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Science-fiction
Pepito : Gérard
 Publié le 08/11/14  -  17 commentaires  -  11352 caractères  -  249 lectures    Autres textes du même auteur

Les mouches rouge vif sont les seules efficaces. Socque (Service public)


Gérard


Encore une de ces journées où rien ne va !


Dès le matin, c’est parti en sucette. Mal réveillé, j’ai traîné quelques secondes de trop dans mon cube et raté la première navette pour la station. Arrivé à la bourre au dépôt, j’ai dû subir une énième remontrance du chef Rodrizeg.


– Gérard, tou est encore en rétarrr, si ça continoue, yé tou vire !

– C’est ça, c’est ça… et tu vas le trouver où, le pigeon pour me remplacer ?


Bien sûr, le seul appareil encore libre était un vieux modèle David & Son datant au moins des années 220. Ça ressemble à un de ces traîneaux qu’utilisaient les hommes préhistoriques pour traverser le pôle Nord, à l’époque où il était recouvert de glace. Évidemment, sans ces drôles de bestioles à l’avant. Ce machin n’a même pas de cabine, quelle galère, obligé de rester en scaphandre toute la journée debout à l’arrière de l’engin. D’accord, les combinaisons spatiales de Cline-Spaïsse sont confortables, climatisation, musique d’ambiance, massage dorsal, mini bar à pipettes… le top. Juste que si t’as envie de te gratter la fesse droite, bonjour les contorsions…


Bref, à tous les coups Joseph, le gars de la maintenance, n’a pas pensé à réviser mon antiquité et me voilà au milieu de l’espace, accroché à un aspiro en carafe.


Pour la prime de fin de mois, c’est mal barré.


J’en ai fait des boulots de merde, mais technicien d’orbite géostationnaire, c’est le pompon ! L’intitulé de poste ne trompe plus personne… à part moi. Dans les faits je me promène dans le vide à 36 000 km au-dessus de l’équateur, sur une bande d’espace où pullulent les débris en tous genres et je passe ma journée derrière un gros aspirateur à déchets. Mon job consiste à en éliminer un maximum afin qu’ils n’aillent pas semer la pagaille dans la ribambelle de satellites en rotation. Nous sommes une vingtaine à bosser pour Cline-Spaïsse, société installée sur une ancienne station spatiale internationale. Chacun de nous a un secteur de la bande géostationnaire à nettoyer. Enfin, à condition d’avoir un aspiro en état de marche…


Je coupe le contact et me glisse sur le côté de cette satanée machine. Mes connaissances en mécanique sont limitées, mais bon, avec un coup de chance, genre fil débranché ou truc dévissé, je peux peut-être repartir et récupérer le retard de la matinée. J’ai toujours en tête un vieux film 2D où Tomme Creuze, le héros, dépanne avec un chewing-gum un engin rempli de trucs vachement intelligents et donc clignotants. Bon, les chewing-gums de nos jours sont interdits, c’est fou les cancers de l’estomac que ça refilait ces trucs-là et de toute façon, pour le cracher à travers la visière d’un casque étanche, c’est pas gagné.


L’ouverture du capot me réserve une sacrée surprise. Là où je m’attendais à trouver une machinerie hyper compliquée, je découvre un compartiment vide, ou presque. Sacré Joseph, il s’est bien amusé. C’est peut-être vrai, au fond, ce qu’il raconte partout. Que dans le temps, il bossait dans un labo de mécanique quantique où il était considéré comme un génie… Avant de se faire virer, pour finir mécano de maintenance chez Cline-Spaïsse. En tous cas, grâce à lui, mon aspiro a bénéficié d’une sacrée mise à jour technologique.

À l’avant, collé à l’entonnoir d’aspiration, j’ai un cube gris gros comme le poing. En partie basse, il comporte un petit tiroir avec la mention « Vidange déchets ». Un autre cube est fixé aux tuyères de propulsion. Deux fils relient les blocs gris à une petite batterie qui flotte au milieu du compartiment et c’est tout. J’attrape la batterie, jette un œil sur son voyant de charge, elle est vide. Je suis, moi aussi, un génie, j’ai trouvé la panne du premier coup.


Il ne me reste plus qu’à appeler le chef Rodrizeg pour qu’il vienne me secourir. Quand il va s’apercevoir que je suis parti ce matin sans vérifier les niveaux, ça va encore être ma fête. Pour la prime de fin de mois, là c’est sûr, c’est foutu…


Découragé, je souffle un grand coup, un halo de buée blanchit un instant la visière de mon casque. Je lâche les poignées de l’appareil et me laisse lentement dériver. La Terre, jusque-là cachée par la carrosserie de l’aspiro, commence à émerger doucement.


– Salut la Terre, sympa, de venir faire un coucou d’éclipse à son Gérard préféré.


Je lève la main droite et saisis la planète entre mon pouce et mon index gantés. Doucement je la déplace, la fais tourner sur elle-même. Les nuages suivent le mouvement avec un léger décalage, je m’amuse de les voir reprendre lentement leur position. Dans un brusque va-et-vient, comme un enfant agitant la neige d’une bulle de souvenir pour touriste, je secoue la planète. D’abord perturbée, la masse de nuages étale docilement son voile déchiré, cherchant petit à petit à reprendre sa place. J’ouvre les doigts, je cligne des yeux, la Terre est redevenue comme avant. Mon problème de batterie aussi.


En détournant la tête, j’aperçois du coin de l’œil une étrange tache noir mat. Sans le nuage de débris scintillants qu’elle occulte, il m’aurait été impossible de l’apercevoir. Je règle, sur mon casque, la vision télescopique (et pic et colégram…), la tache noire devient un satellite aussi furtif que militaire.


Quand ils ne sont pas en train de surveiller la Terre ou les agapes de la petite amie d’un président, ces engins passent leur temps à se dégommer les uns les autres. Vu son aspect, celui-là a l’air d’avoir perdu sa dernière bataille. Il est éventré, les panneaux solaires vrillés façon papillotes de Noël et il traîne derrière lui toute une ribambelle de pièces plus ou moins détachées.


Une idée saugrenue traverse soudain mon esprit fécond. Pourquoi ne pas tenter de trouver une batterie sur cet orbitant cadavre ?


À petits coups de propulseur dorsal, je m’approche en catimini du black spoutnik. Nous autres nettoyeurs, nous nous méfions comme de la peste de ce genre de bestiole. Même moribonds, ils peuvent encore vous balancer un tir de laser bien vicelard tout en faisant électroniquement mine de rien.

Je cherche à me donner du courage.


– Allez Gérard, du nerf ! Ne jamais baisser les bras, ne jamais se rendre !


Mon approche se passe sans encombre, en plus j’ai de la chance. Dans une partie restée intacte, je trouve, flottouillant au bout de son câble, une batterie bien chargée. Un curieux double Z jaune gravé sur un des flancs m’interpelle une seconde, mais bon, on va pas faire la fine bouche.


Je retourne à l’aspiro, effectue l’échange de batterie en un tour de main, referme le capot et m’installe au poste de pilotage.


En remettant le contact, je sens que quelque chose a changé. Les vibrations de l’aspiro sont plus sourdes, plus puissantes. L’impression que je n’ai besoin de personne sur mon David & Son. J’appuie sur le starter, et voici que je survole la Terre, j’irai p’t’être au paradis, mais dans un train d’enfer. Vramm !


Enfin arrivé sur ma section d’orbite (à Dudule) et bien décidé à rattraper mon retard, je branche l’aspiration. Le système de Joseph est super chouette, il a l’air de dématérialiser tous les objets avant de les avaler goulûment. Ce qui explique la petitesse du compartiment déchets. En tous cas c’est efficace, juste le temps de voir les plus gros débris briller un court instant et, swiiip, gobés.


Je bosse depuis un petit moment quand l’appareil commence à s’emballer. Les débris sont attirés de plus en plus vite vers l’entonnoir. J’appuie sur tous les boutons d’arrêt de mon tableau de bord, mais rien n’y fait, impossible d’arrêter mon aspiro. Je m’accroche pendant qu’il accélère, sans trop savoir si c’est vraiment moi qui me déplace ou si le décor est aspiré dans ma direction.


Soudain un collègue de travail apparaît à l’avant. C’est Roger, un pote sympa mais un peu mytho, persuadé d’avoir découvert une planète habitée par des grillons géants. Manque de bol pour lui, je n’reconnais plus personne sur mon David & Son. Quand je sens dans les mains les trépidations de ma machine, il me monte des désirs dans le creux de mes reins. Vramm !


– Et paf, le Roger… Avalé avant d’avoir fait ouf !


Le phénomène s’accélère encore, je m’approche de la station spatiale. En un seul swiiip, Cline-Spaïsse, Joseph le mécano, le chef Rodrizeg, ma prime de fin de mois et même ma paye tout court… volatilisés.


J’ai dans l’idée que plus mon aspiro gobe des trucs plus il devient puissant. J’en ai la preuve un instant plus tard quand, en une fraction de seconde, la Lune est effacée. À partir de là c’est l’enchaînement. Toujours bloqué à mon poste de commande, je ne peux rien faire quand la Terre s’approche à toute vitesse. Je sais bien que les sons ne se propagent pas dans le vide, mais je jurerais entendre un sluurp bien dégueu au moment où elle disparaît.


– Merde, mon cube d’habitation, ma collection de BD, mes fringues du samedi soir !


De plus en plus rapide, de plus en plus gourmand, l’aspiro ne se refuse rien. À la queue leu leu, Mars, Saturne, Jupiter… toutes les planètes y passent. Il ne reste bientôt plus que le Soleil…


Pas pour longtemps, deux minutes plus tard, je me retrouve tout seul au milieu d’un ciel étoilé. Décidément, je ne sais jamais ce que je veux… Car c’est bête à dire, mais là, maintenant, à l’instant présent, sur le coup, en ce moment même, je donnerais beaucoup pour me faire engueuler par le chef Rodrizeg.


Le bon côté des choses, c’est qu’aussi loin de tout, je ne risque plus d’aspirer quoi que ce soit…


Tiens, c’est quoi ces traces lumineuses accourant vers mon entonnoir ? Je lève la tête, au loin, les étoiles commencent à s’éteindre… une à une… jusqu’à la dernière.


– Bon et maintenant ?


Quand je vois passer le premier, la chevelure en bataille, les yeux exorbités et les ailes en drapeau, le seul truc qui me vient à l’esprit c’est :


– Putaingue Gérard, là c’est sûr, t’as déconné… !


Puis comme tout le reste avant lui, mon aspiro avale son premier ange sans la moindre difficulté… Il en passe ensuite tout un tas, dont quelques-uns de bien gras. Puis plus rien, juste le vide total et le silence.


Un voyant rouge clignote frénétiquement sur le tableau de bord, mon bac de récup est plein à craquer. Il ne pourrait même plus absorber un After-Eight sans exploser.


Je suis seul dans le noir complet, totalement abasourdi par la catastrophe que je viens de déclencher et dans mes mains, je sens toujours de sourdes vibrations. Mon engin infernal continue son travail, il aspire toujours. Mais quoi ? Tout n’est que noirceur, il ne reste plus rien !


Soudain un point lumineux apparaît au loin, grossit, s’approche, irrémédiablement attiré par ma machine diabolique.


Je ne l’aperçois qu’une fraction de seconde, au dernier moment. Ses cheveux blancs, sa longue barbe blanche, sa grande robe immaculée (toute la nuit, mon légionnaire…) retroussée sur des caleçons qui le sont un peu moins, immaculés.


Je suis quand même un peu déçu. Le voir ainsi, accroché à son coussin de nuage comme un petit enfant apeuré, m’enlève mes dernières illusions. En tous cas, à l’avenir, je ne mettrai plus son existence en doute…


Swiiip !


… quoique.


Comme je l’avais craint, c’est le truc de trop pour mon bac de récup. Mon aspiro émet une dernière vibration et ce qui devait arriver, arriva : Big Bang !


***


 
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   Asrya   
27/9/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Sympathique. Bien écrit. Une histoire qui se lit efficacement, sans prise de tête, je suis rentré dans le personnage dès les premières lignes et ne l'ai quitté qu'à l'annonce du Big-Bang.
Peut-être que "l'orbite à Dudule" n'était pas nécessaire, mais ça m'a tout de même fait sourire !

"En tous cas, à l’avenir, je ne mettrai plus son existence en doute…"

Une belle note d'humour rédigée avec style.

J'ai beaucoup aimé ce texte en fait. Je ne trouve pas grand chose à dire.
C'est dynamique, constant, j'ai été happé par votre récit et me suis laissé prendre par l'essence comique qu'il reflète.

Merci beaucoup pour ce partage,
Au plaisir de vous lire à nouveau.

   socque   
29/9/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bon, ben j'ai beaucoup aimé. Un ton potache et gouailleur, des références variées dont un retour insistant de BB en Harley Davidson, du délire qui monte en puissance... La big classe !
Et re-voilà de la cosmogonie barge, cool... Bon, en toute franchise la fin me déçoit un poil ; Dieu barbu en caleçons douteux, c'est bien sympathique mais me paraît un cran en dessous dans l'invention : je retrouve une imagerie irrévérencieuse de bouffeur de curés qui (à mon avis) à force lasse un peu.

Ce qui m'a beaucoup plu en revanche, c'est le côté quotidien et craspec de l'avenir radieux où, comme toujours depuis l'aube des temps, des lampistes sont chargés de passer le balai ; qu'il se trouve en orbite géostationnaire ne change rien sur le fond et là, pour moi, c'est très bien vu !

"Ne jamais baisser les bras, ne jamais se rendre !" : "Never give up, never surrender" ? L'aurait pas vu "Galaxy Quest", Gégé ?
"Enfin arrivé sur ma section d’orbite (à Dudule)" : aaah, j'adore. Du bon gras !
"Il ne pourrait même plus absorber un After-Eight sans exploser." : là, j'ai ri. Qui aurait parié sur la longévité de cette marque ?!

   Cat   
9/10/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ainsi donc, voilà la véritable histoire du Big-Bang ! Elle me plaît !

J'ai suivi les aventures de Gérard et de son aspiro en carafe, les yeux plissés de rire et bien aimé les références à la chanson de BB sur sa Harley Davidson.

L'écriture est efficace et enlevée. L'histoire déborde d'humour du début à la fin, entre Rodrizeg, les fringues du samedi soir...

Bref, un style que j'aime, inventif, pétillant avec des jeux de mots et d'images très jouissifs.

Le plaisir de la lecture a été total.
Merci à l'auteur(e)

   Robot   
8/11/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
C'est tout a fait délirant et j'ai passé un bon moment en orbite (a Dudule) du premier mot jusqu'au bang final.
L'écriture est enlevé, pas un moment de pause. La fin, quand l'aspiro avale tout l'univers, défile comme un film en accéléré. C'est presque haletant. Et l'ultime humour blasphématoire avant l’anéantissement est une image d'Épinal qui vraiment m'a fait éclater de rire.
*
C'est la fin du monde, mais l'espoir demeure puisqu'il y a big bang.
Une S.F. comique sur une idée simple mais efficace.

   myndie   
8/11/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Pepito,

C'est du grand art !
Bravo pour le délire de l'imagination !
C'est très bien écrit, d'une plume alerte qui donne toute sa vie à l'action et surtout c'est irrévérencieux à souhait pour qui lit entre les lignes.

Le personnage de Gérard est campé avec tellement d'humanité que, futur ou pas, sa déveine ses fausses bonnes idées, ses préoccupations salariales nous le rendent immédiatement sympathique. D'autant qu'il a l'air de connaître son Gainsbourg sur le bout des doigts^^ ! On pourrait être lui somme toute.
Quel dommage que les réalisateurs zolywoodiens ne s'inspirent pas plus de ce genre d'anti-héros qui feraient passer leurs nanars grand public au rang de films culte.
J'ai aimé aussi retrouver un peu de l'univers trash des Monthy Python avec le morceau de trop, l' « after eight »responsable du big bang à l'instar de celui de M. Creoto.

Et enfin, n'ayons pas peur des mots, pas de doute là-dessus : Gérard est avant tout (mais après Descartes quand même) une brillante méditation métaphysique sur cette terrible angoisse à laquelle nous sommes confrontés : dieu existe t-il ?:)))

Je me suis régalée du début à la fin.
Tu as de l'inventivité, du style et un humour qui emballe le tout pour nous offrir un vrai plaisir de lecture. Merci encore.

Myndie
space fantasy apocryphe

   Francis   
8/11/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Chaque scène semble projetée en 3D sur la page. Le sourire du lecteur rebondit de phrase en phrase. Il est cinq heures, Gérard s'éveille ...sur son aspirateur comme la sorcière sur son manche à balai. Langage familier et univers cosmique sont unis avec une belle réussite. Voila un bon scénario pour une BD !
Bravo.

   Louis   
8/11/2014
Gérard n'est pas un technicien de surface, mais un technicien de l'espace, il nettoie les orbites géostationnaires, mais avec un aspirateur spatial, ce qui indique un monde futur qui a réalisé bien des progrès technologiques, puisqu'il ne fait plus usage du vieux balai...
Il est un éboueur céleste, un cantonnier des nues...
Il porte un nom banal, celui d'un individu tout à fait banal, modeste cantonnier de l'espace ; Gérard n'est pas un héros, un sauveur, un prophète, pas un génie, pas un homme d'exception, son prénom fait populo, mais il est l'origine d'effets grandioses : un big crunch, pas moins, et un nouveau big bang pour un univers tout neuf et tout propre.
Tout est ramené à une extrême banalité, réduit au ridicule et au dérisoire ; ainsi son engin, aspirateur spatial, au nom homonyme de la prestigieuse moto Harley-Davidson, s'avère une motocrotte de l'espace, mais pour faire surgir, du fond de cette bassesse et dérision, de cette vulgarité même, le plus grandiose.
De causes modiques et futiles, un retard, un changement de batterie dans la motocrotte spatiale, une petite erreur de manipulation, s'enchaînent des effets démesurés : une variante de l'effet papillon, puissance infinie.
D'une chose vile, basse, une poubelle, mais une poubelle quantique devenue trou noir, naît un effet grandiose. D'un événement singulier et insignifiant résulte une effet universel.
À la poubelle, tout l'univers ! Pour un monde nouveau, tout neuf, tout propre ! Merdique l'univers, un tas de déchets !
Le modeste Gérard, sans le vouloir, sans le savoir, s'avère plus fort, plus puissant, que Dieu lui-même. Mais c'est à peine s'il prend conscience de l'énormité de ce qu'il a déclenché : « Putaingue, Gérard, là c'est sûr, t'as déconné... : »
Cette disproportion entre ses réactions et l'événement cataclysmique qu'il produit, participe de cet humour partout présent dans le texte.
Le rire naît des ces petits riens dérisoires qui ont des effets sur le Grand Tout.
Un humour proche, quand Gérard est avant tout préoccupé de sa prime de fin de mois, de celui de Woody Allen qui écrivait « Et si tout n'était qu'illusion ? Si rien n'existait ? Dans ce cas, j'aurais payé ma moquette beaucoup trop cher. »
W. Allen est l'auteur de «Dieu, Shakespeare et moi », le narrateur paraît l'auteur de « Dieu, le big bang, Shakespeare et moi, Gérard» !

Bravo pour cet humour décapant ( pour un monde vraiment plus propre ?!). Bravo pepito.

   Anonyme   
8/11/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai laissé ronronner ma Harley au coin de la rue et je suis venue dans ton Comic Strip Pepito, autant l'avouer, je me suis très beaucoup bien amusée.
Comme disent les copains : du grand Art, bien mené, avec tout plein de références délirantes.
Bien vu, joli travail et merci pour ces sourires, par les temps qui courent c'est vraiment
crip crap zip
Shebaaaaa !

   Dupark   
8/11/2014
Pepito s'est fait plaisir. Un peu d'onanisme (passe-partout donc), ça décongestionne. Du coup, je n'ai pas réussi à lire ébranlé...

Les références datent un peu. Pas grave. Un maître-penseur a dit : "Aspiro plus vieux, aspiro quand même !"

C'est quand même bien imaginé (toute la nuit ? non !), même si le propos est immature (toute la nuit ? non pas là ! bosse, dupark, bosse). Bon, ça n'atteint pas l'Himalaya (toute la nuit ? non ! pas chaque fois !) de la vanne et ce texte ne sera pas immatriculé (toute la nuit ? ha là faut voir) dans mon top few.

dupark, du camping izi-slip

   Bidis   
9/11/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Voilà une petite nouvelle qui se lit avec plaisir. L’écriture, toujours alerte et imagée de Pepito, entraîne le lecteur malgré lui dans les méandres improbables et fantaisistes d’une imagination sans limites. Je me suis amusée.

   Anonyme   
10/11/2014
Bang ! C'est un plaisir de lecture, un côté délirant, des pointes d'humour mise entres parenthèses judicieusement, une progression vers une foutaise, un aspirateur magique. Tout ça me rappelle ma vision de l’aspirateur, petit, était-il capable de tout aspirer ? Maintenant je sais que oui.

Aurait-il été possible de faire une allusion au vendeur de la version 2 de cette machine ? Un petit bonhomme au nez écrasé, qui a une élocution difficile et qui vante les mérites de l'aspiration sans bac de récup !!

   Anonyme   
11/11/2014
Commentaire modéré

   jaimme   
11/11/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un excellent moment de lecture, encore plus délirant que Douglas Adams (c'est peu dire) et surtout très bien assumé. Grand amateur de SF je suis toujours à chercher la petite bestiole d'incohérence, et là: rien (sauf _ il faut toujours un sauf_ le vaisseau qui transporte la fameuse batterie. N'aurait-il pas fallu qu'il soit très très bizarre?). L'écriture est limpide et jouissive. Juste une bricole: je ne suis pas persuadé que mettre les jeux de mots entre parenthèses soit le plus judicieux. Question de rythme de lecture. Sans parenthèses le lecteur est entraîné malgré lui vers le jeu de mots et le gobe tout cru. C'est juste mon avis.
La fin est excellente.
Encore!

   Acratopege   
18/11/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Alerte, drôle, moins léger qu'il n'y parait. Il y a de la métaphysique pour les nuls là-dedans, et de la mythologie style BD. Cet aspirateur, comment ne pas penser à Saturne dévorant ses enfants, au Grand Serpent qui se mord la queue, à la circularité de l'espace-temps? Les allusions à Brigitte Bardot sont un peu appuyées, mais elles font sourire. J'ai beaucoup aimé le passage poétique où le héros - oui, c'en est un! - prend la terre entre ses doigts et la secoue comme ces boules de verre avec de la fausse neige dedans, même s'il détonne un peu avec le reste du récit.
Bravo Pepito!

   caillouq   
30/11/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Aaaaah oui, il me semblait bien (j'l'avais lue, j'l'avais lue), ça c'est de la bonne !
J'aime beaucoup quand SF et routine se côtoient. Et cette histoire d'aspiro... <3 <3 <3 Manque que le chat, non pas de Schrödinger, mais celui du sketch des nuls.
Je ne verrai plus le Big Ban de la même façon ! Merci Roger, merci Pépito...

   VinceB   
1/12/2014
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai apprécié cette histoire, le rythme des rebondissements ne laisse pas un instant de répit, le ton humoristique parfaitement cohérent avec le personnage et la chute bien barrée qui conclut le tout sans fausse note ! Cela me fait penser à des nouvelles de science-fiction de Fredric Brown.
Par contre, je suis désolé... pas moyen de trouver une faille dans ce bloc bien compact, bon, si allez, "ma section d'orbite (à Dudule)", c'est très limite, mais justement cela cadre parfaitement avec le personnage et donc ça passe.
Donc, j'en redemande !

   bigornette   
1/5/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'arrive longtemps après, donc je ne vais pas en remettre une tartine. J'ai beaucoup aimé, bien sûr. Qui n'aime pas ce qui est à la fois léger, intelligent et drôle ? Vous avez un style hyper-efficace, parfaitement adapté à la lecture sur écran. Bon, vous en faites peut-être un peu trop parfois. Exemple : "Car c’est bête à dire, mais là, maintenant, à l’instant présent, sur le coup, en ce moment même, je donnerais beaucoup pour me faire engueuler par le chef Rodrizeg." Pour moi, la répétition a neutralisé le comique de la fin de la phrase. Et puis "Manque de bol pour lui, je n’reconnais plus personne sur mon David & Son." Répétition du même gag. Et deux ou trois autres broutilles qui ne modifient pas mon opinion que c'est vraiment une chouette nouvelle. Quant à la chute : énorme !!

   Anonyme   
6/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ca va à toutes allure, le style est parfaitement maitrisé,l' humour est là, ça ce déguste comme un bonbon en plus, je dirai des noix de Grenoble. Merci pour ce moment vivifiant...


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