’une hésitation » dont je ne comprends pas vraiment pourquoi ni par quoi ils sont liés. Je me doute qu’il vous fallait quelque chose sinon la phrase semblerait n’être pas terminée si elle s’achèvait avec « la vie vous happe ».
« sans une hésitation » -> là, j’aurais mieux compris.
Mais surtout, pour moi, ce « happerait » au conditionnel sonne comme une cloche fêlée. Il vaudrait mieux mettre un présent.
Il y a aussi le « tenait ». Pourquoi l’imparfait ? Parce que c’était vrai avant mais plus maintenant ? Donc, le présent ici aussi, me semblerait plus indiqué (mais c’est moins flagrant que le happerait) : « Je me suis dis que la vie tient à pas grand-chose : un manque de concentration et la mort vous happe le temps d’une hésitation »

   Alexan   
23/7/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je trouve le début très réussi. Le genre d’atmosphère ou l’on est à l’affut d’un coup de théâtre imminent. On est à comme dans un film d’Hitchcock ! dans l’expectative, attentif au moindre détail, à craindre même que quelqu’un surgisse « des rideaux qui ondulent faiblement ».
C’est dans ce semblant d’immobilité que le contexte parvient a provoquer un tel malaise, ou l’appréhension s’exprime dans de tout petits détails.
Sans compter que oui : on a chaud !
J’aime aussi le ton, le style, des mots qui semblent avoir été soigneusement choisis, mais avec tout de même de la simplicité. Je trouve que l’auteur arrive a faire passer beaucoup en juste quelques phrases courtes… angoisse, questionnement, remord, regret…
La présence du rêve donne un léger soupçon d’irrationnel plutôt bien venu. Et j’ai été frappé par sa poésie chimérique qui détonne du reste du texte très réaliste.
De plus, quelque chose de moins tangible encore m’a saisi ; une sensation psychanalytique (si j’ose dire) ; l’angoisse de la mort, le rapport avec la mère… sans oublier la symbolique du costume noir.
Intrigant et passionnant. On pourrait passer des heures à annualiser ce texte.

   Jean-Claude   
25/7/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Un bon glissement de la prémonition vers la sordide hésitation.
Je ne vois pas bien ce qu'il aurait pu changer mais le personnage peut y croire. En tout cas, il aurait pu accompagner les derniers instants de sa mère.
Pour les détails, je n'en signale qu'un : on peut comprendre que c'est le cheveu défait qui est dans une large robe blanche, ce qui peut être résolu en plaçant la robe avant le "qui".
Quant aux réactions du personnage, elles sont particulières mais crédibles.

   carbona   
5/9/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour, la lecture est agréable. C'est bien écrit, assez fluide. Je n'aime pas les passages sur les songes, je n'accroche pas à ce type de procédés. Il ne se passe pas grand chose dans ce texte mais à l'exception des "visions", le ton y est serein et accueillant.

Merci pour la lecture.

   jfmoods   
18/11/2017
"Des jeunes gens discutaient une bière à la main." -> Des jeunes gens discutaient, une bière à la main.

"Au loin, je discernais une forme humaine, une femme qui errait le cheveu défait dans une large robe blanche." -> Au loin, je discernais une forme humaine, une femme qui errait, le cheveu défait, dans une large robe blanche.

"Les gouttes de plus en plus grosses frappaient le toit de zinc." -> Les gouttes, de plus en plus grosses, frappaient le toit de zinc.

"J’ai hésité, je ne l’ai pas pris comme si je voulais en le laissant conjurer un sort." -> J’ai hésité, je ne l’ai pas pris, comme si je voulais, en le laissant, conjurer un sort.

"Le costume sombre était là au milieu des autres effets." -> Le costume sombre était là, au milieu des autres effets.

"j’ai senti les lèvres qui me brûlaient" -> j’ai senti que mes lèvres brûlaient"

"en contre-bas" -> en contrebas

"Ses bras brassaient l’air" -> Ses bras agitaient l’air

"À peine assis dans le taxi, la pluie est tombée à nouveau." -> J'étais à peine assis dans le taxi quand la pluie est tombée à nouveau.

"En retournant à l’hôtel, j’ai défait ma valise." -> De retour à l’hôtel, j’ai défait ma valise.

Le sens de cette phrase demeure pour moi énigmatique...

"J’ai eu juste le temps de décrocher pour entendre sa voix."


Ce texte rappelle forcément "L'Étranger" de Camus (la chaleur, la mort de la mère). Les événements sont relatés de manière purement factuelle. Sensations et pensées prennent toute la place. Aucune affectivité, aucun pathos ne s'exprime. L'écriture, plate, ne donne pas accès aux sentiments du personnage. Celui-ci, étrange, déroute l'attente du lecteur.

L'hypothèse est posée de rejoindre les autres, en bas...

"J’ai pensé qu’un peu de compagnie éviterait de s’apitoyer sur son sort."

..., mais cela reste à l'état de conjecture.

Le personnage est en décalage avec le monde qui l'entoure.

D'où les manoeuvres d'évitement du cadre familial...

"J’ai pensé à cette réunion à laquelle j’avais été convié. J’avais décliné la précédente. J’ai imaginé une autre excuse."

D'où son absence au chevet d'une mère mourante.

D'où, aussi, la nécessité, au moment du départ obligé, de calculer l'intervalle de temps qui va le tenir éloigné de son point d'ancrage, de sa zone relative de confort...

"Au fur et à mesure que la valise se remplissait, je comptais les jours où je resterais loin de chez moi."

L'obstacle principal qui se dresse devant le lecteur de cette nouvelle, c'est un introuvable espace de convivialité. Comment s'intéresser à ce personnage s'il n'y a, en lui, rien qui montre son humanité ? Il est asocial, se montre inapte à épouser les codes (chercher le contact avec les autres, trouver sa place dans un cadre familial structurant, se comporter en frère, en fils...)

La même impression, rebutante, marque la lecture de "L'Étranger" de Camus (notamment la fameuse entame du roman).

Le rêve, prémonitoire, de la mort de la mère, ne modifie en rien son attitude. Il ne vient à l'hôpital que sur sollicitation expresse ("D’une voix nasillarde, elle me demandait de venir le plus rapidement possible"). Une fois sur place, son compte-rendu de la situation ne trahit nulle émotion (euphémisme : "Les nouvelles n’étaient pas bonnes."). Comme extérieur à sa propre vie, le personnage en demeure le témoin solitaire et passif. Incapable de se projeter vers le monde, il ne peut que se nourrir de regrets, interpréter après-coup les événements comme des signes du destin ("Je me suis fait des reproches. Sans ces atermoiements, je serais arrivé à temps. J’aurais changé le cours des choses.", "Je me suis dit que la vie tenait à pas grand-chose : un manque de concentration et la mort vous happerait le temps d’une hésitation.").

Merci pour ce partage !


Oniris Copyright © 2007-2017