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Fantastique/Merveilleux
Palimpseste : Révélations divines sur quelques bordels sur Terre... [concours]
 Publié le 25/09/11  -  17 commentaires  -  13386 caractères  -  198 lectures    Autres textes du même auteur

Ce texte retrace une partie de la vie d'Apollon : sa liaison malheureuse avec Pallas-Athénée, sa toquade pour Aphrodite, la déroute de son premier rendez-vous raté avec elle. Au passage, d'autres mythes sont expliqués dont la bataille des Amorites dans la Bible, le fondement des sacrifices humains chez les Incas, l'ignominie de l'attaque de Pearl Haubour et même le modèle moral qui servit à Lionel Jospin en 2002...


Révélations divines sur quelques bordels sur Terre... [concours]


Ce texte est une participation au concours n°11 : Mythologies (informations sur ce concours).


Une révélation de plus: la co-auteur est Nirina, une complice qui est venue à Oniris à cette occasion, moi-même étant à ce moment nouveau sur le site et ne connaissant pratiquement personne.


C'est à Nirina que vous devez quelques unes des plus jolies formules du texte (dont la référence au Nutella - l'idée du gilet de sécurité jaune - la couverture nuage - Pallas-Athénée - bien d'autres encore ...).


Pour paraphraser le violoniste Nigel Kennedy, "ce n'est pas parce que les dieux sont morts (dixit Nietzsche) qu'il faut en parler de façon funèbre".... Nous avons résolument été chercher notre inspiration du côté d'Aristophane plus que de Sophocle...


Ce fut un grand plaisir de travailler avec toi, Nirina ! MERCI !


__________________________________



La journée commence pour Apollon, le dieu du Soleil. Comme chaque matin, il balance la couverture nuageuse de son lit, s'étire, puis se rend au garage prendre le volant du char solaire.


Vous ne connaissez peut-être pas personnellement ce bellâtre, mais sans doute l'avez-vous vu traverser le ciel.


Quand on l'approche, il ressemble aux hommes alors que de loin, on ne distingue qu'une boule jaune et lumineuse qui joue à saute-mouton avec les nimbus. Selon les saisons, il peut être très chaleureux - voire brûlant - mais aussi plutôt froid. Certains hivers, on le voit faire quelques timides apparitions, très bas au-dessus de l'horizon, sans que ses rayons ne semblent pouvoir lutter contre le givre qui blanchit la campagne.


De près, il ressemble aux hommes. Enfin… pas à tous ! Ne l'imaginez pas avec un début de brioche et une calvitie naissante ! Non... Imaginez des épaules larges, des pectoraux avantageux, des abdominaux en tablette de chocolat et des fesses rondes aussi dures que deux pommes trop vertes. Un vrai canon ! Apollon fait l'unanimité chez les femmes qui ne peuvent le croiser sans un picotement au bas des reins. Certains clubs du Marais lui ont fait un pont d'or pour danser chez eux, mais le dieu n'est pas attiré par les richesses terrestres. Quand on est un dieu, il est facile de se passer du confort des hommes : celui de l'Olympe est sans comparaison !


Donc, ce beau matin, le printemps est bien avancé et la nature a fait éclore des fleurs par millions. Cette belle journée sera consacrée aux travaux de pollinisation. Les abeilles s'éveillent et déjà sentent le besoin impérieux d'aller se frotter aux fleurs pour se gaver de leur nectar. Celles-ci ouvrent leurs calices d'un geste aguichant, exhalant leurs parfums le plus capiteux et n'hésitant pas à passer un coup de blush sur leurs pétales. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.


Le printemps est en pleine action...


Alors qu’il chevauche dans le ciel, Apollon songe à son rendez-vous avec Aphrodite, ce soir. La perspective de ce rencard l'a empêché de trouver le sommeil, en lui provoquant quelques soucis de pression sanguine.


Aphrodite, le sein tentateur et la taille idéalement évasée, accroche le regard dès qu'on l'aperçoit. Sa marche gracieuse laisse un sillage de parfum subtilement érotisé qui charme la plupart des êtres masculins. Élevée avec l'habitude que rien ne lui soit refusé, elle sait se faire désirer jusqu'à en faire vaciller les raisons.


En la voyant lors d’une soirée bien arrosée organisée par son copain Bacchus, Apollon a développé en deux poignées de secondes une encéphalite spongiforme, signe d’un amour foudroyant.


Le pauvre Apollon se remettait mal de s’être fait largué comme un malpropre par Pallas-Athénée, une intellectuelle aux formes aussi épurées que grammaticales. Il aurait dû se douter que ça tournerait au vinaigre quand sa fiancée se toqua de l’appeler par son deuxième prénom, Phébus, plus chic selon ses goûts.


L’aventure ne dura pas longtemps et l’oraison funèbre de leur idylle avait tenu en peu de mots. En gros, Pallas-Athénée ne supportait plus le babillage d’Apollon sur les chars solaires, les avantages du 4x4 sur le SUV, ni d’aller à des compétitions de comètes où une bande d’abrutis dévalaient la voie lactée sur des deux roues solaires, puants et incroyablement bruyants. Pallas-Athénée ne rêvait que de luxe, de calme et de volupté. Elle aimait le jeu, mais avec des idées et des supputations. Rien ne lui avait plus plu que Platon glosant sur les ombres faites par Phébus sur des murs de cavernes où des hommes enchaînés se questionnaient sur l’existence des dieux. Apollon, peu à l’aise dans ce registre, fuyait ces soirées assommantes et avait essayé d’en détourner Pallas-Athénée au profit du bowling et de virées dans les karaokés de l’Olympe.


Malheureuse tactique : Apollon fut jeté comme un jouet usé. Il passa quelques mois à cuver son chagrin dans les bars et les soirées privées, où il se signalait par son alcoolémie.


Aphrodite avait bien remarqué ce très bel homme seul, mais quand elle sut qu’il était encore englué dans un chagrin d’amour, elle décida de le laisser s’en guérir.


La déesse, abonnée aux rayons « esthétique & coiffure » et à aucun magazine littéraire ni philosophique, se contenta de lui faire un coup d’œil charbonneux avant de le doucher avec un regard glacial. On sait comme un battement de faux-cils suffit à rendre un homme marteau.


Excellente tactique : Apollon devint un véritable jouet pour la déesse.


Apollon a dragué Aphrodite pendant des lustres et n’a ménagé aucun effort pour la séduire, vainement. Il a pourtant tout essayé : les somptueux bouquets, le Nutella en maxi-format, les respects surjoués, les blagues salaces, le coup du mépris, les approches sournoises, les diamants en rivières... Mais rien n'y fit : jouant les pimbêches, elle l'a ignoré. Non seulement elle détournait les yeux chaque fois qu'il s'adressait à elle, mais tout le monde l’a remarquée sortir ostensiblement des pièces dans lesquelles il entrait.


Cette fille a mis ce pauvre Apollon au supplice et lui marche à fond !


L'espoir de celui-ci est entretenu par un commentaire équivoque gravé sur le mur de sa villa à Phaëceboukos : « Un rien vaut mieux que dieu tu m'auras - signé : Aphrodite ». S'usant le cerveau sur cette phrase sibylline, Apollon en a déduit qu'elle a décidé de le laisser mariner avant de mieux s’abandonner.


Il en est conforté par le burin laissé par la déesse au pied du mur, sans doute intentionnellement. Sur celui-ci, sont notées au feutre une date située trois mille ans plus tard, ainsi que l'adresse d'un club, lieu de rendez-vous galants bien connu.


Interrogée sur la probabilité d’une heureuse issue, la pythie de Delphes rend un oracle ambigu : « Le temps se suspendra au moment du rendez-vous ». Apollon imagine une Aphrodite subjuguée avec laquelle il pourra conclure sans résistance.


Quand il a tenté de s'endormir, hier, l’inscription datait exactement de 2 999 ans et 364 jours. Alors qu'il tentait de ne pas trop y penser, il reçut un message de la part d'Aphrodite sur son Melanoberry : « À demain ! (sois à l’heure : j'ai horreur des mecs en retard) ». Quel choc pour le dieu du Soleil de recevoir ce texto ! Le pauvre diable en a été tout retourné et n'a pas fermé l'œil de la nuit, passant en revue mille scénarios d'attaque pour séduire la donzelle, puis cent mille positions amoureuses pour fêter acrobatiquement son succès.


Il finit par s'endormir sur cette pensée sublime : demain, après son travail, juste au début de la nuit, il a rendez-vous avec Aphrodite !


YOUPEEEE !


La journée se passe merveilleusement bien. Avec des pulsations cardiaques au taquet, Apollon galope à travers l'azur. La chaleur de ses rayons se fait estivale, bien qu'on ne soit encore que début avril. Mais il est tellement tourneboulé qu'il fait mûrir les vignes en une journée. Sa frénésie se communique à l'ensemble des êtres vivants sur Terre qui se mettent à copuler à qui mieux mieux sans se soucier d'aucune morale.


Alors que la caverne où il range le char diurne s'approche, il entend un grand craquement dans le compartiment moteur. Le véhicule s'arrête net dans un grondement de fin du monde. Une fumée noire envahit la plateforme de conduite, et le voyant « Non habemus soupapam » clignote.


Comble de malchance : dans son extrême fébrilité, Apollon avait oublié son Mini-Mercure, un dieu-messenger aux pieds ailés, utile pour donner l'alerte et prévenir de la panne qui l'immobilise. Il doit donc attendre derrière la glissière de sécurité que quelqu'un lui porte secours. Revêtant l’obligatoire gilet jaune, le ciel au-dessous de lui se teinte d’une couleur quasi solaire, jolie mais figée le temps de la réparation.


Quatre heures plus tard, le patron de l'Olympe, Zeus, inquiet de voir encore de la lumière malgré l'heure tardive, se met en route pour comprendre le phénomène. Il trouve Apollon en pleurs, balbutiant d'une façon pathétique « elle est partie, je suis sûr qu'elle est partie ». En quelques éclairs, le maître de la foudre ressoude la courroie de distribution du char. Le véhicule, presque noyé par les larmes d’Apollon, finit par redémarrer.


Ce dernier parvient au rendez-vous, situé rue du Styx, à une heure avancée de la nuit, la cape déchirée et les mains encore maculées de cambouis. Cerbère, le videur, lui refuse l’entrée tant qu’il sera sale et n’aura pas trouvé de vêtements corrects. Apollon perd ainsi encore une heure à faire la manche pour un T-shirt et se faire passer un savon par un quidam.


Quand il pénètre dans l’établissement bondé, de nombreux couples dansent, tandis que d’autres sont affalés sur des sofas rouge vif.


L'immense salle abrite de nombreux salons privés, dont quelques-uns fermés hermétiquement par des rideaux. En mezzanine, l’atmosphère est très conviviale entre les hommes et les femmes qui se laissent aborder sans trop de formalités.


Le dieu erre de table en table pour trouver Aphrodite, allant jusqu’à risquer un œil dans les alcôves et à l’étage pour la reconnaître.


Peine perdue ! Il doit bientôt se rendre à l’évidence : elle n’est pas là.


Apollon se rend au bar où Hadès, le patron, lui apprend qu'une femme magnifique a attendu pendant une heure avant de repartir furieuse. Il l’a entendue grommeler des propos peu aimables sur la fiabilité des hommes et la cohérence de leurs promesses.


Apollon, effondré, s’abîme dans une mer de breuvages forts et prend une cuite carabinée.


Le lendemain, le mur de sa résidence de Phaëceboukos s'orne de la photo d'un lapin et de deux mots « JAMAIS PLUS ! » écrits rageusement avec le sang d'un garenne immolé du matin.


Aphrodite ne répondra à aucun de ses messages et n'écoutera jamais les explications d'Apollon à ce contretemps, indépendant de sa volonté. Se répandant en vilenies auprès de toutes ses copines de l'Olympe, elle débine Apollon et le fait passer pour un vil séducteur sans virilité. Avec des ondulations de vipères, ses paroles entrent dans l'esprit des autres femmes qui rejetteront par la suite toutes les tentatives du dieu. Chaque fois que celui-ci tentera de se disculper en parlant d'une simple panne, il s’attirera sans comprendre des sourires méprisants et des remarques caustiques.


Pour comble de malchance, cet incident a bien d’autres répercussions et Apollon n'a pas fini d’en baver.


Ainsi, à mille kilomètres de là, le général hébreu Josué, en guerre sur les rives du fleuve Jourdain, voyant le soleil arrêté, en a profité pour prolonger une bataille et remporter une écrasante victoire sur les tribus amorites. Il a ouvert là matière à un conflit qui perdure encore aujourd'hui et empoisonne la cohabitation des peuples du Proche-Orient.


Au même moment, mais de l'autre côté de la Terre, la civilisation inca, complètement affolée de voir le Soleil s’obscurcir soudainement, a cherché dans le sacrifice de femmes et d’hommes le moyen de remédier à cette éclipse. Le redémarrage du char solaire n'ayant pas arrêté la pratique, il faudra une poignée de conquistadors cruels pour faire cesser ce régime d’Incas, trop basé sur les protéines humaines.


Quelques fuseaux horaires plus loin, dans la grande île du Japon, l’empire du Soleil levant prend un retard fatidique de quelques heures, qui se répercutera tout au long de son Histoire. En conséquence, la bataille de Pearl Harbour débutera avant que la déclaration de guerre ne parvienne au Congrès américain, laissant une tache de déshonneur sur les troupes nippones.


Ce pauvre Apollon, attaqué de partout et dégoûté par la violence de ses détracteurs, rend les clés du char solaire. Il décide d'assumer ses responsabilités en se retirant définitivement de la vie publique. Il part en retraite dans une île grecque dédiée à une note de musique : Ré.


Ses successeurs ne sont malheureusement pas aussi doués. Ils sont notamment en train de réchauffer le climat en roulant trop près de la Terre, malgré un nouveau véhicule solaire ultramoderne, à la carrosserie 100% carbone. Nous leur devons tous nos étés pourris depuis le début du siècle !


Tout cela à cause d'un mauvais rencard entre un garçon trop beau et une jolie fille sans patience...


Quel désastre ! Quel mauvais exemple pour notre jeunesse !


 
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   monlokiana   
1/9/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Hum. Une nouvelle qui se lit facilement. L'écriture est fluide et rythmée, je ne me suis pas ennuyée une minute au contraire; c'est un texte qui se dévore, j'ai eu envie de connaître la fin.
J’ai bien aimé la transposition de ces dieux grecs (Apollon, Aphrodite) dans la vie d’aujourd’hui, la réalité quoi.
« Comme chaque matin, il balance la couverture nuageuse de son lit » ça m’a fait rire, la couverture nuageuse, c’était vraiment bien vu.
C’est un texte que j’ai bien apprécié mais je dois dire qu’il n’y a pas d’effets surnaturels. Par là je veux dire que certes oui, il y a des personnages mythiques, une déesse, un dieu du soleil mais moi je les ai senti bien humains dans un univers humain. (Je ne sais pas si je me fais comprendre :-)
Toutefois, je trouve le travail réussi, la fin fait sourire, elle est agréable. Je me suis marrée avec le truc du décalage horaire. Un rendez-vous qui a eu bien des dégâts.
Merci et bon courage aux auteurs.

   socque   
5/9/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J'ai bien aimé le début du texte, mais ai ensuite trouvé la farce laborieuse ; la description des circonstances du rendez-vous manqué m'a franchement ennuyée. En revanche, celle de ses conséquences m'a bien plu, elle m'a paru inventive.

Donc, malgré un côté lourdingue, trop appuyé de l'humour (à mon avis), j'ai trouvé l'histoire plutôt plaisante ; mais la conclusion me paraît inutile (à partir de "Tout cela à cause"), j'aurais préféré que vous me la laissiez tirer toute seule !

   Charivari   
11/9/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai beaucoup apprécié l'humour de ce texte, surtout au début. Après, il y a peut-être un passage à vide, (c'est la grande difficulté du genre humoristique, réussir à tenir sur la longueur) mais certaines tournures declenchent encore quelques sourires, et puis, j'ai adoré le personnage de Pallas-Athéna appellant son Jules "Phébus" parce que ça fait pus smart !
La fin est extrêmement originale, avec l'évocation des conséquences du rencard loupé entre le bellâtre et la pin up.
Bref, j'ai passé un bon moment de lecture.

   Anonyme   
25/9/2011
Avec un festival de trouvailles servi par une écriture enjouée, la première partie de ce texte nous en met plein les mirettes. Ce qui pour Phébus est la moindre des choses.

Le rythme et l'intérêt retombent avec la narration laborieuse des déboires du malheureux Apollon dans sa tentative de conquête de la vamp Aphrodite.

A la troisième partie, un nouveau changement de style (en bien cette fois) réveille l'intérêt et nous apporte quelques éclaircissements sur de grands évènements de l'Histoire des mortels.

On ne refait pas le match. Dommage, avec une seconde partie à l'image des deux autres, pétillante et concise, ce texte aurait été parfait.

Il demeure cependant plaisant avec des passages dignes des plus fins humoristes .

   brabant   
25/9/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour vous deux,


Ben oui, y'en a des choses là-dedans !

Dont d'inénarrables :
"Un rien vaut mieux que Dieu tu l'auras"
"Non habemus soupapam"
La faillite annoncée du coup de la panne, pour les siècles des siècles...
et bien d'autres !

A mon sens, tout n'est pas du meilleur goût : la Palestine, les Incas, le Japon.

ça fait du 70/30 !


J'ai l'impression que le travail a été ainsi conçu : un pg masculin/un pg féminin, et ainsi quasiment 'systématiquement' jusqu'à la fin. Grosso modo. Moins dans le dernier tiers. C'était bien car j'avais les deux points de vue.

Je ne pense pas me tromper.

Le style présente des variations de l'un(e) à l'autre. Ce qui sert finalement chaque et chaque protagonistes. Quelques maladresses à mon avis partagées. Plus ou moins volontairement.

Mais l'ensemble est agréable à lire, plaisant.

La collaboration a été équilibrée, bénéfique.

Vous devriez vous mettre en ménage si vous ne l'êtes pas déjà. :)

   wancyrs   
25/9/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Une Nouvelle assez étrange que je n'ai pas aimé dans ses dernières lignes... l'effort et la beauté du début sont annihilés par la forme trop explicative de la fin, on aurait dit la conclusion d'un documentaire... en gardant l'idée et en modifiant la forme (par exemple : astérisques - combat du Général Josué narré de façon vivante en faisant un espèce de focus sur le soleil, élément pouvant permettre au lecteur de faire un rapprochement avec l'éclipse d’Apollon - astérisques - scène de sacrifice Inca narrée, focus sur l'éclipse - astérisques - etc.) on aurait pu faire quelque chose de très beau.

Je salue néanmoins la facilité avec laquelle le texte joue avec les maximes et d'autres poncifs de l'histoire de l'humanité. Et pour finir, ce n'est pas la victoire sur les Amorites qui posa les fondements du conflit au Proche-Orient, mais la promesse que leur Dieu a fait à un peuple.

   Anonyme   
25/9/2011
 a aimé ce texte 
Pas
Je crois que dans ce texte, Apollon et aphrodite ont perdu leurs lettres de noblesse...Les auteurs ont tellement voulu les actualiser dans la vie de tous les jours que la magie des dieux s'est volatilisée...Dommage!
L'écriture est belle cependant et fluide mais mon intérêt n'a pas été soutenu jusqu'à la fin. Certains paragraphes n'amènent rien au texte comme par exemple:
`` Donc, ce beau matin, le printemps est bien avancé et la nature a fait éclore des fleurs par millions. Cette belle journée sera consacrée aux travaux de pollinisation. Les abeilles s'éveillent et déjà sentent le besoin impérieux d'aller se frotter aux fleurs pour se gaver de leur nectar. Celles-ci ouvrent leurs calices d'un geste aguichant, exhalant leurs parfums le plus capiteux et n'hésitant pas à passer un coup de blush sur leurs pétales. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. ``

   Anonyme   
26/9/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Beaucoup de choses à dire à propos de ce texte. De nombreux ingrédients, trop, pour une nouvelle en 12000 signes. Il y a trop d'éléments, il aurait fallu choisir, se centrer sur l'amour impossible entre les dieux protagonistes.

C'est un texte qui mise sur la caricature, les portraits sont aux gros traits mais à peine esquissés. C'est un choix qui peut paraître judicieux mais c'est un genre difficile. Résultat : les dieux perdent de leur superbe, ils ne font pas rêver, ce qui est certainement l'objectif, mais ils ne sont pas drôles non plus, ni pathétiques. Mince, quand même, ce sont des dieux...

Sur le procédé narratif, je trouve que l'on se perd très vite en circonvolutions : les abeilles tournent en rond et le texte aussi un peu. Dans ce ciel, ça part dans tous les sens, ça a le mérite de tourbillonner. Oui mais voilà, le genre imposé, c'est la nouvelle et y a pas de place pour ça dans une nouvelle. En revanche le trio : lieu, espace, temps, est bien respecté, c'est un atout. Les jours deviennent des milliers d'années mais le lecteur y croit.

J'ai trouvé dommage que tout soit abordé sans être développé ou appuyé. Les anciennes amours du dieu du soleil et surtout l'intrigue. Il n'y a pas d'intrigue. On le sait d'avance que c'est fichu, dès les trois premières lignes on est certains que cet amour n'aura pas lieu. Pourtant il y a l'oracle. Elle était là, la question. C'était l'occasion rêvée d'une intrigue. Le temps aurait dû se suspendre, il aurait fallu se poser sur la prédiction, au moment crucial. C'est ce que je disais en début de commentaire : les auteurs possèdent tous les ingrédients pour construire un bon texte, ces ingrédients on les voit, mais ils ne sont pas utilisés, ou à peine, à trop petite mesure. Ici tout est abordé, l'amour, les guerres et rien n'est développé. J'ai même pensé à des blagues de potache, des jokes d'étudiants érudits, qui maîtrisent bien leur sujet sur la mythologie. Mais moi je m'en fiche que ce soit conforme à la légende, j'aurais préféré une véritable histoire.

L'écriture pose de charmantes trouvailles parfois. Parfois elle est maladroite "plus plu", dans l'ensemble, elle est alerte. Mais elle jongle beaucoup trop avec les temps, un vrai Bescherelle. Ceux du passé, le présent se mélangent bien mais le futur se pose dans le texte comme des cheveux (d'anges divins) sur la soupe. C'est pas bon de jouer les Cassandre ou alors si : un texte en abîme : Cassandre regarde les auteurs qui regardent les dieux, sauf qu'elle ne juge pas, elle est extérieure, elle pourrait voir que le ciel tombe sur la tête des auteurs en guise de chute, ce serait leur punition pour s'être moqués des dieux. Une conception comme ça, ça m'aurait plu.

Un texte avec de grandes possibilités qui ne tient pas ses promesses. J'ai trouvé pas mal le portrait d'Aphrodite, moyen l'intervention de Zeus : flute, son fils est un dieu, sa machine, il la répare d'un regard ! J'ai trouvé les réactions d'Aphrodite amusantes, le mur facebook et ce qu'elle écrit dessus, le fait qu'elle ne se laisse pas charmer par le premier bellâtre qui passe.

Dans l'ensemble on ressent l'entente entre les auteurs qui ont certainement pris grand plaisir à composer ce programme à quatre mains et c'est ce plaisir de composer à deux qui ressort le plus de cet écrit.

   aldenor   
26/9/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Rencontre ratée d’Aphrodite et d’Apollon, un traitement léger du thème du concours, pourquoi pas.
Le texte est suffisamment documenté et les « idées » de ce fait sont nombreuses.
Et finalement l’ensemble est assez distrayant.
Mais l’humour, trop convenu, manque d’audace.
A noter : « s’être fait largué » au lieu de larguer.

   Anonyme   
27/9/2011
 a aimé ce texte 
Pas
Je vais par la présent m'employer à faire descendre le bellâtre de son petit nuage... Autant dire que je n'ai pas apprécié cette nouvelle, qui, indépendamment de son humour potache, souffre de maladresses propres à faire pâlir l'astre qui nous éclaire.

Premier point : je trouve la découpe en paragraphes d'une ou deux lignes (3 ou plus parfois) relativement pénible à lire. Certes, la lecture sur écran demande à ce qu'on aère. Mais là il s'agit plutôt d'un mitage intensif. Un effet probable dû aux éruptions solaires ou juvéniles de l'Appolon aux tablettes de chocolat.

Deuxième point : ce texte véhicule un certain nombre de poncifs (clichés, stéréotypes, etc.) destinés probablement à faire rire, mais qui m'ont plutôt attristé ; parmi les multiples : "abdominaux en tablette de chocolat" (ennuyeux pour un dieu qui se veut du soleil), "le sein tentateur" et la "taille idéalement évasée", etc. Très terre-à-terre que tout cela.

Troisième point : trop de circonvolutions. On butine, de-ci de-là, un peu comme les abeilles (encore que les abeilles soient plutôt du genre méthodique), ce qui nuit à la cohérence du texte. On survole sans vraiment développer. Quant à l'intrigue, elle est inexistante. On commence à lire et on sait. Aussi, on se demande pourquoi continuer.

Quatrième point : les temps ! je sais, un dieu est intemporel. Justement. Une raison supplémentaire pour ne pas en abuser. Hou là là ! je m'y suis perdu. Je ne développerai pas.

Cinquième point : il s'agit ici d'un quatre mains et cela se voit. Chacun a apporté ses briques, des négociations ont eu lieu pour les placer tant bien que mal dans le récit, mais sans véritable liant. C'est un des plus gros problèmes : le manque de liant et donc de cohérence.

Sixième point : beaucoup de lourdeurs stylistiques. Les "plus plu, "plus chic selon ses goûts", "l'oraison funèbre...", "vainement" qui arrive en bout de phrase (vainement), etc. Comme Apollon, je me suis usé le cerveau. Mais que pouvait-on attendre d'autre d'un dieu atteint d'une encéphalite spongiforme ?



Quelques trouvailles m'ont fait sourire (parce que j'ai l'esprit très mutin et que j'aime les rapprochements hasardeux) : Apollon chevauche son char (entre parenthèses, pour un couillu, ça doit être douloureux), des fesses rondes aussi dures que deux pommes trop vertes (un type comme ça ne peut avoir que des pépins), rien ne lui avait plus plu (plouf plouf, on est joueur), la pythie qui rend un oracle ambigu (les dés sons jetés, mais est-ce cas), cent mille positions amoureuses (le kâmasûtra n'en récence que 64), Apollon galope à travers l'azur (mais où est passé son char comme disent nos amis québécois. Apollon : un dieu québécois ?), non habemus soupapam (il va devoir faire appel à St Pierre ou alors il s'en va tiquant).

.

   Anonyme   
27/9/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Oui, je veux bien. Mais ça reste un peu léger, cet humour qui consiste surtout, de mon point de vue, à ridiculiser les Apollon, Aphrodite et autres dieux olympiens.
L'usage du décalage donne un peu dans la facilité. J'ai eu parfois la vague impression de retrouver l'esprit farceur troupier de "Deux heures moins le quart avant J-C".
Et j'ai trouvé que les "conséquences" des difficultés d'Apollon (la victoire de Josué, les sacrifices humains des Incas, le décalage horaire du Japon et de la déclaration de guerre) sont un peu tirées par les cheveux.
Par contre, j'aurai peut-être appris quelque chose : il y a une île grecque qui se nomme Ré. Mes recherches n'ont encore pas abouti (je n'ai trouvé que l'île de Ré bien française), mais je ne désespère pas.

   David   
30/9/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour,

Y'a des tout petits paragraphes, ça donne le rythme je crois, assez enlevés, mais ça garde l'histoire dans un registre assez léger. Pas potache non plus, il peut y avoir de la finesse dans les plus longues descriptions, plutôt au début j'ai trouvé. C'est le défaut que je trouverais, mais qui colle peut-être au personnage(s) : en mettre plein la vue au début, puis juste tenir la longueur. J'aurais bien aimé un second souffle au final, une sacrée idée à la fin. Je ferais peut-être le même genre de critique au "fourmi" de Werber, je l'ai remarqué pour le même genre de rythme, mais ça ne me déplait pas, je veux juste modéré qu'il y a plus besogneux comme écriture.

J'ai préféré la vie revisitée des dieux de l'olympe, et j'ai trouvé la fin, les liens entre la mésaventure d'Apollon et des évènements de l'histoire, un peu expédié rapidement, moins percutants.

   Meleagre   
1/10/2011
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Burlesque. On entre d'entrée de jeu, de plein fouet, dans le registre burlesque : on prend des dieux, personnages héroïques, élevés, dignes de la tragédie, pour et on les abaisse pour en faire des personnages comiques. Pourquoi pas ? Ça aurait pu marcher.
Mais là, non, pour moi, ça ne fonctionne pas. Cela devient une banale histoire de rendez-vous manqué, dont le seul intérêt est les personnages divins (mais peut-on encore les appeler divins ?), et qui ne nous épargne aucun lieu commun : plan drague, regard séducteur, boîte de nuit, retard, et même le coup de la panne !

Les dieux sont humanisés. Vous n'êtes pas les premiers à le faire. Mais là, le côté humain l'emporte largement sur leur aspect divin. Apollon est avant tout un beau gosse séducteur : "un vrai canon !". Mais pour que cet anthropomorphisme ait un peu d'intérêt, il aurait fallu qu'Apollon reste un dieu. Là, ses pouvoirs divins sont à peine évoqués ("Apollon galope à travers l'azur. La chaleur de ses rayons se fait estivale"). Pallas et Aphrodite n'ont ici plus rien de divin, alors que ce sont les déesses les plus importantes de la mythologie grecque... Certes, le concours demande une transposition d'un mythe, mais là on a l'impression que vous ne faites que reprendre le nom de personnages mythiques pour les intégrer dans une histoire humaine terriblement banale.
L'arrivée d'Apollon dans la boîte frise avec le mauvais goût, avec les clichés : salons privés, sofas, échangisme...
Les conséquences du retard du soleil sont intéressantes (pas mal, l'explication de l'épisode de Josué), mais elles sont survolées beaucoup trop rapidement.

Bon, il y a quand même une certaine qualité d'écriture, avec des passages qui m'ont fait sourire.
Le paragraphe commençant par "Donc, ce beau matin, le printemps est bien avancé et la nature a fait éclore des fleurs par millions" est beau, avec une douceur printanière. Dommage qu'il soit gâché par l'expression toute faite (clin d’œil à Pangloss de Voltaire ?) : "Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes".
J'aime bien le clin d'oeil à Baudelaire ("Pallas-Athénée ne rêvait que de luxe, de calme et de volupté"), à l'allégorie de la caverne de Platon, "le voyant « Non habemus soupapam ».

Je signale ce qui me semble être une incorrection : "tout le monde l’a remarquée sortir ostensiblement des pièces dans lesquelles il entrait." On peut compléter le verbe "remarquer" par une proposition infinitive, mais il ne me semble pas que l'on puisse antéposer le sujet de cette proposition avant le verbe conjuguée. En tout cas, c'est étrange.
Je ne vois pas l'intérêt de la "date située trois mille ans plus tard".
Et je ne vois pas non plus l'intérêt de la conclusion "Quel désastre ! Quel mauvais exemple pour notre jeunesse !"

Je crois que ce qui ne va pas dans cette nouvelle, c'est que les dieux ici, pour reprendre Nietzsche, sont "humains, trop humains". Dans leur histoire, leurs relations, et dans la manière de raconter, ils ressemblent beaucoup trop à des hommes. Et ils en perdent toute divinité. Du coup, le burlesque échoue.

   Lunar-K   
6/10/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Beaucoup d'humour dans ce texte qui use et n'hésite pas à abuser des jeux de mots et calembours à la limite parfois du potache. Mais ça fonctionne bien, pour moi. De très belles trouvailles qui m'ont valu un très bon moment de détente (je retiens tout particulièrement ce génialissime : "Non habemus soupapam" ou encore : "Un rien vaut mieux que dieu tu m'auras"). A ce niveau, et malgré quelques passages un peu plus lourds, votre texte me semble tout à fait réussi (ce qui est déjà beaucoup, bien sûr, pour un texte humoristique).

En ce qui concerne l'histoire, je la trouve moins réussie. Notamment sur la fin qui me semble un peu trop vite balancée. Je trouve que les différentes répercussions du retard apollinien et de son retrait de la vie publique ne sont pas suffisamment approfondies. Or, il y avait vraiment matière à développer davantage, je trouve, toujours avec cette verve et cet humour qui caractérise l'ensemble du texte. Car ces différentes conséquences sont, pour la plupart, bien trouvées (sauf le réchauffement climatique mais qui était sans doute inévitable) et inattendues (un joyeux bordel effectivement : passer des Incas au réchauffement climatique en passant par Pearl Harbour...).

Concernant la forme, il y a bien quelques lourdeurs et maladresses (déjà évoquées par mes prédécesseurs). Mais rien de fort gênant et, globalement, j'ai pris beaucoup de plaisir à vous lire. Un style simple, assez efficace dans son rôle. Une narration sans temps mort. Je n'ai pas grand-chose à redire sur ce point non plus sinon, une nouvelle fois, que je trouve que vous passez parfois un peu trop vite sur certains éléments. Mais bon... cette parcimonie dans les descriptions participe sans doute au rythme "inarrêté" du texte.

Bref, un récit fort amusant. Malheureusement, la fin n'est pas, selon moi, à la hauteur du reste. C'est dommage... Toutefois, par rapport au but humoristique qui, manifestement, est le sien, ce texte est réussi !

   Bidis   
6/10/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je soupçonne les auteurs de s’être pas mal amusés en écrivant ce texte... Et les en remercie : ils ont su me faire partager leur jubilation.
En tout cas, j’ai souri aux jeux de mots et de situation et j’ai même franchement ri (avec ce « non habemus soupapam » par exemple).
Ainsi donc, l’écriture virevolte, les mots d’esprit fusent, les aventures contées sont plaisantes Alors pourquoi diable ais-je eu tant de mal à entrer dans le texte et à continuer ma lecture ? J’ai réfléchi à la question et finalement j’ai trouvé la raison de cet achoppement : j’ai très mal supporté le mélange de personnalisations (soleil, nuages...) et de personnages (Zeus, Aphrodite...). A mon avis, il faudrait tout l’un ou tout l’autre. Ici, il y a une sorte de méli mélo d’abstrait et de concret et cela me gêne considérablement.
Mais c’est très bien quand même...

   placebo   
16/10/2011
Je ne pense pas être le public idéal pour ce texte, qui allie grivoiserie, bons mots et références de manière un peu trop calculée et systématique pour moi.

Quelques passages m'ont fait sourire : le rendez-vous "dans 3000 ans" par ex, ou la prédiction de la pythie.

Avant et après cet intermède, j'ai eu la sensation d'une sorte de pétillement sans véritable rythme. À cet égard, la fin et ses "bordels", attendus depuis quelques temps, est décevante je trouve.

En relisant le quatrième paragraphe, qui ne m'a pas plu, je pense que les auteurs n'ont peut-être pas su décider entre satyre et exercice de séduction ; pour moi le portrait n'est pas réussi.

hum, j'ai l'impression que le commentaire n'est pas très heureux dans ses formulations… Il y a là un potentiel et même au-delà, une maîtrise, mais exercée de cette manière, elle ne me plait pas. Je ne pense pas que mon commentaire sera très utile aux auteurs, mais à mon avis ils auraient du s'abandonner un peu plus au délire au lieu de rester dans le policé/lissé.

Bonne continuation,
placebo

   Palimpseste   
11/11/2011


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